Sardanapale

Posted on Saturday 5 December 2009

The Red Baroness

The EU will soon be represented by Catherine Ashton, a Briton who was active in Campaign for Nuclear Disarmament in the late 1970s and treasurer of that vocal pacifist group between 1980 and 1982.

Questions over her past have been voiced by some Eurosceptics, including a MEP, and some British papers.

Lady Ashton denied reports that she had accepted money from Moscow, and that was that. She is sure to be confirmed by the European Parliament in the coming days.

What bothers me about this is not that she was in charges of CND finances at a time when the USSR was financing pacifist groups across Western Europe. I’m a trusting kind of guy and am prepared to believe her.

So okay: I accept that Moscow – whose main aim at the time was maintaining military superiority over democracies in Europe – made an exception for the UK, and refrained from funding those agitating against the deployment of short-range missiles there.

But what about the cause itself? You can’t hold someone’s youthful beliefs against them – if they have repudiated them. But in her response, Ashton did not repudiate her CND involvement.

And her supporters in the blogosphere and the media have even defended it, many calling formed Soviet dissident Vladimir Bukovsky a far-right witch-hunter for pointing to the CND’s dubious finances.

I am in complete agreement with this online article posted by The Economist after her nomination.

Excerpts:

“IMAGINE a British Conservative politician—call her Catriona Aston—coming from obscurity to gain one of the top posts in the European Union, just as Baroness (Catherine) Ashton has emerged from the Labour ranks to be the EU’s new foreign minister.

Imagine that on closer scrutiny it turns out that in the early 1980s the fictional Ms Aston worked for a cold-war think-tank called something like the ‘African Freedom Foundation’, which campaigned against the spread of communism in Africa.

Imagine that on closer examination it turns out that this outfit enjoyed strong behind-the-scenes support from the then apartheid government in South Africa.

Among its supporters and officials are unrepentant defenders of the fascist regimes in Spain and Portugal and even those who said that Nazism had been a lesser evil than communism.

It is easy to imagine what would happen. The hapless Ms Aston would be publicly disgraced and would have to resign forthwith.

How could an EU representative credibly deal with the developing countries when she in the past had been a defender of a racist colonial regime?

Nuance, context and balance would go out of the window. Nobody would ask if all causes supported by the former South African regime were equally evil, or if communism had maybe cost more African lives than apartheid. …

The fact remains that the Kremlin found CND and other “peace movements” useful ways of undermining the unity of NATO, weakening the West’s defence posture and stoking anti-Americanism.

The ex-dissident Vladimir Bukovsky, an expert in Soviet penetration of the West, says: “the worldwide disarmament campaign in the early 1980s was covertly orchestrated from Moscow. To a substantial extent it was also funded by the Soviet bloc”…

Imagine a 1980s Europe where CND had triumphed, with left-wing governments in Britain and Germany scrapping NATO, surrendering to Kremlin pressure and propping up the evil empire.

Her opponents complain that Lady Ashton is ineffective. As a CND organiser, that may have been a blessing.”

Le passé de la Baronne Ashton

L’Union européenne sera bientôt représentée à l’étranger par une ancienne militante de l’organisation pacifiste britannique, Campaign for Nuclear Disarmament (CDN).

La confirmation par le Parlement européen de Catherine Ashton au nouveau poste de haut-représentant de l’UE ne fera pas problème: seuls quelques eurosceptiques se sont émus du fait que la baronne Ashton fut trésorière du CND au début des années 1980.

Ont-ils raison?

Je dirais non. La preuve formelle que le CND a touché des fonds soviétique n’a pas été apportée. Elle nie formellement l’accusation, et je suis prêt à lui accorder le bénéfice du doute.

Admettons que Moscou – qui pendant des décennies a assisté les organisations pacifistes travaillant au désarmement des démocraties occidentales, soutien par ailleurs tout à fait logique du point de vue soviétique – se soit scrupuleusement abstenu d’intervenir en Grande Bretagne.

L’URSS n’a donc rien fait pour aider ceux qui, par centaines de milliers, réclamaient l’abandon de la force nucléaire par le principal allié des États-Unis en Europe. Rien ne le prouve. On fait à Ashton un mauvais procès.

Mais faut-il retenir contre elle son engagement?

Le CND militait en effet pour promouvoir le principal objectif de l’Union soviétique dès la fin des années 1970: le maintien de la supériorité militaire du Pacte de Varsovie sur le camp occidental – et donc la vassalisation politique de ce dernier.

Là je serais nuancé: on ne doit pas retenir contre eux les combats politiques qu’ils ont mené dans une jeunesse lointaine.

Je juge Alain Madelin et André Glucksmann sur ce qu’ils pensent aujourd’hui – et admire leur défense passionnée de la liberté – et non sur leur adhérence passée à des idéologies antidémocratiques.

L’un comme l’autre ont clairement dénoncé ce qu’ils considèrent comme des égarements: il serait donc déplacé de les leur reprocher, tout comme il serait absurde de reprocher à Nelson Mandela (un autre de mes héros) son ancien engagement marxiste.

Mais – et c’est là où l’affaire me chiffonne – je ne constate pas de renonciation chez Ashton (qui, comme la plupart des baronnes, n’a jamais eu à faire face à l’électorat).

Le communiqué de quatre lignes publié par son cabinet sur cette affaire dit qu’elle n’a jamais touché des fonds de Moscou – point final. Aucune répudiation, même implicite.

Et ceux qui dans la blogosphère et la presse ont volé au secours d’Ashton n’ont pas dit: il est injuste de l’associer en 2009 à une organisation qu’elle a quitté en 1983. Ils justifient au contraire son engagement!

Ainsi ce post, qui défend le CND et qui décrit Vladimir Boukovsky (l’ancien dissident soviétique qui a rappelé l’origine douteuse des fonds de cette organisation) de suppôt de l’extrême droite.

On a donc ici une justification du pacifisme, et non une distanciation par rapport à celui-ci: c’est le cas aussi de nombreux commentaires postés sur l’article de The Economist reproduit en face (avec lequel je suis totalement d’accord).

En fin de compte, j’estime Ashton inapte à représenter l’Europe tant qu’elle n’aura pas dénoncé non seulement son rôle de trésorière du CND, mais surtout son appartenance à ce groupe, comme une erreur passée.

C’est sur ce point que les eurodéputés devraient la pousser. Mais je ne me fais pas d’illusions.

Ceux qui sont censés représenter la démocratie européenne, toutes tendances confondues, ont la vigilance hémiplégique: ils se gardent de la droite, pas de la gauche.

Sardanapale @ 2:00 pm
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