Sardanapale

Posted on Wednesday 13 February 2008

Kadare’s literary offense

Reading Chronicle in Stone by Ismail Kadare, I found a startling passage – the soliloquy of an Albanian partisan who is about to die after fighting the Germans in 1943.

Here it goes (I’m translating from my French version):

“I can’t go on any longer. One day, the weather will be radiant, the sky will be pure.

A commissar named Enver Hoxha said that communism would be implemented. Farewell comrades! I’m leaving. May you lead happy lives in the new Albania! (…)

From time immemorial, the destiny of this country, like the sun, has first arisen from the top of mountains. It’s cold. Talk to me about communism. How clear the sky is.”

Okay, I accept that Kadare was submitted to totalitarian censorship, that this kind of dross was forced on him and that it does not detract from his work.

But a paean to Hitler by a German novelist in the 1930s would be regarded today as a stain.

To my knowledge, few have picked up Kadare on this kind of nonsense, were it only to forgive it (which at least would show awareness that propaganda is an offense against literature.)

Kadaré loue Hodja

J’ai entrepris de lire Ismaïl Kadaré, histoire de me cultiver un peu.

Dans Chronique de la ville de pierre, je trouve ce soliloque d’un partisan albanais qui se meurt après avoir combattu les Allemands:

“Je n’en peux plus. Un jour, il fera un temps radieux, le ciel sera pur. Un commissaire nommé Enver Hodja a dit qu’on instaurerait le communisme. Adieu camarades! Moi, je m’en vais, vivez heureux dans l’Albanie nouvelle! (…) De tous temps, le destin de ce pays, comme le soleil, est d’abord apparu sur la cime des monts. Il fait froid. Parle-moi du communisme. Quel ciel clair.”

Bon, je reconnais que Kadaré vivait sous un système totalitaire, qu’il était forcé à de tels accommodements, et que ce genre d’inepties ne disqualifie pas son œuvre.

Mais je suis certain qu’un hymne à l’hitlérisme par un romancier allemand des années 1930 serait considéré comme une souillure.

Peu, à ma connaissance, ont épinglé ce genre de passages chez Kadaré – ne serait-ce que pour les pardonner (ce qui montrerait au moins une conscience que la propagande est un crime de lèse littérature.)

Sardanapale @ 8:26 pm
Filed under: Arts and lit
  1.  
    le gauchiste repenti
    February 13, 2008 | 8:33 pm
     

    Je crois me souvenir d’un numéro d’ “Apostrophe” où BHL s’en était pris assez violemment à Kadaré pour ses compromissions avec le régime communiste. A l’époque, cette attaque m’avait beaucoup choqué… J’étais jeune…

  2.  
    Sardanapale
    February 13, 2008 | 10:27 pm
     

    Merci de ce témoignage. Cela ne me surprend pas trop de BHL, qui malgré ses affectations sait avoir du courage.

    Mais au fait, cher GR, peut on vous lire ces temps-ci? Je n’ai pas pu accéder à votre remarquable blog depuis un certain temps. Qui décernera le prix Aron-Revel si vous n’êtes pas là?

  3.  
    Pascal
    February 14, 2008 | 3:51 pm
     

    Oh, non avons tous été jeunes et remplis de bonnes intentions, le problème c’est que certains n’arrivent toujours pas à mûrir et quelques fois c’est même l’effet inverse qui se produit : ils virent du rouge au vert ! Moi qui croyaient que la culture d’organismes génétiquement modifiés avait été interdite en France. On se demande vraiment ce que fait Bové en ce moment, il reste pas mal de plans à arracher, le dernier tsunami de l’élection présidentielle n’ayant pas totalement devasté tous les champs verts d’OGM.
    Besoin d’un petit coup de main M. Bové ?

  4.  
    Sardanapale
    February 14, 2008 | 5:02 pm
     

    Au fait, il fait toujours la grève de la faim, notre moustachu national?

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