Sardanapale

Posted on Thursday 22 March 2007

What went wrong?

The Economist has this (correctly) bleak assessment of Jacques Chirac’s legacy:

“On entering the Elysée Palace, Mr Chirac inherited a restive country, with high unemployment, mounting debt, a disoriented electorate and a sense of political stagnation.

Twelve years later, having announced his decision not to run again, the 74-year-old Mr Chirac bequeaths to his successor a restive country with high unemployment, mounting debt, a disoriented electorate and an even more intense sense of political stagnation.”

Why did Chirac fail? The Economist, I think, hits the nail on the head again:

“(H)e has come to embody the non-confrontational, risk-averse approach to governing the country that, in many ways, has characterised French political leadership for the past quarter of a century.

This manner of government is neither clearly to the right, nor to the left; it shies away from conflict, and it denies the depth of the underlying problem.”

To someone living in Britain, the contrast with Tony Blair is striking.

Blair once gave a great definition of his job:

“The art of leadership is learning to take decisions. Sometimes you’re right, sometimes you’re wrong… and someone always gets angry.

When I first started in politics, I wanted to please everyone. Then after a time you learn you can’t please everyone.

So you have to realize in the end that the best thing is to do what you think is right and everyone can make their judgment.”

These words would never pass Chirac’s lips. The thought would never cross his mind.

I think therein lies all the difference between a gentle failure like him and a tough leader like Blair.

Douze ans pour rien

The Economist dresse ce bilan de la présidence de Jacques Chirac:

“En arrivant à l’Élysée, Mr Chirac héritait d’un pays agité, avec un chômage important, une dette croissante, un électorat déboussolé et un sentiment généralisé de stagnation politique.

Douze années plus tard… Mr Chirac laisse à son successeur un pays agité, avec un chômage important, une dette croissance, un électorat déboussolé et un sentiment de stagnation politique encore plus intense.”

Voilà pour le constat. Pour ce qui est de la cause, The Economist va aussi à mon sens à l’essentiel:

“Chirac a fini par incarner la timidité, la peur du risque qui caractérisent la classe politique française depuis un quart de siècle.

Cette façon de gouverner n’est ni clairement à droite, ni à gauche; elle évite le conflit et nie l’ampleur des problèmes latents.”

Vu de Grande-Bretagne, cette démarche tranche avec celle de Tony Blair, qui donna un jour une définition admirable de son travail.

“On apprend l’art de gouverner en prenant des décisions.

Parfois on a raison, parfois on se trompe. Mais quoi qu’il arrive on fera des mécontents.

Quand j’ai commencé en politique, je voulais plaire à tout le monde.

Et puis, avec l’expérience, on apprend qu’on ne peut pas plaire à tout le monde.

On finit par comprendre que la meilleure chose, c’est de faire ce qui nous nous paraît juste et de laisser les autres penser ce qu’ils voudront.”

On n’a jamais entendu Chirac tenir un tel langage. L’idée même ne lui viendrait jamais à l’esprit.

Je crois que toute la différence entre lui et un leader comme Blair vient de là.

Sardanapale @ 11:11 am
Filed under: France

7 Comments for 'Chirac’s legacy: 12 ans pour rien'

  1.  
    Stephane
    March 23, 2007 | 9:45 am
     

    En regardant les candidats à la présidentielle, on se rend compte que:
    - Mme Royal ne prend plus de risque comme l’an passé et se contente de recycler le vieux programme du PS,
    - Bayrou veut reformer avec les syndicats en gouverant au centre. Sa prestation à l’education nationale (zéro réforme) nous donne un aperçu de ce qu’il peut accomplir avec sa methode.
    - Sarkozy, malgré tous ses défauts centralisateurs, semble celui qui a pris le plus de risques pour enoncer des verités pas jolies à entendre. Même durant cette campagne, il n’a pas reculé sur l’intitulé du ministère de l’Immigration et de l’identité nationale. Cela me porte à croire que c’est celui qui aura le plus de courage pour changer les choses, même s’il y aura des erreurs.

  2.  
    March 23, 2007 | 9:08 pm
     

    [...] Rien à rajouter [...]

  3.  
    Sardanapale
    March 24, 2007 | 3:30 pm
     

    Pour Stéphane: nous sommes d’accord. J’ai d’ailleurs ici même déclaré mon soutien (un peu résigné) pour Sarkozy
    http://www.sardanapale.com/2007/02/26/the-benefit-of-the-doubt-sarlozy-helas/

  4.  
    Stephane
    March 24, 2007 | 5:27 pm
     

    Je me rappelle ton article. Je voulais juste te conforter dans ton soutien avec une analyse un brin plus enthousiaste.

  5.  
    Charles'
    March 25, 2007 | 11:33 am
     

    1968 a émasculé la France politique. La peur de la secousse révolutionnaire est latente, elle ouvre sur toutes les compromissions et a donné à “la rue française” une place unique en Europe. J’étais en Asie et en Russie au moment où les banlieues brûlaient. Les gens me demandaient pourquoi il n’y avait pas de morts en France pendant les émeutes. Tout est là, il s’agit d’un rituel rôdé qui garantit l’immobilisme. Pas d’une confrontation.

  6.  
    Oppossum
    April 9, 2007 | 1:26 pm
     

    Erreur totale.
    C’était difficile de faire mieux , avec des français aussi contradictoires .La grosse différence entre Blair et Chirac c’est qu’ils ne gouvernent pas le même pays, si tu vois ce que je veux dire. Il est vrai que c’est un piètre stratège.
    Il laisse le pays sur un petite pente, mais qui va dans la bonne direction (avec le gachis énorme du référendum : peut-on lui reprocher d’avoir choisi la voie du référendum?). Ses echecs ont une certaine pédagogie : la tribu France est mis en face d’elle même.
    Il semblerait qu’elle se cherche une porte de sortie différente.

  7.  
    Sardanapale
    April 19, 2007 | 2:25 pm
     

    Réponse à Oppossum (tardive pour cause de vacances): je concède que le peuple français porte une lourde responsabilité, et que Chirac reflète l’antilibéralisme de la nation. Je concède aussi que des réformes ont été amorcées depuis quelques années: notre ami alcofibrasanier a ici fait de judicieuses remarques dans ce sens, et j’ai moi-même salué le regretté CPE.

    Mais un dirigeant, c’est fait pour diriger et surtout pour éduquer. Je souscris avec l’analyse de Baverez dans son dernier libre, qui soutient que le peuple français n’est pas aussi hostile aux réformes que les politiciens semblent le penser, et qu’il peut “handle the truth”. En tout cas je remercie Oppossum du commentaire et serai très heureux de poursuivre avec lui cet amorce de dialogue.

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