Sardanapale

Posted on Monday 30 March 2009

Capitalism needs punishment not bailouts

The conversation on Econtalk between Nassim Nicholas Taleb and Russ Robert is well worth a listen.

“Conversation” is probably the wrong word. It’s more like a string of halting disquisitions by Taleb that leave Roberts – usually quick to demand explanations from his guests – mostly speechless.

Taleb, it is true, is bewilderingly brilliant.

He pushes the boundaries of Hayekian skepticism, and states that knowledge leads us astray – for example he regards the replacement of traditional empirical medicine by the scientific method did not help mankind.

Taleb’s anti-rationalism appears to clash with the ideas of my guru Jean-François Revel – who pivotal insight was that men did not use their capacity for knowledge enough.

But I’m not totally clear whether what Taleb is saying, or whether it is incompatible with Revel’s thought – I’ll have to look into this further.

On the financial crisis, however, Taleb’s classical liberalism comforts, rather than challenges, my basic assumptions.

He expands on the main points made in his best-sellers, The Black Swan and Fooled by Randonmess, against the flawed risk management tools which he argued made the system more fragile, not more robust (and of couse, he made those points before the meltdown).

Taleb also points out that governments also played a part in destabilizing the financial order by repeatedly shoring up banks that stated insolvency in the face after making bad bets:

“The banks made the same mistakes in 1982, 1991 – and in 1998 with Long Term Capital Management.

If we had not saved the banks, we would not have let something very fragile grow to be so large.

Mother Nature likes to break things early and capitalism is about failing early – not having some government prop you up so when you fail you fail big, and you take a lot more taxpayers down with you.

It started very early, in 1982 with international lending by banks and nobody was penalised.

You need punishment in capitalism, not bailouts. If you have incentive without punishment, someone has a free option.”

Amen. Capitalism is not just about profits: it us about profits and losses, and the latter are probably more important in imposing market discipline. The podcast is here.

Le capitalisme a besoin de sanctions

Le dialogue sur Econtalk entre Nassim Nicholas Taleb et Russ Robert vaut son pesant de kilooctets.

Enfin, je dis dialogue: c’est plutôt une suite haletante de développements talebiens où Roberts fait de la figuration. C’est vrai que son invité est déroutant.

Taleb pousse le sceptisme hayekien jusqu’à affirmer que le savoir nous égare – ainsi, il affirme que le remplacement de la médecine empirique traditionnelle par la méthode scientifique constitue un recul.

L’antirationalisme de Taleb semble aller à l’encontre de la pensée de mon maître Jean-François Revel, pour qui la connaissance est inutile dans la mesure où l’homme ne s’en sert pas.

Il va falloir que je creuse la question de savoir s’il y a vraiment incompatibilité entre la pensée de Taleb – manifestement un esprit brillant – et celle de Revel…

Sur la crise financière, en revanche, Taleb est d’un classicisme orthodoxe qui me prend dans le sens du poil.

Il développe les arguments de ses best-sellers, Le Cygne noir et le Hasard sauvage, contre les modèles mathématiques qui prétendaient réduire les risques et n’ont fait que les augmenter (et bien sûr, il a formulé ces critiques avant la débâcle).

Et Taleb affirme que les États ont joué leur rôle dans la déstabilisation des systèmes financiers en renflouant de façon répétée les banques qui ont joué et perdu:

“Les banques ont commis les même erreurs en 1982, 1991 – et en 1998 avec Long Term Capital Management (LTCM).

Si on n’avait pas renfloué ces banques, on n’aurait pas permis à des créatures aussi fragiles de s’agrandir.

La nature aime à casser les choses (fragiles) rapidement, et le capitalisme exige des échecs précoces.

Quand l’État vous tient à bout de bras, la chute n’en est que plus dure, et vous entraînez avec vous un grand nombre de contribuables.

Cela a commencé très tôt, en 1982, avec la crise de la dette des pays en développement, et aucune banque n’a été pénalisée.

Le capitalisme a besoin de sanctions, pas de sauvetage.”

Il ne faut jamais cesser de le rappeler: le capitalisme n’est pas avant tout un système de profits: c’est un systèmes de profits et pertes – et ces dernières jouent un rôle sans doute plus important dans la discipline des marchés.

Le podcast est ici.

Sardanapale @ 11:49 am
Filed under: Economy and trade andPhilosophie
  1.  
    jean dupond
    April 8, 2009 | 7:15 pm
     

    J’ai un vague souvenir d’un dialogue entre Sadarnapale et un lecteur après une chronique ou vous critiquiez la postion de la FED comme étant trop laxiste. Après une série d’échanges, vous aviez convenu d’attendre la suite des événements pour déterminer qui avait raison. C’était il a un peut-être un an. Vous en souvenez-vous? Il semble que les faits sont plutôt de votre coté. Désolé d’érafler votre modestie proverbiale.

  2.  
    Sardanapale
    April 9, 2009 | 8:56 am
     

    Cher Jean,

    Revisiter ses jugements passés est effectivement un exercice salutaire. En novembre 2007, je mettais la responsabilité de la crise des subprimes sur le dos de Greenspan (baisses agressives des taux d’intérêts à chaque ralentissement depuis 20 ans, comme s’il s’agissait d’abolir le cycle économique) et déplorais le laxisme actuel de la Fed.

    Mon ami Arnaud, curieusement, était d’accord pour condamner les baisses passées, mais justifiait celles d’aujourd’hui.

    Que dire maintenant que ses souhaits ont été exhaucés, et que les taux d’intérêts aux US et en GB sont quasiment à 0?

    Tout d’abord, je suis en minorité. Mon point de vue n’est plus défendu que par les Autrichiens et certains monétaristes purs et durs. Les autres – y compris des gens que je respecte, comme les éditorialistes de The Economist – affirment que les injections massives de liquidités ont évité de pire. L’excellent David Henderson a même présenté il y a quelques mois une “qualified defense of Greenspan”.

    Quant au critère que je posais – y aura-t-il récession en 2008? – mes contradicteurs diront qu’il n’était pas pertinent. Le fait que la récession est effectivement venue, et qu’elle va durer, est le résultat d’une politique monétaire et fiscale ENCORE TROP DURE, notamment dans l’Eurozone. On pourra aussi arguer que l’inflation prédite ne s’est pas manifestée. Je ne crois donc pas que les faits m’aient donné raison de façon décisive.

    Mais je reste convaincu que cette crise a été sinon provoquée du moins aggravée par les politiques publiques: les taux intérêts ultra-bas, le surplus d’épargne made-in-Asia ont gonflé la bulle financière occidentale. Et je continue de croire qu’à terme les faits me donneront raison, et que les réserves de liquidités accumulées par les banques vont faire repartir l’inflation.

    Je ne prétends donc pas à l’infaillabilité, et reconnais mes préjugés: de la même façon que certains voient des “market failures” partout, j’ai tendance à voir des “state failures” (le problème de la la drogue est due à la prohibition, le traffic des personnes humaines aux politiques d’immigrations idiotes, etc.) La crise financière n’est peut-être qu’une autre excuse pour moi de m’en prendre aux États.

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