Sardanapale

Posted on Friday 8 August 2008

Al Gore for infants

The well-worn idea that Hollywood acts as a propaganda machine for America’s brand of capitalism (an idea often used to justify France’s brand of cultural protectionism) has always seems ridiculous to me.

I can’t think of many films that sing the praises of American conglomerates.

The list of those that portray them as monstrous or ridiculous gets longer every week.

Even Disney is cashing in on anti-capitalist chic – tinged these days with environmental cool.

In WALL-E, the hit of the summer, mankind has been reduced to a state of moronic hebetude by a surfeit of fast food and video games peddled by a cosmic monopoly (“Buy N’Large”).

These pathetic wrecks have had to leave this Earth, which is now a cockroach-infested heap of garbage.

Some critics have noted the irony of millions of Americans flocking by the SUV-load to air-conditioned multiplexes, to lap up a tirade against waste and junk food while gorging on popcorn.

But most reviews are glowing. The New York Times calls WALL-E “a cinematic poem of such wit and beauty that its darker implications may take a while to sink in.”

And the most reliable critic of all – the paying public – also gave the film the thumbs up.

So I’m prepared to accept that WALL-E is a good film. (This was true of Disney-Pixar’s Monsters Inc. – about a megacorporation-cum-studio which makes money by scaring children.)

But you can’t say the same of most anti-capitalist films.

I haven’t seen The Happening, but I know for a fact that Burn Up, a British-Canadian co-production that has just aired on the BBC, is about as subtle as an Al Gore movie.

It pits a bunch of environmentalists and Inuit activists against an oil multinational bent on wrecking the planet.

It contains such dialogue as: “Get me the dirt on this Inuit chick” (evil oil lobbyist) and “Since when was a walk-in refrigerator a luxury?” (big fat American delegate).

Artists and entertainers have always poured scorn on the bourgeois world of business.

US scriptwriters are just as keen to spread anti-corporate memes as other creative types.

The only difference is that in Hollywood, they often do it with a bit of talent and imagination.

Disney anticapitaliste

L’idée selon laquelle l’industrie cinématographique américaine serait une machine à propagande au service du grand capital (idée souvent invoquée en défense du protectionnisme culturel français) m’a toujours semblé baroque.

Je ne connais pas de films hollywoodiens qui chantent les louanges des multinationales. Par contre, la liste de ceux qui les couvrent de ridicule ou d’opprobre s’allonge chaque semaine.

Même Disney donne dans l’antilibéralisme chic, assaisonné ces temps-ci, pour faire encore plus branché, de catastrophisme écologique.

Le film WALL-E, qui a ravi toute l’Amérique avant d’arriver de ce côté de l’Atlantique, montre une population zombifiée par le fast-food et les jeux videos, et manipulée par une megacorporation cosmique.

Ces pathétiques lambeaux d’humanité ont dû évacuer le champs de détritus qu’est devenue la terre.

Certains commentateurs ont ironisé sur ces Américains qui affluent dans leur 4×4 vers des multiplex climatisés, pour applaudir un réquisitoire contre le gaspi et la malbouffe en se gavant de popcorn.

Mais la plupart des critiques sont dythirambiques. Et si j’en crois la vox populi (mon officiel des spectacles à moi), le film a l’air bien fait.

C’était déjà le cas de Monstres et Cie, du même Pixar-Disney – l’histoire d’un conglomérat qui fait son beurre en épouvantant les enfants du monde entier.

Mais pas tous les films exploitent le filon de l’anticapitalisme apocalyptique avec talent.

Je ne me prononcerai pas sur The Happening. Mais j’ai constaté que Burn Up, un téléfilm diffusé par la BBC ces jours-ci, a toute la subtilité d’un film d’Al Gore.

On y voit un groupe de gentils d’écologistes et d’activistes inuits aux prises à une companie pétrolières prête à tout pour continuer à détruire la planète.

Examples de dialogues: “Get me the dirt on this inuit chick” (méchant affairiste pétrolier); “Since when was a walk-in refrigerator a luxury?” (délégué américain adipeux).

Le monde des arts et du spectacle a toujours méprisé celui des affaires et de la bourgeoisie.

Les scénaristes hollywoodiens ne s’emploient pas moins à répandre des idées antilibérales que les autres “créateurs”.

Ils le font simplement avec un peu plus d’imagination que les autres.

Sardanapale @ 3:09 am
Filed under: Arts and lit
  1.  
    August 8, 2008 | 11:08 am
     

    Nous sommes d’accord.
    Les critiques sur allociné des Inrocks et compagnie sont incompréhensibles ! Ce film est même classé premier de leur petit classement…

  2.  
    August 8, 2008 | 12:00 pm
     

    “Wall-E est probablement le film le plus subversif jamais produit par le studio” dixit les Inrocks…. Je ris. Subversif étant le mot obligatoire à mettre dans les critiques de ce genre de journaux…

  3.  
    August 8, 2008 | 1:03 pm
     

    Dans ce dessin-animé, les humains sont représentés comme étant dans l’incapacité totale de se débrouiller seuls, sans l’aide des machines. Par confort et par sécurité, ils ont renoncé à toutes leurs libertés individuelles, et ont confié le soin à des intelligences artificielles de gérer leur vie toute entière. Vers la fin du film, ils se rendent compte (enfin) de ce qu’il leur est arrivé, et cherchent à en reprendre le contrôle, la bataille finale entre le commandant humain et le copilote robot en est le parfait exemple : reprendre le contrôle du vaisseau pour reprendre sa destinée en main. Alors franchement, je ne vois pas en quoi le film Wall E serait un représentant de l’antilibéralisme chic, au contraire j’y ai vu une glorification constante de la liberté individuelle.

  4.  
    Nathan
    August 10, 2008 | 1:42 pm
     

    Je ne suis pas étonné. Beaucoup de réalisateurs américains, des studios hollywoodiens en particulier, viennent d’Europe. Pas mal d’allemands notamment à l’origine des idéologies écologistes, nouvelle vague d’idéalisme à venir que dénonçait feu Jean-François Revel.

  5.  
    Barnaby
    August 12, 2008 | 7:16 pm
     

    Dear Sardanapale
    I thought you and your readers might be interested in the following link:
    http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/2469672/George-Orwell-diaries-to-be-published-as-blog.html
    The first entries are not earth-shattering but things should pick up when he moves away from home and into the outside world.

    Barnaby

  6.  
    September 1, 2008 | 2:23 pm
     

    salut,
    bien vu. Je suis en train de traduire un excellent article du Québécois Libre (avec leur autorisation) qui dit la même chose, en un peu plus détaillé. Dommage que de tels bijous artistiques (effets spéciaux, dessins, créativité) servent à véhiculer une si piètre idéologie. Qui scie la branche sur laquelle elle est assise, au passage.

    à bientôt !

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