Sardanapale

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# Posted on Saturday 2 June 2007 - Comments Off on Alan Johnston and us

Alan Johnston and us

The first video of BBC Gaza correspondent Alan Johnston since his abduction in March is a testament to the totalitarian idiocy of his captors.

The group – the “Army of Islam” – apparently believes that a list of supposed Western crimes reeled off by a gaunt hostage can help raise awareness of the plight of Muslims in Gaza and elsewhere.

But of course, the main crime highlighted in the video is that perpetrated against Johnston.

And a direct consequence will be to further discourage Western journalists from travelling to Gaza to raise awareness of the plight of Muslims.

That is the idiotic bit. The totalitarian bit relates to the ideology and methods of the jihadists.

Testimony extracted at gunpoint and put on display for the enlightenment of the masses is a technique perfected by communism, both in its Soviet and Chinese versions.

The glorification of death and martyrdom is also a totalitarian trope. “There are thousands of our young people who look forward to death like the Americans look forward to living,” another al-Qaeda video exulted after the 9/11 attacks.

The thrill associated with dying and killing was first expressed was the Spanish fascists who shouted: “Viva la muerte.”

And radical Muslims share the common objective of the Nazis and the Communists: the destruction of Western democracy.

Like them, they show particular hatred towards the Anglo-Saxons. The text read Johnston was made to read includes this tirade

“From history, the British worked to bring about the state of Israel, which is the cause of all the suffering of the Palestinian people, and we, the British, are completely to blame, along with the Americans, for the situation in Iraq.”

Which is I find the word “Islamofascism” (coined by Paul Berman) appropriate: Jihadists seek to establish a caliphate through force, and are supported in this endeavor by dictatorships, notably a nuclear Iran.

The phrase “World War IV” – used again by Norman Podhoretz in a recent article – is also justified.

Some balk at this characterization. But since there is an “Army” (of Islam), there must be a war.

And the fight is being taken to the four corners of the world. Gaza is just one of the current hotspots: there are potential fronts on all continents.

The conflict is indeed global. The jihadists dream of doing to all of mankind what they are doing to Alan Johnston.

Alan Johnston banner

La quatrième guerre mondiale

La vidéo montrant le journaliste Alan Johnston pour la première fois depuis sa capture nous met en face de la crétinerie totalitaire des ravisseurs.

Crétinerie parce que l'”Armée de l’islam” se figure qu’une liste, ânonnée par un otage exténué, des crimes attribués à l’Occident est de nature à émouvoir le monde sur le sort des musulmans de Gaza et d’ailleurs!

Le principal crime désigné par la vidéo est bien sûr celui dont Johnston est la victime.

La conséquence directe en sera l’absence prolongée de journalistes étrangers susceptibles d’émouvoir le monde sur le sort des habitants de Gaza ou de toute autre régions où sévissent des groupes comme l’Armée de l’Islam.

Totalitaire parce que les méthodes et les objectifs des saints guerriers s’inspirent des grands crimes du XXe siècle.

L’autocritique arrachée par la violence en vue de l’édification des peuples a été perfectionnée par le communisme, dans sa version soviétique comme chinoise.

Le culte du martyre héroïque est lui aussi totalitaire. Il animait les fascistes espagnols qui criaient “viva la muerte”.

Et, bien sûr, les “nazis mahométans” – pour reprendre l’expression d’Alcofibrasnasier dans ces colonnes – partagent l’objectif principal du Troisième Reich ou du bloc communiste: la destruction de la démocratie occidentale.

Comme eux, ils éprouvent une haine particulière envers les Anglo-Saxons.

Le texte récité par Johnston comprend ce passage:

“Les Britanniques ont oeuvré à la création d’Israël, qui est la cause de la souffrance du peuple palestinien, et nous, les Britanniques, sont totalement responsables, avec les Américains, de la situation en Irak.”

C’est pourquoi le mot d'”islamofascisme” me paraît approprié. Les djihadistes cherchent à établir un califat par la force, et ils sont soutenus dans cette entreprise par des dictatures, notamment l’Iran nucléaire.

Tout aussi appropriée est l’expression de “quatrième guerre mondiale”, revendiquée à nouveau par Norman Podhoretz dans un article récent. (La guerre froide était la troisième).

Certains contestent cette caractérisation. Mais s’il y a une “armée” (de l’Islam) c’est qu’il y a bien guerre.

Et le conflit se livre aux quatre coins du globe. Gaza n’est qu’un des fronts “chauds” du moment, au même titre que le Liban, l’Irak et l’Afghanistan. Il y des fronts potentiels sur tous les continents.

L’enjeu est bien mondial. Les djihadistes réservent à l’humanité entière le sort d’Alan Johnston.

Sardanapale @ 1:26 am
Filed under: Islam

# Posted on Sunday 27 May 2007 - 2 Comments

America’s “mainstream” Muslims

The French like to think that “communitarianism” is rampant in the United States – i.e. that ethnic and religious groups live apart from each other.

This is pure fantasy: anyone who has spent five minutes in the US knows that economic and public life there brings together a multitude of groups.

The belief in a ghettoized American society is mostly a comfort blanket that helps the French forget about the problems with integration in their own country – notably that of Muslims.

Enough said. But there is abroad an opposite idea that is worth examining: that unlike an old world threatened by a “Eurabian” fifth column, the US is a model of integration for Muslims.

The Pew Research Center has just published a survey of US Muslim opinion that sheds light on this issue.

At first sight, it suggests that Muslim Americans are remarkably well integrated.

They share the American work ethic: 71% agree that working hard brings success.

Economically, Muslims tend to do just as well as their fellow Americans, and they are just as contented with the state of US.

The Pew Center sums up its main point in the title: “Muslim Americans: Middle Class and Mostly Mainstream.”

I find this heartening, and wish I could the same of French Muslims – who are by and large not responsible for their own marginalization.

But on closer inspection, the study makes sobering reading.

The Pew Center helpfully breaks down the results between foreign-born Muslims and those born in the US.

The former outnumber the latter by two-to-one. This means that the survey is dominated by the views of people who know what life is like elsewhere.

Predictably, these people are well inclined towards the adoptive country they have chosen.

But if you look at the views of US-born Muslims, you find high levels of disenchantment.

A full 77% say they are dissatisfied with US society – against 45% of foreign-born Muslims and 61% for the US population in general.

More US-born Muslims say they want to remain distinct than say they need to adopt American customs (foreign-born Muslims say the reverse by an overwhelming margin.)

Furthermore, 7% of younger Muslims have a favorable opinion of al-Qaeda.

Let me repeat: I am convinced that the US – a country founded by immigrants – has done a much better job of integrating Muslims (and others) than old Europe has.

But the outlook is far from rosy: most US Muslims may be “mainly mainstream” now, but for how long?

Already many, regardless of their age or country of origin, hold pretty weird ideas.

As the survey shows, only 40% believe that Arabs carried out the 9/11 attacks.

Islam américain

Selon une idée complaisamment répandue en France, les États-Unis seraient en proie à un “communautarisme” qui séparerait les groupes ethniques et religieux les uns des autres.

Cette idée est totalement fausse: quiconque a passé cinq minutes en Amérique constate qu’une multitude de groupes y vivent et travaillent très bien ensemble.

Le fantasme d’une société américaine ghettoïsée ne sert qu’à cacher aux Français les ratés de l’intégration chez eux, notamment celle des musulmans. Inutile de s’attarder sur ces inepties.

Mais il est une idée inverse qu’il est bon d’examiner : celle selon laquelle les États-unis, contrairement à un vieux continent menacé par l'”Eurabie”, constitueraient un modèle d’intégration pour les musulmans.

Une étude de l’opinion musulmane américaine publiée cette semaine par le Pew Research Center jette de la lumière sur la question.

À première vue, il en ressort que les Américains musulmans sont remarquablement intégrés.

Ils partagent les valeurs de travail de leur compatriotes (71% disent qu’on peut s’enrichir en travaillant), ainsi que leur aisance matérielle.

Le titre du rapport résume le propos: “Muslim Americans: Middle Class and Mostly Mainstream.” Ils sont satisfaits de la société où ils vivent et de leur place dans celle-ci.

Je m’en réjouis – et j’aimerais en dire autant de leurs coreligionnaires français (qui, quoi qu’on dise, ne sont en général pas responsables de leur marginalisation.)

Mais à lire de plus près l’étude, ces conclusions optimistes doivent être nuancées.

D’abord, les deux tiers des musulmans américains sont immigrés. Ils peuvent donc faire la comparaison avec d’autres pays et apprécient une société qu’ils ont pour la majeure partie choisie.

Le Pew Center fait à juste titre la distinction entre les musulmans nés à l’étranger et ceux nés aux États-Unis. Or les réponses de ces derniers n’ont rien de rassurant.

La proportion de ceux qui se disent insatisfaits de la société US est élevée: 77%, contre 45% pour les musulmans toutes origines confondues, et 61% pour les Américains en général.

Les musulmans nés aux États-Unis sont en outre plus nombreux à vouloir rester distincts plutôt qu’adopter les coutumes américaines (les immigrés, dans leur grande majorité, disent l’inverse).

De plus, 7% des jeunes musulmans américains ont une opinion “favorable” d’al-Qaïda!

À mesure que les nouvelles générations remplacent les immigrés, il est probable que la communauté affiche une hostilité accrue envers l’Occident.

Encore une fois, je suis persuadé que les États-Unis – pays fondé par des immigrés – a mieux réussi l’intégration des musulmans (entre autres) que l’Europe. Mais on peut craindre pour l’avenir.

D’ores et déjà, nombre de musulmans américains, quels que soient leur âge ou pays d’origine, expriment des opinions inquiétantes.

Seuls 40% pensent que les attentats du 11 septembre ont été perpétrés par des arabes.

Sardanapale @ 7:24 pm
Filed under: Islam andUSA

# Posted on Friday 19 January 2007 - 5 Comments

Denouncing anti-Semitism, sort of

I do not live in America so did not see the PBS documentary “Anti-Semitism in the 21st Century, the resurgence”, broadcast this week.

But both the producer’ summary and the review by the New York Times suggest it is circumspect to the point of irrelevance.

Here is what the Times has to say:

“Diatribes against the Jews are shockingly crude in Arab television programs and newspapers.

They are also shockingly commonplace, ”the elevator music for the Arab world,” as David Ignatius, an international affairs columnist for The Washington Post, puts it in ”Anti-Semitism in the 21st Century: The Resurgence”…

And that background noise has become more strident and pervasive over the last few years, spread by satellite television and the Internet throughout the Middle East and North Africa, with echoes reverberating deep into immigrant groups in Europe.

”Anti-Semitism in the 21st Century” tries to explain the origins of that hate as well as its surge. Whatever its roots, anti-Semitism in the Muslim world is linked inexorably to the Israeli-Palestinian conflict and keeps getting worse.

And no topic is more sensitive or incendiary. So not surprisingly, the script is cautious and elliptical, more comfortable exploring the past than the present.

The film begins with a vitriol sampler, clips of various Islamic clerics culled by the Middle East Media Research Institute…

A history lesson follows.

Various experts explain that Jews did not have equal rights in the Muslim-ruled world, but were relatively tolerated until the 19th century, when the crumbling of the Ottoman empire and the rise of the Zionist movement dramatically changed the landscape…

The film reports that anti-Semitic acts of violence have almost doubled since the 1990s. But there are lots of other indicators besides violence. Lately lurid television dramas include cockeyed depictions of Jews and Jewish history.

The narrator, Judy Woodruff, steps in as if to cool frayed tempers.

”And while some say that hatred of Israel is caused by Israel’s occupation of the Golan Heights and West Bank, and the conflict in Lebanon,” she says, ”others note that overt calls by Arab leaders for the destruction of the entire Jewish state were commonplace even before the occupation which began in 1967.”

”Anti-Semitism in the 21st Century” explores the ancient hatreds that have risen up in new forms. But the film’s circumspection reveals just how complex the problem is to address, let alone redress.”

Règlements de compte entre gauchistes

À part Cerca, personne ne semble avoir relevé le grand moment de radio la semaine dernière à France Culture.

Dans son émission “Répliques”, Alain Finkielkraut et ses invités, Jean-Claude Milner et Catherine Clément, devisaient tranquillement plaisamment des questions, passionnantes certes mais convenues, du juif dans la nation, de l’enracinement et des valeurs universelles (avec de belles envolées de Finkielkraut sur la grandeur de la France historique, d’autant plus touchantes chez ce fils d’immigré), quand, à cinq minutes de la fin, Pierre Bourdieu vient sur le tapis.

Jean-Claude Milner: J’ai ma thèse sur ce que veut dire “héritiers” chez Bourdieu. Les héritiers, c’est les juifs.
Catherine Clément: Ah, vous croyez?
JCM: Je crois que c’est un livre antisémite.

Finkielkraut et Clément sont sur le cul. Elle bredouille qu’elle est trop déboussolée pour commenter.

Finkielkraut, après avoir repris ses esprits, dit que l’idée d’un Bourdieu judéophobe semble bizarre, que ce n’est du tout le sens de sa critique contre lui, mais qu’il faudra en reparler…

Ma première réaction fut une certaine exaltation. Toute insulte contre Bourdieu, je me suis dit, est bonne à prendre.

Mais à y réfléchir, je crois que Finkielkraut a eu raison de prendre ses distances.

La sortie de Milner n’est pas réfléchie. D’ailleurs, il ne dira pas un seul mot d’explication.

Sa critique n’est pas fondée sur la passion, mais sur une propension – commune chez beaucoup de marxistes – à traiter de fascistes tous les gens qui les énervent.

Milner, un barthésien ci-devant maoïste, a d’ailleurs l’habitude de lancer des procès en antisémitisme à tort et à travers – cf sa dénonciation des “penchants criminels de l’Europe démocratique“.

Non: ce type n’est pas un libéral et il est tout aussi capable de me traiter, moi, de fasciste.

Le délire bourdivin doit être dénoncé, mais dans les termes raisonnés et libéraux de Finkielkraut.

Bien entendu, je ne nie pas que le progressisme puisse être judéophobe.

Mais il faut comprendre une chose: l’antisémitisme dangereux, hier comme aujourd’hui, n’est ni caché, ni codé. Il affirme clairement: “Mort aux Juifs.”

Il ne faut pas chercher midi à 14 heures dans la chasse au fascisme. Or aujourd’hui, il semble qu’on ne veuille le dénoncer QUE quand il est codé.

Le documentaire de PBS que je note dans la colonne de gauche suggère que plus l’antisémitisme s’affiche, plus on marche sur des oeufs pour le signaler.

Sardanapale @ 2:36 pm
Filed under: International andIslam

# Posted on Sunday 24 December 2006 - 1 Comment

Church v state

Christians are getting murdered on a regular basis in Iraq and attacked in the rest of the Middle-East. Whose fault is it?

The Archbishop of Canterbury, Rowan Williams, blames American and British leaders who, he points out, stoked sectarian hatred by invading Iraq.

“What we have seen in the last year or so in Iraq has been attacks on Christian priests, the murder of some Christian priests, and the massive departure of large numbers of Christians from Iraq,” he said.

“The situation has got worse since Saddam fell.”

Although Williams does not exonerate the Islamists totally, he states that the main culprits are Western leaders who put Christians in the region in harm’s way by ignoring warnings that they “would be seen as supporters of the crusading West.”

This attempt to play down the role of religious fanaticism is interesting.

Next time a terrorist attack in the West triggers reprisals against local Muslims, I wonder if the archbishop’s message will be:

“Bombing mosques is wrong. But those responsible for such attacks are the ones waging holy war against Christians.”

Somehow I doubt it: devout progressives are calling for moderation – on one side only.

Incidentally, Williams’ statement that “for several centuries there’s been a tradition of pluralism and co-existence in a lot of Middle Eastern countries” ignores decades of persecution of Middle Eastern Christians.

In Iraq, there have been massacres of Assyrian villagers and bombing of churches – especially after independence in 1932, and under Saddam Hussein.

The main reason for the end of interfaith co-existence in the region is the not the Iraq war, but a decades-old trend towards religious and nationalist zealotry.

The archbishop’s fulminations – like the outcry over the Pope’s statement about Islam followed by his penitent trip to Turkey – confirm that Christianity is not longer able to criticise any religious group except itself.

The reason for this inability is not openness, but emptiness.

Christianity (at least in its European version) cannot find in itself the moral power to issue judgments about the world – apart from the usual bleatings against safe targets (capitalism, materialism, intolerance…)

L’archevêque se rebiffe

Les Chrétiens se font régulièrement attaquer en Irak dans le reste du Moyen-Orient. La faute à ceux qui leur tirent dessus?

Que non. D’après le chef de l’église anglicane, les premiers responsables sont les dirigeants américains et britanniques.

L’intervention en Irak, explique l’archevêque de Cantorbéry, a mis les Chrétiens du monde arabe “en danger”, car ils sont “considérés comme des partisans de l’Occident croisé”.

L’archevêque Rowan Williams n’exonère pas totalement les meurtriers qui font cet amalgame – mais enfin, s’il n’y avait pas eu agression occidentale, c’est clair, les attaques n’auraient pas lieu.

Cette relégation du fanatisme religieux à une simple réaction est intéressante.

La prochaine fois qu’un attentat terroriste en Occident provoquera des représailles contre les Musulmans locaux, je me demande si le bon archevêque nous dira:

“Bon d’accord, ce n’est pas bien de mettre des bombes dans des mosquées. Mais les responsables sont ceux qui ont lancé une djihad contre les Chrétiens.”

J’en doute, bien sûr. Pour nos pieux progressistes, le devoir de modération s’impose… d’un seul côté.

Je trouve par ailleurs curieuse l’idée de Williams selon laquelle la guerre d’Irak aurait compromis “une tradition séculaire de pluralisme et de coexistence dans de nombreux pays du Moyen-Orient”.

Cela fait plusieurs décennies que les Chrétiens du monde arabe sont victimes d’expropriations, de déportations, ou pire.

En Irak, les Assyriens et Chaldéens ont été massacrés, leurs villages et monastères détruits, après l’indépendance en 1932 et sous Saddam Hussein.

Ce n’est pas la guerre d’Iraq qui a mis fin à la coexistence pacifique en terre d’islam, mais les fanatismes nationalistes et religieux du XXe siècle.

Les fulminations archiépiscopales, tout comme l’affaire des propos du Pape sur l’Islam, confirment que la chrétienté n’est plus capable de critique, seulement d’autocritique.

La raison de cette incapacité n’est pas l’ouverture, mais la vacuité.

Vidée de ses valeurs, la chrétienté (ou en tout cas dans sa version européenne) ne trouve pas en elle la force morale d’émettre des jugements autres que des blattèrements convenus contre des cibles inoffensives (le matérialisme, le capitalisme, l’intolérance…)

Sardanapale @ 5:47 pm
Filed under: Islam andTerrorism

# Posted on Saturday 11 November 2006 - 1 Comment

Return of blasmemy laws

I heard a program on the wireless the other day saying that in 18th-century France Diderot was thrown in jail for casting doubt on the existence of God.

“How lucky we are to live in such enlightened times,” I thought smugly.

“I can say what I like about religion without fear of reprisals.”

After listening to Britain’s Lord Chancellor (roughly equivalent to the Attorney General) this morning, I know better.

Lord Falconer opined that there should be “consequences” from saying Islam is “wicked and evil”.

He was responding to the acquittal of the leader on the far-right British National Party, Nick Griffin, who had been prosecuted over speeches made to supporters in 2004 (and secretly filmed by the BBC).

Muslims, Lord Falconer said, were offended by the verdict and must be sure that the law would protect them. His Cabinet colleagues agreed.

Both Home Secretary John Reid and Gordon Brown – the appointed successor of Tony Blair – said current incitement laws may need reviewing.

These laws are illiberal enough as it is. Earlier this year the New Labour government pushed through Parliament a “Racial and Religious Hatred Act” that extended the offence of incitement to cover religion.

The original bill banned “abusive and insulting” behaviour but that was overturned by the Upper Chamber.

Now it looks as though the government of the country that invented free speech will try again to re-introduce blasphemy laws.

I have no sympathy for a racist like Griffin, and I disagree with his views on Islam.

But it should not be illegal to be an asshole.

Vers un délit de blasphème

L’autre jour j’écoutais à la TSF une emission culturelle: il était question de Diderot et de son emprisonnement pour avoir douté de l’existence de dieu.

“Aujourd’hui cela ne pourrait plus se produire,” pensé-je avec satisfaction.

“Nous avons atteint un stade de civilisation où on peut dire ce qu’on veut de la religion sans crainte de représailles officielles.”

Ce matin je suis redescendu sur terre.

Toujours à la TSF, j’ai entendu le Lord Chancellor (équivalent britannique du Garde des sceaux) expliquer qu’on ne pouvait pas laisser quelqu’un qualifier l’islam de “maléfique”.

Lord Falconer commentait ainsi l’acquittement de Nick Griffin, chef du British National Party (extrême droite), qui était accusé d’incitation à la haine raciale pour des propos islamophobes prononcés devant des militants en 2004, et filmés en douce par la BBC.

Les musulmans, déclara Lord Falconer, étaient choqués par ce verdict et exigeaient d’être protégés par la loi.

Ses collègues gouvernementaux sont d’accord. Le Ministre de l’intérieur et Gordon Brown, successeur désigné de Tony Blair, ont réclamé une révision des lois sur l’incitation à la haine raciale et religieuse.

Cette législation, durcie en février dernier, constitue déjà une enfreinte aux libertés.

Il est alarmant de voir le gouvernement de Grande Bretagne – pays qui a inventé la liberté d’expression bien avant l’Amérique ou la France – envisager de rétablir le délit de blasphème.

Je n’ai aucune tendresse pour ce raciste de Griffin – et suis en désaccord avec ses idées sur l’islam. Mais ce n’est pas une raison pour le poursuivre.

La connerie ne doit jamais être élevée au rang de crime.

Sardanapale @ 11:21 pm
Filed under: Islam

# Posted on Tuesday 3 October 2006 - Comments Off on Spilling the Muslim beans – hypocrisie et religion

Spilling the Muslim beans

Devout souls try to teach Catholics a thing or two about tolerance by ransacking churches in the Middle East, killing a nun in Somalia, and burning effigies of the Pope everywhere.

In France, upholders of interfaith dialogue threaten to kill a man to show him how wrong he was to say their religion was violent.

Pious hatred has reached surreal proportions in recent weeks.

In truth, the absurdity of the reactions to the Pope’s remarks on faith and reason last month is so striking that some Islamic analysts have noticed – including Tariq Ramadan, who said fairly sensible things about the whole affair.

But that is not the case of Western “enlightened” (i.e. left-wing) opinion in general.

The New York Times blamed Pope Benedict for the violence, and urged him in an editorial to issue a “deep and persuasive” apology for quotes he used during his speech. It went on:

“The world listens carefully to the words of any pope. And it is tragic and dangerous when one sows pain, either deliberately or carelessly.”

In Europe, liberal newspapers said pretty much the same thing. France’s Le Monde ran an op-ed piece pointing to the Pope’s “faux pas” (see quote opposite). A comment in The Guardian said Benedict “must have expected the kind of reaction that followed across the Muslim world” and called his subsequent apology “insufficient”.

True, some the above commentators also condemned the anti-Catholic pogroms.

But these were nuanced condemnations, which contrasted sharply with the unambiguous denunciations of attacks on mosques after 9/11.

Another way of excusing Muslim violence consists in highlighting the “hypocrisy” of the Vatican’s position on religious hatred. The above-mentioned comment in the Guardian said:

“What makes the Pope’s remarks about Islam so incredible is that he conveniently ignores Christianity’s own barbarous past.”

The head of the Islamic Society of North America made the same point:

“If we want to sit down and compare the history of violence committed in the name of the Catholic Church and violence committed in the name of Islam, that would take a long time.

We have 500 years of Inquisition, the counter-reformation, the Crusades… All religions have been used for violence. None has been excluded, including Judaism.”

Of course the Crusades, the burning of Giordano Bruno at the stake and all that are barbarous acts of intolerance.

But I was under the impression, precisely, that these were atrocities, even crimes against humanity. Why are they suddenly being presented as yardsticks of normal religious conduct?

What we have here is a common dialectical tool, which I have referred to as “exculpatory analogy“.

Okay, that sounds a bit pretentious. But what it means is simply the attempt to silence critics of crime A by mentioning crime B.

Examples of this are legion. McCarthyism was rampant in America in the early 1950s; so the US was not in a position to criticize the USSR over the repression of dissidents. Those who condemn affirmative action in US universities are wrong, because they ignore discrimination in favor of whites (such as children of alumni).

Two points must be made about this kind of sophistry:

a) The hypocrisy charge is often unjustified. America repudiated McCarthyism long ago; even during the witch-hunts it never regarded the imprisonment of political opponents as acceptable, so it was in a moral position to criticize the USSR.

On affirmative action, most critics also condemn alumni preferences (see the Pulitzer prize winning series run by the Wall Street Journal). The Pope has consistently faced up to the Church’s past crimes, and apologized for them.

b) But even if his denunciations were one-sided, such hypocrisy would not invalidate them.

Either the Crusades are forever stamped on the criminal record of the Church (which I believe to be the case) – and then they cannot be used to justify anything; or they can be put forward as a precedent, in which case they can no longer be held against the Church.

The true hypocrisy consists in having it both ways – using past Catholic crimes at the same time as a stick to beat the Pope with and as a way of putting present Muslim violence “into perspective”.

Religion et hypocrisie

Des âmes pieuses donnent des leçons de tolérance en saccageant des églises et en brûlant le pape en effigie.

Des apôtres du dialogue menacent de mort un homme pour lui faire comprendre que leur religion n’est pas violente.

Dédicément, la dévotion crapuleuse s’est surpassé dans le surréalisme ces derniers temps.

À vrai dire, l’absurdité des réactions aux propos du pape est si énorme qu’elle n’a pas échappé à certains islamistes (dont Tariq Ramadan, qui a dit en somme des choses sensées sur la question.)

On ne peut pas en dire autant de l’opinion occidentale “éclairée” (de gauche, donc), qui s’est employée à relativiser les violences.

Le New York Times et le Guardian ont désigné le pape comme le fautif, et exigé de lui des excuses – voir citations en regard.

Dans le même esprit, Henri Tinq a écrit dans le Monde:

“Les musulmans s’indignent, à juste titre, que le pape soit allé trouver son argumentaire contre la violence religieuse dans des contextes historiques ainsi datés ou dans des courants marginaux de l’islam. On peine à comprendre pareille bévue dans un contexte de relations si orageuses entre l’Islam et l’Occident.”

Le pape l’a un peu cherché, quand même!

Bien sûr, Tincq et Le New York Times déplorent aussi les violences (je suis moins sûr pour le Guardian).

Mais il s’agit de condamnations nuancées: on est très loin des dénonciations sans appel des attaques contre les mosquées consécutives au 11 septembre.

Une autre manière d’excuser les pogroms anticatholiques consiste à stigmatiser l'”hypocrisie” des considérations citées par le pape sur l’islam et la violence.

“Je voudrais m’asseoir et comparer l’histoire de la violence commise au nom de l’Église catholique et violence commise au nom de l’Islam, et cela prendrait fort longtemps.

“Toutes les religions ont employé la violence. Aucune n’en a été exempte, y compris le judaïsme.”

Ces propos émanent de la présidente de la Société Islamique de l’Amérique du Nord – on a entendu le MRAP et la Ligue des Droits de l’Homme dire la même chose à propos de l’affaire Redeker.

Je conçois qu’on qualifie les Croisades et la contre-Réforme d’exemples de fanatisme barbare; mais je croyais précisément que ces choses étaient des atrocités, voire des crimes contre l’humanité.

Pourquoi me les présente-t-on tout à coup comme des étalons de conduite normale pour une religion?

J’ai par le passé évoqué ce type de parallèle, qu’on peut appeler l’analogie disculpatoire.

Le procédé consiste à clouer le bec à ceux qui dénoncent l’horreur A en mettant en avant l’horreur B.

Les exemples sont légion: l’Amérique qui avait connu le McCarthysme devait la mettre en veilleuse sur l’emprisonnement des dissidents en URSS; ceux qui s’opposent à l’affirmation action en faveur des minorités dans les universités américaines ont tort, car ils ignorent la discrimination en faveur des blancs (notamment les rejetons d’anciens élèves…), etc.

Deux remarques sur ce type de raisonnement:

a) Il est souvent faux de dire qu’il y a condamnation à sens unique.

Dès le milieu des années 1950 l’Amérique a répudié le McCarthysme; de toute façon elle n’a jamais criminalisé l’opposition, et n’appliquait donc pas “deux poids, deux mesures” vis-à-vis de la répression en URSS; sur la question de l’affirmative action, ses adversaires condamnent les préférences pour noirs et pour blancs (voir cette série du Wall Street Journal).

De même, le pape n’évacue pas les crimes passés de l’Église, qu’il a à de nombreuses reprises évoqués et condamnés.

b) Même si Benoît XVI ne dénonçait les violences que d’un seul côté, cela n’invaliderait en rien ce qu’il dit de l’islam.

De deux choses l’une: soit les massacres perpétrés par les croisés et les dragons de Louis XIV sont inscrits à jamais sur le casier judiciaire de l’Église (ce que je crois), en quel cas ils ne sauraient servir de justification à personne; soit on peut les invoquer comme précédents, et alors il faut laver l’Église de l’accusation d’intolérance qui pèse sur son passé.

La vraie hypocrisie est le fait de ceux qui jouent sur les deux tableaux: qui se servent des crimes catholiques à la fois pour pointer un doigt accusateur vers l’Église et pour excuser la violence islamique.

Sardanapale @ 3:05 pm
Filed under: Islam

# Posted on Tuesday 11 July 2006 - 3 Comments

Hamas’s hatred charter

The French philosopher Alain Finkielkraut recently nailed the Rousseauistic nature of much of modern sociology:

The root of all evil on earth is domination. The world is divided between the dominant and the dominated, and sociology says: “Some men are active and others are acted upon. Judgment can be passed on the former, i.e. the dominant. When one of them is being racist, he is a racist. When a man who is a victim is being racist, he is not racist. He responds to social violence, to the evil that is being done to him: he is a rebel.” A big part of sociology today is Rousseauistic (This is an approximate translation: the original is opposite.)

Finkielkraut’s cogent observation applies, beyond sociology, to today’s “progressive” mindset.

Latter-day Rousseaus regard “dominant” groups (corporations, Western governments, Israel, men, whites, etc.) as agents, who are necessarily guilty or at least suspect, and “victim” groups as pure subjects, whose are infinitely excusable.

One illustration of this mindset is the attempt by progressive lobbies to root out bigotry from the furthest recess of the Western mind.

I always marvel at the interpretive lengths they will go to expose the hidden prejudices of people who claim to be open and inclusive, but betray their biases through throwaway words (“niggardly” was only the most outrageous example).

The “vice president of diversity, multicultural education and affirmative action” at Southeast Community College in Lincoln, Nebraska, earlier this year lectured students about today’s “hidden racism” that is all the more “insidious” for being elusive.

Every high-school and college student in the US has been subjected to such warnings about their inner Jim Crow.

These subtle exercises in Freudian hermeneutics are all the remarkable as they go hand in hand with a blithe disregard of the hatred openly expressed by the “dominated”.

Thus Jew-baiting by Hamas is often dismissed as rhetoric for “internal consumption”: why focus on expressions of anger provoked by Israeli depredations, rather than Hamas’s charitable work?

To help you decide whether the group whether the group can claim immunity from its “victim” status, here are excepts from its founding charter (the whole text can be read here):

The People of the Scripture [Jews and Christians] … most of them are evil-doers. …

Israel will exist and will continue to exist until Islam will eliminate it, just as it eliminated others before it

[Hamas] strives to raise the banner of Allah over every inch of Palestine….

[Salvation] will not come until Muslims will fight the Jews (and kill them); until the Jews hide behind rocks and trees, which will cry: “O Muslim! There is a Jew hiding behind me, come on and kill him…”

The so-called peaceful solutions, and the international conferences to resolve the Palestinian problem, are all contrary to our beliefs. For renouncing any part of Palestine means renouncing part of the religion… There is no solution to the Palestinian problem except by Jihad… When our enemies usurp some Islamic lands, Jihad becomes a duty binding on all Muslims…

You can see [enemies] making consistent efforts [in that direction] by way of publicity and movies, curricula of education and culture, using as their intermediaries their craftsmen who are part of the various Zionist organizations which take on all sorts of names and shapes such as: the Freemasons, Rotary Clubs, gangs of spies and the like….

These Zionist organizations control vast material resources…. Islam … will wipe out those organizations which are the enemy of humanity and Islam.

The enemies have been scheming for a long time… They took advantage of key-elements in unfolding events, and accumulated a huge wealth which they put to the service of implementing their dream. This wealth [has enabled them to] take over control of the world media such as news agencies, the press, publishing houses, broadcasting and the like…

They stood behind the French and the Communist Revolutions and behind most of the revolutions we hear about here and there… They also stood behind World War II, where they collected immense benefits from trading with war materials…

It was they who instigated the replacement of the League of Nations with the United Nations and the Security Council to enable them to rule the world through them. There was no war that broke out anywhere without their fingerprints on it.

Freemasons, Rotary Clubs, Lions, and other spying associations… act for the interests of Zionism and under its directions, strive to demolish societies, to destroy values, to wreck answerableness, to totter virtues and to wipe out Islam.

It stands behind the diffusion of drugs and toxics of all kinds in order to facilitate its control and expansion…

They will covet expansion from the Nile to the Euphrates … Their scheme has been laid out in the “Protocols of the Elders of Zion”, and their present [conduct] is the best proof of what is said there.

Suivant que vous serez…

Alain Finkielkraut expliquait récemment à la TSF la nature, à son sens “rousseauiste”, d’une grande partie de la sociologie moderne:

Tout le mal sur la terre vient de la domination. Il y a des dominés et des dominants, et la sociologie dit: “Il y a des hommes-causes et des hommes-effets ou conséquences. Pour les hommes-causes, on juge. Quand un homme-cause, c’est-à-dire un dominant, est raciste, il est raciste. Quand un homme-effet est raciste, il n’est pas raciste: il répond à une violence sociale, il répond au mal qu’on lui fait, il est un révolté.” Toute une part de la sociologie aujourd’hui est tout à fait rousseauiste. (Émissions Répliques, 24 juin).

Cette observation est tout à fait juste, et s’applique, au-delà de la sociologie, à toute la pensée “progressive” de notre temps.

Le rousseauisme contemporain voit dans les “dominants” des agents, forcément coupables ou tout du moins suspects, et dans les dominés de purs sujets, nécessairement irresponsables et infiniment excusables.

Je vois une illustration de cette attitude dans les prodiges herméneutiques déployés par les traqueurs de dérapages verbaux xénophobes ou antisémites.

Le raciste se reconnaît aux petits mots (“détail”, “racaille”, “niggardly”) qui expriment les tréfonds de son âme de dominant réactionnaire.

Or ces subtils exercices de décodage psychanalisant s’accompagnent d’une totale indifférence aux propos ouvertement haineux de ceux qui ont l’estampille “dominés”.

Ainsi les appels au meurtre lancés par Hamas sont-ils relativisés par la gauche: ces propos, s’empresse-t-on de dire, sont à usage purement interne; il faut mettre l’accent sur les bonnes oeuvres de Hamas, et non sur une rhétorique échauffée par les exactions israéliennes…

Bref seul l’antisémitisme caché est odieux: plus la haine est manifeste, moins elle est suspecte.

Pour vous permettre de juger jusqu’à quel point Hamas peut revendiquer l’immunité des dominés, je reproduis ici quelques extraits de sa charte:

Si les gens du Livre (Chrétiens et Juifs) croyaient, ce serait meilleur pour eux… la plupart d’entre eux sont maléfiques.

Israël… continuera à exister jusqu’à ce que l’islam le supprime comme il a supprimé ce qui l’a précédé…

(Hamas) oeuvre à planter l’étendard de Dieu sur toute parcelle de la Palestine… Il est illicite d’y renoncer en tout ou en partie…

Le salut ne viendra pas avant que les musulmans n’aient combattu les Juifs – c’est à dire que les musulmans ne les aient tués – avant que les Juifs ne se fussent cachés derrière les pierres et les arbres et que les pierres et les arbres eussent dit: “musulman, serviteur de Dieu! Un Juif se cache derrière moi, viens et tue-le”…

Il n’y aura de solution à la cause palestinienne que par le djihad. Quant aux initiatives, propositions et autres conférences internationales, ce ne sont que pertes de temps et activités futiles…

Le djihad pour libérer la Palestine est une obligation religieuse individuelle .

Les ennemis agissent… par l’intermédiaire de leurs créatures membres de ces organisations sionistes aux noms et formes multiples, comme la franc-maçonnerie, les clubs Rotary, les sections d’espionnage, etc., qui toutes sont des nids de subversion et de sabotage.

Ces organisations sionistes disposent de ressources matérielles considérables qui leur permettent de jouer leur rôle au coeur des sociétés visant à atteindre les objectifs sionistes et à enraciner profondément les concepts qui servent l’ennemi.

Grâce à l’argent, ils règnent sur les médias mondiaux, les agences d’informations, la presse, les maisons d’édition, les radios, etc. Grâce à l’argent, ils ont fait éclater des révolutions dans différentes régions du monde pour réaliser leurs intérêts et les faire fructifier. Ce sont eux qui étaient derrière la révolution française, la révolution communiste et la plupart des révolutions…

Grâce à l’argent, ils ont créé des organisations secrètes qui étendent leur présence dans toutes les parties du monde pour détruire les sociétés et réaliser les intérêts du sionisme, comme la franc-maçonnerie, les clubs Rotary et Lyons…

Grâce à l’argent, ils sont parvenus à prendre le contrôle des États colonialistes…. et c’est à leur instigation qu’ont été créés l’ONU et le Conseil de sécurité pour remplacer la Société des Nations afin de gouverner le monde à travers eux. Qu’une guerre éclate de-ci de-là et c’est leur main qui se trouve derrière…

Le plan sioniste n’a pas de limite; après la Palestine, ils (les Juifs) ambitionnent de s’étendre du Nil à l’Euphrate. Lorsque ils auront parachevé l’assimilation des régions jusqu’aux quelles ils seront parvenus, ils ambitionneront de s’étendre plus loin encore… Leur plan se trouve dans “les Protocoles des Sages de Sion” et leur conduite présente est une bonne preuve de ce qu’ils avancent…

Israël, par sa judéité et ses Juifs, constitue un défi pour l’islam et les musulmans: “que les lâches jamais ne ferment l’oeil.”

L’intégralité de la charte, qui vaut son pesant de falafel, peut être lue ici.

Sardanapale @ 11:24 am
Filed under: International andIslam

# Posted on Friday 7 July 2006 - 7 Comments

Islam and terror

One year on from the London bombings, the British media has been taking the pulse of the country’s Muslims.

A few figures have struck me:

– 13% of British Muslims, or more than 100,000 adults, think that the 7/7 suicide bombers should be regarded as martyrs.

– 7% think that attacks against civilians in the UK are justified.

– 56% do no believe Arabs carried out the 9/11 attacks on the US.

So support for Jihad is not confined to a minority, and even those who reject violence (why would those who cheered when the Twin Towers fell thank the CIA or Mossad for it?) hold pretty bizarre views…

These startling opinions, of course, are not confined to British Muslims.

As a Pew Global Attitudes Survey made clear, their brethren worldwide feel pretty much the same.

These figures cast doubt on the idea promoted by Blair and Bush that Jihadism is a pathology that is alien to true Islam.

As Jonathan Rauch wrote in a recent article, “the ideology of Jihadism traces its lineage to the very beginning of the religion of Islam.”

Of course, Islam is not synonymous with terror. But it is absurd to neglect the spiritual roots of Jihadism.

As scholar quoted by Rauch says: “Secularists, whether liberals or socialists, grant true explanatory power to political, social, or economic factors but discount the plain sense of religious statements made by the Jihadis themselves.”

Bin Laden and other Jihadists are not “hijacking” Islam, as many (including Rauch and me) have said, they are reviving an ancient, violent strand within the Islamic tradition, in an effort to crush its pragmatic rival.

Of course Jihadis are a minority within Islam, but they are proud members of the Umma and this is why so many Muslims find their message attractive.

La tentation terroriste

Un an après les attentats de Londres, il est beaucoup question des Musulmans du pays dans la presse britannique. Je retiens surtout trois chiffres glanés ces dernières semaines:

– 13% des Musulmans britanniques, soit 100,000 adultes, considèrent les bombes humaines du 7 juillet 2005 comme des “martyrs”.

– 7% pensent que les attentats contre des civils en Grande-Bretagne sont justifiés.

– 56% sont convaincus que les attentats du 11 septembre 2001 n’ont pas été commis par des Arabes.

Le soutien à la djihad n’est donc pas le simple fait d’une infime minorité, et même la majorité qui rejette la violence (on ne voit pas pourquoi ceux qui applaudissent à 9/11 y verraient la main de la CIA ou du Mossad) a des opinions bien bizarres…

L’inquiétant, c’est que de ces opinions ne sont pas le fait des seuls Musulmans britanniques: elles sont partagées par leurs coreligionnaires du monde entier.

C’est ce qui ressort d’une étude menée dans 14 pays, et publiée par le Pew Center en juin.

Ces chiffres jettent le doute sur l’idée soutenue par Bush et Blair – et que j’ai moi-même défendue – selon laquelle le djihadisme serait une perversion de l’islam.

Comme le souligne Jonathan Rauch dans un article récent, “le djihadisme tire sa source des origines mêmes de l’islam.”

Bien sûr, islam et terreur ne sont pas synonymes. Mais il est absurde de négliger les racines spirituelles du djihadisme, ou d’y voir un détournement de la religion provoqué par des facteurs économiques ou la politique des États-Unis.

Il faut d’abord écouter les djihadistes eux-mêmes, qui mettent en avant des arguments religieux, et leur combat contre les infidèles.

Le djihadisme est sans doute un courant minoritaire au sein de l’islam, mais il en fait partie, et c’est la raison pour laquelle il séduit des millions de Musulmans.

Sardanapale @ 10:52 am
Filed under: Islam andTerrorism

# Posted on Friday 17 February 2006 - 1 Comment

Islamic doublethink

Reacting to a previous post about the Muhammad cartoons, Jean Dupond commented:

“An Iranian newspaper is going to publish cartoons about the Holocaust to see how the West would react. This is an excellent test. Has one embassy been torched in Paris, Washington or Tel Aviv?”

Hear, hear. I find it remarkable that Iran – that fabled paragon of press freedom – should lecture European media.

“The Western papers printed these sacrilegious cartoons on the pretext of freedom of expression, so let’s see if they mean what they say and also print these Holocaust cartoons,” said the editor of the Iranian paper in question, Hamshahri.

I too would like Charlie Hebdo and Tagesspiegel to publish the latter – were it just to reveal the sheer stupidity of Iran’s official ideology of Holocaust denial.

But the “unequal treatment” objection is logically valid from two standpoints only: freedom on both sides, or censorship on both sides.

For Hamshahri to be in a position to lecture European papers, it must either print the Danish caricatures or ban the Holocaust cartoons.

What we have here is a case of I would call reversible analogy.

This is a common dialectical tool that consists in first categorically condemning A, and then brandishing it to silence those who criticize B.

The device was widely used during the Cold war.

America overthrows Arbenz – a truly awful deed! Then the USSR invades Afghanistan: a country that has ousted a Guatemalan leader (or a Chilean or an Iranian one) has no right to protest.

A is in turn considered as ignominious and as a standard for acceptable conduct – leaving those on the receiving side of the argument scratching their heads .

“Reversible analogy” is powerful and versatile – hence its enduring appeal for ideologues of all stripes.

Caricatures et double pensée

Réagissant à un billet précédent sur les caricatures de Mahomet, Jean Dupond a laissé le commentaire suivant:

“Le journal Iranien qui va publier des dessins négationnistes pour voir comment l’Occident réagirait. Excellent test. Y a-t-il eu une ambassade de brûlée à Paris, [Washington] et Tel-Aviv?”

Tout à fait. Et je trouve remarquable que l’Iran — parangon notoire en matière de liberté de la presse – se mêle de donner des leçons à l’Europe.

“Les journaux occidentaux ont reproduit des caricatures sacrilèges sous le couvert de la liberté d’expression. Eh bien, voyons s’ils reproduiront aussi ces caricatures du Holocauste,” déclare le rédacteur en chef du journal iranien en question, Hamshahri.

Je souhaite aussi que Charlie Hebdo et Tagesspiegel le fasse, ne serait-ce que pour montrer l’inanité du négationnisme officiel iranien.

Mais la condamnation du “deux poids-deux mesures” n’est logiquement valide que de deux points de vue: celui de la défense des libertés, ou celui de la censure.

Pour que Hamshahri soit en mesure de leur donner la leçon aux journaux européens, il faudrait soit qu’il publie les dessins danois, soit qu’il bannisse les négationnistes.

Nous avons affaire à un procédé dialectique fort commun que j’appellerai l’analogie réversible.

Il consiste, dans un premier temps, à condamner A, et dans un second temps, à l’utiliser pour faire taire les critiques de B.

Ce procédé était monnaie courante sous la guerre froide. L’Amérique fait renverser Arbenz – voilà qui est odieux! L’URSS envahit l’Afghanistan: un pays qui a renversé un leader guatémaltèque (ou chilien, ou iranien) n’a pas le droit de protester.

A est tour à tour considéré comme une ignominie et comme un étalon de conduite normale.

L’analogie réversible est un outil puissant, qui peut s’adapter à tous les contextes. Il mérite à lui seul un chapitre entier dans le bréviaire de la mauvaise foi moderne.

Sardanapale @ 10:48 am
Filed under: Islam

# Posted on Friday 10 February 2006 - 1 Comment

Europe needs refresher course on liberty

As the row over the caricatures of the Prophet Mohammed rages, people tend to lose sight of a crucial distinction: there is not one row, but two.

The first row is over whether it is desirable for a news organisation to publish offensive material. This is a question journalists ask themselves all the time. Reasonable people will differ over the boundary between robust opinion and gratuitous insult – and indeed over whether gratuitous insult is such a bad thing.

Arguments about the cartoons on such editorial grounds will continue without ever being conclusively settled, and that is a good thing.

The second row is over whether newspapers have a right to publish the cartoons. Unlike the first, this issue is clear-cut.

Freedom of speech includes the freedom to offend – period. It is not an absolute freedom, of course: libel and explicit calls to violence are not protected. But the Danish cartoons were neither; the state has no business banning them.

The problem with the cartoon controversy is that many people blur that distinction. Condemnations of editorial decisions by newspapers turn into calls for state repression.

These can be violent (e.g. the death threats and ransacking of embassies) or non-violent (e.g. appeals by 17 Arab countries to “punish the authors” of the cartoons, and legal attempt by French Muslim groups to prevent their publication). But they are all calls for censorship.

It is tempting to view the dispute as a clash of civilisations between a West that has transcended its wars of religion and a Muslim world that remains stuck in the Dark Ages. Tempting but wrong – on two counts.

For one thing, some prominent Muslim leaders – including Tarik Ramadan – have called for forbearance. One French cleric reminded protesters of a Koranic verse that reads: “When believers are insulted by the ignorant, they say: Peace”. Muslim opinion, in other words, is divided.

The second point is that the West itself has been far from unwavering in its support for freedom of expression. European governments have blurred, not reaffirmed, the distinction between responsible speech and free speech (with Denmark a laudable exception).

France went further than most in blaming the controversy on the media. On Wednesday President Jacques Chirac condemned “manifest provocations” by the press.

“Free speech must be exercised in a spirit of responsibility,” he added.

Of course, one should not read too much into official comments designed to appease sectarian passions. But lack of commitment to freedom of expression goes deeper than a few throwaway words.

Free speech has been under attack across Europe for many years – and nowhere more than in France.

France is a country where a newspaper has been fined for applauding 9/11, where Mein Kampf is banned, and people are routinely convicted for denying the Holocaust.

With France’s state apparatus working to restrict speech to responsible speech, it is no wonder that aggrieved groups seek to enrol to its help to silence those who offend them.

The storm over the cartoons stems not just from grass-roots intolerance, but also from long-standing erosion of free speech at official level. As long as Europe’s commitment to liberty continues to weaken, more rows like this are to be expected.

L’État bigot

L’affaire des caricatures de Mahomet continue de déchaîner les passions: manifestations de masse, protestations diplomatiques, appels au meurtre, appels au calme, appels aux grands principes (respect des autres, liberté de la presse).

Au milieu de cette confusion, de nombreux commentateurs mélangent deux questions qu’il est crucial de distinguer.

La première question consiste à savoir s’il est responsable pour un organe de presse de publier ce genre de dessins. C’est le genre de question que les journalistes se posent tous les jours, et les gens de bonne foi pourront émettre des avis différents. Il est facile pour certains aujourd’hui de dire que les caricatures sont irresponsables. L’auraient-il dit avant le tollé?

Si je dirigeais un journal, j’avoue que je ne sais pas comment j’aurais réagi en l’occurrence. J’aurais sans doute dit comme Coluche: “Je suis ni pour, ni contre, bien au contraire,” et me serai remis à l’avis général (c’est-à-dire à celui des plus éloquents).

La seconde question consiste à savoir si un journal a le droit de publier les dessins. Là, la réponse est claire et nette: oui. C’est précisément parce qu’il n’y a pas dilemme sur ce point, et que la presse doit être libre, que la première question, celle de la responsabilité éditoriale, se pose aux journalistes.

Certes, la liberté d’expression n’est pas absolue: l’appel la violence et la diffamation sont à juste titre réprimés. Mais les dessins en question ne constituent ni l’un, ni l’autre: l’État n’a pas à les interdire.

Or ces deux questions – celle de la responsabilité éditoriale et du droit de publier – sont confondues dans de nombreux esprits.

Ceux qui trouvent les caricatures irresponsables veulent les faire interdire. Ils peuvent employer des moyens violents (saccages d’ambassades) ou pacifiques (action en justice d’associations musulmanes françaises contre Charlie Hebdo, appel de 17 pays arabes à “punir” les journaux) – il reste que ce sont là des appels à la censure.

Mais le plus navrant dans cette affaire, c’est que la confusion entre les deux questions n’est pas seulement le fait de bigots militants.

Les gouvernements européens dans leur ensemble ont contribué à perpétuer l’amalgame entre la parole responsable et la parole libre (le gouvernement danois est une louable exception).

C’est Jacques Chirac qui est allé le plus loin dans cette voie, en condamnant mercredi “les provocations manifestes” à l’égard des musulmans. “La liberté d’expression doit s’exercer dans un esprit de responsabilité”, a-t-il ajouté.

On dira qu’il ne faut pas accorder à ces paroles, destinées à calmer les esprits, plus d’importance qu’elles n’en ont.

Sans doute – mais les entorses à la liberté d’expression en Europe, et notamment en France, ne se limitent pas à quelques phrases de politiciens embarrassés.

Cela fait des décennies que cette liberté est contestée, à tel point que le principe que j’ai rappelé plus haut (aucune restriction, à l’exception des appels à la violence et la diffamation) est régulièrement bafoué.

La France est un pays où un journal a été puni d’amende pour avoir applaudi les attentats du 11 septembre, où Bagatelles pour un massacre est interdit, et où la négation de l’Holocauste tombe sous le coup de la loi.

L’État français limite trop souvent la parole légale à la parole responsable. Il ne faut pas s’étonner que des groupes qui s’estiment insultés lui demandent de réprimer ses contempteurs.

Sardanapale @ 2:50 pm
Filed under: Europe andFrance andIslam