Sardanapale

Posted on Thursday 16 August 2007

Scalping as public service

The start of the Premiership season in English soccer provides me with the theme for this post. I’ve never understood why those who resell tickets outside sports or entertainment venues (“touts” in British English, “scalpers” in American) are so reviled.

By putting those who value money more than the tickets they hold with those who want these tickets at (almost) any cost, they offer a clear service.

As long as the transaction is voluntary, all sides gain.

This leader written by The Economist 16 years ago makes the case for scalping wonderfully:

“In praise of ticket touts

Ticket touts are not known for their flair for public relations. They loiter outside the big match with fistfuls of grubby tickets priced at many times their face value. Their customers are free not to buy. But they do, and then feel cheated. The grandees of sport and theatre are distressed. Real fans, they say, need protecting; profiteering must be stopped. Persecuting the tout – and, if possible, prosecuting him as well – has become a sport in itself…

Such repressive measures are entirely misguided. Perhaps touts spend their free time mugging old ladies and fencing stolen cars. By all means prosecute them for that. But when they are scalping, they are working in the public interest. Touts make money when the demand for their tickets greatly exceeds the supply at the official price. Under such circumstances a ticket can be worth less to its owner than to somebody else; if so, a sale will benefit both parties.

However much the buyer may complain, he acted voluntarily: he is better off than he would otherwise have been. In this transaction the tout is merely an agent. In return for his scalping services, he rightly takes a cut. Remember that the scalper sometimes loses money. He takes risks – that the big stars will be there on the day, that rain will not stop play…

The tout has other costs to cover, too: these include not just his time, but also the capital cost of his initial outlay and the psychic cost of being a social outcast. Remember, too, that he is hardly ever a monopolist: he works in fierce competition with fellow scalpers. So the scalper’s cut is not a monopoly rent, but a fair price for a service efficiently rendered.

The real question is why the scalper’s services are needed in the first place. Sometimes, as with theatres, underpricing happens because organisers choose not to set their prices according to the market-charging the same for tickets on Saturday night as on Wednesday, for instance.

In sports, season tickets set the same price for all events, regardless of popularity. Promoters have their reasons for pricing this way; having done so, they should see that touts provide a useful service. When demand outstrips supply by the widest margin, the reason is usually that the original seller is trying to rig the market… Privileged insiders get tickets at knockdown prices, while others are excluded. Real fans should thank the touts for exposing such wicked goings-on.” (The Economist, 25 May 1991)

Since this article was written, a huge secondary market in tickets has emerged. Websites like StubHub render scalping bans futile.

A recent Econtalk podcast explains how this market works. Big brokers buy tickets in bulk and sell them on the internet. Because of the web’s power to match large quantities or buyers and sellers instantaneously, the market is efficient: the price reflects all the information available at any given time.

This means there are no easy profits. As one scalper explains in the podcast, far from always rising, prices typically drop closer to the event. This is why unsold tickets are picked up by scalpers on the day and sold at the venue.

These guys, in short, take on the risk of offloading a volatile product, so that a father who wants to take his son to the ball game has a chance to get his hands on the ticket given away to the owner’s spoilt kid.

The Economist’s conclusion is as valid now as it was 16 years ago: “Scalpers are fighters for justice, too.”

On the same subject, I also recommend Jeff Jacoby’s excellent column.

Vive les revendeurs à la sauvette

Le début de la saison de football dans mon pays de résidence me fournit le thème de ce post: la vente à la sauvette des billets.

Je n’ai jamais compris pourquoi les individus qui se livrent à ce commerce aux abords des stades (que les Britanniques appellent “touts” et les Américains “scalpers”) attirent autant d’opprobre.

Quant à moi, j’ai toujours considéré ces gens comme des bienfaiteurs de l’humanité.

En débarrassant A d’un billet qu’il ne prisait guère pour le remettre à B qui est prêt à le payer à prix d’or, ils remplissent une fonction manifestement utile.

Ces transactions se font librement: chacun y trouve donc son compte.

Les économistes sont d’accord avec moi. Les revendeurs à la sauvette pallient les déficiences d’un marché du sport et du spectacle.

Qu’elles relèvent du privilège indu, comme les invitations gratuites distribuées aux copains des organisateurs, ou de l’imbécillité bien intentionnée, comme Barbra Streisand qui refuse de vendre les billets de ses spectacles à plus de $20, ces inefficiences ne demandent qu’à être exploitées et corrigées.

Je reproduis en regard (et pour la première fois sur le net) un éditorial de The Economist écrit il y a 16 ans, qui explique admirablement cette le service que rend le revendeur.

Depuis la parution de cet article, le marché secondaire des billets de spectacles et de sports a fait d’énormes progrès.

Comme souvent, ces innovations nous viennent des États-unis.

Certaines municipalités et États continuent d’interdire la vente à la sauvette, mais ces mesures sont de plus en plus absurdes alors que des sites comme StubHub font fureur.

Dans une émission récente le podcast Econtalk a montré comment ce marché fonctionnait. Tout cela est passionnant, et économiquement rationnel.

De grosses entreprises achètent des billets en vrac pour les rediffuser en utilisant la grande vertu du web: la mise en contact transparente d’un grand nombre d’acheteurs et de revendeurs.

Cela permet un mise à jour constant des prix en fonction de l’état réel de l’offre et la demande.

Il est important de noter que, comme dans tout marché bien huilé, le prix reflète toutes les informations disponibles au moment de la transaction.

S’il paraît probable qu’un concert va se jouer à guichet fermé, son cours sera élevé dès sa mise en vente, et fluctuera en fonction des informations supplémentaires (météo, spectacle concurrent, etc.)

C’est pourquoi on a tort de penser qu’il s’agit de profit facile, avec des prix assurés de grimper à mesure que la date approche.

En fait, comme le révèle un des revendeurs interviewés pour ce podcast, 90% des billets sur le marché secondaire voient leur prix non pas monter, mais baisser dans les jours qui précèdent un spectacle ou un match!

C’est pourquoi ces revendeurs existent encore aux abord des stades: pour écouler le jour venu le trop plein de billets achetés sur le marché électronique secondaire.

Il faut saluer ces gens qui, au risque de se faire insulter par les gens de bien et persécuter par la maraichaussée, rendent au public un service aussi précieux.

Ils combattent un système où des “insiders” privilégiés obtiennent des places gratuites pour des finales de coupe dont sont exclus des pères de famille prêts à sacrifier une grosse somme pour emmener leurs fils une fois l’an.

Les revendeurs à la sauvette, je le proclame avec The Economist, oeuvrent pour la justice sociale.

Le podcast de Econtalk est ici. Voir aussi sur ce sujet cet article de l’excellent Jeff Jacoby.

Sardanapale @ 6:19 pm
Filed under: Economy and trade

6 Comments for 'Scalping is good – vive les revendeurs à la sauvette'

  1.  
    Laglute
    August 17, 2007 | 11:00 am
     

    “En fait, comme le révèle un des revendeurs interviewés pour ce podcast, 90% des billets sur le marché secondaire voient leur prix non pas monter, mais baisser dans les jours qui précèdent un spectacle ou un match!

    C’est pourquoi ces revendeurs existent encore aux abord des stades: pour écouler le jour venu le trop plein de billets achetés sur le marché électronique secondaire.

    Il faut saluer ces gens qui, au risque de se faire insulter par les gens de bien et persécuter par la maraichaussée, rendent au public un service aussi précieux.”

    C’est un mécanisme dont je profite lors de concert dont les prix des places sont trop élevés. C’est exactement le même principe que les options, warrants certifs en bourse : il y a une échéance. Plus on s’en rapproche avec des billets non vendus, moins on est sûr de les vendre, à terme; ils ne valent plus rien !!! Il en résulte donc une baisse des prix spectaculaires dans les derniers instants. Il n’est pas rare, dans mon propre cas, d’acheter des billets à un prix bien inférieur à celui imprimé dessus 10 mn seulemnt avant le début du concert !!! C’est toujours mieux que d’acheter compulsivement/émotionnellement à 3-4 fois le prix…

  2.  
    Sardanapale
    August 18, 2007 | 9:12 am
     

    J’ignorais que ce système existait aussi en Europe! Excellente info, qu’il faut diffuser! Ces billets se vendent-il aux abords des salles de concert? Cela marche-t-il aussi pour les matches? Y a-t-il un risque de se voir refiler un “dud”?

  3.  
    Laglute
    August 19, 2007 | 2:09 pm
     

    Concerts oui, matchs ou F1 je ne sais pas, mais surement oui. Cela y a toujours existé de mémoire. Le risque de se faire refiler un faux
    est posible, mais d’expérience celà ne m’est jamais arrivé. De plus, il y a nombre de contrôles visuels concernant l’authenticité des billets : hologramme, contremarque etc, etc.
    La plupart des revendeurs à la sauvette sont des personnes issues de l’immigration et n’ayant pas de travail ou souhaitant améliorer l’ordinaire,
    il ne faut pas se voiler la face. L’essentiel est que chacun y trouve son compte et c’est bien là le principal. Si les billets étaient moins chers,
    alors il n’y aurait pas ce type de revendeurs car les billets seraient vendus dès les premières heures de diffusion ( sauf rareté due
    à l’offre/intérêt du public pour l’artiste ) !!! En final, on retombe bien sur le principe de solvabilité des gens.
    De plus, il faut quand même mettre le prix quand on a loupé la fenêtre de tir officielle pour acheter
    son billet et qu’il n’y en a plus. Si vous payez le prix réel du billet à 5 mn du début du spectacle, ça n’est pas très grave car vous en êtes quand
    même, et ça, ça n’a pas de prix…
    Allez faire un tour, si vous êtes sur Paris, près des grandes salles de concerts ( Rex, Zénith, Casino de Paris, Trabendo, La Cigale, Bercy ) et attendez le son de la cloche, vous serez surpris…
    Valable aussi pour la province.

  4.  
    Francis TBM
    September 3, 2007 | 1:38 am
     

    Que signifie cette antienne: “chacun y trouve son compte”? Les revendeurs sont des spéculateurs, et leurs acheteurs des personnes qui n’ont pu se procurer de billets aux billetteries officielles. La raison pour laquelle, dans 90% des cas, ils n’ont pu se procurer des billets est que ceux-ci avaient été vendus aux spéculateurs.

    Ces revendeurs à la sauvette font donc “profiter tout le monde” d’une solution à une crise pénurique qu’ils ont eux-mêmes délibérément créée. La doxa libérale de l’Economist s’exprime ici à contre emploi: elle vole à la défense de la rapine manipulatrice et du monopolisme.

  5.  
    Francis TBM
    September 3, 2007 | 1:59 am
     

    Il est amusant de trouver votre devise sur le capitalisme et le communisme (celle qui cite Coluche), en chapeau d’un article qui fait l’apologie du marché noir, dont la vente à la sauvette n’est qu’une manifestation.

    Le marché noir est étranger au capitalisme sain, en revanche, il était le lot quotidien en régime soviétique qui, assaisonné de corruption, a toujours accompagné l’économie socialiste. Les pénuries artificielles et leurs profiteurs ont été, et sont toujours, le syndrome d’un système manipulé qui s’oppose en tout aux principes philosophiques qui sous-tendent le capitalisme.

    Vous devriez y réfléchir avant de vous emballer pour la première salade venue que vous sert dans la presse anglo-saxonne.

  6.  
    July 6, 2010 | 12:12 am
     

    merci pour cette traduction

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