Sardanapale

Posted on Friday 13 July 2007

Sarkozy, statist reformer

Nicolas Sarkozy expanded yesterday on the “intellectual and moral reform” he has in mind for France.

In a sop to modernizers to who helped elect him (i.e. people like me), the president vowed to tackle the “unfair privileges and conservative attitudes that are blocking the forward movement of society”.

But, Sarkozy hastened to add, the last thing he wants to do is undermine the supremacy of the French state:

“You can be as liberal as you like, you can attach a lot of value to personal initiative, to the market, to competition, you can place freedom above everything…

But you cannot imagine France without a strong state…

Whether you like it or not, it’s a fact that many of the greatest things achieved in France have been done by the state or with its help.

It has always been in France one of the levers of modernisation and progress…

It is no coincidence that state reform has always preceded any great public undertaking in France.”

In short: if there is hope, it lies in officialdom.

Don’t get me wrong. I’m all for a strong state that enforces laws (especially when labor thugs block roads or seize ships).

But France is not like Somalia or Afghanistan.

The main threat is not anarchy.

On the contrary, it is the most heavily administered country in the developed world.

Every significant improvement in French society in the past quarter-century – from the advent of private broadcasters to mobile phones, and opening up to other European countries – has meant a retreat by government.

If the state had retained its stranglehold on electronic networks, the French would still be hunched over minitel machines.

I’m not giving up on Sarkozy quite yet – he’s only been in office for two months. But my main hope now lies in the thought that, like most politicians, he may not mean what he says.

Vive la réforme, vive l’État

Sarkozy s’est expliqué sur la “réforme intellectuelle et morale” qu’il prépare.

Les libéraux apprécieront la référence à Renan. Ils salueront aussi l’appel à une “remise en cause des rentes de situation, des privilèges indus, des conservatismes qui bloquent l’élan de la société vers l’avenir”.

Mais qu’on se rassure – il n’est surtout pas question pour Sarkozy de remettre en cause le rôle de l’État:

“On peut être aussi libéral que l’on veut, on peut attacher beaucoup de prix à l’initiative individuelle, au marché, à la concurrence… Mais on ne peut pas imaginer la France sans un État fort…

Qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse, il est un fait que beaucoup de ce qui s’est fait de plus grand en France a été fait par l’État ou grâce à lui. L’État a toujours été en France l’un des leviers de la modernisation et du progrès…

L’État a toujours été en France le catalyseur de toutes les réformes intellectuelles et morales (décidément, Sarkozy y tient!) et de toutes les révolutions des mentalités qui permettaient de rompre avec la fascination du passé pour apprendre à penser l’avenir.”

Soit. Moi aussi je suis pour un État fort – qui fasse par exemple respecter la loi quand les gros bras de la syndicratie barrent les routes ou s’emparent de ferries.

Mais dans un pays qui a connu le gaullisme immobilier, l’affairisme mitterrandien, le gouffre du Concorde, le scandale du Crédit Lyonnais, le naufrage de la Sécu, dans un pays croulant sous les impôts et le poids d’une administration pléthorique, le réformisme est incompatible avec le culte de la puissance publique.

Toutes les modernisations en France depuis un quart de siècle se sont faites par un recul de l’État – des radios libres aux privatisations, de la liberté des changes à l’ouverture à l’Europe.

Si l’État avait gardé son monopole sur les réseaux électroniques, nous en serions encore au minitel.

Quand on parle de réformer en conservant un État puissant, je comprends qu’on ne veut pas réformer.

Certes, il est encore trop tôt pour lâcher Sarkozy. Il me reste un espoir: comme beaucoup de politiciens, il ne pense peut-être pas ce qu’il dit.

Sardanapale @ 10:30 am
Filed under: France

1 Comment for 'Sarkozy, statist reformer'

  1.  
    rocardo
    July 14, 2007 | 11:03 pm
     

    Il semblerait qu’Henri Guaino ne soit pas seulement la plume de Sarkosy,mais aussi son cerveau.

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