Sardanapale

Posted on Wednesday 16 May 2007

On the banality of evil

Like everyone else (it seems) I thought The Lives of Others was terrific.

The great force of this film on the East German Stasi lies in its depiction of totalitarianism in all its grey ordinariness.

Violence in the film is never overt, but latent and interiorized.

It does not show a single being fired at Berlin Wall escapees.

There is no torture scene – only two interrogations where no one lays a hand on the suspects.

But oppression is no less crushing for being dull.

As Hannah Arendt wrote, 1930s terror does not express the true nature of Soviet totalitarianism. Its bloodthirsty madness was bound to burn itself out.

But the stultifying drabness of post-Stalinism felt eternal.

Nazism would have morphed into this softened version if it had won the war.

This phase when totalitarianism appears immutable, when time stands still, is wonderfully described by the writer Jan Zabrana – a victim and keen chronicler of communist Czechoslovakia:

“They get rid of people in silence, by dismissing them whenever they find a job. Within a few years you are worn down.

Nothing happened, but you’ve been felled. I never died, yet no life was left.”

The Lives of Others brilliantly illustrates the lifelessness of all things in the gigantic prison that was the Soviet bloc.

Sur la banalité du mal

C’est mon tour de dire du bien de La Vie des autres.

La grande qualité de ce film sur la Stasi est-Allemande, c’est qu’il décrit le totalitarisme dans toute sa grise quotidienneté.

La violence et la peur n’y sont pas montrées de façon ouverte, mais latente.

On ne voit ni gardes, ni coups de feu sur le Mur de Berlin. Nulle scène de torture – seuls deux interrogatoires où personne ne porte la main sur les suspects.

Mais l’oppression, pour être sourde, n’en est pas moins écrasante.

Comme l’a montré Hannah Arendt, la terreur des années 30 n’exprime pas l’essence du totalitarisme soviétique – sa folie sanguinaire était destinée à s’éteindre.

La normalisation post-stalinienne, en revanche, figeait les êtres dans une glaciation qui semblait éternelle.

Ce totalitarisme mou aurait sans doute été celui du nazisme 20-25 ans après la guerre.

Cette phrase où le totalitarisme paraît immuable, où rien ne bouge, est très bien décrite par l’écrivain tchèque Zabrana dans son journal:

“Ils se débarrassent des gens dans le silence, en les renvoyant de leur travail, chaque fois qu’ils en trouvent un. Ça use un homme en quelques années.

Ça écrase, ça abat définitivement et pourtant rien n’est arrivé. Je ne mourus pas, mais pourtant nulle vie ne demeura.”

La Vie des Autres illustre magnifiquement cette non-vie de tous dans la gigantesque prison que fut le bloc communiste.

Sardanapale @ 2:41 am
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