Sardanapale

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# Posted on Monday 9 February 2009 - 1 Comment

Did protectionism cause the Great Depression?

On my return from an extended holiday on the other side of the world, I find a blog post by one of the BBC’s economics editors rebutting the idea that “protectionism is what made the Great Depression great”.

Stephanie Flanders argues, citing prominent economists, that it was the gold standard and the fetish of balanced budgets that turned a stock market crash into a full-blown financial crisis and a worldwide slump.

The infamous Smoot-Hawley Act of 1930, and the retaliatory tariffs imposed by other countries, had a marginal effect, Flanders contends.

She notes that exports represented only 7% of US GDP in 1929, and fell by only 1.5 percentage points over the next two years.

Flanders is not defending protectionism – God forbid! She just says that the world economy did not need Smoot-Hawley to go into a tailspin.

I have several problems with Flanders’ points.

First, the raising of tariffs may not be the main cause of the Great Depression (I’m not sure how many serious commentators actually say such a thing), but it did exacerbate it.

Smoot-Hawley, remember, was supposed to create jobs and ease the plight of the ordinary American. In that respect – and as predicted by the 1,000-odd economists who urged President Hoover to veto the tariff – it failed abysmally.

That is a bit of a problem.

Instead of remaining agnostic on the issue, Flanders could have mentioned the proven fact that protectionism does more harm than good.

And the harm it does is by no means limited to the economy.

It must never be forgotten that an aversion to war is the leading benefit of trade. Lasting peace in Europe was the intended product of the post-war push for open borders.

Conversely, as the great Frédéric Bastiat argued, protectionism is a virulent form of hostility towards foreigners. The rise of rival trading blocs during the 1930s led to war.

Second, I don’t know where Flanders has seen governments “constantly warning against overt protectionism”.

Could it be France, where Sarkozy frets that Europe will turn into an “industrial wasteland” if it fails to prop up its manufacturers?

Or is she thinking of US Democrats, who are blocking trade agreements and larding the stimulus plan with “buy American” provisions?

Perhaps it’s the Russian government who has just raised import duties on cars, or India, which did the same for steel…

At a time when economic xenophobia is gaining ground everywhere, I find it strange that Flanders should focus on the few who exaggerate the depredations of protectionism, rather than the many that are hell-bent on ignoring them.

Third, it true that we live in a much more integrated world than that of the 1930s. Exports nowadays typically represent 40% of a developed economy – the figure is much lower in the US, but still higher than 80 years ago.

All the more reason to worry! Today’s interconnected world has much more to lose if trade goes into reverse, as it did back then.

Finally, Flanders is wrong to state that there is consensus on blaming the gold standard for the Depression.

A number of authors, notably Barry Eichengreen whom she cites, have stressed the stabilizing role played by the gold standard in the pre-Fed US.

There were panics and crises during the 19th century, but the economy recovered quickly from them. There was never anything like the Great Depression.

It is no accident: according to classical theory, the gold standard naturally stimulates the economy during slowdowns (through an influx of gold as imports fall), and cools it off during the go-go times (as gold goes abroad).

But the gold standard’s natural counter-cyclical virtues were overridden by deliberate Fed policy in the 1920s and 1930s.

Before the crash, cheap money fuelled speculation, and after it contraction of the money supply deepened the depression.

For an eloquent defense of the gold stardard, read this paper by the young Greenspan.

One lesson from the Great Depression was indeed that markets can go wrong. It is in their nature: they allow things to be tried out, and many will fail.

But another lesson is that policy failures can make things worse. A series of policy mistakes – including Smoot-Hawley – helped turn the crash into the Great Depression.

Some lessons have been learned – notably in monetary and fiscal matters (I’m more open to the view that the Fed did the right thing than I was a few ago).

But the protectionist temptation is just as great as it was 80 years ago, and the potential effects enven more devastating.

La tentation protectionniste

En rentrant des antipodes, je découvre un billet de l’une des économistes maison de la BBC qui critique l’idée selon laquelle le protectionnisme aurait creusé et exporté la Grande Dépression.

Nenni, explique Stephanie Flanders, invoquant des économistes prestigieux: ce qui a transformé le crash boursier en crise généralisée, ce fut l’étalon-or, le coup de frein monétaire de la Fed, et le dogme de l’équilibre budgétaire.

Le fameux tarif douanier “Smoot-Hawley” (1930), ainsi que ceux imposés en retour par d’autres pays, n’ont eu qu’un effet marginal, selon Flanders.

Elle souligne que exportations ne représentaient que 7% du PIB américain en 1929, et ne baissèrent que d’un point et demie au cours des deux années qui suivirent.

Flanders ne défend par le protectionnisme: elle affirme simplement que le problème principal n’est pas là, que le monde n’a pas besoin de tarifs douaniers pour plonger dans la crise.

Plusieurs choses me dérangent dans son développement.

Primo, si le protectionnisme n’est pas la cause principale de la Grande Dépression – je me demande combien de commentateurs sérieux défendent une telle thèse – il l’a néanmoins incontestablement aggravée.

Il faut se rappeler que le but de Smoot-Hawley était de stimuler l’emploi et de remettre sur pied l’économie américaine.

En cela – comme l’avaient prédit un mille d’économistes qui s’étaient publiquement opposés à cette mesure – elle a totalement échoué.

C’est quand même un problème de taille: au lieu de se montrer neutre sur le protectionnisme, Flanders pourrait au moins souligner qu’il fait plus de mal que de bien.

Et il ne faut pas oublier que le commerce a des vertus non économiques. Les pays qui commercent entre eux ne se battent pas – c’est toute la logique de la construction européenne.

Le protectionnisme, comme l’a affirmé l’immense Frédéric Bastiat, favorise la haine de l’étranger. L’avènement de blocs commerciaux antagonistes dans les années 30 a accompagné le mouvement vers la guerre.

Secondo: je ne sais pas où Flanders a vu que les gouvernements “lancent des avertissements constants contre le protectionnisme”.

Parle-t-elle de Sarkozy, qui craint qu’une Europe ouverte aux quatre vents ne devienne un désert industriel?

Ou des Démocrates qui s’opposent aux accord commerciaux et exigent que les grands projets du “plan de stimulation” utulisent exclusivement de l’acier américain?

Parle-t-elle du gouvernement russe qui vient de restreindre les importations d’automobiles ou les dirigeants indiens qui érigent des barrières douanières sur l’acier?

À l’heure où la xénophobie économique renaît un peu partout, il est étrange que Flanders s’en prenne à la minorité qui exagère un peu les méfaits du protectionnisme plutôt qu’à la majorité qui les ignore totalement.

Tercio, il est vrai que nous vivons dans un monde infiniment plus intégré que celui des années 30.

Les exportations représentent aujourd’hui en moyenne plus de 40% du PIB des économie développées.

Mais raison de plus pour s’inquiéter! Dans notre monde interdépendant, le protectionnisme qui point fera infiniment plus de ravages que dans l’entre-deux-guerres.

Quarto (et ultimo) Flanders a tort d’affirmer que tout le monde est d’accord sur le rôle décisif de l’étalon-or dans le déclenchement de la Grande Dépression.

Certains auteurs, notamment Barry Eichengreen qu’elle cite par ailleurs, ont souligné l’effet stabilisateur joué par le gold standard au 19e siècle aux États-Unis, où les crises financières furent vite surmontées.

En effet, l’étalon-or stimule automatiquement la demande pendant les ralentissements (par l’afflux d’or qui découle d’une chute des importations), et la ralentit durant les temps d’euphorie (par la fuite de l’or).

Mais la Fed a empêché l’étalon-or de jouer ce rôle dans les années 20 et 30, par une politique délibérément laxiste qui a nourri la spéculation avant 29, et une politique tout aussi délibérément restrictive après.

Pour une étude détaillée sur les vertus de l’étalon-or, je renvoie à cet excellent papier du jeune Alan Greenspan.

L’une des grandes leçons de la Grande Dépression, c’est que les marchés (comme les hommes) sont faillibles. L’échec est même sans doute la caractéristique la plus socialement utile du capitalisme, car elle découle de l’expérimentation.

Cette leçon sur la faillibilité des marchés a été assimilée. Mais un autre enseignement de la dépression est trop souvent oublié: les mesures prises par les pouvoir publics pour tenter résoudre la crise financière ont en fait approfondi la dépression.

Smoot-Hawley a fait partie de ces décisions.

La tentation protectionniste est tout aussi grande aujourd’hui, et les effets potentiels encore plus dévastateurs.

Sur le même sujet, je recommande cet excellent post de J.A. Haury, et ce récent “special” de The Economist sur Smoot-Hawley.

Sardanapale @ 12:43 pm
Filed under: Economy and trade andUSA

# Posted on Wednesday 19 November 2008 - Comments Off on Vive la dérèglementation financière

Those who cannot remember the past

Just about everyone agrees that the banking meltdown has revealed fundamental flaws in the (mostly) deregulated economic order that has prevailed for a quarter-century.

But few pause to consider why this order arose in the first place.

The idea that markets are better at making financial decisions than bureaucrats did not emerge in a fit of collective madness or for the sole benefit of globalised elites.

The current system emerged across the world because the old one, dominated by the visible hand of government, had produced rising prices, mass unemployment and the misery index.

Those ills and the market solutions that vanquished them are analyzed by Robert J Samuelson in his latest book, The Great Inflation and Its Aftermath.

Its main arguments are presented by Jonathan Rauch in his latest column – whose eloquence precludes paraphrasing.

I can only invite you to read it.

It must be noted that neither Rauch not Samuelson say that the present system must be preserved at all cost – only that it is there for a reason.

So you might want to think twice before calling for a “new paradigm for financial markets”, as George Soros does in a new article .

Sadly, I feel that Soros is more in tune with these panicky times than the cool-headed Samuelson.

In the 1990s the latter wrote another brilliant book, The Good Life And Its Discontents, which did little to dispel fashionable economic worries. I fear his latest will fall on even deafer ears.

Samuelson contre le nouveau paradigme

Tout le monde, ou presque, s’accorde à dire que la crise financière a mis au jour la faillite du système libéral mondialisé.

Mais peu se penchent sur les raisons de l’émergence de ce système il y a un quart de siècle.

La déréglementation des marchés n’est pas le fruit d’une lubie collective, ou d’un complot de ploutocrates désireux d’accroître les inégalités.

Elle a été mise en place un peu partout parce que l’ordre ancien, dominé par la main visible de l’État, avait produit l’inflation et le chômage de masse.

Ces maux et la solution libérale qui en a eu raison sont analysés par Robert J Samuelson dans son dernier livre, The Great Inflation and Its Aftermath.

Pour un résumé des arguments de ce livre, je renvoie à ce brillant article de Jonathan Rauch – dont l’éloquence se prête mal à la paraphrase.

Cliquez ici pour en savoir plus.

Je noterai simplement que ni Rauch ni Samuelson n’affirme que le système actuel est parfait ou qu’il faille le préserver à tout prix – simplement qu’il est apparu pour une bonne raison.

Ceux qui confondent dérèglementation et dérèglement et qui, à la faveur de la débâcle bancaire, en appellent à un “nouveau paradigme des marchés financiers”, comme le fait George Soros, devraient y réfléchir à deux fois.

Hélàs je crains que Soros soit plus en phase avec l’esprit du temps que Samuelson.

En 1995, ce dernier avait publié The Good Life And Its Discontents, une sorte de lettre ouverte aux gens heureux et qui ont bien raison de l’être qui pourtant n’avait pas entamé le pessimisme économique de notre époque.

Sardanapale @ 10:25 am
Filed under: Economy and trade andUSA

# Posted on Friday 19 September 2008 - 2 Comments

Fisheries and property rights

“Giving fishermen long-term rights to catch fish is key to keeping stocks healthy.”

Says an academic who researched the subject:

“Under open access, you have a free-for-all race to fish, which ultimately leads to collapse. But when you allocate shares of the catch, then there is an incentive to protect it.”

What a surprise then! Read all about it here.

Pêche et droits de propriété

Il paraît que les droits de propriété sont la clé pour préserver les stocks de poissons!

Dixit un chercheur Californien:

“Quand l’accès est ouvert à tous, il en résulte une course au poisson qui mène à l’effondrement des bancs. Mais quand vous allouez des parts de la prise, il y a incitation à la protection.”

Quelle surprise! Cliquez ici.

Sardanapale @ 11:05 am
Filed under: Economy and trade andEnvironment

# Posted on Friday 27 June 2008 - 5 Comments

The truth about food prices

From time immemorial, high food prices have been blamed on familiar villains: greedy shopkeeper, hoarders, and speculators.

The current food inflation is no exception.

The Truth about Food Prices, a film broadcast this week by Britain’s Channel 4, provides fresh instances of such scapegoating.

It features an activist from an outfit called the World Development Movement who accuses City traders who speculate on commodities of fuelling price rises, with devastating effect.

“If we don’t do something about it, millions are going to starve. It’s immoral and it should be unlawful.”

This dim view of markets and call for regulation is shared by a wide majority.

A survey carried out for the program said 55% of Briton agreed with the statement: “The government should control the food prices.”

Supermarkets are also popular whipping boys.

The following statement was put to respondents: “Supermarkets are protecting shoppers from price increases.”

Only 9% agreed, while 62% disagreed.

Yet the statement is correct – global food prices have gone up by 60% in the past year, while prices in British supermarkets went up only 6% (of course Tesco and Sainsbury don’t do this out of the kindness of their inexistent hearts, but to preserve market and profits.)

All this is further evidence that – as Bryan Caplan has argued – “anti-market bias” may be hard-wired in the brain (the ancient hippocampus is my guess).

Fortunately, humans also have a neocortex and I strongly urge those of my readers who belong to that species to use it.

Speculation is a symptom of high food prices, not the underlying reason for it.

That reason is scarcity, and punishing “profiteers” will not make things less scarce.

In these times of renewed hostility towards markets, it is useful to recall the writings of Edouard Molinari – who had one of the 19th century’s most active neocortexes.

Molinari lived through the siege of Paris in 1870-1, and commented on the measures against “hoarding” taken by the French government (under pressure from Parisian radical clubs and newspapers).

The authorities ordered all food wholesalers and retailers to provide lists of their stocks and requisitioned part of them to redistribute to the hungry populace.

The government wanted to curb unrest and put an end to looting, to it decided to do the looting itself in an orderly fashion.

As Molinari comments with biting irony the failure of this policy:

“A week ago the central market was looted. And – who would have thought it? – instead of encouraging traders to bring in more food, this lesson given to ‘profiteers’ result in a sharp drop in available supplies.

Throughout the week the market remained almost deserted. In vain ‘the people’ tried stopping a few carts of potatoes, onions, celery from reaching Paris, in order to share their contents in a spirit of brotherhood – that second warning was no more successful than the first.

The potatoes were plentiful in Courbevoie (across the Seine), where they sold for two francs a bushel. But on the other side of the bridge you had to pay in excess of 15 francs, because the owners of the tubers proved refractory to the implementation of the communist doctrines favored in some parts of Paris.

However the situation improved in the central market when, spurred by the press, the police ceased to be a purely platonic institution (i.e. cracked down on the looting).

Yesterday the first shipment of fish was sold by auction. Prices were fairly high. Turbot reached 160 francs, according to the Figaro (newspaper), and five pairs of soles 67 francs.

But you must not forget that turbot, sole, as well as butter and cheese, fall under the category of ‘early produce’: it is only through paying a high price that we will have abundance.

The time will come when supply, stimulated by high early prices, will outstrip ordinary demand, and when extremely low prices will replace extremely high ones until, from one adjustment to the next, prices will find their usual level.

I put the last bit in bold. Molinari’s warning on punishing traders is as valid today as it was in 1871.

Molinari sur les prix alimentaires

Quand la nourriture devient chère, les hommes ont toujours désigné les même coupables: commerçants cupides, accapareurs, spéculateurs…

La “crise” actuelle ne fait pas exception à la règle.

Un activiste cité dans un documentaire diffusé il y a quelques jours par la télé anglaise (références en face) pointait du doigt les “traders” qui jouent les prix agricoles à la hausse sur les marchés financiers:

“Si on ne fait rien, des millions de personnes vont mourir de faim. C’est immoral et cela devrait être illégal.”

L’idée que les marchés aggravent la rareté et que l’État doit intervenir est largement partagée.

Comme une enquête réalisée pour le documentaire l’indique, 55% des Britanniques sont d’accord avec l’affirmation: “Le gouvernement doit contrôler les prix alimentaires.”

L’hostilité des Britanniques envers les épiciers commence à approcher celles des Français sous l’Occupation (cf Au Bon Beurre de Jean Dutourd).

Témoin cette autre affirmation soumise par les sondeurs: “Les supermarchés protègent les consommateurs de la hausse des prix.” Seuls 9% des répondants étaient d’accord; 62% ont dit “non”.

Et pourtant, cette affirmation est correcte. Depuis un an, la nourriture a augmenté de 60% au niveau mondial, alors que la hausse des prix dans les supermarchés est de 6% sur la même période.

Tout cela confirme l’idée de Bryan Caplan selon laquelle l’hostilité au marché est un instinct primaire

Heureusement l’espèce humaine est dotée d’un neocortex, et j’engage ceux de mes lecteurs qui en font partie à se servir de cet organe.

La grande raison de la hausse des prix alimentaires n’est pas la manipulation des prix, mais la rareté, et ce n’est pas en punissant les “profiteurs” qu’on rend des produits mois rares.

En ces temps de déchaînement global contre mercantis et traders, il est bon de rappeler la leçon de l’économiste Édouard Molinari – l’un des neocortex les plus actifs du XIXe siècle.

Molinari vécut le siège de Paris de 1870-1, et assista aux mesures prises par le gouvernement provisoire contre les “accapareurs” sous la pression des clubs.

Les autorités ordonnèrent la réquisition des pommes de terre et autres denrées stockées par les commerçants, pour les redistribuer à la population. Le but de cette mesure était de mettre fin aux pillages.

Molinari note avec ironie l’échec de cette politique, et en analyse les raisons:

“On a pillé, il y a huit jours, les Halles centrales, et, qui le croirait, cette leçons donnée aux ‘accapareurs’ au lieu d’encourager l’apport des denrées au marché, a eu pour résultat de retarder d’une manière sensible le ravitaillement.

Pendant toute la semaine les Halles sont restées à peu près désertes; en vain ‘le peuple’ a arrêté encore plusieurs charrettes de pommes de terre, d’oignons et de céleri à leur entrée dans Paris, pour s’en partager fraternellement le contenu, ce second avertissement n’a pas eu plus de succès que le premier.

Les pommes de terre qui abondaient à Courbevoie, où on les payait deux francs le boisseau, continuaient à se vendre de l’autre côté du pont 15 francs et au-dessus, les propriétaires de ces tubercules persistant à se montrer réfractaires à l’application des doctrines communistes, en honneur dans certains faubourgs.

Cependant la situation a fini par s’améliorer aux Halles. Grâce aux réclamations de la presse, la police a cessé d’y être une institution purement platonique, les gardiens de la paix se sont mis à garder autre chose qu’une attitude mélancolique, et le premier convoi de marée a pu se vendre hier à la criée.

Les prix étaient passablement élevés, un turbot a été poussé à 160 francs d’après Le Figaro, et cinq paires de soles à 67 francs; mais il ne faut pas oublier qu’en ce moment les turbots, les soles, sans oublier le beurre et les fromages sont pour nous des ‘primeurs’, et que c’est seulement en les payant cher que nous finirons par les avoir en abondance.

Un moment pourra venir même où les apports, stimulés par les hauts prix des premiers jours, dépasseront les besoins de la consommation ordinaire, et où l’extrême bon marché succèdera à l’extrême cherté jusqu’à ce que, d’oscillation en oscillation, les prix aient retrouvé leur niveau accoutumé.

J’ai mis en gras ces deux dernières phrases, particulièrement pertinentes aujourd’hui.

PS: sur un autre sujet, les amateurs de Jean-François Revel doivent se précipiter sur cet enregistrement datant de 1992, que mon ami chezrevel vient de publier.

Sardanapale @ 11:47 am
Filed under: Economy and trade

# Posted on Tuesday 13 May 2008 - 2 Comments

The soft heart of Sarkonomics

Le Monde hails Sarkozy’s “liberal (i.e. pro-market) clarification”.

According to the paper, the French president will be much more forceful and coherent in reforming the economy his second year in office than he was in his first.

Le Monde praises the centerpiece of his new program, the “law on economic modernisation”, saying it marks a “resolute acceptance of supply side policy.”

Would that it was true. I too support the bill, which aims to encourage an entrepreneurial society by cutting red tape, strengthening competition, and generally putting consumers first.

But I doubt that the move will deliver the “rupture” that Sarkozy once promised – for two main reasons.

The first is that he may already have blown his chances. During his first six months in office, Sarkozy wasted a strong popular mandate for change and huge majority.

He implemented some reforms but balked at radical measures such as scrapping the 35-hour week, and shied away from confrontation with vested interest.

I can’t see how he can re-invent himself as an effective modernizer after running out of political capital.

But the more fundamental reason to be skeptical is that Sarkozy is not a conviction politician in the mould of Reagan or Thatcher.

He is only a lukewarm reformer. The Economist hit the nail on the head when it wrote recently:

“For at the heart of Sarkonomics is a contradiction: Mr Sarkozy promises both to create an entrepreneurial, risk-taking society and to protect workers, factories and jobs.

When he was running for president, his campaign stop of preference was the factory floor, where he would surround himself with industrious-looking men in hard hats and promise never to let France lose its factories, because, “Once the factories go, everything goes.”

He may call himself a liberal but he also believes in national champions, and in a strong industrial policy to defend them.”

Rupture light

Le Monde salue la “clarification libérale” du président.

Pour notre oracle vespéral, le “sarkozysme an II” tourne le dos aux hésitations de la première année et s’engage dans une politique cohérente de réformes.

“La loi de modernisation économique (LME) qui sera présentée au Parlement en juin souligne le changement: le ralliement à une politique résolument ‘de l’offre’.”

J’aimerais que cette prophétie se réalise.

Moi aussi, je salue la tentative d’encourager l’entreprise, d’alléger les contraintes et renforcer la concurrence, qui est au cœur de la LME.

Mais je suis sceptique sur ses chances de succès. Et cela pour deux raisons, l’une conjoncturelle et l’autre structurelle.

En premier lieu, on voit mal comment Sarkozy, qui s’est contenté de demi-mesures dans les six premiers mois de sa présidence, aura l’audace de mettre en œuvre les difficiles réformes requises à présent.

S’il n’a pas osé toucher aux 35 heures et s’est couché devant les marins pêcheurs lorsqu’il était au faîte de sa popularité, on peut douter qu’il saura se montrer ferme maintenant que son capital politique est épuisé.

Si la première raison d’être sceptique tient à l’esprit du temps, le seconde tient à l’esprit du sarkozysme.

Pour convaincre un pays aussi perclus d’étatisme de la nécessité des solutions libérales, il faut une foi à toute épreuve.

Or Sarkozy n’a jamais été animé de la conviction qui habitait un Reagan ou une Thatcher.

Son discours a toujours été double: pour plus de flexibilité mais aussi plus de protection, pour plus de marché mais que les industries restent françaises, pour plus d’ouverture mais moins de délocalisations, pour la rupture et pour les RTT…

Sarkozy cherche trop la popularité: il veut se faire applaudir à la fois par le Medef et les syndicats.

Je partage le bilan de The Economist cité en regard: les contradictions du sarkozysme le condamnent à l’impasse.

Sardanapale @ 1:17 pm
Filed under: Economy and trade andFrance

# Posted on Thursday 3 April 2008 - 4 Comments

The financial crisis and the Superman state

I profess my ignorance, for once (I usually keep quiet about it).

Would someone help me understand what’s so new about the current financial crisis?

Why should the classic pro-market view on such things – that the state usually makes things worse by stepping in – no longer be valid?

This view was popularized by Milton Friedman, who argued in his book “Free to Choose” that the Great Depression had been caused not by flawed markets but by the policies of the Federal Reserve.

The regulatory system, Friedman wrote, tends to blame

“all problems on external influences beyond its control and takes credit for any and all favorable occurrences.

It thereby continues to promote the myth that the private economy is unstable, while its behaviour continues to document the reality that government is today the major source of economic instability.”

Some commentators have used similar arguments in the context of the present crisis.

Alvaro Vargas Llosa, in the New Republic, argued that the Fed had created conditions for the turmoil through credit expansion, which encouraged reckless lending.

But the underlying problem, as Vargas Llosa sees it, is not so much the Fed’s decisions as its very existence: a financial system underpinned by the officials wielding monopoly power can never be as stable as one where private banks are free to issue money.

Vargas Llosa, of course, knows that abolishing the Fed but is inconceivable right now, but nevertheless calls for bold thinking:

“There are less dramatic measures that can be taken on the road toward a definitive solution. The most obvious one is to simply stop using the Federal Reserve to inflate the currency.”

The strange thing is, this classical view of the crisis is very much in the minority – even among analysts that are usually pro-market.

In The Wall Street Journal, Arthur Levitt Jr blames new fancy financial instruments for the debacle:

“The combination of structured financial products and subprime mortgages fundamentally changed the lending business.

No longer did those doing the lending have to expose themselves to the credit risks of the borrowers. Instead, they packaged their loans for sale to the investing public.

With no exposure, loan originators offered mortgages to just about anyone they could find.”

Levitt does not exonerate regulators, but he says their basic failure was not too much supervision, but too little – “regulatory underkill”, as he puts it.

The Economist, meanwhile, defends the emergency measures taken by the Fed to tackle the crisis: helping JP Morgan acquire Bear Stearns, lowering the discount rate, and offering $200bn in short-term loans to investment banks, etc.

The Financial Times‘ Martin Wolf – one of the most eloquent advocates for globalization – also seems to take a positive view of the Bear Stearns rescue and other moves by officials, and argues that the era of financial deregulation is over.

His point is best encapsulated by a banker he quotes: “I no longer believe in the market’s self-healing power.”

For these analysts, the rules of the game have radically changed: the financial system has become inherently unstable, and it is incumbent on enlightened officials to save it against itself.

I’m not dismissing such ideas out of hand.

But before I turn my back on Milton Friedman and give up on a central tenet of my faith in markets, I want to make sure it is truly obsolete.

You see, I have a sneaking suspicion that these guys are rushing into the protective arms of the state – as people tend often do in times of trouble. Help anyone?

La crise financière et l’État Zorro

J’avoue (une fois n’est pas coutume) mon incompétence.

Quelqu’un peut-il m’aider à comprendre la spécificité de la crise financière actuelle?

Pourquoi l’analyse libérale classique de ce type d’événement serait-elle caduque?

Cette analyse est bien connue: les crises bancaires sont inévitables et le meilleur moyen d’en atténuer les répercussions est de laisser les opérateurs subir les conséquences de leurs actions et trouver des solutions eux-mêmes.

L’idée que l’État aggrave les choses en intervenant n’est pas l’apanage d’ultra libertariens.

Milton Friedman, pape du libéralisme classique et bête noire de nombreux “Autrichiens”, rend la Fed responsable de la crise de 1929.

Dans “Free to Choose”, il explique qu’un système financier garanti par un monopole d’État ne sera jamais aussi stable que le système en vigueur au XIXe siècle, où les banques privées pouvaient créer une monnaie garantie par l’or.

Certains ont repris cette analyse dans le contexte de la crise actuelle.

Alvaro Vargas Llosa affirme dans The New Republic que la politique d’expansion du crédit engagée par les autorités monétaires américaines est à l’origine du désastre actuel, et il met en cause l’existence même de la Fed.

Mais cette opinion est nettement minoritaire.

Quand je lis les journaux réputés libéraux, je trouve surtout des défenses de la politique de la Fed.

Dans The Wall Street Journal, Arthur Levitt Jr rend les nouveaux instruments financiers, combinés à la bulle immobilière, responsables de la déroute, et réclame un renforcement de la réglementation.

Il n’exonère pas par les autorités monétaires, mais selon lui, leur faute fut d’avoir laissé le marché aller lui-même à la catastrophe – comme l’indique le titre de son article, “regulatory underkill”.

The Economist, pour sa part, applaudit les mesures d’urgence prise par la Fed: aide au rachat de Bear Stearns par JP Morgan, injection massive de liquidités par des baisses à répétition de taux d’intérêt et des crédits massifs accordés aux banques d’investissement…

La Fed, selon The Economist, a joué les Zorro et sauvé le système financier international.

Dans The Financial Times Martin Wolf, l’un des défenseurs le plus éloquents de la mondialisation, juge que le sauvetage de Bear Stearns inaugure une nouvelle époque de nécessaire re-réglementation financière.

Son idée est résumée par un responsable de la Deutsche Bank qu’il cite: “Je ne crois plus dans le pouvoir du marché de se guérir lui-même.”

Il est important de noter que ces commentateurs ne présentent pas les interventions comme des maux nécessaires à court terme, seules solutions viables dans un système dominé par la Fed et où l’étalon-or n’existe pas.

Non, pour de nombreux ci-devant chantres du capitalisme, les règles du jeu en matière de finance ont changé sur le long terme: laissé à lui-même, le marché est devenu fondamentalement instable, et il revient à des autorités éclairées de le sauver.

Je n’exclus par que ces gens aient raison: il se peut que la crise des subprime diffère de façon radicale des crises antérieures et que l’État soit désormais le meilleur garant de la santé financière.

Mais avant d’abandonner mon credo libéral, j’aimerais être sûr qu’il est bien caduc, et je n’ai pas affaire simplement au réflexe étatiste qui revient à chaque période turbulence.

Voici les analyses interventionnistes que j’ai lues dans The Wall Street Journal, The Economist, et The Financial Times.

L’article libéral de Vargas Llosa (qui est bien le fils de son père), est ici.

Sardanapale @ 2:03 pm
Filed under: Economy and trade andUSA

# Posted on Thursday 13 March 2008 - 2 Comments

Myth of the struggling masses

Both French and US voters are obsessed with the stagnation of living standards.

In France, this feeling is largely behind the unpopularity of President Nicolas Sarkozy and the conservative losses in the current local elections.

In America, the “middle-class squeeze” is a major theme for both Democratic front-runners.

Hillary Clinton has spoken of “seven years of stagnant wages, declining incomes and increasing inequality.”

Barack Obama claims to be on the side of “the struggling masses”, as opposed to “the idle holders of idle capital”.

But is it true that, as millions believe on both sides of the Atlantic, the circumstances of ordinary folk have not improved in decades, and that the benefits of growth have accrued to a wealthy minority?

I have problems reconciling this idea with my own experience.

In 1960s France, only well-to-do families had a television and a washing machine; today the humblest households have several TVs, a DVD player, and a dishwasher.

When I was growing up single mothers didn’t fly to the Canary islands for their vacations.

When I tell my daughter that people used to darn socks and shirts that had holes in them, she thinks I was raised in the third world.

And there’s no need to go back to the 1960s and 1970s to be struck by remarkable changes in lifestyle and consumption trends.

In the early 1980s, most households had only one phone – and it was a landline that was very costly to use by today’s standards. Few people had a computer.

A mere 15 years ago, no one had heard of the internet.

What about the basic things in life: a roof over your head and food?

Rents have risen no faster than income. Despite rising supermarkets prices over the past year, it’s still much cheaper to feed your family today than it was 40, 20, or even 10 years ago.

So why do are so many people – including economist – telling us that living standards have stagnated?

Without claiming to exhaust the question, I will mention a few points made by Thomas Sowell in his latest look Economic Facts and Fallacies.

Most economists focus on households, which have been declining in size since the 1970s.

Hence the relatively low increase in household income conceals a significant rise in income per head (+51 in the US over 30 years, according to Sowell).

Moreover, the focus on households income distorts the statistics on inequality. Rich households have more members than poor ones.

In the US the top 20% of the household distribution has almost twice as many people as the bottom 20% – which now typically includes single-parent families and senior citizens, rather than large families of underfed children.

The gap between the rich the poor has indeed widened on an individual bases, but not by as much as you would think by looking at household figures.

And when people talk about rising inequality, they often forget that the poor do not form a stable group.

Those who are at the bottom of the social heap today are the same who were there 20 years ago.

Their ranks are constantly renewed, mostly by immigrants (for whom a minimum wage is a boon), just as the ranks of the rich are replenished by the middle classes are the poor.

So the fact that inequality has risen does not necessarily mean that “the poor are getting poorer and the rich are getting richer”.

There are signs that social mobility is decreasing. But this worrying trend is at work both in statist France and more business-friendly US and UK: you can’t blame markets for it.

In short, the obsession with “stagnating living standards” rests mostly on statistical illusions, and Clinton and Obama should know better than outdo each other in populist rhetoric.

For enlightenment on these issues, I recommend Sowell’s magnificent interview on Econtalk, my favorite podcast, and this article by Brad Schiller in the Wall Street Journal.

Le fantôme de la pauvreté

Il n’y a pas qu’en France que les électeurs sont obsédés par le pouvoir d’achat.

Aux États-Unis, la “middle class squeeze” est un thème majeur de la campagne, notamment du côté démocrate.

Hillary Clinton a déploré “sept années de revenus stagnants et d’inégalité croissantes”. Barack Obama se dit le défenseur des “masses laborieuses” (struggling masses”) contre les “détenteurs oisifs du capital”.

Des deux côtés de l’Atlantique, des millions de citoyens sont persuadés que leur situation ne s’est pas améliorée depuis de nombreuses années, et que les fruits de la croissance ont été accaparés par une minorité de privilégiés.

J’ai du mal à réconcilier cette idée avec mes souvenirs personnels.

Dans les années 1960, seules les familles aisées avaient la télévision et la machine à laver; aujourd’hui les plus humbles ont plusieurs postes de télé, avec DVD, et un lave-vaisselle.

Quand j’étais jeune, les mères célibataires n’allaient pas en vacances aux Baléares. Lorsque je dis à ma fille qu’on réparait les chaussettes et les chemises trouées, elle me regarde comme si je parlais du tiers-monde.

Et pas la peine de remonter aux années 1960 ou 1970 pour constater l’extraordinaire amélioration du sort matériel de nos sociétés.

Au début des années 1980, le foyer moyen avait un seul téléphone – et c’était un fixe coûteux à utiliser. Très peu avaient un ordinateur. Et bien sûr, il y a seulement quinze ans, personne n’avait entendu parler de l’internet.

En France comme aux États-unis, le niveau des loyers n’a pas progressé plus vite que celui des revenus.

Le coût de l’alimentation, même s’il a partout augmenté depuis un an, est en chute libre sur un demi-siècle.

Alors pourquoi tant de gens – y compris des économistes – parlent-ils de “stagnation du pouvoir d’achat”?

Sans prétendre épuiser la question, je signale quelques pistes, en m’inspirant notamment du dernier livre de Thomas Sowell, Economic Facts and Fallacies.

Les économistes en utilisant les chiffres par foyer, donnent une image déformée de la réalité. La taille des foyers s’est considérablement réduite depuis les années 1970: la faible hausse de leurs revenus cache un important accroissement des revenus par tête (+51% aux US en 30 ans, d’après Sowell).

De plus, cette comptabilité exagère l’accroissement des inégalités. En effet, les foyers à haut revenu comportent plus de membres en moyenne que ceux à faible revenus.

Quand on constate un écart croissant entre les revenus des 20% de foyers les plus riches et ceux des 20% les plus pauvres, on oublie que nombreux foyers pauvres d’aujourd’hui, contrairement à hier, sont composés de familles monoparentales ou de retraités vivant seuls.

Les écarts entre riches et pauvres se sont effectivement creusés, mais si on regarde les chiffres par tête, ces écarts sont moins important qu’on le dit.

Et quand on parle d’inégalités croissantes, on oublie souvent que les pauvres ne constituent pas une masse stable: ceux d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier.

Les rangs des bas revenus sont constamment renouvelés, notamment par les immigrés (pour lesquels un SMIC est un revenu élevé).

Les rangs des riches et des classes eux aussi se renouvellent, notamment par le bas.

Quand on dit que les écarts ont augmenté, ce n’est pas que “les pauvres sont plus pauvres et les riches sont plus riche”.

Cela signifie que les riches de 2008 gagnent plus par rapport aux pauvres de 2008 que les riches de 1988 ne gagnaient par rapport aux pauvres de 1988.

Ces derniers ne sont pas devenus plus pauvres en chiffres absolus – ni même en chiffres relatifs si, comme la plupart des gens, ils ont vu leur position sociale s’améliorer avec le temps.

Bref, la hantise d’une “stagnation du pouvoir d’achat” repose en grande partie sur des illusions statistiques, et il est regrettable que les politiques contribuent à brouiller les pistes par des déclarations populistes.

Pour y voir plus clair, je recommande la fabuleuse interview que Thomas Sowell a accordée au podcast libéral Econtalk, et cet article de Brad Schiller dans le Wall Street Journal.

Sardanapale @ 12:38 pm
Filed under: Economy and trade andFrance andUSA

# Posted on Thursday 28 February 2008 - 20 Comments

The flight from knowledge

Stefan Theil, Newsweek’s European economics editor, has found a fascinating research subject: a comparison between American, French, and German textbooks.

A few highlights from the piece he recently published in Foreign Policy:

“In France and Germany, students are being forced to undergo a dangerous indoctrination.

Taught that economic principles such as capitalism, free markets, and entrepreneurship are savage, unhealthy, and immoral, these children are raised on a diet of prejudice and bias. Rooting it out may determine whether Europe’s economies prosper or continue to be left behind.

Millions of children are being raised on prejudice and disinformation…

“Economic growth imposes a hectic form of life, producing overwork, stress, nervous depression, cardiovascular disease and, according to some, even the development of cancer,” asserts the three-volume Histoire du XXe siècle, a set of texts memorized by countless French high school students as they prepare for entrance exams to Sciences Po and other prestigious French universities.

The past 20 years have “doubled wealth, doubled unemployment, poverty, and exclusion, whose ill effects constitute the background for a profound social malaise,” the text continues.

Because the 21st century begins with “an awareness of the limits to growth and the risks posed to humanity [by economic growth],” any future prosperity “depends on the regulation of capitalism on a planetary scale.”

Capitalism itself is described at various points in the text as “brutal,” “savage,” “neoliberal,” and “American.”

This agitprop was published in 2005, not in 1972. ..

When French students are not getting this kind of wildly biased commentary on the destruction wreaked by capitalism, they are learning that economic progress is also the root cause of social ills.

For example, a one-year high school course on the inner workings of an economy developed by the French Education Ministry called Sciences Economiques et Sociales, spends two thirds of its time discussing the sociopolitical fallout of economic activity.

Chapter and section headings include “Social Cleavages and Inequality,” “Social Mobilization and Conflict,” “Poverty and Exclusion,” and “Globalization and Regulation.”

The ministry mandates that students learn “worldwide regulation as a response” to globalization.

Only one third of the course is about companies and markets, and even those bits include extensive sections on unions, government economic policy, the limits of markets, and the dangers of growth.

The overall message is that economic activity has countless undesirable effects from which citizens must be protected.”

Manuels antiéconomiques

Stefan Theil, le rédacteur économique européen de Newsweek, a trouvé un excellent sujet de recherche: la comparaison entre les livres destinés aux étudiants français, allemands et américains.

Il conclut, entre autres, qu’on imprègne la jeunesse française d’idéologie anticapitaliste.

Le libéralisme, affublé ou non du préfixe dépréciatif “néo”, est présenté comme générateur d’inégalités, de chômage et de précarité.

Theil cite plusieurs passages – notamment des extraits de la bible des candidats à Sciences po, Histoire du XXe siècle de Pierre Milza et Serge Berstein:

“Le malaise urbain fait prendre conscience des coûts sociaux de l’expansion. Le mode de vie trépidant qu’elle impose engendre le surmenage, le “stress” qui favorise les dépressions nerveuses, les maladies cardio-vasculaires, voire même selon certains le développement du cancer.”

Les vingt dernières années ont vu “doubler la richesse, doubler le chômage, la pauvreté, et l’exclusion, dont les effets constituent la toile de fond d’un malaise social profond.”

Du fait que le XXe siècle commence avec “la prise de conscience des limites de la croissance et des risques posés à l’humanité” par cette croissance, toute prospérité future “dépend de la régulation du capitalisme à l’échelle planétaire”.

De soi, c’est clair, le capitalisme est dangereux. Il est décrit par Milza et Berstein comme “brutal,” “sauvage,” et, insulte suprême, “américain”.

Theil relève également un manuel produit pas l’éducation nationale, intitulé Sciences Économiques et Sociales, et dont les deux tiers sont consacrés aux retombées sociopolitiques de l’activité économique. Celles-ci sont bien sûr largement néfastes.

Les titres des chapitres et sous-chapitres en disent long: “Clivages sociaux et inégalité”, “Mobilisation et conflit”, “Pauvreté et exclusion”. Le ministère, dans sa grande sagesse, demande qu’on apprenne aux étudiants la “régulation au niveau mondial comme réponse” à la globalisation.

Seul un tiers du livre est consacré aux mécanismes économiques – et même ces bribes de savoir sont entrecoupées de sermons sur le rôle de l’État, les limites du marché et les dangers de la croissance.

Bref, on ne fournit pas aux étudiants les outils de la connaissance: on leur sert de la propagande.

On lira en face des extraits de l’article que Theil a publié dans Foreign Policy. Le papier lui-même est ici.

(PS: les citations ci-dessus sont pour la plupart des retraductions de la traduction de Theil. Seul le premier passage de Milza-Berstein, reproduit en italiques, est garanti texto: il m’a été fourni par le Gauchiste Repenti dans un commentaire ci-dessous.)

Sardanapale @ 10:34 am
Filed under: Economy and trade andFrance

# Posted on Monday 4 February 2008 - 4 Comments

Laffer’s last laugh

Last week I criticised George Bush’s “stimulus package” – an overtly Keynesian measure designed to spur America’s economy back into life.

But I hasten to add that have nothing against reducing taxes as a long-term strategy.

There is a world of difference between, say, Carter’s $50-for-everyone-rebates, which achieved nothing, and the Reagan tax cuts.

The latter had two features that the former lacked: a) they were permanent, and b) a focus on marginal rates.

Of those two features, the second is the least understood.

Contrary to popular opinion, the purpose of those cuts was not to help the rich.

The man who popularized them, Arthur Laffer, reminded us is a recent Wall Street Journal opinion piece of the profound progressive effects of the cuts:

“The highest marginal income tax rate in 1980 was 70%. Today it is 35%. In the year Ronald Reagan took office (1981) the top 1% of income earners paid 17.58% of all federal income taxes. Twenty-five years later, in 2005, the top 1% paid 39.38% of all income taxes.

There are other ways of looking at tax receipts by income bracket. From 1981 to 2005, the income taxes paid by the top 1% rose to 2.96% of GDP, from 1.59% of GDP. There was also a huge absolute increase in real tax dollars paid by this group. In 1981, the total taxes paid in 2005 dollars by the top 1% of income earners was $94.84 billion. In 2005 it was $368.13 billion…

Let’s take a look at the bottom 75% of taxpayers over this same time period — the group current Democrats refer to as middle- and lower-income earners. From 1981 through 2005, the share of all income taxes paid by the bottom 75% of all income earners (as reported on the individual income tax returns) declined to 14.01% from 27.71%.

As a share of GDP, total taxes paid by the bottom 75% fell to 1.05% from 2.50%. The bottom 75% of all taxpayers today pay less than 35% of all the taxes paid by the top 1% of all income earners…

The important point here is that, over the last 25-plus years, the only group that experienced an increase in income taxes paid as a share of GDP was the top 1% of income earners.”

There is nothing wrong with reducing the tax burden on low and middle incomes. But the best way to spur growth is to act against punitive marginal rates, which both maximises revenue and boosts supply in the long term.

It is also important to remove special breaks that benefit tax consultants and their rich clients.

Bush, on the contrary, is using tax cuts to spur demand and has done nothing to simplify the tax code.

When it comes to cutting taxes, he has taken his cue from Carter not Reagan.

The whole Laffer article can be read here.

Baisses d’impôts: l’affaire Laffer

La semaine dernière je disais le mal que je pensais du “stimulus package” bushien. Je souhaite ici préciser ma pensée.

S’il me semble en effet vain de baisser les impôts pour stimuler l’économie, je n’ai en revanche rien contre une fiscalité allégée sur le long terme.

Il y a par exemple une différence de taille entre les abattements à la Carter ($50 pour tous), qui n’ont eu aucun effet, et les réductions effectuées par Reagan.

Ces dernières ont eu deux caractéritiques qui manquaient aux premiers : a) elles étaient permanentes, et b) elles portaient d’abord sur les taux marginaux.

Cette second caractériques est souvent mal comprise. Contrairement à ce que l’on dit souvent, l’objectif premier des baisses d’impôts de Reagan n’était pas d’aider les riches.

Un article récent de l’économiste qui les a inspirées, Arthur Laffer, jette la lumière sur leurs effets.

Laffer souligne les vertus des allègements fiscaux sur les hauts revenus – du point de vue de la justice sociale.

De 1980 à aujourd’hui, le taux maximum fédéral d’imposition sur le revenu est passé de 70% à 35%.

A-t-on assisté à une chute des contributions des riches?

Pas du tout: en 1981, l’année où Reagan a accedé à la présidence, les 1% de revenus supérieurs payaient 17.58% des recettes de l’impôt sur le revenus fédéral. En 2005, cette proportion atteignait 40%.

Autre façon de voir les choses: de 1981 à 2005, la part des contributions directes de ces 1% de hauts revenus est passée de 1,59% à 2,96% du PIB.

Les riches n’ont jamais autant contribué au trésor public américan que depuis l’allègement de leur fiscalité.

Regardons maintenant les 75% de contribuables les plus modestes sur la même période.

De 1981 à 2005, ce groupe a vu sa part de contributions à tous les impôts sur le revenus passer de 27,71% à 14,01% – et de 2,5 à 1,05% en part de PIB.

Comme l’écrit Laffer:

“Le point important est que depuis un quart de siècles, le seul groupe qui a connu une augmentation d’impôts en part de PIB sont les 1% de revenus les plus élevés.”

Je n’ai rien conter les baisses d’impôts pour les revenus modestes.

Mais le meilleur moyen de stimuler l’économie à long terme, c’est de supprimer les taux marginaux punitifs – ainsi que les dégrèvements multiples et variés qui bénéficient surtout aux conseillers fiscaux et à leur riches clients.

Bush, au contraire, utilise les réductions d’impôts pour stimuler la demande, et n’a rien fait pour simplifier la fiscalité.

En un mot, il tient plus de Carter que de Reagan.

Sardanapale @ 6:41 pm
Filed under: Economy and trade andUSA

# Posted on Wednesday 16 January 2008 - Comments Off on Agflation: price fixing does not work

Agflation: price fixing does not work

Dictatorships are often not just nasty, but also stupid.

China’s effort to curb food inflation provides a prime example of this.

Several months ago, the Beijing authorities tried fixing prices. When this did not work, they blamed “profiteering” and “price manipulation”.

This week they increased the sanctions for these crimes, with fines of up to $130,000.

The same thing is happening in Pakistan, where the government has launched a campaign against the “hoarders” and “smugglers” said to be engineering food shortages.

Musharraf has sent troops to protect wheat supplies around the country from them.

But the fact that stores are running out of grain is not the work of those imaginary scapegoats.

Food inflation is a worldwide problem, and is made worse by the kind of policies implemented by China and Pakistan.

The Islamabad government a set prices at ridiculously low levels and (30 cents a kilo for flour): that is the surest way to drive production down and towards foreign markets.

Price fixing, requisitioning, and attacks on “profiteers” have always led to shortages – whether under Robespierre, Stalin, or more recently Mugabe or Chavez (it’s getting harder for Venezuelans find eggs and milk these days.)

But this lesson is being ignored by many.

About 20 countries have responded to “agflation” by imposing controls on foodstuffs, and a dozen tax or limit exports.

Stupidity in farming matters, unfortunately, is not the preserve of dictatorships (and a EU citizen, I should know about it).

Here are a few links to find out more about agflation, and the responses in China and Pakistan.

Bouffe chère: haro sur les “profiteurs”

Le problème avec les dictatures, ce n’est pas seulement qu’elles sont méchantes, c’est aussi qu’elles sont bêtes.

Pour combattre la pénurie alimentaire, le gouvernement chinois n’a rien trouvé de mieux que de renforcer le contrôle des prix et de s’en prendre aux “profiteurs” et autres “manipulateurs” rendus responsables de l’inflation.

Ces individus encourent à présent des amendes allant jusqu’à 1 million de yuans (100,000 euros).

Même chose au Pakistan, où le gouvernement vient d’envoyer l’armée pour protéger les entrepôts céréaliers des sinistres “accapareurs” et des “contrebandiers” qui les menacent.

Mais si les stocks se vident, ce n’est pas la faute de ces boucs émissaires fictifs.

L’inflation alimentaire affecte le monde entier – et ses effets sont aggravés par les mesures prises par des États comme la Chine et le Pakistan.

Le gouvernement d’Islamabad a fixé les prix à des niveaux artificiellement bas (20 centimes le kilo pour la farine): et il s’étonne que la production soit ralentie, et détournée vers l’étranger!

Réquisitionner, s’attaquer aux agriculteurs et les forcer de vendre à perte: voilà le meilleur moyen d’exacerber la pénurie.

La recette a fait ses preuves sous Robespierre, Staline, et aujourd’hui Mugabe ou Chavez (le Venezuela manque d’oeuf et de lait, à cause de l’encadrement des prix).

Mais cette leçon n’est pas acceptée partout, loin s’en faut.

Face à l'”agflation”, une vingtaine de pays ont imposé des mesures de contrôle des prix alimentaires, et une douzaine taxent ou limitent les exportations.

Malheureusement, les dictatures n’ont pas l’apanage de la bêtise en matière agricole (en tant que citoyen de l’UE, j’en sais quelque chose.)

Voici quelques liens pour en savoir plus sur l’agflation, et les politiques du Pakistan et de la Chine.

Sardanapale @ 10:01 am
Filed under: Economy and trade