Who framed Paul Wolfwowitz?
They finally got him.
By “they” I mean the Europeans, the World Bank staff, and their cheerleaders in the media, who all wanted another Bush hawk to bite the dust.
The battle that cost him his job as the bank’s president was first and foremost a political one.
The outcry over his girlfriend was only the culmination of a struggle that has been going on ever since his nomination.
Let’s look at the facts.
Wolfowitz never sought to advance the career of Shaha Riza. It was he who, on accepting his post, alerted the bank to their relationship and the potential conflict of interest it entailed.
Far from trying to protect her, he asked to be allowed to recuse himself from any decisions regarding her future, while keeping her on the staff.
But the bank did not permit this, and ordered the president to handle her exit from the bank.
Mr Wolfowitz then proposed to second Riza to the State Department, where she would be compensated for the disruption and paid in line with her prospects at the World Bank.
The bank accepted this, only to cry foul afterwards.
Wolfowitz undoubtedly made mistakes – among them accepting dubious advice from the bank’s “ethics committee”.
But as the Wall Street Journal showed, the World Bank (like many UN agencies) is rife with nepotism and conflicts of interest that bother no one.
What was unacceptable in the eyes of Wolfowitz’s foes was not so much the promotion of his girlfriend, but the fact that he was a neoconservative and an architect of the Iraq war.
In the eyes of the Europeans who dominate the bank’s board and staff, that disqualified him from the outset.
The staff association, which spearheaded calls for his resignation, began their campaign against him long before the “Rizagate” scandal broke.
In April 2005, a survey showed that almost 90% of the staff opposed Wolfowitz’s nomination.
A day after directors confirmed his appointment, a satirical magazine produced by bank employees, reported that a moving crew had delivered items to his office, including
“a 1768 map of Iraq (with hundreds of red Xs denoting ‘WMDs,’ hundreds of black Xs denoting ‘Oil Well$,’ and one blue X denoting ‘decent sushi restaurant’) . . . a fully armed AH-64A/D Apache helicopter,” and “a ‘red phone’ with a direct line to Karl Rove.”
After his appointment, Wolfowitz committee an even more serious mistake as far the Europeans are concerned.
In line with policies initiated by his predecessor James Wolfensohn, he used aid as a lever to fight corruption in recipient countries.
In one of his first board meetings, he asked: “Why are we lending to Cambodia? It’s such a corrupt country.”
In September 2005, he blocked aid to Uzbekistan, a former US ally in the war in Afghanistan, following the Andijan massacre.
Later on, he opposed a number of projects in Kenya and India, and vetoed all World Bank aid to Chad and Congo-Brazzaville, two corrupt protégés of France.
The Europeans have nothing against “good governance”, but Wolfowitz’s zeal troubled them. It smacks of neoconservative hubris.
Wolfowitz, in addition, was apparently not a good team-player, and ignored the bank’s cosy bureaucratic culture.
In short directors felt he was on a crusade to remake the world along lines dictated by the White House.
The dispute is above all a political one, with an ethical dimension grafted on to it.
Furthermore, Wolfowitz’s enemies could count on help from the media, which blithely printed confidential material.
It was a dirty fight.
For those who want to find out more about Wolfowitz’s rough time at the bank, I recommend this article from the New Yorker - which cannot accused of neoconservative bias.
Règlements de comptes à Washington
Ils ont fini pas avoir la peau de Paul Wolfowitz.
“Ils”, ce sont les Européens, le personnel de la Banque mondiale, et leurs relais dans les media, qui voulaient “se payer” un autre faucon bushiste.
La bataille qui lui a coûté son poste est avant tout politique. Le procès en népotisme qu’on a fait à Wolfowitz n’était que le dernier acte d’une lutte qui dure depuis sa nomination. Un prétexte.
Quels sont les faits? Wolfowitz n’a pas cherché à favoriser sa compagne. Dès son arrivée à la Banque mondiale, c’est lui qui a signalé leur liaison et le conflit d’intérêt potentiel que cela posait.
Il a proposé de régler le problème en renonçant à toute décision concernant la carrière et la rémunération de son amie.
C’est la Banque qui a repoussé cette solution, et a insisté pour que lui, Wolfowitz, s’occupe de sa mutation vers un autre organisme.
Que Wolfowitz ait commis des erreurs – notamment celle d’avoir suivi, à son corps défendant, les conseils douteux du “comité d’éthique” – cela ne fait aucun doute.
Mais comme l’a montré le Wall Street Journal, la Banque mondiale (et l’ensemble des agences onusiennes) grouille d’intrigues et de conflits d’intérêts sordides sans que nul ne s’en émeuve.
La grande faute de Wolfowitz n’a rien à voir avec la promotion de son amie. Elle est d’être néo-conservateur, et un des architectes de la guerre d’Irak.
Aux yeux des Européens qui dominent le conseil d’administration et le personnel de la Banque mondiale, cela disqualifiait dès le début.
Les employés de cette institution, qui ont mené une féroce campagne pour dégommer leur patron, n’ont pas attendu l’affaire de la promotion pour lui faire savoir ce qu’ils pensaient de lui.
En avril 2005, avant même qu’il prenne son poste, un sondage montrait que près de 90% du personnel s’opposait à sa venue.
Au lendemain de la confirmation de sa nomination, un journal satirique produit par les employés listait parmi les effets personnels transportés dans son bureau les objets suivants:
“une carte de l’Irak datant de 1768 (avec des centres de X rouges marqués ‘WMD”, des centaines de X noirs marqués ‘puit$ de pétrole’, et une croix bleue marquée ‘bon restaurant sushi’)… et un hélicoptère Apache AH-64A/D.”
Après sa prise de fonction, Wolfowitz a commis une autre faute, plus grave encore aux yeux des puissances européennes.
Poursuivant dans la voie de son prédécesseur James Wolfensohn, il a fait de l’aide un outil de lutte contre la corruption.
“Pourquoi prêtons-nous au Cambodge?” a-t-il demandé au conseil peu après son arrivée. “C’est un pays tellement corrompu.”
En septembre 2005, il a bloqué l’aide à l’Ouzbékistan, ci-devant allié de l’administration Bush dans la guerre en Afghanistan, à la suite des massacres d’Andijan.
Par la suite, il a fait opposition à plusieurs projets au Kenya et en Inde, ainsi qu’à toute assistance de la banque au Tchad et au Congo-Brazzaville, deux protégés de la France où la corruption fait florès.
Les Européens n’ont rien contre la “bonne gouvernance”, mais la croisade de Wolfowitz avait un côté néo-conservateur qui gênait.
Peu collégial, le président bousculait en outre les habitudes d’une bureaucratie douillette.
Bref pour les administrateurs c’était un homme dangereux qui n’avait pas l’esprit maison, et qui prenait ses ordres auprès de Bush.
L’affaire est donc avant tout politique, et on a greffé dessus un pseudo-scandale éthique.
De plus, les ennemis de Wolfowitz ont pu compter sur la complaisance des médias, qui ont reproduit avec partialité des éléments d’une enquête qui devait être menée à huis clos.
Tout cela n’est pas bien joli.
Ceux qui veulent en savoir plus sur les rapports tendus de Wolfowitz avec la Banque mondiale liront avec intérêt cet article du New Yorker (d’où j’ai tiré de nombreux faits et qu’on ne peut soupçonner de partialité bushiste).
Sur le même sujet, je recommande cet excellent billet de notre ami François Brutsch.