Sardanapale

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# Posted on Monday 15 August 2005 - No Comments

La “famine” au Niger

Lorsque le président nigérien s’est permis de critiquer la mobilisation internationale dont son pays fait l’objet, la communauté humanitaire a réagi avec la violence de la générosité outragée.

Pourquoi nier l’ampleur de la crise? Comment un chef d’État peut-il être à ce point insensible aux souffrances de son propre peuple?

Même indignation du côté des media. Il est vrai que les télévisions du monde entier s’étaient précipitées sur le Niger cinq semaines plus tôt à la suite d’un reportage de Hilary Andersson de la BBC: la sainte alliance entre humanitaires et journalistes (donnez-nous du drame humain, on diffuse les images) fonctionnait à plein.

The Independent ridiculisait les propos de Mamadou Tandja en les plaçant en gros titres à la une - “Le peuple du Niger paraît bien nourri, comme vous le constatez” - à côté de la photo d’un enfant étique.

David Loyn, dans un article sur le site de la BBC, accusait Tandja de jouer sur les mots en niant qu’il y avait famine: “Combien de bébé à l’agonie faut-il pour faire une famine?”

Même si techniquement ce terme ne s’applique pas ici, poursuivait-il, vu de l’extérieur les images atroces qui nous viennent du Niger ressemblent à une “famine”.

Et Loyn de citer Amartya Sen: “Aucune démocratie digne de ce nom n’a jamais connu de famine” - indiquant que le Niger est en partie responsable de la crises sans fournir d’explications.

Ce rejet des arguments de Tandja sur le ton de l’évidence consternée est elle-même consternante.

Les propos du président nigérien soulèvent des questions importantes sur le traitement des crises alimentaires.

Il d’abord noté que la pénurie causée par les mauvaises récoltes et le sauterelles n’avait rien d’exceptionnel.

Ceci est confirmé par le site agricole Fews, qui donne une image nuancée de crise au Niger: la production de céréale pour 2004-05 atteint 89% de la moyenne sur cinq ans, et les prix ont baissé en juillet.

Ensuite, Tandja affirme qu’en accréditant l’idée que tout le pays connaît la famine - alors qu’il y a en fait une disette limitée à certaines zones - les ONG poursuivent leurs intérêts propres et non ceux du Niger.

Cette idée n’a rien de ridicule. Il suffit pour la comprendre de revenir trois ans en arrière.

C’est en Afrique australe qu’il était question de famine en 2002. D’après l’ONU, des millions de vies étaient en jeu.

Les mêmes journalistes qu’on retrouve aujourd’hui au Niger (notamment l’incontournable Hilary Andersson) ont parcouru la région en quête de bébés affamés, et ils en ont trouvé. La machine humanitaire s’est alors mise en branle.

C’est alors que la Zambie a pris peur. Certaines de ses régions connaissaient des pénuries; mais ce qui menaçait le pays, c’était moins la famine que les tonnes de céréales américaines que le Programme alimentaire mondial déversait dans ses entrepôts de Lusaka.

Soucieux de protéger l’agriculture locale, le gouvernement a mis un coup d’arrêt aux livraisons (en invoquant - pour plaire aux Européens - l’argument douteux que le blé livré contenait des OGM).

On ne s’oppose pas impunément à l’humanitarisme occidental. Comme le rappelle Der Spiegel dans un excellent article, la Zambie fut traînée dans la boue.

L’ambassadeur des États-Unis déclara: “Les dirigeants qui refusent à leur peuple l’accès à la nourriture alimentaire doivent être poursuivis pour les crimes contre l’humanité les plus graves.”

Bien sûr, le crime était imaginaire. L’arrêt de l’aide n’a pas entraîné de famine en Zambie, qui pouvait se nourrir elle-même.

J’ignore si on peut en dire autant du Niger aujourd’hui.

Je suis prêt à accepter que nous avons bien affaire à une crise humanitaire grave, et non à une tentative du charity business de justifier son existence.

Il est tout à fait possible que ce soit Tandja qui se trompe sur l’ampleur de la crise.

Encore faudrait-il répondre sérieusement à ses arguments, en soulignant par exemple les enseignements que les ONGs ont tiré de leurs erreurs de 2002.

Mais la réaction aux déclarations du président nigérien suggère qu’une chose au moins n’a pas changé: l’Occident est convaincu que ses élans humanitaires sont forcément bons, et que ceux qui s’y opposent forcément méchants.

“Shut up and let us feed you”

When Niger’s president accused aid agencies of exaggerating the food crisis in his country, relief agencies responded with the fury of spurned generosity: How dare he bite the hand that feeds his own people?

The media, which had swooped on Niger after the BBC’s Hilary Andersson had first reported on the crisis in July, shared the aid workers’ outrage. The holy alliance between NGOs and journalists (you provide drama and we support your fund-raising effort by showing the pictures) was in full swing.

The Independent poured scorn on President Mamadou Tandja’s words by splashing them across its front page - “The people of Niger look well-fed, as you can see” - next to the picture of a skeletal child.

An online article by the BBC’s David Loyn accused Tandja of quibbling while Niger was starving: “How many dying babies make a famine?” Technically, he wrote, the crisis may not qualify as a “famine”, but pictures of desperate children “certainly look like ‘famine’ to the outside world”.

Loyn quoted Amartya Sen’s dictum that “no famine has ever taken place in the history of the world in a functioning democracy”, suggesting that Niger’s government was responsible for the crisis.

There you have it: callous leader ignores plight of his people and blames outsiders who are trying to help.

But Tandja’s comments should not have been dismissed so easily. They raised serious points about the appropriate response to a food emergency.

He was right to state that the crop failures and locust invasions that caused the food shortages were not particularly severe.

The farming website Fews paints a nuanced picture: the situation is critical in some areas, but Niger’s overall cereal output in 204-2005 is 11% down on a five-year average.

Tandja argues that by giving the impression that the whole country was in the grips of a famine, the NGO community was serving its own interest rather than Niger’s.

This is a not a ridiculous idea. We have been there before.

In 2002 the world heard of an imminent famine in Southern Africa. The UN warned about millions being at risk.

Journalists (including Hilary Andersson) fanned out across the region and found the pictures of dying babies they were looking for. The international aid machine went into full gear.

Among the countries watching all this with alarm was Zambia. Everyone said it was starving, while in fact it had only experienced a poor harvest with little rain in some regions.

Although the country was able to feed itself, the UN World Food Program was sending plane loads of surplus corn to Zambia, threatening to deal a massive blow to local farmers.

The Lusaka government put its foot down. It put a halt to aid shipments, citing the dubious excuse that the US grain it was receiving was genetically modified (the Zambians wanted to please Europe, in the naïve hope that they could one day break into EU markets).

The reaction was ferocious. As Der Spiegel noted in a recent article on aid which commendably does not endorse the NGO line, “countries which attempt to defend themselves against what is supposed to be charity have to expect to be harshly slapped down”.

The US ambassador to Zambia said: “Leaders who refuse to let their people have food should be put in the dock for the most serious crimes against humanity.”

Of course there was no such crime. The halt to aid shipments did not trigger a famine in Zambia, which was able to feed itself.

It may be that Niger 2005 is a not a repeat of Zambia 2002.

I am prepared to believe that the current emergency is real, rather than a case of the charity business trying to justify its existence.

But Tandja’s arguments should be countered rationally, not ridiculed. It would have been helpful, for instance, if NGOs had explained how lessons from the mistakes of 2002 had been learnt.

But the automatic response to the president’s comment gives suggests that at least once thing has not changed: the North still assumes that dumping tons of food aid on a country is good, and gets angry when the South fails to respond as a grateful ward.

Sardanapale @ 12:55 pm
Filed under: Aid

# Posted on Sunday 3 July 2005 - No Comments

L’imposture Live 8

“And the men who spurred us on
Sit in judgment of all wrong
They decide and the shotgun sings the song”

Au moment où j’écris ces lignes, des humains hautement civilisés chantent dans l’espoir de me soutirer de l’argent.

Ces personnes ne ressentent aucune animosité personnelle envers moi, ni moi envers eux. La plupart sont honnêtes: dans d’autres circonstances, il ne leur viendrait jamais à l’idée de tromper leurs semblables. En revanche, si l’un d’eux réussit à me soulager de toutes mes économies, il n’en dormira pas plus mal. Car il agit pour une cause charitable qui lui sert d’absolution.

Pour continuer de paraphraser Orwell, on ne saurait comprendre le monde moderne sans reconnaître la puissance du sentiment humanitaire. Notre monde n’est plus celui du “Et moi et moi et moi”. Montrez à un Occidental l’image d’un Africain affamé et un sentiment de culpabilité presque invincible le pousse à sortir son chéquier.

Ce réflexe est-il mauvais? Les citoyens d’anciennes puissances coloniales n’ont-ils pas leur part de responsabilité dans la misère du monde? Et coupables ou non, n’avons-nous pas le devoir d’aider les autres?

Pour répondre à ces questions, il faut commencer par écouter les Africains. Dans leur immense majorité, ils rendent leurs propres gouvernants responsables de la pauvreté. Voyagez en Afrique et que voyez -vous? De somptueuses maisons que les amis du pouvoir en place se sont fait construire, alors que le citoyen moyen se fait impunément rançonner par le gendarme ou le bureaucrate.

Un petit film réalisé par Joseph Warungu de la BBC, et diffusé lors d’un débat télévisé sur l’Afrique cette semaine, illustre parfaitement les problèmes auxquels font face les Africains. Dès la naissance, nous dit Warungu, les habitants du Kenya dont il est originaire doivent donner “un petit quelque chose” pour obtenir ceci ou cela – et au bout du compte, le prix qu’ils payent est énorme. C’est avant tout cette corruption de tous les jours qui mine le continent, nous dit Warungu.

Mais Geldof et Cie n’écoutent pas les Africains. On ne demande à ceux-ci d’ouvrir leur bouche que pour se laisser nourrir. Live 8 s’adresse aux seuls interlocuteurs qui comptent: les Occidentaux et leurs dirigeants. Comme le proclame le tableau électrique surplombant la scène: “Huit hommes dans une pièce peuvent changer le monde.”

Autre slogan: “G8 – le monde vous regarde.” Sans doute, mais pour mettre fin à la pauvreté en Afrique, il vaudrait mieux que le monde observe d’autres dirigeants: ceux du Cameroun, du Soudan, du Kenya, du Nigéria, du Tchad, de la Côte d’Ivoire, de la République Démocratique du Congo, et de l’Angola – pour ne mentionner que les huit pays africains jugés les plus corrompus par Transparency International.

Le premier Live Aid a attiré l’attention sur la famine éthiopienne, tout en occultant sa cause. C’est comme si des ONG martiennes avaient atterri en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, et ramené des images de camps de concentration sans parler des Nazis, et en demandant à leur planète de “nourrir la terre”.

Vingt ans après, Geldof et sa bande affichent la même incapacité à reconnaître des réalités qui ne sont pas bonnes à dire, le même mépris inconscient d’un continent qu’ils veulent sauver.

Oui, nous autres riches avons le devoir d’aider les pauvres. Mais nous n’avons pas celui de récompenser de gentils imposteurs qui refusent de considérer les Africains comme les artisans de leur propre richesse.

“C’est une honte que l’avenir de l’Afrique soit entre les mains de pop stars blanches qui font de la mauvaise musique,” s’est écrié l’écrivain kenyan Aidan Hartley durant le débat de la BBC.

Comme au bon vieux temps du colonialisme, l’Occident traite l’Afrique comme sa pupille. Hartley a raison de s’indigner - quoique je le trouve un peu dur avec la musique.

Au moment où j’écris ces lignes les Who donnent une excellente version d’un de leurs plus grands succès:

“Meet the new boss
Same as the old boss.”

We’re getting fooled again

“Pick up my guitar and play
Just like yesterday
Then I’ll get on my knees and pray.”

As I write highly civilized human beings are singing on a stage, hoping to get my money.

They do not feel any enmity against me as an individual, nor I against them. They are “only doing their duty”, as the saying goes. Most of them, I have no doubt, are kind-hearted, law-abiding people men who would never dream of committing fraud in real life. On the other hand, if one of them succeeds in parting me from my life-saving, he will never sleep the worse for it. He is serving a good cause, which has the power to absolve him from evil.

One cannot see the modern world as it is unless one recognizes the overwhelming strength of the humanitarian impulse. Show an overfed Westerner like me the picture of a starving African child and I immediately feel responsible for this scandalous state of affairs. Before I know it I feel like reaching for my cheque book.

What is wrong with that? Aren’t the citizens of former colonial powers at least partly to blame for world poverty? And regardless of who is responsible, do we not have a duty to give?

To answer these questions, it is best to listen to Africans. All of those I have spoken to during my travels and in my job over the years have blamed their own governments for poverty.

Every day they see the well-connected thrive, while ordinary people have to grease palms to see the doctor or get through the next police roadblock.

I found their attitude neatly encapsulated in short film by the BBC’s Joseph Warungu broadcast during a debate on Africa’s problems on the BBC last Thursday From the time they are born, Warungu says, people in his native Kenya are expected to pay “something small” to all sorts of officials, until they realize they have lost something big. The grinding humiliation of having to bribe your way through life is Africa’s greatest plague, Warungu says.

But the Live 8 crowd is not interested in any of this: it is not about the West – the only people who matter. Africans are supposed to shut up and open their mouths only to be fed.

Not only are the pop stars not listening to Africans – they are not speaking to them. The concerts are entirely aimed at Westerners and their leaders. “Eight men in one room can change the world,” the electric board above the Hyde Park stage reads, with huge portraits of George Bush, Tony Blair, et al hanging in the background.

Another slogan read: “G8 – The World is Watching.” But to help end poverty in Africa, the leaders who need watching are those of, say, Cameroon, Sudan, Kenya, Nigeria, Chad, Ivory Coast, the Democratic Republic of Congo, and Angola – to take just the eight most corrupt countries on the continent as identified by the organisation Transparency International.

The original Live Aid focused the world’s attention on Ethiopia, but turned its gaze away from the cause of the famine – the Mengistu regime. It was as if charities from Mars had landed in Europe during World War II, and beamed back pictures of cities in ruins and concentration camps without saying a single word about the Nazis, urging their planet to “Feed the Earth”.

Twenty years later, Gerdof and Co show the same inability to confront unpleasant facts, the same unthinking contempt for the continent they intend to save.

Yes, we the rich have a duty to help the poor. But why should we hand our money over to kindly frauds who see Africans as wards of the West rather than the potential makers of their own wealth?

As the Kenyan writer Aidan Hartley said during the BBC debate: “It is shameful that the future of Africa should be decided by white pop stars playing bad music.”

As was the case in the bad old days of colonialism, Westerners regard Africans as helpless wards. Hartley is right to be angry – although I find him a bit harsh about the music.

As I write, the Who are giving a splendid performance of one of their greatest hits:

“Meet the new boss
Same as the old boss”

Sardanapale @ 3:13 pm
Filed under: Aid

# Posted on Monday 27 June 2005 - No Comments

Si on s’arrêtait d’aider l’Afrique?

C’est la question posée par une émission diffusée dimanche par la BBC. Excellente antidote à l’angélisme ambiant. Les auteurs osent émettre l’hypothèse que l’Afrique noire se porterait mieux si les gentils blancs qui leur veulent du bien les laissaient tranquilles.

Les intervenants sont des gens sérieux: Richard Dowden (Royal African Society), Robert Guest (The Economist), Alex de Waal (Justice Africa), James Shikwati (directeur d’une ONG kenyane), et surtout Tony Vaux, un désenchanté d’Oxfam qui a écrit un livre essentiel sur les dérapages de l’humanitaire, The Selfish Altruist.

Ces observateurs notent que si l’aide était la clé du développement, l’Afrique, qui a reçu 1000 milliards de dollars depuis les années 1960, serait riche depuis longtemps.

La manne est souvent pire qu’inutile: elle peut pervertir les marchés, encourager une mentalité d’assistés (”Feed the world” est un slogan monstrueux, qui ne voit les Africains que comme des bouches à nourir et non des partenaires), elle peut ravager les agricultures locales, et maintenir en place des dictatures et prolonger les guerres.

L’émission se penche sur des cas bien connus de détournement d’aide, par le Staline éthiopien Mengistu en 1984-85 et par les génocidaires rwandais dix ans plus tard. Shikwati n’hésite pas à dire: “C’est l’aide qui a détruit l’Afrique.”

Certes, de telles mises en gardes ne sont pas nouvelles. En France, des anciens responsables d’ONG tels que Jean-Christophe Rufin ou Sylvie Brunel ont souligné les effets perverts d’une aide mal concue.

Mais même si elles sont acceptées par de nombreux spécialistes, ces idées restent hérétiques au yeux du grand public et des medias. C’est le cas particulièrement en Grande-Bretagne, où tout le monde croit encore que la famine éthiopienne a été causée par la sécheresse.

Peu de Britanniques savent que ce mythe a servi à Mengistu de s’emparer de l’arme alimentaire — avec la complicité d’ONG dont le mot d’ordre (comme l’écrit Tony Vaux), se résumait à: “Don’t mention the war”.

L’aide peut certes être utile et on ne peut qu’approuver l’annulation conditionnelle de la dette. Mais au moment où Geldof et les chantres médiatiques de la dépendance se préparent à entonner le même air qu’en 1985, il est bon de rappeller qu’il ne s’agit pas d’une simple question de bien et de mal. La charité est aussi lourde de dilemmes, c’est à dire de conflits entre le bien et le bien.

Killing Africa softly

“If… we stopped giving aid to Africa” - this startling hypothesis is the title of a TV programme broadcast by the BBC on Sunday. Its refreshing bluntness contrasts with standard media coverage of aid issues - dripping with well-meaning nonsense ahead of next month’s Live-8 concerts.

Africans might be better off if the do-gooders left them alone. The people making this suggestion are anything but right-wing cranks: the programme features interviews with Richard Dowden of the Royal African Society, Robert Guest of The Economist, Alex de Waal of Justice Africa, James Shikwati, who heads a Kenyan NGO, and Tony Vaux, a former Oxfam man who wrote a remarkable 2001 book on the subject, The Selfish Altruist.

Since the 1960s the continent has received $1 trillion. If all that was needed to spur development was cash, Africa would be an economic giant by now. The money not only appears to have done little good, but at times it has been positively harmful. Aid has perverted incentives, promoted dependency (”Feed the world” is a monstrous slogan, which treats Africans as pure recipients, not as partners), undermined local farming, propped up dictatorships and allowed wars to fester.

The programme highlights well-known cases of aid being hijacked - by the Ethiopian Stalin, Mengistu Haile Mariam, in 1984-85, and by Rwanda’s genocidal Hutus a decade later. According to Shikwati, Westerners have played more than a supporting role in wrecking the continent. “Aid has destroyed Africa,” he says.

Many experts over the years have warned about the unintended but foreseeable side effects of aid. But such healthy scepticism remains taboo in polite society and in the media. This is particularly the case in Britain, where most people still believe that the cause of the Ethiopian famine was drought.

Few Britons to this day realise that this myth allowed Mengistu to use food as a weapon in a vicious conflict, with the complicity of NGOs whose motto (as Vaux puts it in his book) boiled down to “Don’t mention the war!”

Aid can of course be useful - even vital - and the recent (conditional) debt write-off is welcome. But as Bob Geldof and his high-fidelity first-class-travelling set get ready to take to the stage again - and sing the same do-goody-good bullshit as 20 years ago - it is useful to remind people that givers are not always on the side of the angels.

Charity entails dilemmas, i.e. conflicts not between good and evil but between good and good.

Sardanapale @ 8:31 pm
Filed under: Aid