Posted on Monday 10 November 2008
BBC historian Laurence Rees asks the right question in an online article:
“He had the blood of millions on his hands, yet Joseph Stalin has escaped Hitler-style demonisation, and even become a trendy pin-up. Why has history been so kind to this murderous leader?
A few months ago, when I was visiting one of our leading universities, I happened to see a poster prominently displayed in one of the students’ halls of residence. It was of Joseph Stalin.
Perhaps it was meant as a kind of ironic reference to something. Perhaps it was simply covering a damp patch on the wall. But, in any event, no one seemed to take much notice of it.
But imagine if instead of a picture of Stalin, there had been a picture of that other horrendous tyrant of the 20th Century, Adolf Hitler, hanging there? Think of the outcry.”
The immunity enjoyed by communism and Stalin is rooted in World War II propaganda.
Rees reminds us that Life magazine in March 1943 painted the Soviet Union as a quasi America, and the Soviets as “one hell of a people… [who] to a remarkable degree… look like Americans, dress like Americans and think like Americans.”
Rees also mentions the fact that the publisher who had initially accepted Orwell’s brilliant satire Animal Farm, turned it down after an official at the British Ministry of Information warned him off.
In the US, Time magazine put Stalin on the cover as “man of the year” for 1942. “The man whose name means steel in Russian, whose few words of English include the American expression ‘tough guy’ was the man of 1942,” Time wrote. “Stalin’s methods were tough, but they paid off.”
And in an even more positive article in Life magazine in March 1943, the Soviet Union was painted as a quasi America, with the Soviets as “one hell of a people… [who] look like Americans, dress like Americans and think like Americans.”
The NKVD (predecessor of the KGB) is described as “a national police similar to the FBI.”
Of course, Rees writes, during the war such lies could be justified in the name of the struggle against the Nazis.
The problem is that they continue to circulate 65 years later. Rees sets the record straight not just in the online article, but in a docudrama on Stalin and the West broadcast on Monday by the BBC. It can be watched for a week on this site.
L’historien de la BBC, Laurence Rees, pose la bonne question dans un article en-ligne:
“Il a sur ses mains le sang de millions d’hommes et de femmes, et pourtant Joseph Staline n’est pas stigmatisé au même titre que Hitler. Le boucher communiste est même considéré par certains comme ‘branché’. Pourquoi l’histoire l’a-t-elle épargné?
Il y a quelques mois, en faisant la visite d’une des plus prestigieuses universités britanniques, j’ai aperçu un poster en évidence dans une résidence estudiantine. C’était un portrait de Staline.
Il s’agissait peut-être d’une plaisanterie. Ou peut-être cherchait-on simplement à couvrir une tache d’humidité sur le mur… En tout cas, ce poster n’émeuvait personne.
Mais si on avait placé non pas le portrait de Staline, mais celui de Hitler sur ce mur, vous imaginez le tollé!”
Rees souligne que l’indulgence envers Staline n’est pas nouvelle en Occident.
Il rappelle qu’Orwell n’a pas pu publier “Animal Farm”, la satire la plus brillante du XXe siècle, pendant la guerre.
Il rappelle également quel leader a été salué par le magazine américain Time comme “l’homme de l’année” en 1942 (eh oui, vous avez deviné).
Et Rees reproduit un article de Life Magazine daté de mars 1943 où ces pauvres Soviétiques sont décrits en ces termes :
“Un sacré peuple… qui à un degré remarquable ressemble aux Américains, s’habille et pense comme les Américains.”
Quant au NKVD, il s’agit selon Life simplement d’une “police nationale similaire au FBI.”
Rhees cite aussi le film Mission to Moscow, où l’usine à rêves hollywoodienne a mis toute sa puissance onirique au service du mythe stalinien.
Bien sûr, dit Rees, pendant la guerre ont pouvait à la rigueur justifier ces mensonges au nom de la lutte antifascite.
Le problème, c’est que 65 ans plus tard, ces mensonges continuent de circuler, et le communisme continue de bénéficier de la “clause du totalitarisme le plus favorisé”, comme disait Revel.
Rees remet les choses en place dans un “docudrama” sur Staline et l’Occident.
Diffusé lundi soir sur la BBC, il sera visible pendant une semaine après sa diffusion ici.
A compléter par : Simon Sebag Montefiore : “Le jeune Staline”, Calmann Lévy, 2008, 506 pages, où vous apprendrez que le jeune Staline était un mélanbge de psychopathe et de voyou et que la révolution bolchévique de 1917, dont on fait si grand cas en France, a été un coup de force perpétré par une bande de voleurs-violeurs-assassins-délinquants-psychopathes.
Voir le petit compte-rendu de J-F Colossimo ici :
http://www.histoire.fr/histoire/emissions/forum-histoire/0,,4098714-VU5WX0lEIDQ5Ng==,00-histoire-du-snobisme-.html
(20 ‘ 35” à 26′ 10”)
Absolument: Young Stalin est un livre remarquable, qui montre non seulement la nature du boucher en herbe, mais aussi - et je dirais surtout - celle du régime où il évoluait.
La Russie tsariste, toute odieuse, réactionnaire et dysfonctionnelle qu’elle fût, est un régime où l’opposition existe, où bolcheviks et mencheviks siégeaient à la Douma, où certains magnats protègent les révolutionnaires, et où ceux qui s’adonnent au banditisme politique, comme Staline, arrivaient facilement à déjouer la police.
Quand par excès de malchance ces gens-là étaient arrêtés, on les envoyait en Sibérie où il recevaient argent, colis et lettres de leur maîtres. Lors de ses pires périodes de “déportation”, Staline avait à sa disposition des bibliothèques et même des armes pour la chasse. Il vivait chez l’habitant et il n’avait aucun mal à tromper la vigilance de ses piètres gardes. Il est même une fois parvenu à obtenir des sanctions contre l’un d’entre eux, et le pauvre type a fini pas avoir peur de lui. Quand il se lassait de l’exil, Staline s’échappait la plupart du temps facilement… Bref, la déportation tsariste tient beaucoup plus du mauvais club de vacances que du Goulag.
De façon générale, le portrait que fait Sebag Montefiore de la Russie impériale est saisissant. Je reviendrai sans doute sur ce sujet, qui vaut un billet…
Juste pour info, Times met en homme de l’année la personne qui a le plus marqué le monde que ce soit en bien ou en mal, ils le rappellent assez souvent (notamment à ceux qui s’émouvaient de voir Bush homme de l’année en 2005), Hitler a été homme de l’année, Staline aussi , Khomeiny aussi et dernièrement 2007 Poutine aussi (ils écrivent bien qu’ils savent qu’il a bafoué les libertés individuelles, est derrière ou pas loin d’assassinats de journalistes ou d’hommes politiques mais il a remis la Russie sur pied)