Posted on Friday 23 May 2008
Répliques, the best talk show on French radio, was recently disrupted by a posse of protesters.
They read out statements in favor of various oppressed individuals and groups, before being chucked out.
The incident was in keeping with both the topic of the program – the legacy of May 1968 – and the venue – the Théâtre de l’Odéon which was at that time occupied by students and transformed into a freewheeling forum.
I wondered whether the invasion of the Répliques set might have been staged – it would have been a fit tribute to a generation that wanted “imagination in power”.
But Finkielkraut’s incandescent reaction – his natural eloquence magnified by anger – convinced me otherwise.
The whole incident is worth listening to.
But for me, the high point of the broadcast came at the beginning.
After introducing his guests, Finkielkraut offered this profound assessment of de Gaulle – the bête noire of the 1968 students:
“You can say that General de Gaulle is the twentieth-century French politician who, for better and perhaps also for worse, put imagination in power.
He led France to believe that it had an epic destiny. He gave epic overtones to a policy that was in fact confronted with very mundane issues.”
L’émission Répliques d’il y a quinze jours, consacrée à l’héritage de Mai 68, a été surtout remarquée du fait de l’irruption sur le plateau (à l’Odéon!) d’une poignée de contestataires.
De façon très soixante-huitarde, ces jeunes ont “pris la parole” pendant dix minutes pour exprimer leur solidarité envers des personnes incarcérés et diverses autres catégories d’opprimés dont le sort méritait, à leurs yeux, d’être signalé au grand public.
L’irruption de ce commando bavard a provoqué l’indignation de l’animateur.
Les explosions de Finkielkraut sont prodigieuses – son éloquence naturelle étant décuplée par la colère.
Mais pour moi, la tirade la plus remarquable de l’émission est intervenue avant l’incident.
Finkielkraut dit ces mots sur de Gaulle, qui sont à mon sens parmi les plus pertinents jamais prononcés sur le style du général:
“On peut dire du général de Gaulle qu’il est celui des hommes politiques français du XXe siècle qui, pour le meilleur et peut-être aussi pour le pire, a mis l’imagination au pouvoir.
C’est-à-dire qu’il a fait croire à la France qu’elle avait une destinée épique. Il a donné une tonalité épique à une politique qui était confrontée à des problèmes très prosaïques.”
PS: on peut entendre l’altercation ici.