# Posted on Tuesday 27 November 2007 - No Comments
My quote of the day is a bit long - but all lovers of capitalism with relish every word:
“At the heart of this shift (the emergence of trust in business relations in the 19th century) was a greater accumulation of capital over the long run as opposed to merely short-term profit, an emphasis that has been arguable a defining characteristic of capitalism.
As Tilly writes, businessmen started to see ‘individual transactions as links in a larger chain of profitable business ventures,’ instead of just ‘one-time opportunities to be exploited to the utmost.’
If your prosperity in the long run depends on return business, on world-of-mouth recommendations, and ongoing relations with suppliers and partners, fair dealing became more valuable. The lubrication of commerce that trust provides became more than desirable. It became necessary.
What was most important about this new concept of trust was that is was, in some sense, impersonal.
Previously, trust had been the product primarily of a personal or in-group relationship – I trust this guy because I know him or because he and I belong to the same sect or clan – rather than a more general assumption upon which you could do business.
Modern capitalism made the idea of trusting people with whom you had ‘no prior personal ties’ seem reasonable, if only by demonstrating that strangers would not, as a matter of course, betray you.
This helped trust become woven into the basic fabric of everyday business.
Buying and selling no longer require a personal connection. It could be driven instead by the benefits of mutual exchange.
The impersonality of capitalism is usually seen as one of its unfortunate, if inescapable, costs…
One of the fundamental problems with trust is that it flourishes only where there are what sociologists call ‘thick relationships’ – relationships of family or clan or neighborhood.
But these kinds of relationships are impossible to maintain with many people at once and they are incompatible with the kind of scope and variety of contacts that a healthy modern economy (or a healthy modern society) needs to thrive…
Breaking with the tradition of defining trust in familial or ethnic terms was therefore essential. As the economist Stephen Knack writes, ‘the type of trust that should be unambiguously beneficial to a nation’s economic performance is trust between strangers, or more precisely between to randomly selected residents of a country.’
As with much else, though, this relationship between capitalism and trust is usually invisible, simply because it’s become part of the background of everyday life.
I can walk into a store anywhere in America to buy a CD player and be relatively certain that whatever product I buy – a product that, in all likelihood, will have been made in a country nine-thousand miles away – will probably work pretty well.
And this is true even tough I may never walk into that store again. At this point, we take both the reliability of the store and my trust in that reliability for granted. But in fact they’re remarkable achievements.
This sense of trust could not exist without the institutional and legal framework that underpins every modern capitalist economy… But the measure of success of laws and contracts is how rarely they are invoked.
As Stephen Knack and Philip Keefer write, ‘Individuals in higher trust societies spend less to protect themselves fr-om being exploited in economic transactions. Written contracts are less likely to be needed, and they do not have to specify every possible contingency.’
Trust begins… because of the ’shadow of the future’. All you really trust is that the other person will recognize his self-interest.
But over time, that reliance on his own attention to his self-interest becomes something more.
It becomes a general sense of reliability, a willingness to cooperate (even in competition) because cooperation is the best way to get things done.”
James Surowiecki, The Wisdom of Crowds, pp. 122-5.
Ma citation du jour est un peu longue, mais les amis du libéralisme apprécieront chaque mot de ce texte presque digne de Tocqueville.
“Au coeur de cette mutation (l’apparition de la confiance dans les relations économiques au XIXe siècle), se trouve l’accumulation accrue du capital sur la longue durée par opposition au profit à court terme – souci qu’on peut considérer comme une caractéristique fondamentale du capitalisme.
Comme l’écrit Tilly, les acteurs économiques ont commencé à considérer ‘chaque transaction comme s’inscrivant dans une chaîne d’opérations fructueuses’, et non comme une ‘aubaine unique à exploiter au maximum.’
Si votre prospérité à long terme repose sur une clientèle fidèle, sur le bouche à oreille, et sur des relations durables avec vos fournisseurs et partenaires, l’honnêteté devient plus importante.
La fluidité du commerce que la confiance engendre devient plus que désirable: elle devient nécessaire.
L’aspect le plus important de ce nouveau concept de confiance est son côté impersonnel.
Auparavant, la confiance était surtout le fruit de relations personnelles ou de clan, plutôt qu’une disposition générale qui permettait de faire des affaires.
Le capitalisme moderne a rendu raisonnable l’idée selon laquelle on peut faire confiance à des inconnus, en démontrant que ceux-ci ne vont pas systématiquement vous trahir.
La confiance est ainsi devenue partie intégrante du commerce. L’achat et la vente ne nécessitent plus de liens personnels, mais se font en vertu des avantages réciproques de l’échange.
On considère l’impersonnalité du capitalisme comme un de ses défauts…
Un des problèmes fondamentaux de la confiance est qu’elle ne se développe que là où on trouve ce que les sociologues nomme des ‘relations épaisses’ – au sein de familles, de clans, de quartiers…
Mais ce type de relations est impossible à entretenir avec de nombreuses personnes à a fois, et est incompatible avec l’étendue et la variété des contacts dont une économie (ou une société) moderne a besoin pour prospérer.
Il est donc essentiel d’en finir avec une tradition qui définit la confiance en termes familiaux ou ethniques.
Comme l’économiste Stephen Knack l’écrit, ‘le type de confiance qui conditionne la santé économique d’une nation s’établit entre des personnes qui ne se connaissent pas, ou plus précisément des habitants d’un pays pris au hasard.’
Toutefois, ce type de relation entre capitalisme et confiance est largement invisible, du simple fait qu’il fait partie du cadre de notre vie quotidienne.
Je peux entrer dans n’importe quel magasin et acheter un lecteur de CD en étant relativement certain que ce produit – qui a probablement été fabriqué dans un pays situé à des milliers de kilomètres – marchera assez bien.
Et cela est vrai même si je ne remets jamais les pieds dans ce magasin. Nous considérons comme acquis à la fois le fait que ce magasin est fiable et ma confiance en sa fiabilité.
En réalité, ces choses sont d’étonnantes réussites.
Ce sentiment de confiance n’existerait pas sont le cadre institutionnel et légal qui sous-tend toute économie capitaliste moderne…
Mais le succès des lois et des contrats se mesure au fait qu’on les invoque peu.
Comme l’écrivent Stephen Knack et Philip Keefer. ‘les individus des sociétés de confiance passent moins de temps à se protéger de ceux qui cherchent à les exploiter.’
La confiance s’établit du fait de ‘l’ombre de l’avenir’.
Vous faites simplement confiance à la reconnaissance par les autres de leur propre intérêt.
Mais progressivement, ce sentiment se généralise, et devient une volonté de coopérer (même en situation de concurrence), parce que la coopération est efficace.”
James Surowiecki, The Wisdom of Crowds, pp. 122-5.