Sardanapale

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# Posted on Saturday 5 May 2012 - Comments Off on My message to the French people

1981 all over again

France may be about to elect the most backward-looking socialist leader in the developed world.

François Hollande – who is almost certain to win Sunday’s second round of presidential election – makes Britain’s Ed Miliband, an Old Labour type, look like Margaret Thatcher.

During the 2007 campaign, Hollande declared blandly: “I don’t like the rich.”

In May Day speech a few days ago, he made clear he was now not “the candidate of the Socialist Party” and the centre-left “radicaux” but “the candidate of the whole united Left”.

This is correct. He has the full support of Jean-Luc Mélenchon – a hard-left utopian supported by the Communists whose supporters sing the “Internationale” and wage red flags at rallies.

Mélenchon has pledged to declare war on “international finance”, pledged to raise the minimum wage immediately by more than 20% to 1,700 euros a month, and would tax income of over 350,000 euros a year at 100%.

Hollande’s own program is not much better. He is a firm believer in the benevolent state.

To help the unemployed, he will hire 60,000 school workers; to spur investment, he will create to new state bank; to promote social justice, he will raise taxes on big companies and on rich individuals; to ensure decent housing for everyone, he will cap rents.

He also fiercely contests Sarkozy’s budget cuts, wants to renegociate the euro zone’s hard-fought agreement on budget discipline, and arguing instead for “growth”.

A lot of things do not add up in Hollande’s economic program.

The French work fewer hours than other Europeans – notably the Germans.

How is keeping the 35-hours week untouched and allowing workers to retire at 60 going to help? If working less boosts economic performance, where is the evidence?

And if state spending is the key to growth (by his own calculations, his plans would cost an extra 20bn euros over five years) how come France is not ALREADY the envy of the developed world?

Its public expenditure is 56% of GDP – more than Sweden – against an average of 43% for the OECD.

Hollande is a world away from the European mainstream. He is advocating policies that have long since been ditched by social-democrats everywhere.

Like his model, François Mitterrand, Hollande talks an unreconstructed tax-spend-and-regulate socialist.

And like Mitterrand in 1981, he will soon find out that being out of step with the rest of the world carries a big cost.

Hollande’s program may not be one of complete “rupture with capitalism”, as Mitterrand’s was. Still Hollande’s own socialist experiment will carry a huge price tag.

In 1981, France’s public debt was 20% of GDP – today it is 90%.

Even six months of mild folly will be punished by the international bond markets which Hollande scorns and the country needs.

Sarkozy, to be sure, is far from an ideal candidate. The fact that France is still largely unformed is down to him.

His tirades against companies moving jobs abroad, his promises to protect the French against “unfair competitors”, shows he does not understand what trade is about – a paradox for a country that is home to many world-beating global companies.

But at least Sarkozy recognizes that there are hard choices that France cannot escape.

That’s why my vote will go to him. But then again, it may just as well if he is voted out.

In a democracy a people has the government it deserves. Maybe the French need their noses rubbed in it for a while.

Français, tant pis pour vous

À la veille du second tour, j’ai envie de dire: Français, démerdez-vous. En démocratie, un peuple a le gouvernement qu’il mérite.

Bien sûr, je ne me lave pas complètement les mains de mon pays. Je vais aller voter dimanche. Et puis je me fends d’un billet pour dire que les Français sont des bœufs. Si je m’en foutais, je ne ferais rien de cela.

C’est donc avec plus de regret que de colère que je dis: c’est votre merde, vous l’aurez voulue. Moi, j’habite un pays où le débat public est à peu près ancré dans la réalité. J’y reste.

Que j’explique comment je vois les choses. La France va mal. Elle vit au-dessus de ses moyens depuis des décennies (la dernière fois que l’État a équilibré ses comptes, c’était en1974).

La dette publique, déjà au niveau méditerranéen de 90% du PIB, continue de croître inexorablement. J’ai mis en lien un tableau édifiant. Les maux dont souffre le pays ne sont pas une invention des gnomes de Zürich, des spéculateurs de de la City ou des ploutocrates de Wall Street.

Depuis 10 ans des grands commis de l’État de gauche comme de droite (Christian Blanc; Michel Camdessus; Michel Pébereau; Jacques Attali) les ont signalés: administration pléthorique, coûts du travail élevés, État providence non réformé, hyper-régulation, prime à l’oisiveté…

Nos principaux partenaires ont réduit leur fonction publique, révisé leur système de protection sociale et leurs retraites, assoupli le marché de l’emploi et se sont remis au travail. Nous n’avons rien fait, ou si peu…

Ce constat est bien sûr un réquisitoire contre Sarkozy. Loin de faire la “rupture” promise, il s’est contenté d’effets d’annonce et de réformettes.

Outre son manque d’action, je mets à son passif ses paroles. Son discours du 1er mai fut émaillé de tirades contre la «mondialisation sauvage», le «capitalisme financier», et le «laisser faire, laisser aller» – cela respire à plein nez l’altermondialisme de façade.

Bref, je suis le premier à reconnaître que Sarkozy ne vaut guère mieux que ses deux prédécesseurs, qui avaient transformé l’immobilisme bavard en art politique.

Mais avec Hollande, on est moins dans la frilosité franchouillarde ou dans l’antilibéralisme creux que dans le déni de réalité. Si la «relance» assurait la croissance, on se demande pourquoi la France n’est pas DÉJÀ l’envie du monde développé. Avec ses armées fonctionnaires et des dépenses publiques équivalant à 56% du PIB (plus que la Suède; la moyenne de l’OCDE est de 43%), son économie devrait être gonflée à bloc!

Hollande n’explique pas un seul instant que de dures décisions s’imposent. Il se contente de passer aux Français de la pommade rose, de les bercer d’un doux babil empreint de nostalgie socialiste (égalité, justice sociale, solidarité…)

Il ne parle pas le langage de la rigueur, ni même celui de la social-démocratie. Il sert des sophismes depuis longtemps abandonnés par la gauche de Stockholm à Canberra: embauche de 60,000 de fonctionnaires pour préserver l’emploi, surtaxation des riches pour lutter contre les inégalités, encadrement des loyers pour défendre le droit au logement…

Alors on dit: Hollande ne va pas faire de bêtises; c’est un pragmatique qui a su s’entourer de gens sensés. Mais est-il raisonnable de voter pour un candidat en pensant qu’il va faire le contraire de ce qu’il dit?

À terme, je suis certain que ce sera le cas. Mais combien de dégâts fera-t-on entretemps?

Économiquement, je suis libéral. Sarkozy n’est pas un partisan du libéralisme, mais il en est moins éloigné que Hollande.

Politiquement, je suis au centre. Voter Hollande, c’est voter pour l’extrême-gauche qui le soutient.

Sarkozy, malgré les appels du pied éhontés qu’il fait à l’électorat FN, n’est pas allié à Le Pen, qui d’ailleurs n’appelle pas à voter pour lui.

Mon choix est vite fait. La plupart de mes compatriotes s’apprêtent à prendre un autre chemin. Ce sera tant pis pour eux.

Sardanapale @ 8:21 pm
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