Sardanapale

Posted on Thursday 28 February 2008

The flight from knowledge

Stefan Theil, Newsweek’s European economics editor, has found a fascinating research subject: a comparison between American, French, and German textbooks.

A few highlights from the piece he recently published in Foreign Policy:

“In France and Germany, students are being forced to undergo a dangerous indoctrination.

Taught that economic principles such as capitalism, free markets, and entrepreneurship are savage, unhealthy, and immoral, these children are raised on a diet of prejudice and bias. Rooting it out may determine whether Europe’s economies prosper or continue to be left behind.

Millions of children are being raised on prejudice and disinformation…

“Economic growth imposes a hectic form of life, producing overwork, stress, nervous depression, cardiovascular disease and, according to some, even the development of cancer,” asserts the three-volume Histoire du XXe siècle, a set of texts memorized by countless French high school students as they prepare for entrance exams to Sciences Po and other prestigious French universities.

The past 20 years have “doubled wealth, doubled unemployment, poverty, and exclusion, whose ill effects constitute the background for a profound social malaise,” the text continues.

Because the 21st century begins with “an awareness of the limits to growth and the risks posed to humanity [by economic growth],” any future prosperity “depends on the regulation of capitalism on a planetary scale.”

Capitalism itself is described at various points in the text as “brutal,” “savage,” “neoliberal,” and “American.”

This agitprop was published in 2005, not in 1972. ..

When French students are not getting this kind of wildly biased commentary on the destruction wreaked by capitalism, they are learning that economic progress is also the root cause of social ills.

For example, a one-year high school course on the inner workings of an economy developed by the French Education Ministry called Sciences Economiques et Sociales, spends two thirds of its time discussing the sociopolitical fallout of economic activity.

Chapter and section headings include “Social Cleavages and Inequality,” “Social Mobilization and Conflict,” “Poverty and Exclusion,” and “Globalization and Regulation.”

The ministry mandates that students learn “worldwide regulation as a response” to globalization.

Only one third of the course is about companies and markets, and even those bits include extensive sections on unions, government economic policy, the limits of markets, and the dangers of growth.

The overall message is that economic activity has countless undesirable effects from which citizens must be protected.”

Manuels antiéconomiques

Stefan Theil, le rédacteur économique européen de Newsweek, a trouvé un excellent sujet de recherche: la comparaison entre les livres destinés aux étudiants français, allemands et américains.

Il conclut, entre autres, qu’on imprègne la jeunesse française d’idéologie anticapitaliste.

Le libéralisme, affublé ou non du préfixe dépréciatif “néo”, est présenté comme générateur d’inégalités, de chômage et de précarité.

Theil cite plusieurs passages – notamment des extraits de la bible des candidats à Sciences po, Histoire du XXe siècle de Pierre Milza et Serge Berstein:

“Le malaise urbain fait prendre conscience des coûts sociaux de l’expansion. Le mode de vie trépidant qu’elle impose engendre le surmenage, le “stress” qui favorise les dépressions nerveuses, les maladies cardio-vasculaires, voire même selon certains le développement du cancer.”

Les vingt dernières années ont vu “doubler la richesse, doubler le chômage, la pauvreté, et l’exclusion, dont les effets constituent la toile de fond d’un malaise social profond.”

Du fait que le XXe siècle commence avec “la prise de conscience des limites de la croissance et des risques posés à l’humanité” par cette croissance, toute prospérité future “dépend de la régulation du capitalisme à l’échelle planétaire”.

De soi, c’est clair, le capitalisme est dangereux. Il est décrit par Milza et Berstein comme “brutal,” “sauvage,” et, insulte suprême, “américain”.

Theil relève également un manuel produit pas l’éducation nationale, intitulé Sciences Économiques et Sociales, et dont les deux tiers sont consacrés aux retombées sociopolitiques de l’activité économique. Celles-ci sont bien sûr largement néfastes.

Les titres des chapitres et sous-chapitres en disent long: “Clivages sociaux et inégalité”, “Mobilisation et conflit”, “Pauvreté et exclusion”. Le ministère, dans sa grande sagesse, demande qu’on apprenne aux étudiants la “régulation au niveau mondial comme réponse” à la globalisation.

Seul un tiers du livre est consacré aux mécanismes économiques – et même ces bribes de savoir sont entrecoupées de sermons sur le rôle de l’État, les limites du marché et les dangers de la croissance.

Bref, on ne fournit pas aux étudiants les outils de la connaissance: on leur sert de la propagande.

On lira en face des extraits de l’article que Theil a publié dans Foreign Policy. Le papier lui-même est ici.

(PS: les citations ci-dessus sont pour la plupart des retraductions de la traduction de Theil. Seul le premier passage de Milza-Berstein, reproduit en italiques, est garanti texto: il m’a été fourni par le Gauchiste Repenti dans un commentaire ci-dessous.)

Sardanapale @ 10:34 am
Filed under: Economy and trade andFrance
  1.  
    raph
    February 28, 2008 | 11:08 am
     

    Je vous confirme j’ai fait sciences -po paris c’est bien ce que l’on vous enseigne.

  2.  
    Laglute
    February 28, 2008 | 11:40 pm
     

    Vous oubliez aussi le petit préfixe -ultra-, qui, quelquefois accompagne le mot libéralisme. D’ailleurs, quelles sont les différences entre ces trois appelations ( libé, néo-libé, ultra-libé ) ?

  3.  
    Vidame d'Olbreuse
    February 29, 2008 | 4:43 pm
     

    Oui, tout ceci est bien affligeant; heureusement que nous avons aussi Essec, HEC etc, etablissements très bien placés dans les classements européens et même mondiaux d’écoles de commerce; mais ôtez-moi d’un doute: sûrement l’état français social -démocrate ne saurait participer au soutien de ces temples du prêche capitaliste!?

  4.  
    le gauchiste repenti
    February 29, 2008 | 5:31 pm
     

    Jean-François Revel raconte quelque part (sans doute dans ses mémoires) une de ses mémorables colères contre un ouvrage de Berstein/Milza (“Histoire de la France au XX° siècle”), où l’auteur de “La tentation totalitaire” était classé parmi les membres de la Nouvelle Droite, qui comme chaun le sait est au libéralisme ce que Hayek est au communisme!

  5.  
    le gauchiste repenti
    February 29, 2008 | 5:55 pm
     

    Cette citation est un peu injuste car sortie de son contexte. Le passage s’insère dans un chapitre (intitulé “la croissance en question”) évoquant les remises en question du modèle capitaliste à la fin des années 60 par certains courants de pensée. “A la fin des années 60, dans les grands pays industrialisés, les opinions publiques prennent conscience que la croissance n’est pas gratuite et que ses coûts ont même tendance à s’alourdir exagérément. La gestion des grandes métropoles urbaines gonflées par l’exode rural devient de plus en plus difficle et onéreuse en ce qui concerne les transports (saturés par les migrations pendulaires quotidiennes), l’entretien de la voierie, le maintien de la sécurité par la police ; New York est déjà au bord de la faillite. Le malaise urbain fait prendre conscience des coûts sociaux de l’expansion. Le mode de vie trépidant qu’elle impose engendre le surmenage, le “stress” qui favorise les dépressions nerveuses, les maladies cardio-vasculaires, voire même selon certains le développement du cancer; la “fée automobile” exige chaque WE son macabre tribut de morts et d’estropiés : un gouffre financier pour les systèmes d’assurance et de protection sociale. Il devient également impossible d’ignorer les menaces que la croissance fait peser sur l’environnement (…)”, Serge Berstein, Pierre Milza, “Histoire du XX° siècle, de 1953 à nos jours”, Hatier, 1987, p 44.

  6.  
    Sardanapale
    March 1, 2008 | 10:21 am
     

    @u gauchiste: je constate que nous avons les mêmes références (ce qui ne m’étonne pas de la part du créateur du fameux prix Aron-Revel).

    Effectivement, moi aussi je me suis rappelé cette diatribe revélienne contre Milza/Berstein en écrivant ce billet. J’en ai même touché un mot à l’une des grandes autorités sur Revel, Jean-Baptiste Bernus – mais lui non plus n’a pas retrouvé la référence (JFR, qui détestait les index, ne nous a pas aidés). Mais comme Jean-Baptiste me l’a rappelé, Revel dit du bien du Mussolini des deux auteurs dans les Plats de Saison et la Grande Parade. Il semble peut-être qu’il se soit emporté dans cet “elusive” passage, que je ne désespère pourtant pas de retrouver.

    Par ailleurs, je vous remercie d’avoir retrouvé le passage original de Milza-Berstein: je m’empresse de corriger mon texte. Mais Stefan Theil a-t-il vraiment sorti la citation de son contexte? Il me semble bien que les auteurs reprennent à leur compte les critiques de la croissance, qu’ils acceptent l’idée que l’urbanisation et l’industrialisation accroissent le stress, les maladie cardio-vasculaires, le cancer, etc.

    @u vidame: je n’ai pas de lumières particulières sur nos “grandes écoles” de commerce. Je suis prêt à croire que l’enseignement y soit de bonne qualité, mais elles n’échappent pas au naufrage global de l’enseignement supérieur français. Ni l’ESSEC, ni HEC, ni aucun autre établissement français ne figure au classement des 100 meilleures facs en sciences sociales publié il y a quelques jours par l’université de Jiao Tong de Shanghaï (qui fait référence). Je note aussi que ni Polytechnique , ni les Mines, ni aucun autre établissement français ne figure au top 100 des facs en “engineering/technology”.

    @Laglute: oui. Il y aurait une thèse à faire sur la linguistique antilibérale.

  7.  
    Jean-Baptiste
    March 1, 2008 | 7:07 pm
     

    Retrouvé!
    Page 642 des Mémoires (édition originale). (Chapitre “Dans les plis de l’oubli” pour les détenteurs de l’édition de poche).
    Il y consacre trois pages.

  8.  
    Sardanapale
    March 1, 2008 | 10:08 pm
     

    Bravo et merci JB!

    Dans Le Voleur dans la maison vide, Revel laisse courir sa verve polémique. Et effectivement, ses commentaires sur Milza et Berstein, coupables comme le rappelle le GR de l’avoir associé à la Nouvelle Droite, ne sont pas piqués des vers. Je ne résiste pas à la tentation de citer un passage de cette épique envolée revélienne:

    “Malhonnêteté intellectuelle grossière; vilenie morale; paresse au travail et dans la vérification des faits et des dates; ignorance de la langue française, sclérose idéologique faisant passer des lubies pour des notions scientifiques; falsification des sources et confusion des termes, escroquerie commerciale aux dépens des acheteurs du livre, la panoplie du déshonneur est réunie au grand complet, sous la plume de tâcherons qui usurpent le titre d’historiens et qui, pour comble de forfaiture, sont par ailleurs rétribués par la République pour apprendre l’histoire à la jeunesse étudiante, ravalant ainsi au rang d’agit-prop notre enseignement supérieur.

    Dira-t-on que je grossis démesurément, par rancune personnelle, les défauts d’un ouvrage de toute évidence bâclé et obéissant probablement à des préoccupations plus alimentaires que scientifiques? D’abord, MM. Berstein et Milza sont trop minuscules pour que je les honore de ma rancune. Ensuite, j’ai essuyé dans ma carrière des calomnies bien plus rudes que celles dont accouche péniblement leur double plume molasse. Mais à force de répéter que ces misérables canailleries n’ont aucune importance, on les laisse proliférer impunément et donner le ton à notre vie intellectuelle. L’extrait d’ouvrage qu’un tirage au sort m’a conduit à commenter est d’autant plus révélateur qu’il est plus quelconque.”

    Vlan!

    Je suppose que c’est par conscience d’avoir été un peu sévère envers deux personnages somme toute mineurs, et plus benêts qu’odieux, qu’il a par la suite rendu hommage à un autre de leur livre…

  9.  
    le gauchiste repenti
    March 2, 2008 | 8:36 am
     

    Dieu sait si Revel m’est cher, mais il est très injuste dans ce passage. Je connais très bien les livres de Berstein et Milza et ce sont deux très bons historiens! Du reste, comme vous le rappeliez, Revel reconnaît dans les “Plats de saison” la qualité du “Mussolini” de Milza. Il y aurait bien d’autres titres de ces 2 auteurs à conseiller, comme le “Léon Blum” de Berstein, le “Napoléon III” ou le “Verdi” de Milza. Revel s’était trompé de cible : il existe beaucoup d’intellectuels ressemblant au portrait qu’il dresse, mais :
    1/ certainement pas Berstein et Milza, qui sont des professionnels extrêmement rigoureux, je peux en témoigner. Ils appartiennent à ce que j’appelerais “l’école de Science Po” qui n’est pas ce qu’il y a de plus à gauche dans ce pays!
    2/ Assez peu d’historiens. Comme le faisait remarquer Jacques Julliard (qui est un des rares hommes de gauche que j’écoute toujours avec intérêt, et qui est aussi historien de formation) dans un de ses livres : parmi les intellectuels qui ont “divagué” au XX° siècle, il y avait beaucoup de philosophes mais peu d’historiens. Ceux qui se sont engagés dans le communisme par exemple (Leroy Ladurie, Furet, Annie Kriegel) se sont assez vite rendus compte qu’ils faisaient fausse route. Sans doute l’historien, parce qu’il est contraint par son métier d’appuyer en permanence ses propros sur des sources fiables, est-il de ce fait plus imperméable aux délires idéologiques (même s’il y eut des historiens marxistes ou trotskistes…)

  10.  
    Sardanapale
    March 2, 2008 | 11:40 am
     

    Merci au GR de ces précisions – je retire le “un peu” de mon “un peu sévère. Moi qui ai fait mes études à la fin des 1970s et début 1980s, j’ai en effet constaté que l’historiographie française est assez bonne – rien à voir avec les cuistreries linguistiques ou philosophiques de l’époque.

    Milza et Berstein ne sont pas les seuls à faire les frais d’un accès de colère injuste dans le Voleur. Un autre passage m’a marqué: celui sur Alain Minc! Cela ne m’a pas empêché d’apprécier l’exercice de style.

    Je crois aussi que Minc ne s’en est pas trop offusqué. Je me souviens d’une émission de télé en 1997 qui réunissait entre autres Revel et Minc. À FO Giesbert qui exposait à ce dernier les objections de certains socialistes, Minc avait répondu: “Oh vous savez, j’ai été éreinté par des plumes plus prestigieuses – et il n’y a pas besoin quitter ce plateau pour en trouver.”

  11.  
    Vidame d'Olbreuse
    March 2, 2008 | 2:26 pm
     

    Cher Sardanapale,

    re: HEC Paris et Insead; en lisant ta réponse j’ai été assailli par le doute d’avoir rêvé ce classement des meilleures business shools internationales que j’avais le net souvenir d’avoir vu dans un journal d’affaires américain il y a quelques années; qu’à cela ne tienne, une rapide recherche sous best international business schools révèle qu’en 2005 le Wall Street Journal classait HEC Paris 4ème et l’INSEAD 12ème; Business Week attribuait en 2004 la 3ème place à l’INSEAD et la 8ème à HEC; ceci dans un classement international où figurent également MIT, Cornell etc. Ces données ne sont pas toutes récentes mais en quoi , plaît-il, le classement publié par une Université chinoise sous la rubrique sciences sociales ferait-il référence plus que celui de ces respectables publications d’affaires américaines?

  12.  
    Vidame d'Olbreuse
    March 2, 2008 | 5:35 pm
     

    Excuse -moi d’en remettre une louche: je consulte les divers classements du FT pour 2007 et je trouve HEC no 1 des Top European Business Schools, no 1 des Top Masters in Management et au classement international des MBA je trouve l’INSEAD en 6ème position.
    Je sais que nous sommes un peu hors-sujet par rapport à ton billet original qui critiquait à juste titre une certaine forme de perversion idéologique dans l’enseigement supérieur en France dont j’ai moi aussi essuyé les pénibles méfaits, mais je trouve maintenant un peu dur de t’entendre annoncer le naufrage global de cet enseignement et surtout de te voir à cet effet importer des statistiques plutôt obscures de Shangai;
    mais peut-être fais-je ici la preuve de mon inculture en n’ayant de ma vie entendu parler de l’université Jiao Tong et de m’en remettre à l’opinion du Financlal Times.
    Il faudrait que nous discutions de tout cela devant une de mes bonnes bouteilles de Médoc.

  13.  
    Sardanapale
    March 3, 2008 | 12:07 pm
     

    Les deux classements sont en fait compatibles: celui de Shanghaï couvre une catégorie plus large (écoles en sciences sociales) que celui du FT. Tes précisions sont donc utiles: HEC et INSEAD sont de très bonnes écoles, et il me semble évident que c’est parce qu’elles sélectionnent les étudiants à l’entrée. Il y a bien des poches d’excellence dans l’enseignement supérieur français (et même dans l’université – Pascal Salin enseigne à Dauphine!): dommage que ce soient des exceptions…

  14.  
    Jean-Baptiste
    March 3, 2008 | 10:04 pm
     

    Alain Minc revient sur cette critique assassine de Revel dans son Journal de l’année 2001 (lui ayant succédé dans la collection des journaux chez Pauvert, il évoque Les Plats de saison, qu’il a donc lu pendant la rédaction du sien).. En bref, il y explique que Revel lui avait exprimé ses regrets sur ces propos très durs tenus dans le Voleur..

  15.  
    Pascal
    March 9, 2008 | 4:30 pm
     

    Je continue à m’intérroger sur la raison véritable pour laquelle la France s’est donnée un mal de chien pour se débarrasser de l’influence de l’Eglise.
    Quelque fois je me demande si ce n’était pas pour mettre à la place une nouvelle religion, que l’on pourrait définir comme laîciste d’ailleurs, avec ses dogmes, son livre saint et ses martyrs.

    Je pensais naîvement que la fin de l’union soviétique, la conversion de la Chine à l’économie de marché etc… allaient mettre fin à cette croyance, qu’on allait faire notre aggiornamento mais au lieu de cela, nous pouvons observer que nos chers gauchistes sont bien loin d’avoir déposé les armes.
    Ils attendent l’arrivée du Messie, celui qui leur annoncera la bonne nouvelle, et dans la perspective de cette attente on organise tant bien que mal la résistance à l’emprise de Satan.

    Les manuels d’économie ne sont qu’un des aspects de cette résistance de l’esprit aux évolutions rapides de notre Monde qu’aucun manuel de gauche n’avait envisagé.

    Quand les intellectuels français se seront enfin décidé à voir la vérité en face, que notamment il vaut mieux plus de liberté que plus d’égalité, alors les manuels d’économie serviront enfin aux enfants à apprendre l’économie et non plus comment la détruire.

    Mais d’ici là il va falloir se battre et ne jamais baisser les bras !

    D’ailleurs Sardanapale, si cela t’interesse va jeter un coup d’oeil sur le site de Jean-Pierre BRIGHELI, l’auteur de “la fabrique du crétin”.
    Tu pourras y lire les commentaires de libéraux à propos des droits d’inscriptions à la fac et la réponse du monde enseignant gauchiste à leurs opinions.

    Ca vaut son pesant de cacahouetes crois-moi !

  16.  
    Sardanapale
    March 11, 2008 | 10:33 am
     

    Merci a Pascal: j’avais apprécié les interventions de ce Brighelli dans l’excellente émission de “Éducation, un grand corps malade”, visible sur Daily Motion. Les coordonnées de son blog: http://bonnetdane.midiblogs.com/

  17.  
    Pascal
    March 11, 2008 | 2:08 pm
     

    J’ai lu le livre de Brighelli : “la fabrique du crétin”

    Le constat est accablant, mais ses conclusions reflètent bien ses convictions de gauche : la baisse du niveau scolaire aurait été intentionnelle afin de permettre aux entreprises de disposer d’une main d’oeuvre corvéable à merci !

    On voit bien que Monsieur Brighelli ignore ce qui se passe dans les PME françaises, qui ont beaucoup de difficulté à recruter de la main d’oeuvre issue de la jeunesse des quartiers défavorisés suffisamment motivée et fiable.

    Le constat des entreprises ayant expérimenté ce type de salarié est souvent concordant : difficulté à respecter les horaires et l’autorité hiérarchique, finallement tout le contraire de la thèse défendue par Brighelli.

    Mais on ne va pas trop en demander à Monsieur Brighelli ; il a déjà eu le courage de reconnaître et de dénoncer le désastre provoqué par la nouvelle pédagogie mise en place dans les années 70.

    Je lui laisse encore un peu de temps pour comprendre que l’intérêt du libéralisme c’est aussi d’avoir le plus de personnes dûment formées ou éduquées possible.

    Enfin je lui ferai remarquer un jour dans son blog que l’Union soviétique avait de son temps formé beaucoup de savant, d’universitaires etc… de bons niveau (j’ai personnellement rencontré des étudiantes russes mariées avec des français qui fréquentaient le CPEI de Langues’O, elles étaient aussez impressionnante physiquement qu’intellectuellement !) ce qui ne lui a pas pour autant permis d’évoluer ou de sauver son système de la faillite.

    Et cela c’est bien la plus grande illusion de la gauche : croire qu’il suffit que tous les jeunes soient suffisamment diplômés pour que la société deviennent socialement vertueuse, en conséquence de quoi le système socialiste à la française se serait imposé de lui-même au Monde entier et là la France serait redevenue la plus grande puissance au sein du concert des nations, place injustement occupée par les Etats-unis actuellement

    Malheureusement pour nous tous, former des diplômés dans un cadre économique qui ne leurs permet pas d’être rétribués à leur juste valeur, cela revient finalement à perdre tous ces talents au profit de pays économiquement beaucoup plus performant et cela malgré le bourrage de crâne idéologique qu’on peut leur fait subir.

    Le phénomène est en constante augmentation en France, notre pays se tiers mondise en quelque sorte. Il est temps que notre intelligentsia se rende compte que l’économie est une science qui est régie par des lois indépendantes de la volonté ou des intentions des politiques.

    Ne pas respecter ces lois ou pire, les ignorer c’est à terme promettre à tous les plus défavorisés une misère plus grande .

    Sarkozy nous a affirmé qu’il allait appliquer les réformes qui ont permis à tant de pays de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve actuellement la France. Je ne suis pas sûr que les français ont compris alors que cela revennait à doter la France d’une économie libérale.

    Les élections municipales étant bientôt finies, la défaite n’ayant pas pris apparemment la forme d’une déroute, je lui accorde encore un peu le bénéfice du doute pour reprendre ton expression, Sardanapale.

  18.  
    Sardanapale
    March 12, 2008 | 9:16 pm
     

    D’accord sur toute la ligne. Sur Sarkozy, je crains le pire.

  19.  
    Laglute
    March 12, 2008 | 10:01 pm
     

    Lu aussi le livre de Brighelli et ne peut qu’abonder dans le sens de David : constat juste,mais identification des causes pas toujours heureuses. Si selon, Mr Brighelli, le but des conglomérats industriels est d’avoir des citoyens abêtis, alors qui serait alors en mesure de penser la R&D,
    l’innovation ? C’est un peu contradictoire, tout de même…

    Pour Sarko, il semblerait que nous ayons affaire à un Chirac bis qui fait croire qu’il réforme, alors qu’il vide de leurs substances l’ensemble
    des “réformes” déjà faites ( université par exemple ). Le monde ne nous attendra pas à ce petit jeu…

  20.  
    Sardanapale
    March 13, 2008 | 9:36 am
     

    Les conclusions de Brighelli concernant la supposée stratégie de recrutement des patrons sont absurdes: quel intérêt auraient-ils à ne rechercher que des employés à faible valeur ajoutée?

    Il devrait se poser la question: l’entreprise A engage 15 HEC; l’entreprise B emploie 15 analphabètes kurdes; laquelle dégage le plus de bénéfices?

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