Sardanapale

Posted on Tuesday 12 May 2009

Ayaan Hirsi Ali tells Europeans to grow a spine

In an article in The First Post analyses Europe’s immigration problem thus:

“What European countries have done is give citizenship to individuals who feel no obligation to share in their societies for better or for worse, for richer or for poorer and in the event of a catastrophe, sacrifice themselves.

In this way, they evade one of the chief criteria of citizenship. Political allegiance to the constitution of your country is the minimum requirement.

It is this state of affairs that makes Christopher Caldwell’s book Reflections on the Revolution in Europe: Immigration and the West, which opens with the sentence, ‘Western Europe became a multi-ethnic society in a fit of absence of mind,’ a chilling read.

This absence of mind, which Caldwell lays bare, is reflected in Europe’s immigration policies and especially in its response to Islam…

Caldwell discusses this theme in an interesting light: he does not overlook the Europeans who feel that Islam is a danger to European values but asks, ‘How can you fight for something you cannot define?’

And this is Europe’s problem – insecurity about who we are, what our various flags mean, why, with every turn, we spend less and less on the military.

Europe has become a place for new religions, new creeds, multiculturalism, cosmopolitanism, transnationalism. Everything is thus relative.

This is an uncertainty that the Muslim does not share. The Muslim ethic and tribal spirit are far more resilient and fierce in war than the protestant ethic and the spirit of capitalism.

The numbers and insights that Caldwell has collected in his book are visible to many Europeans. During my life in Holland, and in my trips back, I have spoken to European intellectuals who see the revolution that Caldwell describes so well in his book.

They may not call it a revolution, they may also not see it as complete, but they see the identity crisis in Europe.

Take the debate on freedom of expression. In 1989 and afterwards, the provocations in the name of Islam were greeted with a confident, ‘No way! This is Europe, and you can say what you like, write what you like,’ and so on.

Two decades later, Europeans are not so sure about the values of freedom of expression. Most members of the media engage in self-censorship.

Textbooks in schools and universities have been adapted in such a way as not to offend Muslim sentiment. And legislation to punish ‘blasphemy’, if not passed, has been considered in most countries – or old laws that were never used are being revived…

The terrifying paradox about these developments is that Muslim immigrants were admitted into European borders on the basis of universal rights and freedoms that a large number of them now trample on, while others perhaps watch passively, or seek to defend only the image of Islam…

In reality, if Europe falls, it’s not because of Islam. It is because the Europeans of today – unlike their forbears in the Second World War – will not die to defend the values or the future of Europe.

Even if they were asked to make the final sacrifice, many a post-modern lily-livered European would escape into an obscure mesh of conscientious objection.

All that Islam has to do is walk into the vacuum.”

De la veulerie post-moderne des Européens

Ayaan Hirsi Ali, dans The First Post, analyse le problème de l’immigration en Europe comme une carence morale:

“Les pays européens ont accordé la nationalité à des individus qui ne ressentent aucune obligation vis-à-vis de leur société, pour le meilleur et pour le pire, et qui, dans l’éventualité d’une catastrophe, ne donneraient pas leur vie pour elle.

Ainsi ils se soustraient à l’une des principales exigences de la nationalité – l’allégeance politique à la constitution de son pays étant un critère minimal.”

D’accord, Hirsi Ali met la barre un peu haut.

Combien d’Européens de pure souche accepteraient encore de se sacrifier pour leur patrie?

Mais précisément, le problème principal pour Hirsi Ali est moins le manque d’amour ressenti par les immigrés (et leurs enfants) envers leur terre d’accueil que le manque de fermeté des autochtones.

Les Européens cherchent d’autant moins à faire accepter leurs valeurs à leurs hôtes qu’ils n’y croient plus guère eux-mêmes.

“L’Europe est devenue un creuset de religions nouvelles, de croyances nouvelles, de multiculturalisme, de cosmopolitanisme, de transnationalisme. Tout est donc relatif.

C’est une incertitude que les Musulmans ne partagent pas. L’éthique musulmane et l’esprit tribal sont bien plus solides et féroces dans la guerre que l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme.”

À la suite de Christopher Caldwell, Hirsi Ali estime que cette démission est une véritable révolution.

En abandonnant son socle spirituel, l’Europe est devenue une coquille vide, un espace de pure hospitalité où sont tous sont bienvenus, où on ne demande à l’autre que de rester lui-même, où l’exigence d’adaptation n’incombe qu’au pays d’accueil.

Hirsi Ali donne plusieurs exemples de cette révolution, notamment celui de la liberté d’expression.

“En 1989 et dans les années qui suivirent, on réagissait aux provocations perpétrées au nom de l’islam avec confiance. On affirmait haut et fort: ‘En Europe, on peut dire et écrire ce qu’on veut.’

Deux décennies plus tard, les Européens n’ont plus les certitudes d’antan sur les valeurs de la liberté d’expression.

La plupart des medias s’autocensurent. Les manuels scolaires et les ouvrages universitaires ont été adaptés pour ne pas heurter les sentiments des Musulmans.

Des sanctions contre le blasphème sont envisagées dans la plupart des pays – et des loi qui étaient tombées en désuétude refont surface.”

La conclusion d’Hirsi Ali:

“En réalité, si l’Europe tombe, ce n’est pas du fait de l’islam. C’est parce que les Européens d’aujourd’hui – contrairement à leurs pères pendant la Seconde Guerre mondiale – refusent de mourir pour défendre les valeurs et l’avenir de l’Europe.

Même si on leur demandait de faire le sacrifice ultime, de nombreux Européens, dans leur poltronerie post-moderne, courraient se réfugier dans un nœud d’objections de conscience. Il ne reste à l’islam que de remplir ce vide.”

Le texte original est ici.

Sardanapale @ 4:50 pm
Filed under: Europe andIslam
  1.  
    May 14, 2009 | 6:23 am
     

    J’ai lu aussi cet article vibrant et dur à la fois. Je l’avais ajouté hier à mes conseils de lecture. Il vaut effectivement le détour. Le problème est qu’en france, celui qui tient ce discours là passe pour un facho. D’où l’importance de cette femme, ex-musulmane, sous le coup d’une Fatwa. Il faut saluer son courage, et la vérité de son propos…

    à bientôt

  2.  
    jean dupond
    May 14, 2009 | 8:13 pm
     

    There is things i agree and things i disagree with Ms Hirsi Ali article. Specifically i disagree with the argument you have chosen to open your article with. Replace Islam by Jew and Islamic countries by Israel and the syllogism becomes more apparent. If France were to decide to exterminate every single haircutter and every Egyptian, I would certainly not support France – “for better or for worse”.

  3.  
    Sardanapale
    May 16, 2009 | 12:21 pm
     

    Merci à LOmiG – je me réjouis que nos lectures se rejoignent. Je m’empresse d’ajouter ses conseils dans ce domaine à mon blogroll.

    @Jean: Vos objections sont tout à fait justifiées, et je ne partage pas non plus la totalité des analyses d’Ayaan Hirsi Ali. Ainsi dans la controverse des “intégristes de Lumières”, je n’arrive pas à arriver à une position tranchée.

    Toutefois, la défense que fait Hirsi Ali des valeurs occidentale est plus subtile que ne l’indique ce texte polémique.

    Sur ce sujet, je recommande l’article qu’elle a écrit dans le New York Times en janvier 2008. C’est un chef-oeuvre de clarté et de passion à la fois – tout à fait dans l’esprit de Revel.

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