Sardanapale

Posted on Wednesday 6 June 2007

Blair on terrorism

Below is what Tony Blair had to say on a key issue of our time in a valedictory essay published by The Economist this week. I’ll miss this man.

“I fear the world, and especially a large part of Western opinion, has become dangerously misguided about this threat (of terrorism).

If there was any mistake made in the aftermath of September 11th, it was not to realize that the roots of this terrorism were deep and pervasive.

Removing the Taliban from government seemed relatively easy. Removing their ideology is so much harder.

It has been growing for over a generation. It is based on genuine belief, the believers being people determined to outlast us, to be indefatigable when we are weary: to be strong-willed and single-minded when we have so many other things to preoccupy us…

People make much of the fact that in each area of conflict, the extremists take a different shape.

They point to the historical absurdity of, for example, Iranian elements linking up to the Taliban. Above all, they say, their weapons, numbers and support are puny compared with ours.

This misses the central point. Revolutionary communism took many forms. It chose unlikely bedfellows. But we still spent decades confronting it.

This new terrorism has an ideology. It is based on an utter perversion of the proper faith of Islam.

But it plays to a sense of victimhood and grievance in the Muslim world. Many disagree with its methods. But too many share some of its sentiments. Its world view is completely reactionary…

In the Middle East right now, it stops progress in Iraq. It defies the attempts at peace between Israel and Palestine. It is making Lebanese democracy teeter on the brink. That is significant in itself.

But far more significant is the way in which the terrorists have successfully warped our sense of what is happening and why. They have made us blame ourselves.

We can debate and re-debate the rights or wrongs of removing Saddam. But the reality is that if you took al-Qaeda (in Iraq before Saddam’s fall) out of the conflict in or around Baghdad, without the car bombs aimed at civilians and the destruction of monuments like the Samarra Shrine, it would be possible to calm the situation.…

The truth is that the conflict in Iraq has mutated into something directly fuelled by the same elements that confront us everywhere. Yet a large, probably the larger, part of Western opinion would prefer us to withdraw.

That is the extraordinary dulling of our senses that the terrorism has achieved.

In the Palestinian question who gets the blame for lack of progress? The West. In Lebanon—a crisis deliberately provoked by, again, the same forces—who is held responsible? Israel.

In Afghanistan it is clear that the Taliban is receiving support, including arms from, again, elements of the Iranian regime. They have learned from elsewhere.

They believe if they inflict enough chaos, enough casualties of Western soldiers, we will lose the will. It will become another “mess”. And if it does, the problem will be laid at the door of the Afghan government and its Western allies.

In the past few weeks alone we have seen terrorist bombs in Morocco, Algeria, Pakistan, India, and arrests in Saudi Arabia.

Not a single major European nation is immune. In Africa, Sudan, Somalia, even in places like Nigeria where Muslims and Christians live together, terrorism is active.

There is no alternative to fighting this menace wherever it rears its head. There are no demands that are remotely negotiable. It has to be beaten. Period.”

Un vrai leader

Dans la rubrique “rien à ajouter”, je cite ces réflexions de Tony Blair, qui figurent dans un essai d’adieu publié par The Economist cette semaine.

Ce type va me manquer:

“Le monde, notamment une large part de l’opinion occidentale, se trompe dangereusement sur la menace terroriste.

Si nous avons commis une erreur après le 11 septembre, c’est de n’avoir pas compris à quel point les racines du terrorisme étaient profondes et étendues.

Il était relativement facile de se débarrasser des talibans. Se débarrasser de leur idéologie était autrement difficile.

Elle se développe depuis une génération. Elle se fonde sur une croyance sincère, et ses croyants sont bien décidés à tenir la distance, à se montrer plus infatigables que nous, à faire preuve de volonté et de constance alors que nous avons d’autres chats à fouetter…

On nous dit : les extrémistes prennent des formes diverses dans les différents théâtres du conflit. On nous dit que les talibans, historiquement, ne peuvent pas s’allier avec les Iraniens.

Et surtout, on objecte que leurs armes, leurs effectifs et leurs soutiens sont minuscules par rapport aux nôtres.

Ces objections sont nulles et non avenues. Le communisme, lui aussi, prenait bien des formes et provoquait de curieux rapprochements. Cela ne nous a pas empêché de le confronter décennie après décennie.

Le nouveau terrorisme a une idéologie. Elle repose sur une perversion de la foi légitime qu’est l’islam.

Mais elle joue aussi sur un sentiment victimaire de grief qui sévit au sein du monde musulman. Trop de gens partagent ce sentiment, même si beaucoup ne sont pas d’accord avec les méthodes.

Le terrorisme est totalement réactionnaire… Au Moyen-Orient, en ce moment, il empêche le progrès en Iraq, ainsi que le mouvement vers la paix en Israël et en Palestine. C’est déjà grave en soi.

Mais le plus grave, c’est que les terroristes ont réussi à brouiller notre lecture des événements. Ils nous donnent mauvaise conscience.

On peut débattre encore et toujours du bien fondé de la guerre contre Saddam.

Mais la réalité, c’est que si on pouvait éliminer al-Qaeda (qui était en Iraq avant la chute de Saddam) de Bagdad et sa région, il serait possible de calmer la situation….

La vérité, c’est que l’affaire iraquienne s’est transformée en conflit alimenté par les mêmes éléments qui nous combattent partout. Et pourtant une grande partie, peut-être la majeure partie, de l’opinion occidentale préfèrerait que nous nous retirions.

Voilà l’aveuglement extraordinaire que le terrorisme a provoqué en nous. Qui est responsable du manque de progrès sur la question palestinienne? L’Occident. Au Liban – où une autre crise a été provoquée par les mêmes forces – qui est fautif? Israël.

En Afghanistan, il est clair que les talibans sont soutenus et armés par des éléments du régime iranien… Ils croient qu’à force de semer le chaos et de tuer des soldats occidentaux, ils vont nous faire flancher. Cela va devenir un nouveau “bourbier”. Et s’ils y parviennent, on se retournera contre le gouvernement afghan et ses alliés occidentaux.

Ces dernières semaines, nous avons vu des attentats terroristes au Maroc, en Algérie, au Pakistan, en Inde, et des arrestations en Arabie saoudite.

Aucun pays européen n’est à l’abri. En Afrique, au Soudan, en Somalie, et même au Nigeria, où musulmans et chrétiens vivent ensemble, le terrorisme est actif.

Nous n’avons pas d’autre choix que de combattre la menace partout où elle fait surface. Aucune négociation n’est possible. Le terrorisme doit être vaincu, un point c’est tout.”

Sardanapale @ 4:46 am
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