Posted on Thursday 15 March 2007
Reductio ad Stalinum
An afterthought on the issue of the French government’s agreement to build a branch of the Louvre Museum in Abu Dhabi – which has outraged the French art world.
Françoise Cachin, honorary director of French museums and a prominent signatory of a petition entitled “Museums are not for sale”, drew an intriguing parallel during a recent radio show:
“As far as I am aware, there are only two precedents in Europe for the decision to sell works from museums: Lenin in the 1930s and Hitler during the war. Those are the only two cases. I am not proud to be French right now.”
Let’s not dwell on the fact that Lenin was long dead by the 1930s and assume she meant to say “Stalin”.
As far as museum policy is concerned, Mrs Cachin suggests the equation:
French culture minister = Stalin (or Lenin) = Hitler
The first term can be easily laughed away, but the second signals an interesting move towards historical awareness on the part of a member of the French artistic left.
Progrès de la conscience historique
Retour sur le projet de Louvre-Abou Dhabi.
Françoise Cachin, directeur honoraire des Musées de France et signataire de la pétition “Les musées ne sont pas à vendre”, a esquissé une croustillante comparaison au micro d’Alain Finkielkraut samedi dernier:
“Les seuls cas que je connaisse en Europe de politiques qui ont pris la décision de vendre des œuvres des musées, il y en a deux: c’est Lénine dans les années 30 et c’est Hitler pendant la guerre. Ce sont les deux seuls cas. Je ne suis pas fière d’être française en ce moment.”
Passons sur le fait que Lénine est mort bien avant les années 30: je suppose qu’elle voulait dire “Staline”.
S’agissant de politique des musées, Mme Cachin suggère donc l’équation:
Renaud Donnedieu de Vabres = Staline (ou Lénine) = Hitler
Si le premier terme a quelque chose de burlesque, le second mérite d’être salué comme un progrès de la conscience historique de la part d’une personnalité de la gauche culturelle française.
C’est surtout – et ça reste – une comparaison débile, non ?
Ça dépend de laquelle on parle. La comparaison entre Hitler et Staline me semble tout à fait valide.
Mais celle entre ces deux personnages et le ministre de la culture (le principal parallèle que Mme Cachin voulait établir en matière d’oeuvres d’art), alors là je suis d’accord. J’ai employé l’adjectif “burlesque”, mais “débile” me semble tout aussi approprié.
;-)
Je pensait bien évidemment à la seconde comparaison ;)
Cet article de l’Humanité éclaire ce billet de manière savoureuse.
LA FEMME DU JOUR FRANÇOISE CACHIN
Celle qu’on appelle ” la Dame d’Orsay ” s’en va. Après sept années de bons et loyaux services à la direction des Musées de France, Françoise Cachin prend sa retraite. Elle passe le flambeau à une autre femme : Francine Mariani-Ducray.
” J’appartiens à une génération qui a été extrêmement gâtée ” souligne l’historienne parisienne, devenue par hasard conservatrice de musée. Tout semble lui sourire. Tout le monde n’a pas eu deux illustres grands-pères : le peintre Paul Signac et le dirigeant communiste Marcel Cachin. Après des études de philo, le cour de Françoise Cachin balance vers l’histoire de l’art. Et puis un jour, l’universitaire passe sans y croire le concours des conservateurs de musée. C’était en 1966. Ainsi débarque-t-elle d’abord à la tête du Musée national d’art moderne. En 1978, elle quitte soulagée ” ce musée fondu dans un ensemble d’activités disparates ” pour Orsay. ” Une belle aventure “, dit-elle encore émue. En 1994, elle devient la première femme à prendre la tête des Musées de France. Et c’est avec un bilan au beau fixe, que cette dame de grand talent, retourne à ses premières amours : la recherche.
F. B.
Merci à Harald. Au rique d’être lourdingue, je précise que j’employais l’expression de “progrès de la conscience historique” avec ironie.