Sardanapale

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# Posted on Saturday 26 January 2008 - 11 Comments

Forward to the past

I thought that policies based on fiscal stimuli and easy money had been discarded a generation ago, and replaced by monetarism, the “Washington consensus”, neoliberalism and all that.

I was wrong.

Those policies are back with a vengeance, and seem to be particularly in vogue in Washington, precisely.

The “stimulus package” outlined by the US administration and Congress, as well as the Federal Reserve’s interest-rate cuts (which have been slashed by half almost half since January), take us right back to the 1970s.

And they will be about as effective as the policies of the Nixon/ Carter administrations, or those of the Fed pre-Paul Volcker.

Monetary policy first: the idea that central banks can stimulate the economy in the long terms by cutting their interest rates is pure superstition.

As Tim Harford has written in his excellent book The Undercover Economist:

“You might have thought that interest rates were set by central bankers like Ben Bernanke at the Federal Reserve or Mervyn King at the Bank of England. Actually, Bernanke and King chair committees that set ‘nominal’ interest rates. True interest rates are interest rates after inflation – set by the market in response to the central bankers.”

What drives down long-term interest rates is monetary stability – i.e. the opposite of moves like last week’s panic decision by the Fed to reduce its main rate to 3.5%, the biggest cut in 25 years.

I accept that central banks can in some cases play a positive role by spurring demand, but their decisions must not be dictated by market fluctuations.

Any rate cut takes months to work through the economy.

Reacting to a stock market crisis through monetary policy is like adjusting the temperature of a shower with a tap that takes ages to respond: it’s the best way to get scalded.

The main reason for stock markets is not that interest rates are too high: it is that stocks prices are too high, and there’s nothing the Fed can do about that.

And even if it could delay the inevitable, it’s not clear that it should.

A gradual, orderly correction – such as the 20% fall that has taken place in the past 5 months on Wall Street – is better than the precipitous tumble that would follow a temporary rebound.

It is interesting to note that other Western central banks have not followed suit, and have so far opted for stability.

On fiscal policy, the resort to outdated economic fallacies is even more striking.

Bush and the Democrats are working on a $150bn “stimulus package” (more than 1% of GDP) that will stimulate nothing.

Why? The money is not being dropped from the sky: it has to come from somewhere.

As Dan Mitchell of the Cato Institute told the BBC last week:

“This is a throwback to the discredited Keynesian theory of economics that you can take money out of the economy’s left pocket and put it to the right pocket and somehow magically think that you can you’re increasing aggregate spending.”

I should have known the 1970s were back when I saw teenagers wearing flared pants a few years ago.

Back to the future

Je croyais que les politiques de relance et d’argent à bas prix faisaient partie de ces vieilleries balayées par le monétarisme made in USA des années 1980 et la “pensée unique néolibérale”.

J’avais tort. Ces reliques se portent à merveille, et nulle part mieux qu’aux États-unis.

Le mega “stimulus package” esquissé par l’administration et le Congrès, ainsi que les baisses de taux d’intérêt multipliées par la Federal Reserve, sentent à plein nez les années 1970.

Et elles auront autant d’efficacité que les mesures prises par les administrations Nixon ou Carter, ou celles de la Fed avant Paul Volcker.

La politique monétaire d’abord: l’idée que les banques centrales peuvent durablement relancer l’économie en baissant les taux relève de la pensée magique.

Comme l’écrit fort justement l’économiste britannique Tim Harford:

“On prétend souvent que les taux d’intérêt sont fixés par les grands argentiers comme Ben Bernanke à la Federal Reserve ou Mervyn King à la Banque d’Angleterre. En réalité, Bernanke et King dirigent des comités qui fixent les taux d’intérêt ‘nominaux’. Les taux réels, ajustés après inflation, sont fixés par le marché en réaction aux banques centrales.”

Ce qui fait baisser les taux réels sur le long terme, c’est la stabilité monétaire – tout le contraire des mesures paniquées prises par la Fed, en réponse aux appels de Wall Street.

Je ne nie pas que les banques centrales puisse avoir influence sur la demande, mais leurs décisions ne doivent pas être dictées par les fluctuations des marchés financiers – d’autant moins que ces décisions mettent plusieurs mois à avoir leur effet.

Pour une banque centrale, réagir à une crise boursière par une baisse des taux, cela revient à contrôler la température d’une douche en actionnant un robinet qui met une éternité à réagir: rien de tel pour se brûler la peau du dos.

Si la bourse américaine est en chute, ce n’est pas parce que les taux d’intérêt sont trop élevés et la Fed n’y peut rien.

Et même si elle peut reculer la correction, il n’est certain cela soit souhaitable: une chute ordonnée, comme celle à laquelle on assiste depuis septembre, vaut mieux que la dégringolade que la Fed nous prépare en tentant de doper les marchés.

Il est d’ailleurs intéressant de constater que les autres banques centrales occidentales ne suivent pas la Fed dans sa baisse agressive des taux (entre parenthèse: trois quarts de points, c’est du jamais vu depuis un quart de siècle).

Côté budgétaire, le “stimulus package” relève lui aussi d’illusions d’un autre âge.

Les 150 milliards de dollars (plus d’1% du PIB américain!) que Bush et les démocrates comptent “injecter” ne stimuleront rien du tout. Car tout cet argent ne tombe pas du ciel: il doit bien venir de quelque part.

Dan Mitchell du Cato Institute a fort bien caractérisé ce plan de relance au micro de la BBC:

“Il s’agit d’un retour à théorie keynésienne discréditée selon laquelle vous pouvez prélever de l’argent dans la poche gauche de l’économie et le mettre dans la poche droite, et croire que par magie vous accroissez la dépense totale.”

À bien y réfléchir, j’aurais dû me douter que les 1970s n’étaient pas enterrées il y a quelques années, lorsque j’ai vu des adolescents porter pantalons à des pattes d’éléphant.

Sardanapale @ 6:15 pm
Filed under: General

# Posted on Wednesday 16 January 2008 - Comments Off on Agflation: price fixing does not work

Agflation: price fixing does not work

Dictatorships are often not just nasty, but also stupid.

China’s effort to curb food inflation provides a prime example of this.

Several months ago, the Beijing authorities tried fixing prices. When this did not work, they blamed “profiteering” and “price manipulation”.

This week they increased the sanctions for these crimes, with fines of up to $130,000.

The same thing is happening in Pakistan, where the government has launched a campaign against the “hoarders” and “smugglers” said to be engineering food shortages.

Musharraf has sent troops to protect wheat supplies around the country from them.

But the fact that stores are running out of grain is not the work of those imaginary scapegoats.

Food inflation is a worldwide problem, and is made worse by the kind of policies implemented by China and Pakistan.

The Islamabad government a set prices at ridiculously low levels and (30 cents a kilo for flour): that is the surest way to drive production down and towards foreign markets.

Price fixing, requisitioning, and attacks on “profiteers” have always led to shortages – whether under Robespierre, Stalin, or more recently Mugabe or Chavez (it’s getting harder for Venezuelans find eggs and milk these days.)

But this lesson is being ignored by many.

About 20 countries have responded to “agflation” by imposing controls on foodstuffs, and a dozen tax or limit exports.

Stupidity in farming matters, unfortunately, is not the preserve of dictatorships (and a EU citizen, I should know about it).

Here are a few links to find out more about agflation, and the responses in China and Pakistan.

Bouffe chère: haro sur les “profiteurs”

Le problème avec les dictatures, ce n’est pas seulement qu’elles sont méchantes, c’est aussi qu’elles sont bêtes.

Pour combattre la pénurie alimentaire, le gouvernement chinois n’a rien trouvé de mieux que de renforcer le contrôle des prix et de s’en prendre aux “profiteurs” et autres “manipulateurs” rendus responsables de l’inflation.

Ces individus encourent à présent des amendes allant jusqu’à 1 million de yuans (100,000 euros).

Même chose au Pakistan, où le gouvernement vient d’envoyer l’armée pour protéger les entrepôts céréaliers des sinistres “accapareurs” et des “contrebandiers” qui les menacent.

Mais si les stocks se vident, ce n’est pas la faute de ces boucs émissaires fictifs.

L’inflation alimentaire affecte le monde entier – et ses effets sont aggravés par les mesures prises par des États comme la Chine et le Pakistan.

Le gouvernement d’Islamabad a fixé les prix à des niveaux artificiellement bas (20 centimes le kilo pour la farine): et il s’étonne que la production soit ralentie, et détournée vers l’étranger!

Réquisitionner, s’attaquer aux agriculteurs et les forcer de vendre à perte: voilà le meilleur moyen d’exacerber la pénurie.

La recette a fait ses preuves sous Robespierre, Staline, et aujourd’hui Mugabe ou Chavez (le Venezuela manque d’oeuf et de lait, à cause de l’encadrement des prix).

Mais cette leçon n’est pas acceptée partout, loin s’en faut.

Face à l'”agflation”, une vingtaine de pays ont imposé des mesures de contrôle des prix alimentaires, et une douzaine taxent ou limitent les exportations.

Malheureusement, les dictatures n’ont pas l’apanage de la bêtise en matière agricole (en tant que citoyen de l’UE, j’en sais quelque chose.)

Voici quelques liens pour en savoir plus sur l’agflation, et les politiques du Pakistan et de la Chine.

Sardanapale @ 10:01 am
Filed under: Economy and trade

# Posted on Friday 11 January 2008 - 5 Comments

Markets and social Darwinism

I always welcome discussions with left-wingers who bother to leave comments on this blog.

I want to encourage those who disagree with my free-market views to engage in open-minded dialogue, and will pick up here on a couple of points made by “Itz”, who commented on my two previous posts.

Itz’s main remarks were about genetically modified crops: he thinks governments are right to be very cautious, given what he regards as health and environmental hazards. I disagree – but what do I know? Maybe he’s right.

But I want to expand here on two side points Itz makes.

The first is about the rise of agriculture and disappearance of hunter gatherers. In my post I described this development as a breakthrough for mankind.

But Itz points out that agriculture initially reduced life expectancy and had an adverse effect on health. Even now, excess weight is a huge problem that did not plague mankind before the Neolithic.

That is correct. But I strongly recommend The Economist‘s “Christmas special” on this subject, entitled “Noble or savage?”

As the author writes, “the era of the hunter-gatherer was not the social and environmental Eden that some suggest”.

Of course agriculture, like all blessings, was a mixed one. But on the whole, the increased risk of obesity was a “bargain” compared to the very high probability of dying young. The article goes on to say:

“Several archaeologists and anthropologists now argue that violence was much more pervasive in hunter-gatherer society than in more recent eras. From the !Kung in the Kalahari to the Inuit in the Arctic and the aborigines in Australia, two-thirds of modern hunter-gatherers are in a state of almost constant tribal warfare, and nearly 90% go to war at least once a year.

War is a big word for dawn raids, skirmishes and lots of posturing, but death rates are high — usually around 25-30% of adult males die from homicide. The warfare death rate of 0.5% of the population per year that Lawrence Keeley of the University of Illinois calculates as typical of hunter-gatherer societies would equate to 2 billion people dying during the 20th century…

Not so many women as men die in warfare, it is true. But that is because they are often the object of the fighting. To be abducted as a sexual prize was almost certainly a common female fate in hunter-gatherer society. Forget the Garden of Eden; think Mad Max.

Constant warfare was necessary to keep population density down to one person per square mile. Farmers can live at 100 times that density. Hunter-gatherers may have been so lithe and healthy because the weak were dead.”

Secondly, Itz states that libertarians (well, I regard myself as a “classical liberal”, but that is by the by) advocate social Darwinism.

That is simply not the case. I do not know of a single libertarian who describes himself as a social Darwinian.

As far as I am concerned, I support Darwinism as a proven scientific theory, but believe that it has not more moral or political relevance than Newton’s theory of gravity.

Richard Dawkins, regarded as an “ultra-Darwinian”, has repeatedly warned againt the “naturalistic fallacy” (deriving ought from is).

To turn Darwin’s descriptive theory into a prescription is an error that has led to monstrous ideas.

That error was made not just by Nazis, but many well-meaning eugenists at the turn of the last century.

In his great essay “A Devil’s Chaplain”, Dawkins quotes these chilling lines from HG Well’s socialist utopia:

“And how will the New Republic treat the inferior races?… those swarms of black, and brown, and dirty-white, and yellow people, who do not come into the new needs of efficiency? Well, the world is a world, and not a charitable institution, and I take it they will have to go… And the method that nature has followed hitherto in the shaping of the world, whereby weakness was prevented from propagating weakness… is death… The men of the New Republic … will have an ideal that will make the killing worth the while.”

A libertarian – or classical liberal, or a liberal tout court – can only be apalled at such a prescrition.

It’s true that a libertarian – or classical liberal – believes in competition, but this must rest on the rule of law, a concept that is diametrically opposed to social Darwinism.

What I admire in a market-friendly system like America’s is not just economic opportunity, but general altruism. All the Americans I know – both liberal and conservative – give up much more of their time and money to charitable causes that Europeans like me do.

In France the struggle for life is much harsher, more Darwinian, than anything I have encountered in the US.

I believe that the Darwinian side of French society is strengthened by statism: the French feel no personal obligation towards the less fortunate – they expect a fictional entity called “the state” to look after them, and call this lack of concern “solidarity”.

Libéralisme et darwinisme social

Un visiteur de ce blog, nommé “Itz”, a eu l’amabilité de commenter mes deux derniers billets.

Comme je veux encourager le dialogue – notamment avec de gens ouverts qui ne sont pas de mon bord, comme Itz – je vais me fendre non pas simplement d’un commentaire mais d’un billet pour rebondir sur quelques points importants qu’il soulève.

Itz évoque la question des OGM. Ses mises au point me semblent raisonnables, même si je ne partage pas ses craintes. Mais qu’est-ce que j’en sais? Je n’en dirai pas plus ici.

En revanche je m’attarderai sur une observation qu’il fait concernant la découverte de l’agriculture, que j’avais qualifiée d’avancée considérable pour l’humanité. Itz rétorque:

“La naissance de l’agriculture et le passage de l’homme de chasseur/cueilleur à l’agriculture a décimé l’espérance de vie et la morphologie (réduction de la taille) de ses populations pendant plusieurs siècles.

En cause, la réduction de la diversité alimentaire que l’on risque de connaître avec la recherche de la rentabilité à tout prix que nous impose(nt) les firmes et leurs “fruits”, “légumes” ou “produits”. Bien sur, ce type de raisonnement paraît un peu alarmiste mais au vu de la croissance de maladie comme l’obésité, on peut commencer à se faire du souci.”

Ces remarques sont justes, mais incomplètes. Sur ce sujet, je renvoie à un récent “Christmas special” de The Economist, qui montre que l’invention de l’agriculture – malgré les problèmes qu’elle pose – n’en a pas moins constitué un bienfait pour l’humanité.

En gros, le risque accru d’obésité est un “bargain” comparé à la très forte probabilité de mourir jeune (les chiffres sur la mortalité dans les tribus de chasseurs-pêcheurs sont saisissants!). Je reproduis des extrait de cet article essentiel en regard.

En second lieu, je veux faire une mise au point sur une assertion d’Itz selon laquelle les libéraux prôneraient le darwinisme social.

Cela est tout simplement faux: je ne connais pas un seul libéral digne de ce nom qui se dise darwiniste social.

En ce qui me concerne, darwinien épistémologique, je récuse totalement l’idée selon laquelle la théorie de la sélection naturelle – processus aveugle de reproduction différentielle qui élimine les gènes les moins adaptés – pourrait avoir une validité quelconque au delà de la biologie.

Elle n’a pas plus de prolongements politiques ou moraux que la théorie de la gravitation universelle.

Ceux qui font reposer “ce qui doit être” sur “ce qui est” commettent le sophisme naturaliste, récusé par tous les darwiniens, à commencer par l'”ultra” Richard Dawkins.

L’homme sait s’élever au-dessus de sa nature: c’est pourquoi les jugements moraux sont justifiés, et le bien et le mal ne sont pas de vains mots.

La théorie darwinienne est purement descriptive: en faire une doctrine prescriptive est une erreur, voire une monstruosité.

Et cette erreur monstrueuse a été commise non seulement par les nazis, mais avant eux par des démocraties de droite comme de gauche au tournant du siècle dernier.

Je signale à ce titre la description par H G Wells de l’utopie socialiste qu’il appelle de ses voeux:

“Comment la Nouvelle République traitera-t-elle les races inférieures?… Ces essaims de peuples noirs, bruns, blanc-sale, et jaunes qui ne répondent pas aux exigences modernes d’efficacité? Eh bien, notre monde n’est pas une institution caritative, et ces gens devront disparaître… Et la méthode que la nature a adoptée en formant le monde, où la faiblesse ne peut propager la faiblesse, est la mort… Les hommes de la Nouvelle République… auront un idéal qui justifiera la tuerie.” (Lire en regard la citation originale de Wells.)

Un libéral – comme un socialiste – ne peut que frémir à ces mots.

(Sur les errements du darwinisme social, je recommande l’essai de Dawkins “A Devil’s Chaplain”, d’où j’ai tiré cette citation.)

Le libéral croit bien sûr en la concurrence, mais il croit surtout que cette compétition se fonde sur la règle de droit, concept totalement opposé au darwinisme social.

Ce que j’admire, dans un pays comme les États-Unis, ce n’est pas seulement le dynamisme économique: c’est surtout l’altruisme généralisé.

Tous les Américains que je connais, de droite comme de gauche, consacrent au bénévolat leur argent et surtout leur temps dans une mesure qui sidère l’Européen égoïste que je suis.

Ayant vécu longtemps des deux côtés de l’Atlantique, je peux dire que c’est la société française qui me semble caractérisée par le “chacun pour soi” et la lutte sans pitié.

Je crois que ce trait est renforcé par notre étatisme invétéré.

Nous avons tendance à nous défausser de nos responsabilités envers les plus vulnérables sur la grande fiction qu’est l’État, et nous appelons “solidarité” ce recroquevillement sur nos intérêts privés et nos avantages.

Sardanapale @ 2:20 pm
Filed under: Philosophie

# Posted on Sunday 6 January 2008 - 9 Comments

The anti-GM food hysteria

The French militant farmer José Bové has gone on hunger strike in support of a ban on genetically modified organisms.

As French opinion largely shares his views and a timorous government seems unwilling to stand up to the green lobby, I believe some facts outlined in Dick Taverne’s recent Prospect magazine article, “The real GM food scandal“, bear repeating:

“The fact is that there is not a shred of any evidence of risk to human health from GM crops.

Every academy of science, representing the views of the world’s leading experts – the Indian, Chinese, Mexican, Brazilian, French and American academies as well as the Royal Society, which has published four separate reports on the issue – has confirmed this.

Independent inquiries have found that the risk from GM crops is no greater than that from conventionally grown crops that do not have to undergo such testing.

In 2001, the research directorate of the EU commission released a summary of 81 scientific studies financed by the EU itself—not by private industry—conducted over a 15-year period, to determine whether GM products were unsafe or insufficiently tested: none found evidence of harm to humans or to the environment…

Some opponents of GM crops, who seem to have realised that the argument based on lack of safety has no basis, now focus their opposition on environmental concerns, arguing that GM crops destroy biodiversity.

It would be wrong to claim that the planting of GM crops could never have adverse environmental effects.

But their impact depends on circumstances, on the particular crop and environment in which it is grown. Such effects occur with all sorts of agriculture.

Worldwide experience of GM crops to date provides strong evidence that they actually benefit the environment. They reduce reliance on agrochemical sprays, save energy, use less fossil fuels in their production and reduce the emissions of greenhouse gases. And by improving yields, they make better use of scarce agricultural land.

These findings were reported by Graham Brookes and Peter Barfoot of PG Economics in a careful study of the global effects of GM crops in their first ten years of commercial use, from 1996 to 2005.

They concluded that the “environmental impact” of pesticide and herbicide use in GM-growing countries had been reduced by 15 per cent and 20 per cent respectively.

Energy-intensive cultivation is being replaced by no-till or low-till agriculture. More than a third of the soya bean crop grown in the US is now grown in unploughed fields.

Apart from using less energy, avoiding the plough has many environmental advantages. It improves soil quality, causes less disturbance to life within it and diminishes the emission of methane and other greenhouse gases.

The study concluded that “the carbon savings from reduced fuel use and soil carbon sequestration in 2005 were equal to removing 4m cars from the road (equal to 17 per cent of all registered cars in the UK).”

One other effect of GM crops may be the most significant of all.

In the next half century, the world will have to more than double its food production to feed the over 800m people who now go hungry, the extra 3bn expected by 2050 and the hundreds of millions of people who will, as living standards rise, acquire a more western lifestyle and eat a great deal more meat…

The broader driving force behind the excessive regulation of GM crops, however, is the cult of “back to nature,” which has also inspired the propaganda against agricultural biotechnology as a whole.

This cult has many manifestations. One is the popularity of organic farming, which is based on the manifestly false principle that artificial chemicals are bad and natural chemicals good. Another is the rising fashion for alternative, non-evidence based medicine.

The dogmatic opponents of GM crops in Europe believe that interference with the genetic make-up of plants is essentially a moral issue.

It is to be condemned as part of mankind’s sinful attempt to control nature, which contributes to global warming, to epidemics of cancer and all the blights of modern life.

In the light of this undercurrent of anti-science sentiment, what are the chances that the obstacles to the spread of GM crops will be overcome? There are grounds for hope…

There can be little doubt that GM crops will be accepted worldwide in time, even in Europe.

But in delaying cultivation, the anti-GM lobbies have exacted a heavy price. Their opposition has undermined agrobusiness in Europe and has driven abroad much research into plant biotechnology—an area in which Britain formerly excelled.

Over-regulation may well cause the costs of the technology to remain higher than they need be.

Above all, delay has caused the needless loss of millions of lives in the developing world.

These lobbies and their friends in the organic movement have much to answer for.”

L’hystérie anti-OGM

José Bové à décidé de ne “boire que de l’eau” pendant quelques jours.

La presse, bonne poire, fait mine de ne pas voir que notre altermondialiste de choc veut se refaire une santé après le réveillon, et gobe le motif avancé – à savoir qu’il s’agirait d’une grève de la faim en faveur d’un moratoire sur les OGM.

Soyons sérieux. Les Français doivent cesser de prendre ce moustachu d’opérette pour le héros de la résistance aux Docteur Mengele de l’agrobusiness qu’il prétend être.

À l’heure où les medias tendent complaisamment leurs micros à Bové, où le gouvernement, ayant courtisé le lobby écologique lors du “Grenelle de l’environnement”, s’apprête à légiférer sur les cultures transgéniques, il est bon de rappeler que la campagne contre les OGM repose sur la pure hystérie collective.

Quelques faits:

a) Les OGM constituent une des avancées agricoles les plus spectaculaires depuis le néolithique. Une décennie après leur commercialisation, ces organismes sont cultivés dans 22 pays, sur une surface équivalant à deux fois la France, par dix millions d’agriculteurs.

La grande majorité d’entre eux sont de petits exploitants, notamment en Inde, en Chine et en Afrique.

Ils utilisent ces cultures, notamment le coton génétiquement modifié, non pas parce qu’ils sont victimes d’un complot des multinationales, mais du fait des avantages présentés par ces cultures – notamment la résistance aux parasites, qui réduit le recours aux pesticides, et meilleurs rendements.

Certes, les OGM alimentaires ne se sont pas encore développées au même titre, mais cela s’explique par des obstacles réglementaires injustifiés mis en place sous la pression des lobbies écologiques.

b) Malgré l’utilisation des OGM par un nombre croissant d’agriculteurs, il n’y a pas l’once d’un signe d’un soupçon de preuve établissant un risque pour la santé de l’homme.

Ceci a été confirmé par des experts du monde entier – notamment par les académies des sciences de l’lnde, de la Chine, du Mexique, du Brésil, des USA, de la France et du Royaume Uni (la Royal Society a publié par moins de quatre rapports sur ce sujet).

Les maïs transgénique, utilisé par en Amérique du nord depuis plus de dix ans, n’a pas causé une seule crise de foie.

c) Rien n’indique que les OGM posent un risque pour l’environnement. Bien sûr, il serait vain de prétendre qu’une nouvelle technique agricole n’a aucun impact écologique.

L’Homo sapiens a profondément modifié son environnement depuis 80,000 ans.

Certaines de ces modifications peuvent être considérées comme néfastes (notamment l’extinction des mégafaunes européennes et américaines par les chasseurs préhistoriques, ou plus récemment la disparition des poissons du fait de la pêche industrielle), et d’autres comme positives (notamment le décuplement des rendements de la terre par l’agriculture).

L’homme a toujours eu un impact sur la faune et la flore de la planète: il est improbable qu’une nouvelle technologie reste sans effet sur l’environnement.

Reste à déterminer quel sera l’impact de tel ou tel OGM sur tel ou tel milieu. Mais pour cela, il faut laisser les scientifiques mener en toute sérénité et toute rigueur leurs expériences – or Bové et ses acolytes cherchent précisément à les en empêcher.

Le soupçon qui pèse sur les espèces transgéniques semble en tout cas injustifié. Les tests conduits jusqu’ici indiquent qu’elles sont font moins de dégâts écologiques que les cultures traditionnelles – notamment l’agriculture intensive, qui sature les terres de nitrates et autres produits toxiques.

Une étude de Graham Brookes et Peter Barfoot sur dix ans indique que l’impact écologique des pesticides et des herbicides a été réduit de 15 à 20% dans les pays qui utilisent les OGM.

d) Une agriculture plus performante est essentielle dans un monde ou les pressions démographiques et les changements d’habitudes alimentaires accroissent la demande de nourriture.

Pour nourrir toutes les bouches, il va falloir doubler la production agricole d’ici 2050. On a le choix entre augmenter des surfaces cultivées de plus en plus rares (le développement, peu rationnel au demeurant, des biocarburants accentue le problème) ou accroître les rendements.

Pourquoi se priver de techniques de modification génétique en laboratoire, alors que les techniques de modification génétique par croisement, beaucoup moins efficaces, sont elles totalement acceptées?

José Bové et consort affirment vouloir sauver notre bouffe et notre planète. Mais l’hystérie anti-OGM qu’ils propagent ont exactement l’effet inverse.

Pour en savoir plus sur cette question, je recommande l’article de Dick Taverne “The real GM food scandal” publié par la revue britannique Prospect. Des extraits sont reproduits en face.

Sardanapale @ 10:22 am
Filed under: France