Sardanapale

Posted on Monday 6 August 2007

The oil curse

It is a truth universally acknowledged that oil never made a country rich.

Just a look at the list of OPEC members: not a single industrialized, or even half-way developed nation, is on it.

On the other hand, no country ever emerged from poverty through oil.

I’m not sure I how many barrels South Korea produces, but it can’t be that many.

The reasons behind what economists call “the oil curse” have been abundantly analyzed.

The stuff fosters idle dependency on easy money, artificially boosts consumption and currencies, entrenches predatory ruling castes, etc.

“I call petroleum the devil’s excrement. It brings trouble… Look at this madness—waste, corruption, consumption, our public services falling apart. And debt, debt we shall have for years.”

Thus spoke Juan Pablo Pérez Alfonso, a Venezuelan founder of OPEC, during the oil boom of the mid-1970s. Three decades later, his words adequately describe Chavez’s “Bolivarian Republic”.

Wealth has always come from working, not from striking gold. All the bullion of the Americas did not help Spain one bit: it held it back for centuries. All that is well known.

But those seeking recent hard date on the oil curse should read Stephan Faris’s article on foreignpolicy.com.

He quotes, among others, Oxford economist Paul Collier, who has written a study on the historical relationships between commodity prices and economic growth in Africa.

Writes Collier:

“Generally these increases in commodity price produce short-term effects that are positive. And then the long-term effects are just dreadful.”

Thus Nigeria is said to have lost almost $400bn to waste and corruption since it began pumping oil in 1960.

An African giant, Nigeria had a decent income per head well into the 1970s; now it is one of the poorest and most mismanaged countries in the world.

The latest case of crude-induced decline in Africa is Chad.

Ten years after the country struck oil, the only section of its population that is richer is President Idriss Deby’s clique (admittedly, Deby’s dictatorship is not shored up solely by oil: French support also helps.)

Faris points out that since construction on the pipeline began in 2000, Chad has dropped from 167 to 171 on the United Nation’s Human Development Index.

As he concludes, the only glimmer of hope in Africa comes from Gabon (another friend of France, incidentally)

The country will run out of oil in the not-too-distant future.

This is bad news for President Omar Bongo and his oily cronies, but could be good news for the other Gabonese.

Note: Faris’s article is here.

Misère noire

Le pétrole, on le sait, n’a jamais enrichi un pays.

Il suffit de regarder la liste des membres de l’OPEP: pas un seule nation industrialisée, ou même à moitié développée, n’y figure.

A contrario, aucun des pays qui se sont tirés de la pauvreté ne l’a fait par le pétrole. Je ne sais pas combien la Corée du Sud produit de barils, mais ça ne doit pas faire beaucoup.

Les raisons de ce que les économistes appellent la “malédiction pétrolière” ont été abondamment analysées: découragement du travail, stimulation artificielle de la demande et de la devise, renforcement d’un État prédateur, etc.

“Le pétrole, j’appelle ça l’excrément du diable… Ça ne rapporte que des emmerdements,” s’est exclamé un jour Juan Pablo Pérez Alfonso, l’un des fondateurs vénézuéliens de l’OPEP.

“Regardez cette folie: le gaspillage, la corruption, et nos services publics en déliquescence. Et la dette, nous la garderons pendant des années.”

Trente après ces paroles, elles décrivent parfaitement la “République bolivarienne”. La raison est en que la richesse est toujours venue du travail, pas du sous-sol.

L’or noir a les mêmes effets aujourd’hui que l’or jadis: tout le métal des Amériques n’a en rien aidé une Espagne qui s’est endormie pendant quatre siècles.

Tour cela est bien connu. Mais ceux qui souhaitent une mise à jour chiffrée sur la malédiction liront avec intérêt l’article de Stephan Faris sur foreignpolicy.com.

Il cite, entre autres, un universitaire britannique, Paul Collier, qui a étudié le lien entre le prix des matières premières et la croissance en Afrique. Dixit Collier:

“En général, la hausse des cours produit des effets positifs à court terme. Mais les effets à long terme sont désastreux.”

Ainsi le Nigeria aurait perdu 400 milliards de dollars en malversations diverses depuis la découverte de sa “manne pétrolière” en 1960.

La Nigeria, géant africain qui jouissait encore d’un PIB par tête honorable dans les années 1970, est aujourd’hui un des pays les plus démunis et les moins bien gouvernés du monde.

Le dernier cas en date de paupérisation aux hydrocarbures est le Tchad, qui pensait avoir touché le jackpot lorsque des gisements furent découverts sur son territoire dans les années 1990.

Dix ans plus et plusieurs milliards de petrodollars plus tard, la seule partie de la population tchadienne à s’être enrichie est le clan du Président Idriss Déby (dont la dictature, je le concède, n’est pas simplement maintenue par le pétrole, mais aussi par la France.)

Entre 2000 et aujourd’hui, le Tchad a chuté dans l’indice du développement humain de l’ONU de la 167e à la 170e place.

Come l’indique Faris, la seule lueur d’espoir en Afrique se situe au Gabon (autre république banano-pétrolière amie de Paris, pas ailleurs).

Son sous-sol est en passe de s’épuiser: une mauvaise affaire pour Omar Bongo et sa clique huileuse, mais les autres Gabonais y trouveront peut-être leur compte.

Note: l’article de Faris est ici.

Sardanapale @ 9:23 am
Filed under: Economy and trade
  1.  
    August 7, 2007 | 5:16 am
     

    Le pétrole c’est de l’argent facile et l’argent facile il n’y a rien de pire pour une économie i.e. ça ne pousse pas les pays vers la voie de l’innovation.

    Israël, un pays construit sur un tas de pierre sans la moindre ressource naturelle, est aujourd’hui un pays prospère du car leur économie est basée sur les haute-technologie.

    Au Québec nous avons déjà eu un chanteur qui disait: “la meilleure façon de tuer un homme c’est de le payer à ne rien faire”.

  2.  
    Sardanapale
    August 7, 2007 | 8:34 am
     

    Merci David: effectivement, le développement d’Israël illustre bien l’idée que l’enrichissement vient de l’épargne et du travail. Cette idée très simple est aussi illustrée par la fable de La Fontaine “le laboureur et ses enfants”.

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