Posted on Thursday 6 September 2007
The merger between state-owned Gaz de France (GDF) and Suez, a private energy and environment group, points to a fact of French economic life that many tend to neglect: the use of privatisation by the government to maintain its stranglehold on the economy.
This fact dawned on me when I heard senior politicians defend the merger last weekend.
Prime Minister François Fillon pointed out that even though the new group would be under private ownership, the state would remain the largest single shareholder.
“We are retaining control; we will decide on strategy,” he said.
President Nicolas Sarkozy’s chief of staff, for his part, hailed “the birth of a French energy giant” and announced a “strong industrial policy”.
I now realize that it mattered little whether the policy was nationalisation – as espoused by socialist governments in the late 1940s and 1981-2 – or privatisation – as undertaken under both right and the left-wing governments in the past 20 years.
The main objective was always to keep the levers of economic power in political hands.
As a result France’s “shareholder government”, which has succeeded straightforward public ownership, remains firmly in control.
State companies have been turned into limited and listed companies, but with the state keeping big slices of the shares in key firms (32% of France Telecom, 30% of Thales, a defence company, 18% of Air France, and 15% of Renault, and 35% of the future Suez-GDF).
As the Economist noted recently, despite the privatisations
“the size of French state-owned enterprises, relative to the economy, is still the highest in western Europe. Include businesses where the state owns minority stakes above 10%, and no less than one-tenth of the French economy is partly state-owned.
The value of state-owned enterprises’ assets is around $400 billion, compared with just over $30 billion in Britain. State-owned firms employ about 5% of the total workforce, compared with less than 1% in Britain.
Indeed, with 1.3m workers, the state sector in France employs some 200,000 more people today than after the great wave of post-war nationalisations in 1945-46.”
Despite his reformist rhetoric – designed to appeal to pro-market suckers like myself – Sarkozy remains what all his predecessors were: a champion of the political-industrial complex.
La fusion Suez-GDF, qui va enfin se faire grâce à l’activisme de Nicolas Sarkozy, met l’accent sur une réalité de la vie économique qu’on néglige trop souvent: la privatisation à la française.
Les partisans du libéralisme, comme ses adversaires, se sont souvent focalisés sur les privatisations.
Moi, bête et libéral, j’ai toujours été pour. D’autres, bêtes et socialistes, étaient contre.
Ces options de départ coloraient la vision que nous avions, les uns et les autres, du dossier Suez-GDF.
Mais en entendant les justifications sarkozystes de la fusion le week-end dernier, j’ai fini par comprendre que la privatisation en France à quelque chose de bien particulier. Il ne s’agit en aucune façon pour l’État de se retirer des affaires.
François Fillon a tenu a souligner que même si GDF sera désormais sous gestion privée, l’État restera premier actionnaire du nouveau groupe: “Nous avons le contrôle, nous gardons la stratégie,” a-t-il déclaré.
Claude Guéant, de son côté, a salué “la naissance d’un géant français de l’énergie” et annoncé une “politique industrielle volontariste”.
J’ai alors compris que, sous le régime de la nationalisation comme sous celui de la privatisation, les gouvernements français n’ont pas changé d’optique depuis la Libération.
Les moyens changent, mais l’objectif reste le même: le contrôle par les pouvoirs publics des grands leviers de l’économie.
C’est pourquoi l’État actionnaire, qui a succédé à l’État nationalisateur, reste bien plus imbriqué dans le tissu économique en France que dans les autres pays occidentaux.
Il l’est par ses considérables prises participations dans les secteurs clés: 32% de France Telecom, 30% de Thales, 18% d’Air France, 15% de Renault, 35% du futur Suez-GDF, etc…
En tout, les actifs du capitalisme d’État français s’élèvent à quelque 300 milliards d’euros, contre guère plus de 20 milliards en Grande-Bretagne.
Les entreprises publiques françaises emploient 5% de la main d’œuvre – soit 1,3 millions de personnes, davantage qu’après les nationalisations de 1945-46.
En GB, où privatisation signifie bien désengagement de l’État, le chiffre est le 1%.
Malgré ses accents parfois réformateurs, Sarkozy reste ce qu’ont été tous ses prédécesseurs: un champion du complexe politico-industriel.
Ce que j’ai un peu de mal a comprendre, c’est l’organisation du gouvernement. Francois Fillon, c’est qui ? Le porte parole de gouvernement ? Et Guéant, ca serait pas le premier ministre ? Ah que de confusion, diantre !
Et encore… Il faut ajouter les parts dans plusieurs centaines de grosses PME détenues par la CDC
j’avais en son temps suggéré un mouvement de privatisation-donation un peu particulier, mais à l’époque ça n’a pas fait tâche d’huile: “rendons les nationalisées aux français”.
http://www.u-blog.net/liberte/note/57525
nb. Bon, ce que j’écrivais sur le pétrole Irakien en fin de note ne s’est pas produit, on dit tous des conneries de temps à autres… Mais ça ne retire rien au reste !
[...] s’imposent, en lisant son post vous comprendrez pourquoi – une entreprise d’Etat. Une mise au point bien utile qui permettra aux réfractaires de dormir sur leur deux [...]
La proposition énoncée par Vincent (redistribuer aux français les actions des privatisées, avec liberté totale de revente) me comble.
À défaut, je me satisferais d’une vente en bourse en bonne et due forme, sans noyaux durs ni actions conservées par l’État. C’est ainsi que les Britanniques et beaucoup d’autres ont procédé.
La privatisation ne devrait pas être la continuation de la politique industrielle par d’autres moyens
J’en profite pour remercier et saluer l’excellent Errata.
Il y a quelque chose de pathétique dans la phrase “nous gardons la stratégie” quand on sait l’indigence de la réflexion publique en la matière. L’Etat reste dominé par le calendrier électoral, voire agricole, un cycle court, et la stratégie industrielle n’a de sens qu’à long terme. Quant à la “politique industrielle de la France” elle ne nous protège d’aucun des futurs “Péchiney” qui ne manqueront pas d’arriver. Les atermoiements publics sur le dossier GDF Suez ont eu pour conséquence une détérioration substantielle des relations entre les managements des deux entreprises, avant même qu’elles n’aient à intégrer leurs forces…
Pathétique. Oui. Pathétique.