Sardanapale

Posted on Friday 17 April 2009

The French state rolls over again

One thing seems to be missing from the coverage in the French press of the two-day blockade of the ports of Calais, Dunkirk and Boulogne – the fact that these actions are illegal.

Le Monde, for instance, highlights the problems faced by fishermen who “voice their despair” by resorting to such acts to protest against EU fishing quotas.

In an editorial, the paper calls their movement “logical”. In its wisdom and impartiality, Le Monde recognises that overfishing needs to be addressed and describes the government’s refusal to renegotiate the quotas as equally “logical”.

In conclusion, the daily calls for a big conference (“Grenelle de la mer”) where all concerns can be reconciled.

In other words, the “most serious paper in France” – like its competitors – looks at underlying issue but neglects the small matter of the form the protest took.

Under French law blocking traffic is illegal, and punishable by long prison sentences. Moreover, under EU treaties, the French government is supposed to guarantee the free movement of goods and people.

It’s as if reports on bombings in the Basque Country, extortion in Corsica or attacks by Islamic militants only consider the grievances of the minorities concerned.

Journalists and commentators should discuss these grievances, which may be legitimate, but you might also expect a quick mention that racketeering, blowing up property, and killing people is against the law.

In France, this is rarely done in the context of labor conflicts. It’s not just the press that ignores the illegality of protests: even the government accepts it.

I bet that those who blockaded Channel ports this week will escape prosecution – as did those who carried similar actions in the past.

Far from punishing the fishermen, the government has offered them 4 million euros, which ensures that such blockades will continue.

France likes to see itself the last bastion of the state in a world dominated by “savage capitalism”.

In truth, the French state has made it a habit of rolling over and accepting that, in labor disputes at least, might is right.

Quand l’État se couche

La presse française parle beaucoup des marins pêcheurs qui ont bloqué pendant deux jours les ports du Nord/Pas-de-Calais pour réclamer une hausse de leurs quotas de prises.

Ainsi Le Monde souligne les difficultés des pêcheurs qui “crient leur désespoir”. Dans un éditorial, le quotidien juge leur colère “logique”.

Mais, avec l’impartialité qui le caractérise, Le Monde estime qu’il faut protéger le poisson et comprend aussi le refus du gouvernement de renégocier les quotas.

Le journal de référence appelle en conclusion à un “Grenelle de la mer” pour lutter contre la surpêche.

Bref il considère la question sous tous ses aspects – sauf un: le caractère totalement illégal du blocage des ports.

Aux yeux de la loi française, il s’agit d’un crime. De plus, les traités européens obligent les États à faire respecter la libre circulation des personnes et des marchandises.

Le Monde n’est pas seul à passer sous silence la question de la légalité des méthodes: sauf erreur, ni le Figaro, ni Libé, ne l’ont fait.

C’est comme si on évoquait les plasticages au Pays basque, le racket des entreprises corses ou les attentats islamistes en considérant uniquement les revendications régionalistes, les aspirations culturelles ou les griefs des Musulmans.

Autant de questions de fond légitimes, mais qui ne doivent pas occulter le caractère criminel des moyens.

Dans un État de droit – et même dans un État tout court – il est crucial de considérer cette question. Or en France, dans le cadre des conflits sociaux, ni la presse ni même les pouvoirs publics n’en ont cure.

Gageons que les pêcheurs qui ont illégalement bloqué Boulogne, Calais et Dunkerque ne seront pas plus poursuivis que ceux qui ont paralysé les ports dans le passé.

Loin de sévir, le ministre de tutelle leur a offert 4 millions d’euros, ce qui garantit des blocus semblables pour l’avenir.

La France est la première en Europe à proclamer la prééminence de l’État. Mais elle est aussi la première à bafouer la puissance publique en reconnaissant le droit du plus fort à intimider les autres.

Sardanapale @ 10:05 am
Filed under: France
  1.  
    raph
    April 22, 2009 | 11:13 am
     

    ho vous savez cela fait bien longtemps que la france n’est pas un eat de droit. C’est une oligarchie administrative.

Sorry, the comment form is closed at this time.