Posted on Friday 7 July 2006
Islam and terror
One year on from the London bombings, the British media has been taking the pulse of the country’s Muslims.
A few figures have struck me:
- 13% of British Muslims, or more than 100,000 adults, think that the 7/7 suicide bombers should be regarded as martyrs.
- 7% think that attacks against civilians in the UK are justified.
- 56% do no believe Arabs carried out the 9/11 attacks on the US.
So support for Jihad is not confined to a minority, and even those who reject violence (why would those who cheered when the Twin Towers fell thank the CIA or Mossad for it?) hold pretty bizarre views…
These startling opinions, of course, are not confined to British Muslims.
As a Pew Global Attitudes Survey made clear, their brethren worldwide feel pretty much the same.
These figures cast doubt on the idea promoted by Blair and Bush that Jihadism is a pathology that is alien to true Islam.
As Jonathan Rauch wrote in a recent article, “the ideology of Jihadism traces its lineage to the very beginning of the religion of Islam.”
Of course, Islam is not synonymous with terror. But it is absurd to neglect the spiritual roots of Jihadism.
As scholar quoted by Rauch says: “Secularists, whether liberals or socialists, grant true explanatory power to political, social, or economic factors but discount the plain sense of religious statements made by the Jihadis themselves.”
Bin Laden and other Jihadists are not “hijacking” Islam, as many (including Rauch and me) have said, they are reviving an ancient, violent strand within the Islamic tradition, in an effort to crush its pragmatic rival.
Of course Jihadis are a minority within Islam, but they are proud members of the Umma and this is why so many Muslims find their message attractive.
La tentation terroriste
Un an après les attentats de Londres, il est beaucoup question des Musulmans du pays dans la presse britannique. Je retiens surtout trois chiffres glanés ces dernières semaines:
- 13% des Musulmans britanniques, soit 100,000 adultes, considèrent les bombes humaines du 7 juillet 2005 comme des “martyrs”.
- 7% pensent que les attentats contre des civils en Grande-Bretagne sont justifiés.
- 56% sont convaincus que les attentats du 11 septembre 2001 n’ont pas été commis par des Arabes.
Le soutien à la djihad n’est donc pas le simple fait d’une infime minorité, et même la majorité qui rejette la violence (on ne voit pas pourquoi ceux qui applaudissent à 9/11 y verraient la main de la CIA ou du Mossad) a des opinions bien bizarres…
L’inquiétant, c’est que de ces opinions ne sont pas le fait des seuls Musulmans britanniques: elles sont partagées par leurs coreligionnaires du monde entier.
C’est ce qui ressort d’une étude menée dans 14 pays, et publiée par le Pew Center en juin.
Ces chiffres jettent le doute sur l’idée soutenue par Bush et Blair – et que j’ai moi-même défendue – selon laquelle le djihadisme serait une perversion de l’islam.
Comme le souligne Jonathan Rauch dans un article récent, “le djihadisme tire sa source des origines mêmes de l’islam.”
Bien sûr, islam et terreur ne sont pas synonymes. Mais il est absurde de négliger les racines spirituelles du djihadisme, ou d’y voir un détournement de la religion provoqué par des facteurs économiques ou la politique des États-Unis.
Il faut d’abord écouter les djihadistes eux-mêmes, qui mettent en avant des arguments religieux, et leur combat contre les infidèles.
Le djihadisme est sans doute un courant minoritaire au sein de l’islam, mais il en fait partie, et c’est la raison pour laquelle il séduit des millions de Musulmans.
La nécessité de devoir toujours faire la difference entre l’islamisme et l’islam en général ou les musulmans “modérés” montre bien que ce n’est pas si évident. Qui s’est acharné à faire la différence entre le communisme et le christianisme ?
La nécessité de devoir toujours faire la différence entre l’islamisme et l’islam en général ou les musulmans “modérés” montre bien que ce n’est pas si évident. Qui s’est acharné à faire la différence entre le communisme et le christianisme ?
Il serait intéressant de connaitre le protocole méthodologique utilisé pour réaliser ce sondage, cela permettrait entre autre de se faire une idée sur sa valeur.
Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue que l’islamisme est avant tout un mouvement politique d’essence révolutionnaire qui se sert de la religion pour arriver à ses fins exactement de la même manière qu’il use de la guerre asymétrique. N’oublions pas que des hommes aussi vertueux comme le mollah Omar ont eu recours au vol, au trafic, à diverses activités criminelles pour financer leurs mouvements et que ce dernier possédait à la belle époque du règne taliban une villa délicieusement kitsch où il pouvait à loisir consommer les mariages provisoires qu’il contractait afin de satisfaire pieusement sa lubricité.
Qui peut s’acharner aussi à concevoir que l’IIslam est la seule religion monothéiste à n’être pas passée à la machine à laver de l’Humainsme et des Lumières quand unTony Blair accepte un cetain Ramadan comme”médiateur”?
La vérité est que l’Islam (modérée ou non) est une religion hégémonique en retard de plusieurs siècles, jalouse de l’athéisme occidental, seul système ayant pu produire une société viable et… comment on dit ? Démo… Démocr…ha ! oui : démocra
Merci à tous pour ces commentaires.
En réponse à l’interrogation légitime de Harald sur la méthodologie: tous ces chiffres m’ont l’air très sérieux. Les deux premiers viennent d’un sondage Populus pour le Times voir http://www.timesonline.co.uk/article/0,,2-2254929,00.html . Le troisième provient de l’étude du Pew Center - voir le lien plus haut. Tous indiquent clairement la méthodologie.
Il serait assez de voir comment les médias ont traité le sondage : est-ce “seulement” 7% ou 7%, c’est énorme. Je suis assez d’accord avec l’opinion que tu émets, en anglais, qu’il s’agit également d’une guerre entre musulmans traditionnalistes et ceux qui souhaitent s’intégrer. La question que je me pose est de savoir si on peut être un musulman croyant et s’intégrer dans notre système occidental. Je m’explique : j’ai eu plusieurs élèves dans une classe qui étaient musulmans : sympathiques, visiblement bien dans leur peau, modernes, mais impressionnants lorsqu’il s’agissait de défendre le Coran; ils allaient régulièrement à la prière, connaissaient bien leur matière et avaient des idées assez négatives sur le christianisme. Sont-ils des extrêmistes en puissance ? Est-ce qu’en leur permettant de pratiquer constamment leur religion, est-ce qu’on expose notre civilisation au danger ? Voilà des questions auxquelles je n’ai pas réponse.
Totalement d’accord avec Jack: 7%, ça fait 50,000 adultes! C’est énorme, et les media ont dûment souligné cette énormité.
Je salue le prof que tu es: merci d’avoir partagé ton expérience avec tes élèves. J’étais moi-même prof pendant la première Guerre du Golfe et je me suis posé exactement les mêmes questions. J’avait été frappé par un de mes élèves de 3e: Rachid était un brillant élément, un type droit, sympathique et enthousiaste. Or j’ai été surpris par sa réaction à l’affaire du Koweit. À l’époque on ne parlait pas d’islamisme (je doute que Rachid fût pratiquant) - mais j’ai été surpris de voir qu’il se considérait d’abord comme arabe, et à ce titre solidaire de Saddam.
Ce bon élève, promis à un bon avenir dans une société qui l’avait accueilli et lui donnait ces chances, devenait anti-occidental et anti-français (à lépoque la France soutenait Bush contre Saddam Hussein)!
Rachid et tes élèves étaient-il des extrêmistes en puissance? Sans doute, mais autant je crois à la vigilance, autant le soupçon me semble à éviter. Les gauchistes de mon temps étaient aussi des membres en puissance d’Action Directe… Ils en avaient le langage, mais finalement la plupart se sont rangés. Pour une Ménigon qui a pris les armes, j’ai connu dans les 1970s des centaines de passionarias de banlieue qui sont devenues mères de famille.
Je partage le pronostic de The Economist, qui a prédit que comme les vagues antérieures de terrorisme (anarchisme, etc.) la vague djihadiste va s’éteindre. Cela ne veut pas dire que l’Occident doive encaisser sans rien faire. Mais c’est contre des actes qu’il faut agir, non contre des paroles: c’est un des principes de base du libéralisme. Rien n’interdit, bien sûr, de CRITIQUER des croyances - c’est ce que je fais sur ce blog. Mais BANNIR l’islam serait une reniement à nos valeurs, et je ne crois pas que cela aiderait à mettre fin au djihadisme.
Merci encore…