# Posted on Thursday 29 May 2008 - 7 Comments
Having just re-read Frédéric Bastiat’s tract Government, I find it as illuminating and relevant as it was in 1848.
The French state is constantly expected to act.
As Bastiat put it, “100.000 mouths from the press and public forums” urge it to at once:
“Organize labor and workmen;
Root out selfishness;
Repress the insolence and tyranny of capital;
Make experiments on manure and eggs;
Cover the country with railways;
Irrigate the plains;
Plant the hills;
Set up model farms;
Set up social workshops;
Colonize Algeria;
Nurture children;
Instruct youths;
Assist the aged;
Send the inhabitants of towns into the country;
Equalize the profits of all trades;
Lend money without interest to all who wish to borrow;
Emancipate Italy, Poland and Hungary;
Breed and perfect the saddle-horse;
Encourage the arts, and provide us with musicians and ballerinas;
Restrict commerce, and at the same time create a merchant navy;
Discover truth, and put a grain of reason into our heads. The mission of government is to enlighten, to develop, to extend, to fortify, to spiritualize, and to sanctify the soul of the people.”
Inevitably, 160 years on, some these calls need updating.
Experiments in agriculture technology can only be carried out with the precautionary principle firmly in mind. Horses are no longer central to transportation policy.
Recolonizing Algeria is out of the question: the state is now supposed to rebuild Afghanistan.
Italy and Poland are free: the places to emancipate now are Darfur and Tibet.
But the main thrust of Bastiat’s list of demands is strikingly current.
The French state is still supposed to protect workers from the rough winds of trade and all hazards of life, to provide more jobs, teachers, cheap loans, as well as support for farmers, artists, and pretty much everyone else.
I would only ass one item to bring the list completely up to date: at the minute the government is meant to shelter people from the worldwide rise in oil prices.
I don’t mean to knock Nicolas Sarkozy’s latest proposals on this matter (he wants to use surplus income from the gasoline sales tax to reduce the fuel bill of the low-income households – not a too idiotic an idea if you insist on doing something.)
I’m only noting that Sarkozy answered urgent demands arising from the depth of French society.
As always, especially when confronted by special interested using violence, like the fishermen currently blocking French ports and fuel depots, the “hyperpresident” is only too happy to spring into action.
It would never occur to him to say: “You’re asking too much. Go away.”
Instead he encourages France’s fateful tendency to believe – as Bastiat put it – that the state
“has bread for all mouths, work for all hands, capital for all enterprises, credit for all projects, oil for all wounds, balm for all sufferings, advice for all perplexities, solutions for all doubts, truths for all intellects, diversions from all troubles, milk for infancy, and wine for old age – which can provide for all our wants, anticipate all our wishes, satisfy all our curiosity, correct all our errors, repair all our faults, and exempt us henceforth from the necessity for foresight, prudence, judgment, sagacity, experience, order, economy, temperance, and activity. “
The French cannot see that these contradictory demands are rooted in childish conception of government, as an ominpotent entity that stands above society and showers goodies from on high.
The left’s response to Sarkozy’s fuel proposal wonderfully illustrates this delusional view of the state.
Socialist leader François Hollande says the fuel tax surplus should be given back to all drivers, and restated his plans to hand out “gasoline vouchers” to a thankful populace.
The idea is no longer to rob Peter to pay Paul. It is to rob Peter and Paul to pay Peter and Paul. As Bastiat put it in a celebrated formula:
“Government is the great fiction through which everybody endeavors to live at the expense of everybody else.”
No one realizes that the average citizen loses out from this transfer: it has a cost and entrench the powers of the state.
The French state is not Big Brother, but Big Mother – a caring presence that stands above you, ready to be milked.
Its wards seek to extract as much as they can from it, while giving as little as possible.
We constantly talk of “brotherhood” and “solidarity”. But few nations try harder to live off the public purse, without realizing that in so doing it is only cheating itself.
Click here for a translation of Bastiat’s Government.
Je viens de relire l’État, de Frédéric Bastiat. Ce texte est tout aussi éclairant qu’il l’était lors de sa publication en 1848.
Nos gouvernants, affirme Bastiat, sont sans cesse sommés d’agir. “Cent mille bouches de la presse et de la tribune” leur crient:
“Organisez le travail et les travailleurs.
Extirpez l’égoïsme.
Réprimez l’insolence et la tyrannie du capital.
Faites des expériences sur le fumier et sur les œufs.
Sillonnez le pays de chemins de fer.
Irriguez les plaines.
Boisez les montagnes.
Fondez des fermes-modèles
Fondez des ateliers harmoniques.
Colonisez l’Algérie.
Allaitez les enfants.
Instruisez la jeunesse.
Secourez la vieillesse.
Envoyez dans les campagnes les habitants des villes.
Pondérez les profits de toutes les industries.
Prêtez de l’argent, et sans intérêt, à ceux qui en désirent.
Affranchissez l’Italie, la Pologne et la Hongrie.
Élevez et perfectionnez le cheval de selle.
Encouragez l’art, formez-nous des musiciens et des danseuses.
Prohibez le commerce et, du même coup, créez une marine marchande.
Découvrez la vérité et jetez dans nos têtes un grain de raison. L’État a pour mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser et de sanctifier l’âme des peuples.”
Naturellement, après 160 ans, certains points doivent être mis à jour.
La recherche agricole n’est une priorité gouvernementale que si elle se conforme au principe de précaution.
Il n’est pas question de reprendre l’Algérie, mais de rebâtir l’Afghanistan.
L’Italie et la Pologne sont affranchies: c’est à la liberté du Darfour et du Tibet qu’on demande à l’État d’œuvrer (celle de Cuba, par contre, n’est pas plus à l’ordre du jour qu’en 1848).
À part cela, tout est dans cette liste: les appels à plus de protection, de profs, de crédits, la défense de l’emploi, le soutien aux agriculteurs, aux artistes, etc.
Tout, ou presque. Pour achever d’actualiser cette liste, il faut y ajouter une nouvelle tâche assignée à l’État: “Protégez le citoyen de hausse des prix du pétrole.”
Loin de moi l’idée de critiquer ici la récente proposition de Nicolas Sarkozy, visant à consacrer le surplus de recettes de la TVA sur les carburants à l’allègement de la facture des revenus modestes.
Quel que soit le bien fondé de cette mesure, je note qu’elle répond à une attente – que dis-je, à une clameur – qui vient des tréfonds d’une société.
Les Français veulent que le gouvernement les soulage MAINTENANT. Et l’hyperprésident, toujours prêt quand on le sollicite, surtout par la violence, obtempère.
Il ne lui viendrait jamais à l’idée de rétorquer aux marins pêcheurs et autres quémandeurs – avec une gouaille qui pourtant lui siérait bien: “Vous m’en demandez trop! Lâchez-moi un peu la grappe.”
Non, il caresse dans le sens du poil des Français qui, comme le notait Bastiat, exigent que l’État
“ait du pain pour toutes les bouches, du travail pour tous les bras, des capitaux pour toutes les entreprises, du crédit pour tous les projets, de l’huile pour toutes les plaies, du baume pour toutes les souffrances, des conseils pour toutes les perplexités… du lait pour l’enfance, du vin pour la vieillesse, qui pourvoie à tous nos besoins, prévienne tous nos désirs, satisfasse toutes nos curiosités, redresse toutes nos erreurs… et nous dispense tous désormais de prévoyance, de prudence, de jugement, de sagacité, d’expérience, d’ordre, d’économie, de tempérance et d’activité.”
Les Français ne voient pas que ces exigences contradictoires procèdent d’une idée absurde de l’État – vu comme source inépuisable de bienfaits prodigués sur le corps social.
La réponse des Socialistes à Sarkozy illustre à merveille cette étrange conception.
François Hollande veut redistribuer le surplus de TVA non plus à certaines catégories, mais à tous les salariés, et a relancé son idée de “chèques essence”.
Il ne s’agit plus de prendre à Pierre pour donner à Paul. Il s’agit de prendre à Pierre et à Paul pour rendre à Pierre et à Paul.
Comme le dit Bastiat dans sa célèbre formule:
“L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.”
Personne ne comprend que le citoyen moyen est perdant, car ces transferts ont un coût et renforcent le pouvoir de l’administration.
Les Français continuent de voir l’État une entité abstraite, située au dessus des citoyens, qui leur doit le maximum et à laquelle ils doivent le minimum.
Nous avons constamment les mots de “fraternité” et “solidarité” à la bouche.
Mais aucun peuple ne s’emploie davantage à profiter de la collectivité, sans comprendre pas qu’elle fait corps avec lui et que c’est lui-même qu’il gruge.
Le texte de Bastiat est ici.