Sardanapale

Posted on Thursday 14 February 2008

Sharia in the UK?

Britain is consumed by the controversy triggered by the Archbishop of Canterbury’s pronouncement that the adoption of some aspects of Sharia law was “unavoidable”.

Rowan Williams said that many UK citizens did not relate to the British legal system, and that adopting parts of Islamic law would help maintain “social cohesion”.

For example, Muslims could choose to have marital disputes or financial matters dealt with in a Sharia courts, which should be part of “plural jurisdiction” in Britain.

Most commentators were appalled.

One of the most vocal and articulate critics was the British writer Christopher Hitchens, who wrote in Slate.com:

“Picture the life of a young Urdu-speaking woman brought to Yorkshire from Pakistan to marry a man—quite possibly a close cousin—whom she has never met. He takes her dowry, beats her, and abuses the children he forces her to bear.

She is not allowed to leave the house unless in the company of a male relative and unless she is submissively covered from head to toe. Suppose that she is able to contact one of the few support groups that now exist for the many women in Britain who share her plight.

What she ought to be able to say is, “I need the police, and I need the law to be enforced.” But what she will often be told is, “Your problem is better handled within the community.” And those words, almost a death sentence, have now been endorsed and underwritten—and even advocated—by the country’s official spiritual authority.

You might argue that I am describing an extreme case (though, alas, now not an uncommon one), but it is the principle of equality before the law that really counts.”

I don’t share Hitchens’s concerns. It seems to me that he confuses two things: criminal and civil law.

Any viable system of criminal law must indeed entail a monopoly. All citizens of a country should enjoy equal protection under a single norm.

The full force of the law must bear on any man who behaves like the bastard in the not-so-hypothetical case Hitchens mentions.

A woman who came to the police with those complaints should secure a prosecution: the guy is clearly committing a number of crimes (assault, child abuse and sequestration).

But what Williams is talking about is civil law – disputes between individuals (or individuals and companies) – and there a plurality of jurisdictions is desirable.

People should be allowed to choose their arbiter – as long as that choice is freely accepted by all parties.

Britain itself has a history of plurality in civil jurisdictions. Until the 19th century, England and Wales had a system “chancery courts” (which was famously denounced by Dickens) alongside other common law tribunals.

Now the chancery courts have gone, but parallel systems of dispute settlement remain, from chartered arbitrators to religious community courts for Jews – which are all recognized in law.

Even Muslims, in matters of divorce, can already go before Islamic Sharia Council.

It sure beats me why any woman would take her divorce case to a bearded man working out of a prefab cabin in a dodgy part of London, as opposed to say Heather Mill’s lawyer.

But as long as it’s her choice, I don’t have a problem with it.

Les mollahs feront-ils la loi en Angleterre?

L’adoption de certains aspects de la charia en Grande-Bretagne est “inévitable”, a déclaré la semaine dernière l’archevêque de Cantorbéry. Ces propos ont fait scandale.

Ce n’est pas, dit-on, à un prélat anglican de recommander une justice religieuse parallèle, encore moins une justice non chrétienne, et encore moins un système contraire au valeurs britanniques.

Quant à moi, l’introduction de la justice islamique comme voie de règlement de certains litiges (comme l’entend l’archevêque) ne me choque pas.

Tout d’abord, les règles de la charia ne sont pas toutes aussi barbares qu’on le dit.

Les musulmanes, par exemple, peuvent initier le divorce, contrairement à la législation qui fut en vigueur dans la chrétienté jusqu’à récemment.

Bien sûr, la sharia n’est pas aussi favorable aux femmes que le système occidental actuel.

Si j’avais à conseiller à ma sœur pour un divorce, je lui dirai d’entamer une procédure devant un tribunal (pardon Éric).

Si j’avais à conseiller ma femme, je lui dirai de se convertir et de s’adresser au Islamic Sharia Council (pardon Liz).

Mais enfin, ce mode de règlement des litiges co-existe déjà en Grande-Bretagne avec la justice ordinaire: les gens y trouvent leur compte.

D’aucun disent: la loi doit être la même pour tous; le droit à la différence mène à la différence de droit.

Il me semble que cette critique ignore la différence importante entre le droit civil et les autres formes de droit (pénal, constitutionnel).

Pour ce qui est des libertés fondamentales, ou des crimes et délits, j’admets que le monopole soit nécessaire. L’égalité devant la loi est un principe fondamental.

Il n’est pas question de soustraire au droit commun les “grands frères” qui persécutent les femmes au nom de l’islam ou de l’honneur.

Il n’est pas non plus question de tolérer que certaines communautés sanctionnent des crimes qui n’existent pas (adultère féminin) ou fassent la loi elles-mêmes (main coupée pour vol à l’étalage).

Autant un libéral doit exiger l’unicité en matière pénale, autant il peut s’accommoder de la pluralité des procédures civiles.

Dès lors que les citoyens choisissent librement leurs voies d’arbitrage, cette concurrence sert tout le monde.

Si toutes les parties se mettent d’accord pour référer un litige à un tiers et respecter sa décision, la multiplicité des arbitres potentiels encourage les plus compétents.

L’Angleterre et le Pays de Galles ont longtemps eu un système de “chancery courts”, qui comblait certaines lacunes du droit commun (ces cours ont montré leurs limites aux XIXe siècle, pour être absorbées par les tribunaux ordinaires).

Aujourd’hui, certaines communautés juives britanniques ont des tribunaux compétents dans les conflits familiaux ou commerciaux. Certes, la plupart des juifs préfèrent la justice ordinaire, mais c’est la preuve que le choix existe.

Que certains Musulmans souhaitent consulter un barbu sur des questions de famille ou de voisinage, cela m’intrigue mais ne me révolte pas.

Mais je reconnais mon ignorance juridique. Tout éclaircissement sera le bienvenu. Je vais demander à Maître Éolas ce qu’il en pense.

Sardanapale @ 4:08 pm
Filed under: Britain andIslam
  1.  
    Pascal
    March 25, 2008 | 9:50 am
     

    Très cher Sardanapale,

    Pour être franc avec toi, je ne savais pas quoi penser suite à la lecture de ton post “les mollahs feront-ils la loi en Angleterre ?”

    Mais avant de se lancer dans un débat je te propose de te rendre dans le site de bastiat : “www.bastiat.net” pour y lire l’intervention de Jean-Jacques WALTER sur l’Islam.

    A bientôt.

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