Staying cool on climate change
Radicalism, I have noted again and again, can be a remarkably conservative force.
“Activists” often reject calm, sensible reform, as though they preferred a status quo they can panic about.
Jonathan Rauch’s latest column nicely illustrates this feature of modern politics in relation to global warming.
We are, it is true, being bombarded with calls for urgent action.
“We can’t wait the five years it took to negotiate Kyoto,” British Prime Minister Tony Blair said last year.
David Cameron, his conservative rival (and imitator), is trying to out-radicalize the government: “Are we going to act before it’s too late?” he asked recently.
We are getting the same message from activists, journalists, rock stars, and work colleagues: it is five minutes to midnight, and the time to move to avert catastrophe is NOW.
But such hand-wringing is pointless.
Most of those calling for immediate cuts in greenhouse gas emissions and drastic curbs on growth won’t give up driving cars or eating meat.
And as Rauch argues, the apocalyptic warnings ignore the true nature of the challenge. Man-made climate change is real, but it is a manageable, long-term problem.
Carbon dioxide both accumulates and dissipates in the atmosphere over decades.
Stabilizing greenhouse gases “is like turning an aircraft carrier, only much slower,” Rauch writes.
If we stopped emitting any CO2 today, the earth would continue to get warmer for decades to come.
Far being worrying, this means that the solutions also lie in the long term.
Right now there is no substitute for many dirty industries: stopping them immediately makes no sense.
New technologies in the electricity sector typically take 20 to 25 years to develop, and that is our best bet.
As Rauch writes, “this argues not for passivity, and not for delay, but for gradualism”.
While technological solutions are being worked out, he adds, “adaptations” aimed at mitigating the effects of global warming are required (such as protecting coastal areas, fighting malaria, etc.)
But radicalism reject this slow-but-steady, pragmatic approach.
It wants nothing short of wrenching change, regardless of costs, aimed at eradicating the problem immediately.
This preference for do-nothing hysteria is rarely stated.
But Rauch found it explicitly expressed by an “activist” who last year wrote on gristmill.org:
“In an ideal, abstract policy debate, sure, I’d say we should boost our attention to adaptation. But in the current political situation, I don’t want to provide any ammunition for the moral cretins who are squirming frantically to avoid policies that might impact their corporate donors.”
Rauch’s comment:
“This is like denigrating HIV treatment and blocking condom distribution in order to discourage promiscuity. And it is every bit as callous and irresponsible. Where climate change is concerned, the truth… is that too many activists and politicians mistake panic for virtue.”
In general, radical politics tends to be unhelpful and sophomoric.
These traits were noted years ago by P.J. O’Rourke, who wrote these immortal lines:
“Fretting makes us important. Say you’re an adult male and you’re skipping down the street whistling ‘Last Train to Clarksville’. People will call you a fool.
But lean over to the person next to you on a subway and say, ‘How can you smile while innocents are dying in Tibet?’ You’ll acquire a reputation for great seriousness and also more room to sit down…
And worrying is less work than doing something to fix the worry. This is especially true if we’re careful to pick the biggest possible problems to worry about.
Everybody wants to save the earth; nobody wants to help Mom do the dishes.” (All the Trouble in the World, 1994)
PS: Another good expose of climate alarmism can be found here.
Sornettes d’alarme
L’activiste moderne, je l’ai souvent constaté, est un champion de l’inaction. La préservation horrifiée du statu quo lui est préférable à la réforme tranquille.
Révolutionnaire dans la tête, il est conservateur dans les faits. Il déteste l’ordre établi, mais se délecte à en souffrir.
Le dernier article de Jonathan Rauch constate cette aversion à la réforme paisible dans le débat sur le changement climatique.
Certes, on nous exhorte constamment à l’action. “Nous ne pouvons pas attendre les cinq ans qu’il a fallu pour négocier Kyoto,” déclarait Tony Blair l’an dernier.
Le conservateur David Cameron, rival et imitateur de Blair, renchérit: “Allons-nous agir avant qu’il ne soit trop tard?”
Politiques, journalistes, rock stars, collègues de bureau, nous disent tous la même chose: il faut agir tout de suite pour sauver la planète de la catastrophe.
Mais cette hystérie ne débouche sur rien de concret: ceux qui demandent une réduction brutale de la croissance, voire à l’abandon du capitalisme industriel, sont eux-mêmes incapables de renoncer à la voiture ou à la viande de boeuf.
Et surtout, comme le montre Rauch, l’alarmisme est mauvais conseiller. Il note que le problème existe, mais qu’il n’est pas de nature urgente. Le gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère et s’en dissipent sur des décennies.
Si on arrêtait aujourd’hui toute émission de CO2, la terre continuera de se réchauffer pendant longtemps. La stabilisation de ces gaz est comparable à la manœuvre d’un porte avion – “only much slower”, ajoute Rauch malicieusement.
Rien de ce que nous faisons cette année n’aura une incidence notable sur le climat dans un siècle. Ce constat, loin d’être inquiétant, suggère que les solutions, tout comme les problèmes, se situent dans le long terme.
Il n’existe pour l’instant pas de technologies de remplacement pour de nombreuses industries: les abandonner tout de suite serait absurde.
Mieux vaut tabler sur un horizon de 20 ou 25 ans (le délai moyen de développement de nouvelles technologies dans le secteur électrique). Rauch ne préconise ni l’inaction ni l’action différée, mais le gradualisme.
En attendant des solutions technologues définitives, ajoute-t-il, il faut renforcer les “adaptations” visant à mitiger les effets du réchauffement (protection des zones côtières, lutte contre la malaria, etc.)
L’activisme radical rejette un tel pragmatisme. Il réclame un changement brutal, à n’importe quel prix, qui emporte le mal une bonne fois pour toute, ou rien.
Cette prédilection pour l’immobilisme catastrophé est rarement admise explicitement. Mais Rauch en a trouvé l’expression claire et nette dans le commentaire d’un activiste sur gristmill.org.
Les adaptations sont très bien dans l’abstrait, dit-il, mais dans le débat actuel elles sont à rejeter car elles apportent de l’eau au moulin des odieux capitalistes qui veulent se soustraire aux mesures radicales nécessaires (citation en regard).
Commentaire de Rauch:
“Cela équivaut à s’opposer au traitement contre le VIH et à la distribution de préservatifs pour décourager la promiscuité sexuelle. Et c’est tout aussi irresponsable. En ce qui concerne le changement climatique la vérité… est que trop d’activistes confondent panique et vertu.”
Le choix de la jérémiade impuissante qui nous dispense d’action pratique est une donnée de base de la politique moderne.
Elle a été notée par plusieurs commentateurs, dont Régis Debray (il lui arrive d’avoir raison) qui écrivait à propos des intellectuels français:
“N’y a-t-il pas, sous l’ostentation des remontrances, quelque indifférence profonde au réel et plus encore à ses transformations possibles?… On ne se met pas en état d’agir sur le réel quand on dédaigne ses tenants et ses aboutissants?” (I.F., suite et fin, 2000)
Celui qui a le mieux exprimé cette idée est sans aucun doute P.J. O’Rourke:
“Il est plus facile d’être angoissé que de trouver un remède à notre angoisse. C’est particulièrement le cas si vous prenez soin de choisir le plus sujet d’inquiétude le plus énorme possible.
Tout le monde veut sauver la planète. Personne ne veut aider maman à faire la vaisselle.”
PS: pour une autre critique de l’arlarmisme climatique, je recommande ce bon papier de la BBC.