Sardanapale

# Posted on Saturday 5 May 2012 - 1 Comment

1981 all over again

France may be about to elect the most backward-looking socialist leader in the developed world.

François Hollande – who is almost certain to win Sunday’s second round of presidential election – makes Britain’s Ed Miliband, an Old Labour type, look like Margaret Thatcher.

During the 2007 campaign, Hollande declared blandly: “I don’t like the rich.”

In May Day speech a few days ago, he made clear he was now not “the candidate of the Socialist Party” and the centre-left “radicaux” but “the candidate of the whole united Left”.

This is correct. He has the full support of Jean-Luc Mélenchon – a hard-left utopian supported by the Communists whose supporters sing the “Internationale” and wage red flags at rallies.

Mélenchon has pledged to declare war on “international finance”, pledged to raise the minimum wage immediately by more than 20% to 1,700 euros a month, and would tax income of over 350,000 euros a year at 100%.

Hollande’s own program is not much better. He is a firm believer in the benevolent state.

To help the unemployed, he will hire 60,000 school workers; to spur investment, he will create to new state bank; to promote social justice, he will raise taxes on big companies and on rich individuals; to ensure decent housing for everyone, he will cap rents.

He also fiercely contests Sarkozy’s budget cuts, wants to renegociate the euro zone’s hard-fought agreement on budget discipline, and arguing instead for “growth”.

A lot of things do not add up in Hollande’s economic program.

The French work fewer hours than other Europeans – notably the Germans.

How is keeping the 35-hours week untouched and allowing workers to retire at 60 going to help? If working less boosts economic performance, where is the evidence?

And if state spending is the key to growth (by his own calculations, his plans would cost an extra 20bn euros over five years) how come France is not ALREADY the envy of the developed world?

Its public expenditure is 56% of GDP – more than Sweden – against an average of 43% for the OECD.

Hollande is a world away from the European mainstream. He is advocating policies that have long since been ditched by social-democrats everywhere.

Like his model, François Mitterrand, Hollande talks an unreconstructed tax-spend-and-regulate socialist.

And like Mitterrand in 1981, he will soon find out that being out of step with the rest of the world carries a big cost.

Hollande’s program may not be one of complete “rupture with capitalism”, as Mitterrand’s was. Still Hollande’s own socialist experiment will carry a huge price tag.

In 1981, France’s public debt was 20% of GDP – today it is 90%.

Even six months of mild folly will be punished by the international bond markets which Hollande scorns and the country needs.

Sarkozy, to be sure, is far from an ideal candidate. The fact that France is still largely unformed is down to him.

His tirades against companies moving jobs abroad, his promises to protect the French against “unfair competitors”, shows he does not understand what trade is about – a paradox for a country that is home to many world-beating global companies.

But at least Sarkozy recognizes that there are hard choices that France cannot escape.

That’s why my vote will go to him. But then again, it may just as well if he is voted out.

In a democracy a people has the government it deserves. Maybe the French need their noses rubbed in it for a while.

Français, tant pis pour vous

À la veille du second tour, j’ai envie de dire: Français, démerdez-vous. En démocratie, un peuple a le gouvernement qu’il mérite.

Bien sûr, je ne me lave pas complètement les mains de mon pays. Je vais aller voter dimanche. Et puis je me fends d’un billet pour dire que les Français sont des bœufs. Si je m’en foutais, je ne ferais rien de cela.

C’est donc avec plus de regret que de colère que je dis: c’est votre merde, vous l’aurez voulue. Moi, j’habite un pays où le débat public est à peu près ancré dans la réalité. J’y reste.

Que j’explique comment je vois les choses. La France va mal. Elle vit au-dessus de ses moyens depuis des décennies (la dernière fois que l’État a équilibré ses comptes, c’était en1974).

La dette publique, déjà au niveau méditerranéen de 90% du PIB, continue de croître inexorablement. J’ai mis en lien un tableau édifiant. Les maux dont souffre le pays ne sont pas une invention des gnomes de Zürich, des spéculateurs de de la City ou des ploutocrates de Wall Street.

Depuis 10 ans des grands commis de l’État de gauche comme de droite (Christian Blanc; Michel Camdessus; Michel Pébereau; Jacques Attali) les ont signalés: administration pléthorique, coûts du travail élevés, État providence non réformé, hyper-régulation, prime à l’oisiveté…

Nos principaux partenaires ont réduit leur fonction publique, révisé leur système de protection sociale et leurs retraites, assoupli le marché de l’emploi et se sont remis au travail. Nous n’avons rien fait, ou si peu…

Ce constat est bien sûr un réquisitoire contre Sarkozy. Loin de faire la “rupture” promise, il s’est contenté d’effets d’annonce et de réformettes.

Outre son manque d’action, je mets à son passif ses paroles. Son discours du 1er mai fut émaillé de tirades contre la «mondialisation sauvage», le «capitalisme financier», et le «laisser faire, laisser aller» – cela respire à plein nez l’altermondialisme de façade.

Bref, je suis le premier à reconnaître que Sarkozy ne vaut guère mieux que ses deux prédécesseurs, qui avaient transformé l’immobilisme bavard en art politique.

Mais avec Hollande, on est moins dans la frilosité franchouillarde ou dans l’antilibéralisme creux que dans le déni de réalité. Si la «relance» assurait la croissance, on se demande pourquoi la France n’est pas DÉJÀ l’envie du monde développé. Avec ses armées fonctionnaires et des dépenses publiques équivalant à 56% du PIB (plus que la Suède; la moyenne de l’OCDE est de 43%), son économie devrait être gonflée à bloc!

Hollande n’explique pas un seul instant que de dures décisions s’imposent. Il se contente de passer aux Français de la pommade rose, de les bercer d’un doux babil empreint de nostalgie socialiste (égalité, justice sociale, solidarité…)

Il ne parle pas le langage de la rigueur, ni même celui de la social-démocratie. Il sert des sophismes depuis longtemps abandonnés par la gauche de Stockholm à Canberra: embauche de 60,000 de fonctionnaires pour préserver l’emploi, surtaxation des riches pour lutter contre les inégalités, encadrement des loyers pour défendre le droit au logement…

Alors on dit: Hollande ne va pas faire de bêtises; c’est un pragmatique qui a su s’entourer de gens sensés. Mais est-il raisonnable de voter pour un candidat en pensant qu’il va faire le contraire de ce qu’il dit?

À terme, je suis certain que ce sera le cas. Mais combien de dégâts fera-t-on entretemps?

Économiquement, je suis libéral. Sarkozy n’est pas un partisan du libéralisme, mais il en est moins éloigné que Hollande.

Politiquement, je suis au centre. Voter Hollande, c’est voter pour l’extrême-gauche qui le soutient.

Sarkozy, malgré les appels du pied éhontés qu’il fait à l’électorat FN, n’est pas allié à Le Pen, qui d’ailleurs n’appelle pas à voter pour lui.

Mon choix est vite fait. La plupart de mes compatriotes s’apprêtent à prendre un autre chemin. Ce sera tant pis pour eux.

Sardanapale @ 8:21 pm
Filed under: France

# Posted on Thursday 16 September 2010 - 3 Comments

France is not working

First off, apologies for leaving this blog to languish without giving any explanation. The fact is, I’m not prioritizing it any longer. But am not ready to give up totally quite yet.

So my posts will continue to be infrequent for the foreseeable future, although I’ll be more active on twitter.

Anyway, to break my four-month silence, I want to recommend this excellent podcast by Philippe Jurgensen on why jobs are so scarce in France.

I’m always amazed by the ability of French economists to diagnose the country’s ills and by the inability of its leaders to do anything about them.

In recent years stacks of reports (by Michel Camdessus, Christian Blanc, Michel Pébereau, the Attali Commission – as well as too many books to mention) have identified the structural factors that hamper French growth – rigid labor markets, an unreformed public sector, rotten universities, a perverse tax-and-benefit system, etc.

In this podcast, Jurgensen neatly summarizes all this and points to the obvious solutions that politicians are unwilling to try.

La France bloquée

Excellente chronique de Canal Académie sur les raisons du chômage en France.

Comme bien d’autres économistes avant lui, Philippe Jurgensen identifie les blogages qui freinent la croissance: jeunes et seniors écartés du marché du travail, charges et contraintes multiples pesant sur les entreprises, système universitaire inadapté…

Pour ce qui est des solutions, Jurgensen note les limites du “traitement social”:

“L’économiste Jean Pisani-Ferry fait remarquer que la France est l’un des pays qui dépensent le plus pour l’emploi – 80 milliards d’euros, soit 4% du PIB, quatre fois plus qu’il y a 30 ans, sans obtenir de résultats plus probants que les pays plus économes.”

C’est pourtant la voie sans issue des emplois aidés que le gouvernement a choisie pour traiter la crise actuelle!

Ce qu’il y a de bizarre dans les solutions libérales esquissées par Jurgensen, c’est qu’elle sont sans relâche ressassées par les économistes (cf rapports Camdessus, Christian Blanc, Pébereau, Commission Attali, etc.), mais jamais mises en oeuvre par les politiques.

Sardanapale @ 2:29 pm
Filed under: France

# Posted on Tuesday 4 May 2010 - 6 Comments

The best of bad bunch

What is a pro-market voter to do in Thursday’s British election? It is difficult to get excited about the choice on offer.

Economic liberals want a modest, efficient state. Gordon Brown’s record immediately disqualifies Labour.

Over the past 10 years, first as chancellor and then prime minister, he has thrown money at Britain’s rotten “public” services, and predictably failed to improve them.

Over the past 18 months Brown has tackled the financial crisis by spending the nation’s cash for generations to come and by propping up failed institutions.

He has printed money like there is no tomorrow, and is leaving a budget deficit at a post-war high which is feeding a ballooning national debt.

I once supported New Labour, but the current administration has run out of ideas and steam. The party needs to nurse itself back to political health through a stint in opposition.

What about the Liberal Democrats, a naturally centrist party (which suits me fine)? But under Nick Clegg, the Lib Dems have not returned to their roots in the historical party of liberty.

In many ways, Clegg has run to the left of Labour. He wants to soak the rich through a “mansion tax”, curb takeovers in the name of “public interest”, and split investment banking from retail banking, echoing the old US Glass-Steagall Act.

All party leaders have engaged shamelessly populist rhetoric over the banking crisis, but Clegg has been by far the most vindictive in bashing “greedy bankers”.

Most crucially, Clegg does not see the fiscal fix the country is in. Last year the deficit was £160bn – almost £3,000 per British man, woman and child. And Clegg wants to cut taxes (for low-income people) and calls for only limited spending cuts – in the future!

Which leaves the Conservatives. They are certainly not offering a frontal, Thatcherian challenge to the rampant Leviathan.

David Cameron has retreated from the austerity plan he promised last year. And he is short on detail about how he would restore public finances.

But he is the only leader to have given people a glimpse of fiscal mess they are in, and he wants to tackle it sooner rather than later. This is the main reason why my vote – if I had one in Britain – would go to him.

In addition, the Tories have good ideas about reforming health care through competition rather than command and control, and even better ones about freeing schools from local authorities.

No prime ministerial candidate is anywhere near adequate from a libertarian point of view. But Cameron’s vision of a modern Britain is the closest to the liberal ideal recently spelt out by The Economist:

“a country which lives within its means, pays the state to do what it can do effectively and no more, stops subsidising failure through sloppy, bloated benefits rolls and educates its young to hold down serious jobs in an economy in which the government stops hogging the capital markets, complicating the tax code and heaping up regulation.”

Cameron, hélas

Pour un libéral, il est difficile de s’enthousiasmer devant l’élection britannique.

Aucun des trois grands partis ne propose de s’attaquer à l’étatisme.

Le conservateur David Cameron est loin d’être un Thatcher. Ce n’est même pas un Sarkozy, lequel sait parfois être audacieux en paroles. Ce n’est pas Cameron qui évoquerait la “rupture”.

Le Labour de Brown, à court d’idées et à bout de souffle, s’est éloigné du centrisme blairien.

Au lieu d’accroître le choix des citoyens en matière de services publics, comme l’avait fait Blair au début de son second mandat, il promet des “droits opposables”, c’est à dire plus de centralisme.

Brown se présente comme un “war leader” économique. Mais la stratégie qu’il a adoptée face à la crise financière est le contraire du libéralisme: sauvetages de banques, dépenses publiques effrénées, dépréciation de la monnaie…

Il laisse le déficit budgétaire le plus important qu’a connu le pays depuis la guerre – 12%, presque autant que la Grèce. Cela équivaut à près de £3.000 (3.300 euros) par homme, femme et enfant en Grande-Bretagne chaque année.

Quant au libéral-démocrate Nick Clegg, il n’a rien fait pour renouer avec la tradition libérale dont son parti est issu.

Ses recettes pour traiter la crise financière sont authoritaires et pupulistes: plafonner les bonus, restreindre les activités des banques…

Par de nombreux côtés, Clegg a fait campagne à la gauche du Labour. Et surtout il n’a pas eu le courage de dire en face la vérité sur le besoin de l’État de réduire ses dépenses immédiatement.

Rien donc d’inspirant dans cette campagne. Mais je ne suis pas de ces libertariens qui veulent tout ou rien, et qui vomissent de façon égale TOUS les étatismes. Je sais me contenter du moindre mal.

En 2002, par exemple, j’aurais choisi sans problèmes Jospin contre Chirac si j’avais eu ce choix au second tour – entre deux socialistes, je préfère le moins filou. Mais contre Le Pen, je prends Chirac n’importe quand.

Je ne suis lié à aucun parti, seulement à l’idée libérale – celle d’un État qui se limite à ce qu’il peut faire bien et s’abstient de subventionner l’échec.

Dans conditions, mon suffrage – si je votais en Grande Bretagne – irait aux Tories.

Des trois principaux candidats, Cameron est le seul qui souligne l’urgence de réduire la dette que la Grande-Bretagne est en train de refiler aux générations futures.

Il faut aussi saluer son programme en matière d’enseignement – domaine où le doublement des dépenses en 12 ans de Labour est un échec total – et qui consiste à donner voix au chapitre aux parents.

Le thème général de sa compagne, renforcer la société et non l’État, est foncièrement libéral.

Cameron est loin d’être mon candidat idéal. Mais en démocratie il faut se salir les mains: je lui dis bonne chance!

Sardanapale @ 12:17 pm
Filed under: Britain

# Posted on Saturday 20 March 2010 - 3 Comments

Friends like these

Charles Krauthammer’s analysis of the Biden incident is worth reading in full, but here’s a taster:

“In these long and bloody 63 years, the Palestinians have not once accepted an Israeli offer of permanent peace, or ever countered with anything short of terms that would destroy Israel. They insist instead on a “peace process”… the point of which is to extract preemptive Israeli concessions, such as a ban on Jewish construction in parts of Jerusalem conquered by Jordan in 1948, before negotiations for a real peace have even begun.

Under Obama, Netanyahu agreed to commit his center-right coalition to acceptance of a Palestinian state; took down dozens of anti-terror roadblocks and checkpoints to ease life for the Palestinians… and agreed to the West Bank construction moratorium, a concession that Secretary Clinton herself called “unprecedented.”

What reciprocal gesture, let alone concession, has Abbas made during the Obama presidency? Not one.

Indeed, long before the Biden incident, Abbas refused even to resume direct negotiations with Israel…

And Clinton demands that Israel show its seriousness about peace?”

L’incident Biden

Deux articles parus hier aux États-Unis offrent une perspective différente – surtout d’un point de vue européen – sur la récente visite de Joe Biden en Israël.

L’administration Netanyahu a-t-elle cherché à torpiller les “discussions de proximité” (c’est-à-dire par Américains interposés) avec les Palestiniens?

L’indignation de Hillary Clinton et de son patron devant l’annonce de nouvelles constructions à Jérusalem est est-elle justifiée?

Avant de lire l’analyse de Martin Peretz dans The New Republic et surtout l’article de Charles Krauthammer dans le Washington Post (extrait en face), j’aurais répondu oui à ces deux questions.

Maintenant j’ai des doutes…

Je me demande, après avoir lu ces deux articles, si la colère d’Obama contre les Israéliens ne participe pas de la grande illusion de la détente.

J’entends par là l’idée qu’on parvient à la paix en étant dur envers ses alliés et doux avec ses adversaires.

Cette stratégie sous Nixon et Carter a mené l’Amérique à l’impasse et l’impuissance diplomatique.

Sardanapale @ 4:23 pm
Filed under: International

# Posted on Friday 12 March 2010 - No Comments

Giving Obama a break

David Brook’s balanced editorial in today’s New York Times sums up my own general view of Obama better than I could do myself.

Highlight:

“Obama is four clicks to my left on most issues. He is inadequate on the greatest moral challenge of our day: the $9.7 trillion in new debt being created this decade. He has misread the country, imagining a hunger for federal activism that doesn’t exist. But he is still the most realistic and reasonable major player in Washington.”

Qui est Obama?

Excellent éditorial de David Brooks sur Obama dans le New York Times. Brooks résume bien ma propre position: quelles que soient ses faiblesses – Obama sous-estime le problème de la dette et surestime l’envie d’activisme fédéral du pays – c’est avant tout un réformateur pragmatique.

Il faut vivre dans un cocon idéologique pour le décrire comme un étatiste tout crin, comme le fait la droite conservatrice, ou comme un intellectuel mou, hésitant et prompt à capituler devant Wall Street, comme le fait la gauche “libérale”.

Sardanapale @ 8:58 am
Filed under: USA

# Posted on Monday 1 March 2010 - 7 Comments

Greek tragedy

Mark Steyn has a characteristically eloquent article in the Washington Times about the “Greek tragedy”, as he calls unsustainable entitlements. Highlights:

“We hard-hearted, small-government guys are often damned as selfish types who care nothing for the general welfare. But, as the Greek protests make plain, nothing makes an individual more selfish than the socially equitable communitarianism of big government. Once a chap’s enjoying the fruits of government health care, government-paid vacation, government-funded early retirement, and all the rest, he couldn’t give a hoot about the general societal interest…

The perfect spokesman for the entitlement mentality is the deputy prime minister of Greece. The European Union has concluded that the Greek government’s austerity measures are insufficient and, as a condition of bailout, has demanded something more robust…

So the aforementioned Greek deputy prime minister, Theodoros Pangalos, has denounced the conditions of the EU deal on the grounds that the Germans stole all the bullion from the Bank of Greece during the Second World War. Welfare always breeds contempt, in nations as much as inner-city housing projects. How dare you tell us how to live! Just give us your money and push off.

Unfortunately, Germany is no longer an economic powerhouse. As Merkel pointed out a year ago, for Germany, an Obama-sized stimulus was out of the question simply because its foreign creditors know there are not enough young Germans around ever to repay it…

Why be the last handsome blond lederhosen-clad Aryan lad working the late shift at the beer garden in order to prop up singlehandedly entire retirement homes? And that’s before the EU decides to add the Greeks to your burdens. Germans, who retire at 67, are now expected to sustain the unsustainable 14 monthly payments per year for Greeks who retire at 58.”

Tragédie Grecque

L’excellent article de Mark Steyn sur la “tragédie grecque” illustre l’impasse dans laquelle s’engage tout État providence trop généreux (extraits en face).

En vivant aux crochets des autres, on finit par ne plus trouver personne à spolier. Il n’y a jamais assez d’actifs pour soutenir tous les assistés.

Avec une fertilité en chute libre et un secteur public pléthorique jouissant de la retraite à 58 ans, la Grèce ne dispose pas de jeunes pour payer l’addition. Elle se tourne donc vers l’Allemagne (les autres membres de l’UE étant dans un état financier presque aussi désastreux qu’elle) pour la tirer d’affaire.

Mais pourquoi les Allemands, qui ont réformé leur secteur public et prennent leur retraites à 67 ans, paieraient-ils l’addition?

Il y a un an Barack Obama et Gordon Brown ont adjuré Angela Merkel de “stimuler” son économie – c’est-à-dire de donner aux Allemands d’aujourd’hui l’argent que gagneront les Allemands de demain. Elle a jugé une telle mesure irresponsable et refusé.

Dans ces conditions, je vois mal comment elle pourrait accepter de donner aux Grecs d’aujourd’hui l’argent des Allemands de demain.

Cette revendication – exprimée de différentes façons à Athènes du premier ministre au manifestant lambda – montre que le mot de “solidarité” cache en fait l’égoïsme le plus éclatant.

Elle confirme aussi trois lois humaines, vérifiées de l’esclavage antique au socialisme moderne:

1. Chacun cherche à vivre du travail des autres;
2. Plus un privilège est indu, plus on s’y accroche avec virulence;
3. La spoliation, malgré la ferveur qu’elle inspire, n’est pas viable sur le long terme.

Sardanapale @ 1:45 pm
Filed under: Economy and trade andEurope

# Posted on Sunday 28 February 2010 - 2 Comments

Eminent injustice

Great article in City Magazine on abuse of “eminent domain” – as Americans call the compulsory purchase of property commandeered for the “public good”.

You may have heard of the Supreme Court ruling in the Kelo v New London case a couple of years ago. It said it was OK for the government to force owners to sell not just to itself, but to a developer.

This article tells of a similar state-sanctioned private landgrab in New York, and powerfully makes the case for full protection of property rights.

While I’m on the subject, and as I’m always on the lookout for libertarian rock songs, I recently spotted the video opposite.

It’s about eminent domain – a fantastic tune as well.

Ian Anderson’s lyrics are here.

Quand Jethro Tull defendait le droit de propriété

Toujours à l’affut de rock libertarien, je suis tombé sur cette vidéo.

Les paroles sont ici. Sur le sujet – les expropriations abusives par les pouvoirs publics aux USA – je recommande l’article en face. Dommage qu’en France, la question n’émeuve ni les journalistes ni les rockers.

Sardanapale @ 2:24 pm
Filed under: Arts and lit

# Posted on Saturday 5 December 2009 - 2 Comments

The Red Baroness

The EU will soon be represented by Catherine Ashton, a Briton who was active in Campaign for Nuclear Disarmament in the late 1970s and treasurer of that vocal pacifist group between 1980 and 1982.

Questions over her past have been voiced by some Eurosceptics, including a MEP, and some British papers.

Lady Ashton denied reports that she had accepted money from Moscow, and that was that. She is sure to be confirmed by the European Parliament in the coming days.

What bothers me about this is not that she was in charges of CND finances at a time when the USSR was financing pacifist groups across Western Europe. I’m a trusting kind of guy and am prepared to believe her.

So okay: I accept that Moscow – whose main aim at the time was maintaining military superiority over democracies in Europe – made an exception for the UK, and refrained from funding those agitating against the deployment of short-range missiles there.

But what about the cause itself? You can’t hold someone’s youthful beliefs against them – if they have repudiated them. But in her response, Ashton did not repudiate her CND involvement.

And her supporters in the blogosphere and the media have even defended it, many calling formed Soviet dissident Vladimir Bukovsky a far-right witch-hunter for pointing to the CND’s dubious finances.

I am in complete agreement with this online article posted by The Economist after her nomination.

Excerpts:

“IMAGINE a British Conservative politician—call her Catriona Aston—coming from obscurity to gain one of the top posts in the European Union, just as Baroness (Catherine) Ashton has emerged from the Labour ranks to be the EU’s new foreign minister.

Imagine that on closer scrutiny it turns out that in the early 1980s the fictional Ms Aston worked for a cold-war think-tank called something like the ‘African Freedom Foundation’, which campaigned against the spread of communism in Africa.

Imagine that on closer examination it turns out that this outfit enjoyed strong behind-the-scenes support from the then apartheid government in South Africa.

Among its supporters and officials are unrepentant defenders of the fascist regimes in Spain and Portugal and even those who said that Nazism had been a lesser evil than communism.

It is easy to imagine what would happen. The hapless Ms Aston would be publicly disgraced and would have to resign forthwith.

How could an EU representative credibly deal with the developing countries when she in the past had been a defender of a racist colonial regime?

Nuance, context and balance would go out of the window. Nobody would ask if all causes supported by the former South African regime were equally evil, or if communism had maybe cost more African lives than apartheid. …

The fact remains that the Kremlin found CND and other “peace movements” useful ways of undermining the unity of NATO, weakening the West’s defence posture and stoking anti-Americanism.

The ex-dissident Vladimir Bukovsky, an expert in Soviet penetration of the West, says: “the worldwide disarmament campaign in the early 1980s was covertly orchestrated from Moscow. To a substantial extent it was also funded by the Soviet bloc”…

Imagine a 1980s Europe where CND had triumphed, with left-wing governments in Britain and Germany scrapping NATO, surrendering to Kremlin pressure and propping up the evil empire.

Her opponents complain that Lady Ashton is ineffective. As a CND organiser, that may have been a blessing.”

Le passé de la Baronne Ashton

L’Union européenne sera bientôt représentée à l’étranger par une ancienne militante de l’organisation pacifiste britannique, Campaign for Nuclear Disarmament (CDN).

La confirmation par le Parlement européen de Catherine Ashton au nouveau poste de haut-représentant de l’UE ne fera pas problème: seuls quelques eurosceptiques se sont émus du fait que la baronne Ashton fut trésorière du CND au début des années 1980.

Ont-ils raison?

Je dirais non. La preuve formelle que le CND a touché des fonds soviétique n’a pas été apportée. Elle nie formellement l’accusation, et je suis prêt à lui accorder le bénéfice du doute.

Admettons que Moscou – qui pendant des décennies a assisté les organisations pacifistes travaillant au désarmement des démocraties occidentales, soutien par ailleurs tout à fait logique du point de vue soviétique – se soit scrupuleusement abstenu d’intervenir en Grande Bretagne.

L’URSS n’a donc rien fait pour aider ceux qui, par centaines de milliers, réclamaient l’abandon de la force nucléaire par le principal allié des États-Unis en Europe. Rien ne le prouve. On fait à Ashton un mauvais procès.

Mais faut-il retenir contre elle son engagement?

Le CND militait en effet pour promouvoir le principal objectif de l’Union soviétique dès la fin des années 1970: le maintien de la supériorité militaire du Pacte de Varsovie sur le camp occidental – et donc la vassalisation politique de ce dernier.

Là je serais nuancé: on ne doit pas retenir contre eux les combats politiques qu’ils ont mené dans une jeunesse lointaine.

Je juge Alain Madelin et André Glucksmann sur ce qu’ils pensent aujourd’hui – et admire leur défense passionnée de la liberté – et non sur leur adhérence passée à des idéologies antidémocratiques.

L’un comme l’autre ont clairement dénoncé ce qu’ils considèrent comme des égarements: il serait donc déplacé de les leur reprocher, tout comme il serait absurde de reprocher à Nelson Mandela (un autre de mes héros) son ancien engagement marxiste.

Mais – et c’est là où l’affaire me chiffonne – je ne constate pas de renonciation chez Ashton (qui, comme la plupart des baronnes, n’a jamais eu à faire face à l’électorat).

Le communiqué de quatre lignes publié par son cabinet sur cette affaire dit qu’elle n’a jamais touché des fonds de Moscou – point final. Aucune répudiation, même implicite.

Et ceux qui dans la blogosphère et la presse ont volé au secours d’Ashton n’ont pas dit: il est injuste de l’associer en 2009 à une organisation qu’elle a quitté en 1983. Ils justifient au contraire son engagement!

Ainsi ce post, qui défend le CND et qui décrit Vladimir Boukovsky (l’ancien dissident soviétique qui a rappelé l’origine douteuse des fonds de cette organisation) de suppôt de l’extrême droite.

On a donc ici une justification du pacifisme, et non une distanciation par rapport à celui-ci: c’est le cas aussi de nombreux commentaires postés sur l’article de The Economist reproduit en face (avec lequel je suis totalement d’accord).

En fin de compte, j’estime Ashton inapte à représenter l’Europe tant qu’elle n’aura pas dénoncé non seulement son rôle de trésorière du CND, mais surtout son appartenance à ce groupe, comme une erreur passée.

C’est sur ce point que les eurodéputés devraient la pousser. Mais je ne me fais pas d’illusions.

Ceux qui sont censés représenter la démocratie européenne, toutes tendances confondues, ont la vigilance hémiplégique: ils se gardent de la droite, pas de la gauche.

Sardanapale @ 2:00 pm
Filed under: International

# Posted on Sunday 22 November 2009 - 4 Comments

The hand of frog

The inglorious qualification of the French soccer team to next year’s World Cup finals at the expense of Ireland (the last-gasp goal was scored thanks to a handball) has triggered an avalanche of anguished reactions in France itself.

Many have taken the form of historical quotations. Jacques Attali exclaimed: “We are all Irish” – echoing the Le Monde headline “We are all American” after 9/11. The sports minister spoke of her “cowardly relief” – a phrase first used after the 1938 Munich agreement between Hitler and the Western Allies.

But why stop here? Here’s my personal list of relevant – or slightly adapted – quotes:

Vae victis.” (Brennus)
One more such victory and we’re lost.” (Pyrrhus)
All is won, except honor.” (Francis I of France)
It is so cruel to fall at the hand of a Frenchman.” (Duke of Berry)
France has won a battle, but France has not won the war.” (De Gaulle)
Ich bin ein Dubliner.” (JFK)

I’m sure there are more. Any suggestions welcome.

Les mains sales

Sur la grande affaire du moment – la qualification de la France à la Coupe du monde de football grâce à une main de Thierry Henry – chacun y va de son adaptation de phrase historique.

Jacques Attali s’écrie “Nous sommes tous des Irlandais” (allusion, bien sûr, à 9/11), Roselyne Bachelot parle de “lâche soulagement” (comme Blum après les accords de Munich en 1938)…

Voici une petite liste personnelle de citations appropriées:

Malheur aux vaincus.” (Brennus)
Encore une victoire comme celle-là et nous sommes perdus.” (Pyrrhus)
Tout est gagné, fors l’honneur.” (François Ier)
Ah qu’il est cruel de tomber de la main d’un Français.” (Duc de Berry)
La France a gagné une bataille, mais la France n’a pas gagné la guerre.” (De Gaulle)
Malheureusement, les Français ne sont pas toujours la France.” (De Gaulle)
Ich bin in Dubliner.” (Kennedy)

Toute suggestion sera la bienvenue.

Sardanapale @ 10:54 am
Filed under: General

# Posted on Monday 9 November 2009 - No Comments

It was 20 years ago today

Excellent leader in The Economist on 20 years since the fall of the Berlin Wall.

It stressee that political freedom and economic liberty are intimately linked, and that progress in both should not be taken for granted.

A key excerpt:

“At present capitalism is too often judged by the excesses of a few bankers.

But when historians come to write about the past quarter-century, Lehman Brothers and Sir Fred “the Shred” Goodwin will account for fewer pages than the 500m people dragged out of absolute poverty into something resembling the middle class.

Their success is not just a wonderful thing in itself-the greatest leap forward in economic history. It has also helped spur on other chaotic freedoms: look at the way ideas, good, bad and mad, are texted around the world.

For in the end, no matter what China’s leaders tell Mr Obama when he visits Beijing later this month, economic and political liberty are linked-not as tightly as people hoped 20 years ago, but still linked.

Look forward, and China’s internet-obsessed emerging middle class will surely have an appetite for liberty beyond the purely economic. Change could happen as unexpectedly as it did in 1989.

Even the most fearsome fortresses of repression can eventually be breached. Then it was Honecker and Ceausescu; tomorrow it might be Castro, Ahmadinejad or Mugabe; one day Chavez or even Hu”

Liberté chérie

Excellent édito the The Economist sur le 20e anniversaire de la chute du mur. Il souligne le lien profond entre liberté politique et économique et le fait que ni l’une ni l’autre ne doit être tenue pour acquise.

Extrait:

“À présent le capitalisme est trop souvent judgé par les excès de quelques banquiers.

Mais quand les historiens feront le récit du quart de siècle écoulé, Lehman Brothers et Sir Fred Goodwin occupperont moins de pages que les 500m de personnes qui se sont tirées de la misère pour accéder à la classe moyenne, ou quelque chose qui y ressemble.

Leur réussite n’est pas seulement une chose merveilleuse en soi – le plus grand bond en avant de l’histoire économique. Il a engendré d’autres libertés chaotiques: les idées, bonnes ou mauvaises, se diffusent aujourd’hui instannément d’un bout du monde à l’autre.

Quoi qu’en disent les dirigeants chinois dans leurs entretiens prochains avec Obama, libertés economiques et politiques sont liées – pas aussi étroitement qu’on l’espérait il y a 20 ans, mais elles le restent.

On peut penser que la classe moyenne obsessée par l’internet qui émerge en chine réclamera un jour une liberté qui ne soit pas purement économique. Ce changement pourrait être aussi soudain que celui de 1989.

Les forteresses de répression les plus terribles sont vulnérables. Jadis, c’étaient celles de Honecker et Ceausescu; demain ce seront peut-être celles de Castro, Ahmadinejad Mugabe, Chavez, ou même Hu.”

Sardanapale @ 9:11 pm
Filed under: General