The drug laws don't work
Okay, we economic liberals have a tendency to blame the government for everything.
Minimum wages cause unemployment, welfare breeds teenage mothers, stupid monetary policies brought about the Great Depression and the current crisis, etc.
This constant search for government failures may seem facile, but it's a damn sight healthier that the liberals' perennial quest for market failures.
Markets tend to correct their own mistakes much quicker than governments correct theirs.
And it's also good to be on the lookout for government failures because most people find it so hard to recognize them even if they stare them in the face.
Take the US war on drugs.
Every year the America government spends $40bn a year and locks up half a million of its citizens to try to stop the trade.
It has exported the war to Latin American allies like Mexico and Colombia, which are in danger of becoming failed states.
The human cost of the war is huge: tough US drug laws are the main reason one black man in five has served time in jail. Since interracial marriage is a rarity, the result is that millions of black women are single – often with children.
Yet this huge price has not dented the supply of drugs. By their own (probably inflated) account, drug warriors claim to seize close only half of the cocaine produced.
Drugs are clearly a big problem – but the evil they do is due mostly not to their undeniable harmful nature, but to the fact that they are illegal.
Prohibition is wrong both in principle and on practical grounds. The government has no business telling people what they have to do to their bodies and interfering with a free transaction.
The huge effort to stop that trade only drives it underground, where it does most damage, and puts it in the hand of criminals.
It gives police extraordinary powers, blights the lives of millions and corrupts the body politic in untold ways.
If drugs that are currently illegal could be manufactured by reputable firms and sold from legitimate outlets, thugs across the US would lose their lucrative monopoly.
They would have to go out and sell insurance instead, or brush up on their hamburger-flipping skills.
Most would be doing something useful for society instead of destroying it and many, of course, would make outstanding businessmen.
Police would be able to focus on real criminals, rather than addicts who should be treated as patients, not felons.
Would legalization lead to higher levels of addiction? Possibly – but at least personal tragedies would not be turned into a social scourge that affects everyone.
But it is not certain that there would be many more addicts under a legal, well-regulated drug regime.
The most spectacular reduction in consumption of an addictive narcotic in recent decades has been achieved not with illegal substances, but a legal one – tobacco.
Alcohol prohibition was identified as government-made disaster – and was scrapped after 14 years.
Narcotics have been banned for decades, producing exactly the same evils as (gangs, corruption, extraordinary police powers), and yet few see the fundamental problem for what it is.
People blame "evil" traffickers and clamor for more crackdowns – i.e. more government. Some even see the drug problem as a failure of free markets! (See column on the right, about a French writer who apparently thinks Nafta covers the drug trade.)
It is exactly the opposite – the biggest state failure of modern times. For more on this, read Milton Friedman's classic 1989 Open Letter to Bill Bennett, and these equally eloquent Economist leaders from 1989 and March this year.
L'antilibéralisme, opium des clercs
L'invité de L'Esprit public du week-end dernier est un certain Jean-Paul Malrieu, dont le livre Dans le poing du marché pourfend le "prêt-à-penser" néolibéral.
Le principe de concurrence instaure selon lui un "état de guerre économique généralisée", lequel est appelé à s'aggraver avec le ralentissement économique:
"Cette crise va, dans un premier temps, renforcer la violence que les principes compétitifs infligent à la société...
Elle va se traduire par des injonctions draconiennes au renforcement du libéralisme.
Il ne sera pas question d’interroger son modèle de guerre totale, mais de l’intensifier."
Pour illustrer la nature belligène des échanges sauvages, Malrieu évoque les ravages infligés au Mexique par les narcotrafiquants.
Pour voir le commerce de la drogue comme exemple de marché dérégulé, il faut avoir consommé des substances hallucinogènes à forte dose.
Le commerce de la drogue - faut-il le rappeler? - n'est pas couvert par l'Alena.
Loin de laisser faire et de laisser passer, les gouvernements mexicains et américains sont engagés dans une lutte sans merci contre ceux qui s'y livrent.
L'État américain à lui seul dépense plus de 40 milliards de dollars par an pour tenter de l'empêcher.
Un million et demie de personnes sont arrêtés pour délit de drogue rien qu'aux US.
Aucun État au monde ne fait une guerre met autant de ressources dans la lutte contre la drogue – et ceci sans aucun effet discernable.
Côté Mexique, le Président Felipe Calderòn a engagé une guerre totale contre les trafiquants dès son arrivée au pouvoir en décembre 2006. Depuis, 800 soldats et policiers mexicains ont été tués.
Bref la narco-gangrène qui menace le Mexique n'est pas liée au libre échange, mais précisément à son contraire: la prohibition.
Là où le commerce avec les États-Unis fonctionne sans entrave, le résultat n'est ni la violence, ni la corruption, mais l'essor économique.
Les maquiladoras, ces usines frontalières qui importent et traitent des pièces pour réexpédier des produits finis vers les Etats-Unis, le tout sans droit de douane, ont stimulé la productivité et le niveau de vie.
L'ouverture commerciale du Mexique depuis 15 ans a aussi coïncidé avec un progrès notable de la démocratie, et la fin du monopole du PRI.
Le plus consternant dans l'émission en question, c'est qu'aucun des invités de L'Esprit public n'a relevé l'idiotie de l'argument sur le Mexique.
Personne n'a relevé un argument tout aussi douteux avancé par Malrieu, consistant à mettre au débit de la mondialisation la marginalisation de L'Afrique.
Les Africains, victimes à la fois de la rapacité de leurs propres dirigeants et du protectionnisme occidental, soufrent précisément parce qu'ils demeurent en marge des échanges mondiaux.
Nous avons affaire, dans les remarques de Malrieu sur le Mexique et l'Afrique, au raisonnement fallacieux qui consiste à attribuer au libéralisme les tares de l'étatisme.
Ce sophisme est à la source de la propension répandue à voir des "market failures" partout, et à ne pas identifier les "government failures" (voir colonne en regard).
Le silence des invités de L'Esprit public confirme qu'en France, cette prévention contre les marchés n'est pas le seul fait d'antilibéraux primaires comme Malrieu.
La semaine précédente, une autre "émission thématique" fut une ode au protectionnisme!
J'y vois un signe que les ravages de la crises ne sont pas simplement économique et sociaux, mais aussi intellectuels: l'opium de l'antilibéralisme engourdit plus que jamais la pensée française.