Posted on Friday 16 November 2007
I feel lazy today, and am just pasting this good BBC online article on the French strikes (my own thoughts are opposite)
“French President Nicolas Sarkozy’s controversial economic reforms certainly struck a chord with the country’s voters in this year’s election.
But although he can claim a mandate for change after his victory in May, his plans to shake up the public sector pension system have provoked an all-out response from transport unins. This level of militancy comes as little surprise to long-time observers of the French industrial scene.
But even they may be shocked at the full extent of the country’s simmering workplace tensions.
In the run-up to this year’s voting, analysts at the World Economic Forum (WEF) gave France the worst possible rating in the category of “co-operation in labour-employer relations” – that is, how workers get on with their bosses.
Last year’s WEF Global Competitiveness Report found that in this respect, France was bottom of the league out of 125 countries surveyed, giving it the most confrontational workplace environment in the world.
In recent weeks, the new 2007-2008 edition of the report has been published. So have French labour relations become any more harmonious? In a word, no. The latest WEF survey covers 131 nations, not 125. But France is still languishing on the lowest rung, in 131st place.
Does this matter? Well, it certainly helps to drag down the country’s overall rating. France is ranked as the 18th most competitive nation in the world, the same as last year.
But that still leaves it trailing behind the US (1st) and Japan (8th), not to mention other big EU economies such as Germany (5th) and the UK (9th).
What’s more, French executives who submitted their views to the survey rated “restrictive labour regulations” as by far the biggest problem in doing business.
Mr Sarkozy’s reforms are broadly aimed at sweeping away some of those restrictions, which work well to protect those who are already employed, but do little to encourage firms to take on more staff.
Economists describe the system as a two-tier labour market, with a high level of employment protection and very little turnover. That offers little hope to the 8.4% of the population who do not have a job – a figure that rises to 22% among the under-25s.
Mr Sarkozy has already given ground on some of his campaign pledges. For instance, his promise to replace no more than 50% of retiring bureaucrats has been softened, so he will now replace 66% of those who retire.
But he insists he will not budge on the reform of the “special regimes”, which cover 1.6 million public sector workers’ pensions – and which the transport workers are fighting so hard to retain.”
The whole article is here.
Les syndicats qui prennent à nouveau la population en otage défendent un système de protection qui est au coeur du déclin français.
Les chiffres de ce déclin sont incontournables.
Depuis un quart de siècle, le PIB de la France par tête est passé du septième au 17e rang mondial.
L’index de développement humain de l’ONU plaçait notre pays à la 16e place en 2006, contre la huitième en 1990.
Les privilèges ont toujours coûté cher: la dette publique française augmente plus vite que celle de tous ses partenaires de l’eurozone, et s’éleve aujourd’hui aux deux tiers du PIB.
L’État français est bien en “faillite”.
Mais le chiffre qui me semble le plus inquiétant en ces temps de conflits sociaux a été donné récemment par Forum mondial économique.
Pour ce qui est des relations entre employeurs et employés, la France est lanterne rouge: 31e sur 131 pays analysés (voir article de la BBC reproduit en face).
Les patrons invités à témoigner dans ce rapport estiment que les restrictions sur le marché de l’emploi constituent leur principal problème.
Notre code du travail fait 2,735 pages – 20% de plus qu’en 2000.
Et il faut y ajouter les accords sectoriels qui étouffent le commerce et les petites entreprises.
Le code de la coiffure fait 144 pages; les boulangers pâtissiers doivent digérer 480 pages.
Le système français fait tout pour envenimer les relations du travail et décourager l’embauche.
Pas étonnant que les employeurs donnent des CDI au compte-goutte, préférant l’intérim ou les contrats à court terme.
Du point de vue du patron, un employé supplémentaire est davantage une source d’ennuis que de profits – d’autant plus que les charges sociales astronomiques viennent plomber ces derniers.
D’où notre marché de l’emploi à deux vitesses, avec des “insiders” fonctionnarisés et des outsiders (notamment les jeunes) qui croupissent dans la précarité.
Le chômage et l’exclusion sont les conséquences directes de notre folie régulatrice.
Nicolas Sarkozy est-il le réformateur qui libèrera le système?
Il a montré par le passé qu’il est de taille à s’attaquer aux intérêts particuliers en en appelant à l’opinion. C’est bien, mais là réside la limite de son efficacité.
Je pense qu’il tiendra bon sur les régimes spéciaux de retraite – qui constituent une protection si scandaleuse que même les Français s’en sont aperçu.
Mais beaucoup de Français tiennent à notre carcan de régulations déclinogènes, et je suis moins sûr qu’il soit prêt à les supprimer.