Sardanapale

Posted on Monday 4 February 2008

Laffer’s last laugh

Last week I criticised George Bush’s “stimulus package” – an overtly Keynesian measure designed to spur America’s economy back into life.

But I hasten to add that have nothing against reducing taxes as a long-term strategy.

There is a world of difference between, say, Carter’s $50-for-everyone-rebates, which achieved nothing, and the Reagan tax cuts.

The latter had two features that the former lacked: a) they were permanent, and b) a focus on marginal rates.

Of those two features, the second is the least understood.

Contrary to popular opinion, the purpose of those cuts was not to help the rich.

The man who popularized them, Arthur Laffer, reminded us is a recent Wall Street Journal opinion piece of the profound progressive effects of the cuts:

“The highest marginal income tax rate in 1980 was 70%. Today it is 35%. In the year Ronald Reagan took office (1981) the top 1% of income earners paid 17.58% of all federal income taxes. Twenty-five years later, in 2005, the top 1% paid 39.38% of all income taxes.

There are other ways of looking at tax receipts by income bracket. From 1981 to 2005, the income taxes paid by the top 1% rose to 2.96% of GDP, from 1.59% of GDP. There was also a huge absolute increase in real tax dollars paid by this group. In 1981, the total taxes paid in 2005 dollars by the top 1% of income earners was $94.84 billion. In 2005 it was $368.13 billion…

Let’s take a look at the bottom 75% of taxpayers over this same time period — the group current Democrats refer to as middle- and lower-income earners. From 1981 through 2005, the share of all income taxes paid by the bottom 75% of all income earners (as reported on the individual income tax returns) declined to 14.01% from 27.71%.

As a share of GDP, total taxes paid by the bottom 75% fell to 1.05% from 2.50%. The bottom 75% of all taxpayers today pay less than 35% of all the taxes paid by the top 1% of all income earners…

The important point here is that, over the last 25-plus years, the only group that experienced an increase in income taxes paid as a share of GDP was the top 1% of income earners.”

There is nothing wrong with reducing the tax burden on low and middle incomes. But the best way to spur growth is to act against punitive marginal rates, which both maximises revenue and boosts supply in the long term.

It is also important to remove special breaks that benefit tax consultants and their rich clients.

Bush, on the contrary, is using tax cuts to spur demand and has done nothing to simplify the tax code.

When it comes to cutting taxes, he has taken his cue from Carter not Reagan.

The whole Laffer article can be read here.

Baisses d’impôts: l’affaire Laffer

La semaine dernière je disais le mal que je pensais du “stimulus package” bushien. Je souhaite ici préciser ma pensée.

S’il me semble en effet vain de baisser les impôts pour stimuler l’économie, je n’ai en revanche rien contre une fiscalité allégée sur le long terme.

Il y a par exemple une différence de taille entre les abattements à la Carter ($50 pour tous), qui n’ont eu aucun effet, et les réductions effectuées par Reagan.

Ces dernières ont eu deux caractéritiques qui manquaient aux premiers : a) elles étaient permanentes, et b) elles portaient d’abord sur les taux marginaux.

Cette second caractériques est souvent mal comprise. Contrairement à ce que l’on dit souvent, l’objectif premier des baisses d’impôts de Reagan n’était pas d’aider les riches.

Un article récent de l’économiste qui les a inspirées, Arthur Laffer, jette la lumière sur leurs effets.

Laffer souligne les vertus des allègements fiscaux sur les hauts revenus – du point de vue de la justice sociale.

De 1980 à aujourd’hui, le taux maximum fédéral d’imposition sur le revenu est passé de 70% à 35%.

A-t-on assisté à une chute des contributions des riches?

Pas du tout: en 1981, l’année où Reagan a accedé à la présidence, les 1% de revenus supérieurs payaient 17.58% des recettes de l’impôt sur le revenus fédéral. En 2005, cette proportion atteignait 40%.

Autre façon de voir les choses: de 1981 à 2005, la part des contributions directes de ces 1% de hauts revenus est passée de 1,59% à 2,96% du PIB.

Les riches n’ont jamais autant contribué au trésor public américan que depuis l’allègement de leur fiscalité.

Regardons maintenant les 75% de contribuables les plus modestes sur la même période.

De 1981 à 2005, ce groupe a vu sa part de contributions à tous les impôts sur le revenus passer de 27,71% à 14,01% – et de 2,5 à 1,05% en part de PIB.

Comme l’écrit Laffer:

“Le point important est que depuis un quart de siècles, le seul groupe qui a connu une augmentation d’impôts en part de PIB sont les 1% de revenus les plus élevés.”

Je n’ai rien conter les baisses d’impôts pour les revenus modestes.

Mais le meilleur moyen de stimuler l’économie à long terme, c’est de supprimer les taux marginaux punitifs – ainsi que les dégrèvements multiples et variés qui bénéficient surtout aux conseillers fiscaux et à leur riches clients.

Bush, au contraire, utilise les réductions d’impôts pour stimuler la demande, et n’a rien fait pour simplifier la fiscalité.

En un mot, il tient plus de Carter que de Reagan.

Sardanapale @ 6:41 pm
Filed under: Economy and trade andUSA
  1.  
    Vidame d'Olbreuse
    February 5, 2008 | 4:58 pm
     

    Est-ce que Laffer nous dit aussi dans quelles proprortions les revenus effectifs de ce 1% ont augmenté sur la même période; je pose la question un peu bêtement au cas où cela expliquerait la forte croissance du pourcentage de contribution fiscale de cette catégorie de revenus.

  2.  
    Sardanapale
    February 5, 2008 | 11:13 pm
     

    Cher Vidame – le fait les effectifs des riches aient augmenté est avéré: il existe une classe massive de multimillionaires aujourd’hui qui n’existait pas en 1980 (et je trouve personnellement que c’est une excellente chose). Mais ce fait n’entre pas en ligne de compte dans le raisonnement de Laffer: il parle en effet en proportions, en l’occurrence des 1% les PLUS riches.

    Ceci dit, on pourrait opposer à Laffer un autre argument. La hausse de la contribution relative (et absolue bien sur) de ces rupins peut s’expliquer par le simple fait que les 1% supérieurs d’aujourd’hui sont plus riches par rapport à la moyenne que les 1% de 1980. Car les inégalités aux USA (et ailleurs) ont bien augmenté. Il est donc normal que les hyper-super-riches de 2008 contribuent plus EN PROPORTION que les super-riches d’il y a 25 ans. Bill Gates paie en un an plus d’impôts que Lee Iacocca n’en a payé dans toute sa vie, parce que le salaire du premier est bien supérieur. Selon cette idée, le fait qu’ils soient imposés à des taux différents compterait en somme assez peu.

    C’est une question à creuser. Mon “hunch” est que ce facteur est mineur, par rapport à la baisse spectaculaire des taux marginaux (de 70 à 35%). Mais je ne peux pas fournir de données précises. Help anyone?

  3.  
    Vidame d'Olbreuse
    February 6, 2008 | 11:01 pm
     

    Cher Sarda;
    je crois qu’il n’y a pas besoin de trop se presser le citron dans cette affaire pour constater que si l’imposition est passée du double au simple-70 à 35- tandis que la part de contribution des supers friqués a plus ou moins doublé, si on laisse tomber les 1 ou 2 points et les virgules de tes pourcentages, il en découle (même pour moi qui n’utilise guère que la table de x 3 dans l’excercice de ma profession) que le produit est un quadruple: il faut soit 2 fois plus de riches gagnant 2 fois plus pour produire 2 fois plus de revenu fiscal avec un impôt divisé par 2, ou le même nombre de riches gagnant 4 fois plus; s’il y a d’autres combinaisons elles m’échappent pour le moment.
    De même pour la situation des modestes qui présente un uncanny parallel inversé avec celle des super riches.
    Est-ce à dire que les modestes sont 4 fois worse off qu’il y a 25 ans?
    Je ne pense pas;mais prenons l’exemple simple de la situation présente dand la PLC britannique qui m’emploie:
    Depuis 1999, date de mon entrée dans la compagnie, les bénéfices ont triplé( nb :je n’en suis nullement responsable); mon salaire a augmenté d’environ 41%, à peu prés autant que l’inflation (RPI) dans le même temps, ce qui revient à dire que mon pouvoir d’achat n’a en réalité pas changé-dans le même temps ma productivité a augmenté d’environ 10%.
    Notre General Manager a vu son salaire+avantages sextupler; je ne dis pas que ceci est immérité, mais je me dis que tout de même c’est un peu beaucoup.
    N’oublions pas que je parle du pont de vue ma profession, en général bien payée et protégée par un syndicat puissant: si nous ne sommes parvenus qu’à maintenir notre pouvoir d’achat, où en sont les petits?
    Cela dit je n’ai pas d’objection a filer £5 millions par an à mon patron pour garder mon job, et en ce sens je suis d’accord avec toi: vive les millionaires: mais pour ce qui est du point de vue de de la justice sociale laisse moi doucement rigoler.
    Over and out.

  4.  
    Sardanapale
    February 8, 2008 | 1:21 pm
     

    Cher Vidame: tu poses le problème des inégalités. Cette question est distincte de celle de la fiscalité (en France, où les taux marginaux d’imposition sur le revenu sont élevés, les inégalités se sont aussi considérablement creusées) mais elle est également importante. Et les inégalités ont une incidence sur la fiscalité: comme je l’ai indiqué, le fait que les riches gagnent plus par rapport à la moyenne augmente logiquement leur part de contribution.

    Merci de ton témoignage. Je crois qu’il correspond à l’expérience de beaucoup de gens, y compris le mien. Depuis 15 ans mon pouvoir d’achat a augmenté en simple proportion de celui de la population britannique – ce qui n’est pas vrai des plus hauts échelons de ma corporation. Cette stagnation personnelle, je la constate sans m’en indigner.

    Pourquoi les inégalités se sont-elles creusées? s’agit-il d’un phénomène à long terme? Peut-on le combattre? Si oui, le faut-il? Les économistes sont divisés sur ces questions, et sans plus de lumières je reste agnostique.

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