Sardanapale

Posted on Wednesday 26 March 2008

Dawkins’ crusade against God

A recent article by John Gray in the Guardian attacks Richard Dawkins and other authors of recent books religion.

Between a (born-again) anti-market philosopher and a great scientific, my choice is clear.

So I was surprised to find myself agreeing with Gray.

His main idea is that, 9/11 notwithstanding, religion is not a force for evil in the modern world.

In the past century, the worst crimes against humanity have been committed by godless tyrants.

According to Gray, Dawkins, Christopher Hitchens, Martin Amis, Philip Pullman, Daniel Dennett and other foes of religion are fighting the wrong battle – often reproducing the fanaticism of their foes.

In his book The God Delusion, Dawkins tries to refute this objection:

“What matters is not whether Hitler and Stalin were atheists, but whether atheism systematically influences people to do bad things. There is not the smallest evidence that it does.”

Dawkins, of course, is right to say that atheist does not lead to crime (as a heathen myself, I can only agree). But he is wrong to say that religion does.

He neglects the fact that opposition to religious freedom has characterized totalitarian movements since France’s Jacobin revolutionaries.

Opposition to church independence is not confined to totalitarianism.

It was a feature of the absolutist mindset that arose in 16th century England and 17th France.

In both cases, power-hungry monarchs sought to bring the clergy and dissident churches to heel.

The battle against bolshy priests was a also a fixture of 20th century tyrannies, as illustrated in Graham Greene’s masterpiece The Power and the Glory, about Mexico in the 1920s.

In fact, it is a basic tenet of all faiths that there is a higher law than the rule of the prince.

It is no accident that some of the most eloquent defenders of liberty have been devout men, such as Chateaubriand, Martin Luther King, Solzhenitsyn, and Desmond Tutu.

And the Catholic Church, unlike earthly powers, never made its peace with the Soviet empire, and elected at its head an anti-Communist committed to rollback before the US did.

You might object that although Christianity may now be compatible with liberal values, but the same is not true of Islam, which does not recognize the distinction between the private and public spheres.

This is debatable – I do mean “false”, but a point of debate. Experts are arguing whether Islam is inherently inimical to liberal values.

The Koran is a hodgepodge of baffling and contradictory precepts (like the Bible) where you can find quotes in support in support of pretty much anything.

As far as I’m concerned, I’ve met too many good people who call themselves Muslims to indict a whole faith with the crimes of a fanatical minority.

I agree with Gray: there are much worse things in the world than religion.

Dawkins is wasting his considerable intellectual and argumentative powers on a mild quirk of the human psyche.

Gray’s article is here.

Dawkins is always worth reading.

Dieu est-il antidémocratique?

Dans un article du Guardian, John Gray s’attaque à Richard Dawkins et d’autres auteurs de livres contre la religion.

Entre le philosophe antilibéral et le grand écrivain scientifique, mon choix est normalement vite fait.

C’est donc avec surprise que je me trouve en l’occurrence d’accord avec Gray.

Son idée clé est que la religion, malgré 9/11, n’est pas la principale source du mal dans le monde moderne.

Depuis un siècle, les principaux crimes contre l’humanité ont été commis par des régimes athées, affirme Gray.

Pour lui, Dawkins, Christopher Hitchens, Martin Amis, Michel Onfray, Daniel Dennett et les autres se trompent de cible.

Dans The God Delusion, Dawkins répond à cette objection en niant que les crimes nazis puissent être mis sur le compte de l’athéisme de leurs auteurs:

“La question n’est pas de savoir si Hitler et Staline étaient athées, mais si l’athéisme pousse systématiquement les gens people à faire le mal. Rien n’indique que ce soit le cas.”

Dawkins a bien sûr raison de dire que l’athéisme ne mène pas au crime (ne croyant ni à dieu ni à diable, je ne peux qu’être d’accord). Mais il a tort de dire que la religion y conduit.

Et il néglige le fait que l’anticléricalisme est une constante des totalitarismes depuis les Jacobins.

L’hostilité envers une église indépendante est même plus ancienne que le phénomène totalitaire.

On la retrouve dans les doctrines étato-absolutistes des XVIe et XVIIe siècles: les Tudor d’Angleterre et les Bourbon de France ont voulu asseoir leur pouvoir en tenant d’absorber l’église dans l’État.

On retrouve aussi cette lutte contre un clergé réfractaire dans les dictatures classiques du XXe siècle: relisez La Puissance et la Gloire de Graham Greene, sur le Mexique des années 1920.

L’obésissance à une loi supérieure à celle du prince est un principe de base de toute religion – et c’est là un principe libéral par excellence.

La logique de toute foi s’oppose naturellement à celle du pouvoir, et ce n’est pas un hasard si certains des défenseurs de la liberté les plus éloquents ont été inspirés par leur foi (Chateaubriand, Martin Luther King, Soljénitsyne…)

L’Église catholique n’a jamais composé avec l’empire soviétique (rachetant la faute qu’elle avait commise avec le nazisme), et a mis à sa tête un anticommuniste avant même que les Américains n’élisent Ronald Reagan.

Vous me direz : si la chrétienté sait à la rigueur être libérale, on ne peut pas en dire autant de l’islam, qui ne reconnaît pas la distinction entre le domaine privé et le domaine public

La question se discute. Les spécialistes de l’islam sont divisés sur la question de la compatibilité de l’islam avec la liberté.

Le Coran est un tel salmigondis de préceptes vaseux et contradictoires (comme la Bible, ce pavé imbitable) que chacun peut y puiser les idées qu’il veut.

Quant à moi, j’ai sympathisé avec trop de musulmans pour inculper toute une foi des crimes commis par une minorité d’illuminés.

Je suis d’accord avec Gray: il y a dans le monde des choses bien plus nuisibles que la religion.

Dawkins gaspille son intellect et son talent en s’attaquant à une bénigne bizarrerie de l’esprit humain.

L’article de Gray is ici. Quant à Dawkins, il reste un régal à lire.

Sardanapale @ 5:31 pm
Filed under: Islam andPhilosophie
  1.  
    March 27, 2008 | 12:14 am
     

    Paul, puis Luther, le redécouvrant, figurent parmi les démolisseurs les plus radicaux de la religion en tant que système intrinsèquement immorali : avec eux, l’action n’est plus motivée pas la crainte des châtiments ou l’espoir des récompenses éternelles, ce qui est indigne de l’humanité, si on analyse (avec Kant par exemple) ce que signifie sa liberté. Et on ne parle pas de Jésus, dont les actes et les paroles menaçaient l’ordre religieux au point que ce dernier l’a livré à la puissance occupante en vue de son élimination.

  2.  
    March 28, 2008 | 2:46 am
     

    Paul et Luther, qui l’a redécouvert, ont su démasquer la religion comme entreprise d'(auto)aliénation dégradante et immorale: faire le bien par peur de la punition ou dans l’espoir de la récompense, comme si la liberté ne consistait pas à pouvoir agir en étant déterminé par autre chose que son intérêt propre (merci Kant). Quant à Jésus, en matière de renversement religieux pacifique, n’a-t-il pas ouvert la voie? Ses discours et ses actes n’ont-ils pas poussé les autorités religieuses de son époque à le livrer à la puissance occupante pour qu’il soit éliminé? Ce sont des remèdes religieux à la maladie religieuse. Pas sûr qu’on en trouve un équivalent dans le Coran (mais par contre chez certains soufistes mis à mort).

  3.  
    Pascal
    March 28, 2008 | 10:13 am
     

    Quand un scientifique comme Richard Dawkins s’attaque à la Religion comme origine du mal, il se trompe certainement de cible. L’utilisation des possibilités que nous offre la science pour provoquer le mal ne fait pas pour autant de la science le criminel. Le criminel reste et restera l’homme lui-même que cela soit volontaire ou non (dans le cas d’une maladie mentale par exemple).

    Je pense néanmoins que l’attitude du monde musulman vis à vis de la société occidentale pose un grave problème. je suis ainsi particulièrement étonné de constater qu’un pays riche comme l’Arabie Saoudite n’ait pas consacré davantage d’argent au développement de la recherche et de l’enseignement sur son sol. J’ai rarement, pour ne pas dire jamais, rencontré un étudiant français ou autre m’exprimer le souhait de se rendre à Ryad pour compléter son cursus universitaire par exemple. D’ailleurs la plupart des étudiants saoudiens qui en ont les moyens viennent étudier l’économie, les sciences politiques etc… dans des universités réputées d’occident.

    Cet argent le Royaume saoudien l’utilise plutôt pour construire des mosquées à l’extérieur de son territoire national et subventionne aussi toutes les minorités musulmanes en contre partie de l’observation du Coran selon les préceptes du wahhabisme. Le Cambodge par exemple a vu sa petite minorité musulmane transformer radicalement ses habitudes de vie, avec par exemple le port du foulard par les femmes, en échange de valise de dollars et de mosquées…
    Il est d’ailleurs aussi intéressant de noter que les auteurs des attentats de New-York ou de Londres n’étaient pas des prolétaires mais souvent des élèves ingénieurs qui semblaient bien intégrés dans la société occidentale dans laquelle ils vivaient.

    Il existe bien un problème particulier dans les rapports qu’entretient l’Islam avec la société contemporaine occidentale, qu’il ne peut plus ignorer dans la mesure où les moyens de télécommunications actuels permettent à de plus en plus de foyers du monde entier de posséder une fenêtre sur notre mode de vie. Le modèle occidental remet donc en question l’emprise de l’Islam sur des sociétés musulmanes traditionnelles mais le contraire n’est pas vrai. L’élimination de l’occident semble ainsi pour certains le seul moyen de régler ce problème, et je dois bien avouer que j’ai jusqu’à présent rarement entendu des intellectuels musulmans exprimer le vœu de faire évoluer l’Islam pour que sa pratique devienne compatible avec la modernité.

    Quant aux musulmans qu tu fréquentes, Sardanapale, ou plutôt que nous fréquentons tous, disons qu’ils sont certainement devenus plus occidentaux dans leur pratique de la religion que musulmans car notre droit et nos institutions les protègent du risque de la mise à mort qu’entraîne la libre interprétation du Coran dans leur pays d’origine.

  4.  
    Sardanapale
    March 28, 2008 | 11:09 am
     

    Tout à fait d’accord avec Pascal. Je notais simplement dans mon billet que la religion pouvais renforcer le libéralisme, chose que certains athées militants oublient. Mais il est essentiel de préciser, comme tu le fais, que la religion peut aussi aller dans l’autre sens, et l’islamisme aujourd’hui en est une illustration. Il fut des temps où c’était le monde chrétien qui était fanatique et l’islam (relativement) tolérant: aujourd’hui les rôles sont inversés. Une grande partie du monde musulman est antilibéral. Il faut combattre la maladie de l’islam, comme les Lumières ont combattu celle de la chrétienté. Et même si je ne suis pas accord sur le fond avec des gens comme Geert Wilders, Mark Steyn, Robert Redeker, ou Oriana Fallacci, je suis scandalisé par les tentatives de les censurer – et ce ne sont pas seulement des religieux qui veulent les réduire au silence, mais INSTITUTIONS OCCIDENTALES (médias, gouvernements, tribunaux…).

  5.  
    Pascal
    March 28, 2008 | 2:16 pm
     

    J’ai conservé à ce sujet un article de libération. L’interviewé est Monsieur Mohamed KACIMI. L’interview date du week-end du 7 et 8 octobre 2006.
    Le sujet de l’article est : “La rue arabe n’existe pas, mais la rue de l’islam, la rue de Dieu, existe”

    Je te livre un extrait assez révélateur :

    Mais il y eu des réformateurs dans l’Islam. Pourquoi leurs discours est-il désormais recouvert par le prêche et le slogan ?

    “….Certains nous ressortent l’Andalousie, Maïmonide, Averroès. Mais ce petit arbre cache la misère et la faillite de la philosophie dans le monde arabe. Alors même qu’à partir du IXème siècle la première tentative des néoplatoniciens, les mutazilites, de concilier Islam et raison, est brisée et que se met en place la Charia avec ses quatre écoles juridiques (hanafites, malékite, chafïïte et hanbalite) qui vont vérouiller à jamais l’islam et réduire à néant toute tentative de spéculation ou de réflexion. La Charia c’est le mimétisme aveugle, le respect de la lettre et le mépris de l’esprit. J’ai toujours pensé que l’intégrisme est une forme d’analphabétisme.”

    Si tu as un fax, donne moi ton numéro, je te fax l’article dansson intégralité en espérant que tu puisse le lire, c’est très intéressant.

    Maintenant je suis tout à fait d’accord avec toi, le libéralisme est l’enfant du christianisme, c’est clair. Mais c’est bien parce que la religion chrétienne a toujours tenté de concilier la foi avec la raison qu’elle a fini par donner naissance au libéralisme puis par contre coût au socialisme (qui est loin d’être le fruit de la raison mais bien celui de l’utopie, mais une utopie belle et bien chrétienne). La religion chrétienne place l’individu et son salut au centrede sa philosophie, et c’est certainement pour cette raison que sa progression fut fulgurante dans l’empire romain avant que les querelles d’interprétations ne finissent par la diviser et son établissement en pouvoir politique ne l’éloigne de son idéal.

    Mais nous sommes bien obligés de reconnaître que de nombreuses découvertes scientifiques ou philosophiques ont aussi été à l’origine de nombreux hommes d’Eglise, et que la raison a finallement toujours remporté la partie.

    J’ai maintenant bien conscience que de nombreux intellectuels ont quelques difficultés avec mon discours, car il fait de l’occident une sorte de leader en matière scientifique, politique, philosophique etc… et que la plupart des autres nations ne font que nous suivre ou tente d’adapter notre modèle à leurs spécificités locales (comme l’Inde) avec plus ou moins de succès. Le discours intellectuel est plutôt sur le mode de la repentance, mais moi je suis désolé, cela fait maintenant bientôt 50 ans et des milliards de dollards que les colonies sont redevenues à juste titre des nations indépendantes et qu’il devient de ce fait urgent pour elles de reconnaître leur part de responsabilités dans leur situation actuelle.

    Nous n’avons rien à gagner à travestir la vérité, aussi dérangeante soit-elle. D’ailleurs à ce propos la France gagnerait beaucoup à reconnaître l’ampleur du désastre provoqué par la politique de la troisième voie, pour adopter une bonne fois pour toute la voie de la raison, celle du libéralisme bien sûr !

  6.  
    Sardanapale
    March 28, 2008 | 6:34 pm
     

    Merci à Guillaume, auquel je présente mes excuses au nom de mon anti-spam. Ce dernier avait odieusement censuré son message!

    À Pascal: amen. Il faut noter qu’une partie de l’Andalousie fut éclairée pour son temps. Faut-il en créditer l’islam? Bien sûr que non. Ce sont des monarques éclairés qui ont fait fleurir le commerce, les sciences et les arts à Cordoue au Xe siècle. Et bien sûr Averroes, qui a vécu plus tard, a été persécuté par les autorités religieuses. Je crois que c’est Renan qui disait qu’attribuer les mérites d’Averroes à l’islam, c’était comme attribuer les mérites de Galilée à l’Inquisition.

  7.  
    Al Khawaga
    March 30, 2008 | 3:48 pm
     

    Bonjour and apologies for using English as I am not sure my franco-lebanese patois would be up to scratch here; the question of religion as a source of worldwide evil propagation is indeed becoming more interesting -and pressing, especially for a practising atheist of moslem background .
    @ Pascal: of course man is ultimately responsible for what use he makes of the tools he has created; but science has not spawned its own army of fanatical worshippers or started wars or crusades , nor has it spurred young men to self immolation purely in its name. Question de libre arbitre, non?
    I have a profound dislike of Islam myself and of course it can be argued that the Sauds’ wahhab streak is unquestionably one of the worst; I certainly don’t think as some do that Islam is in its infancy, a bit like Christianity at the time of the cathedrals and that it will somehow”mature” into a tolerant version of itself! but @Sardanapale : one could well ask wether the Evangelical America of GW Bush has not got itself entangled in a situation where the letter of the 1st Amendment is adhered to but its spirit is increasingly bafoué and where fanatical religion is now on a par with hardline but non violent Islam; most of my European friends come back from the US with the worry that the continental divide betweenn Euroland and America is not so much a question of economic credo if you’ll pardon the pun but revolves around the pervasiveness of religion in US politics and policies. One can see why if one looks at the figures in a June 2005 AP/Ipsos poll showing among other things that 37% of Americans think that religious leaders should try to influence governement decisions against 12% of French people.
    Moreover, I don’t believe that the distinction between public and private life is that clear cut in some modern Christian societies, least of all in the US where in appears unthinkable for a presidential candidate to run as an atheist. But I suppose all this comes as no surprise in a country that has been welcoming the most fanatical or bizarre christian sects throuh immigration for nearly 5 centuries, and then went on to create some more. I am looking at a Newsweek poll of December 2004 here where it appears that 83% of Evangelical Protestants believe the Bible to be literally accurate . Likewise, 62% of white conservative evangelicals believe that religious leaders should try to influence politicians’ positions (ABC News/Washington Post, May 04). These people support GW Bush so I suppose you are right: religion is a favourable contributing factor to the flourishing of liberalism and indeed reinforces it.
    I find all this worrying though because I am certain that if you asked Hamas supporters if they believe the Quran to be accurate and if religious leaders should influence political life, you would get similar figures; I do think that in the past 15 years or so, religion has become increasingly noxious, aggressive and expansionist, wether it seeks to establish a worlwide Caliphate where thiefs get their right hand chopped off or spread the Gospels according St Microsoft and McDonald. Of course the choice is clear between the Sharia and the Declaration des Droits de l’homme. But I don’t think that religion has contributed anything really worthwhile in the world for a while, if ever.
    Mes excuses de nouveau de ne pas contribuer à cette interessante colonne dans votre langue.

  8.  
    Sardanapale
    March 31, 2008 | 7:58 pm
     

    Welcome to Al Khawaga – this being a bilingual blog, there is no need to apologize for writing in English.

    I am less worried than you are about religion in America. Yes religious leaders try to influence politics, but three crucial things but be kept in mind:

    1) religious leaders are not all pulling in the same the same direction. For (almost) every religious-right nutter, you have a religious-left nutter like Jeremiah Wright. A big slice of the evangelical vote is liberal.

    2) Whether on the right or left, all religious leaders believe in tolerance.

    3) America is a vibrant democracy where everyone – whether religious or not – tries to weigh in. James Madison argued that when a plurality of opinions, no matter how fanatical, compete against each other, this ensure that no one group of fanatics ever prevails. This may sound ike a leap of faith, but it’s worked since 1787.

    Best,

    S

  9.  
    Al Khawaga
    April 1, 2008 | 10:54 pm
     

    Thank you for your réponse en 3 points with which I find myself in almost total disagreement.

    1) In the US, the mainly Protestant communities are not pulling in opposite directions to the degree your optimism believes; even “nutters” on the potentially left side of the spectrum like J Wright still uphold very biblical anti-gay and anti-abortion views, to say nothing of observant Catholics- calling him left-wing is stretching the point a bit anyway; Martin Luther Kings’ ” I have a dream” was definitely utopian left stuff; Wright’s rantings smack of black fascism to me, as does most of the hardline Afro-American preaching material.
    I keep forgetting that “liberal” is used with diammetrically opposed meanings; I take it to signify ” capitalisme liberal” ou quelque chose d’approchant; with this in mind it would be hard to deny that a seriously bigger slice of Evangelicals voted for Bush, probalbly in a 60/40 proportion.

    2)Are you having a laugh? See infra.

    3) Plurality is all very well but when the religious lobby with its retinue of creationist diktats seems to be getting the high ground one is reminded of what happens in some not very palatable islamic republics; wether the US can wake up from this bad dream is open to speculation. Let’s say I agree with you on the principle that America can always sort itself out through its natural dynamics.

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