Sardanapale

Posted on Monday 15 January 2007

Corporate anti-capitalism rides again

Marks & Spencer has announced a five-year “eco plan” designed to curb carbon emissions and boost the income of poor farmers.

“We’re going to change the way in which we do business”, M&S chief executive Stuart Rose told BBC radio.

So obviously, for Rose, the current way the British retailer does business is wrecking the environment and keeping third-word farmers in poverty.

The main aspects of the M&S plan highlighted by Rose in the interview were:

- Using “Fairtrade cotton” garments made in “ethical factories”;

- Encouraging foods made in the UK in order to reduced air freight.

This scheme is rooted in what I have called corporate anti-capitalism – the growing acceptance by business of the premise of the anti-capitalist lobby, that private profits have no social benefits, only costs.

The “eco plan” is purely ideological and will not work. To understand why I recommend The Economist’s special report on “ethical foods” published last month.

I will quote the main conclusions on Fairtrade and local produce:

“Fairtrade food is designed to raise poor farmers’ incomes. It is sold at a higher price than ordinary food, with a subsidy passed back to the farmer.

But prices of agricultural commodities are low because of overproduction.

By propping up the price, the Fairtrade system encourages farmers to produce more of these commodities rather than diversifying into other crops and so depresses prices—thus achieving, for most farmers, exactly the opposite of what the initiative is intended to do.

And since only a small fraction of the mark-up on Fairtrade foods actually goes to the farmer—most goes to the retailer—the system gives rich consumers an inflated impression of their largesse and makes alleviating poverty seem too easy.

Surely the case for local food, produced as close as possible to the consumer in order to minimise “food miles” and, by extension, carbon emissions, is clear? Surprisingly, it is not.

A study of Britain’s food system found that nearly half of food-vehicle miles (ie, miles travelled by vehicles carrying food) were driven by cars going to and from the shops.

Most people live closer to a supermarket than a farmer’s market, so more local food could mean more food-vehicle miles. Moving food around in big, carefully packed lorries, as supermarkets do, may in fact be the most efficient way to transport the stuff.

What’s more, once the energy used in production as well as transport is taken into account, local food may turn out to be even less green. Producing lamb in New Zealand and shipping it to Britain uses less energy than producing British lamb, because farming in New Zealand is less energy-intensive.

And the local-food movement’s aims, of course, contradict those of the Fairtrade movement, by discouraging rich-country consumers from buying poor-country produce.

But since the local-food movement looks suspiciously like old-fashioned protectionism masquerading as concern for the environment, helping poor countries is presumably not the point.”

Le plan quinquennal de Marks & Spencer

Le plus inquiétant dans le virus altermondialiste qui prolifère un peu partout (pas seulement en France), c’est que l’un des principaux foyers d’infection est… le patronat.

J’ai déjà déploré ici ce que j’ai appelé l’anticapitalisme d’entreprise – l’acceptation militante par les grandes sociétés, notamment les multinationales, de l’idéologie altermondialiste.

On peut résumer cette idéologie ainsi: la recherche du profit par les acteurs économiques n’engendre aucun bénéfice, mais des coûts, pour la société.

Le dernier exemple d’antilibéralisme patronal est l’annonce par Marks & Spencer d’un “eco-plan” par lequel le distributeur britannique entend contribuer au développement du tiers-monde et à la sauvegarde de la planète.

“Nous allons changer la façon dont nous conduisons nos affaires,” déclarait le directeur de Marks & Spencer, Stuart Rose, au micro de la BBC lundi matin.

Le postulat de cette assertion est que la façon dont M&S conduit ses affaires actuellement mène l’humanité et son environnement à la ruine.

Dans l’interview à la BBC, Rose a mis l’accent sur deux grands aspects de son “eco-plan”:

- Utilisation de produits en coton “Fairtrade”, afin de mettre un terme à l’exploitation des agriculteurs des pays pauvres;

- L’approvisionnement local: il s’agit de décourager les Britanniques de consommer des produits venus d’autres pays, dont le transport aérien est une source de gaz à effet de serre.

Sans douter de la sincérité de M&S, on peut dire que ces mesures feront parler du groupe, mais ne contribueront en rien aux objectifs vertueux qu’il vise.

Or comme l’a noté The Economist dans une remarquable enquête le mois dernier sur les “nourritures éthiques”, Fairtrade (qui consiste à faire payer au consommateur un surcoût destiné, en principe, aux producteurs démunis) accroît la pauvreté en aggravant la surproduction qui est à la source des prix bas des denrées.

Quant à la préférence pour les produits locaux, loin de diminuer l’énergie consacrée au transport (”food-miles”), elle l’augmente!

Pour les détails, je renvoie au résumé que The Economist a fait de ses conclusions sur ces deux points – reproduit dans la colonne de gauche – ou, mieux encore, à l’intégralité de l’enquête.

Il est d’autre part déplorable que ni la BBC, ni à ma connaissance aucun autre organe de presse ayant couvert l’annonce de M&S, ne se soit fait l’écho de ces réserves pourtant fondées sur des faits et des arguments solides.

Certains journalistes ont mis en cause la résolution du groupe à mettre en place l’”eco-plan”, pas le dispositif en lui-même.

La raison en est que les media sont encore plus contaminés par le virus altermondialiste que le patronat.

Les organes d’information acceptent la dernière resucée de l’idéologie communiste du XIXe siècle – à savoir que les problèmes du l’humanité sont fondés sur la recherche du profit – et ceci malgré les plus cinglants démentis fournis par les faits au XXe.

PS: à ce titre, il est à noter que l’”eco-plan” de M&S est un plan quinquennal!

Sardanapale @ 2:50 pm
Filed under: Economy and trade

2 Comments for 'Corporate anti-capitalism rides again – le plan quinquennal de Marks & Spenser'

  1.  
    January 18, 2007 | 7:35 pm
     

    C’est intéressant.
    Au cours des années 80 et 90, les multinationales recherchaient des performances “convaincantes” (pour les analystes, pour les consommateurs, pour leurs actionnaires, pour leur personnel). Aujourd’hui, elle recherchent des performances “séduisantes”, en s’incrivant ainsi dans le grand mouvement de féminisation occidental.
    La montée en puissance des grandes entreprises russes, chinoises ou indiennes marqueront vite la limite de cette tendance.

  2.  
    Zilch
    February 13, 2007 | 6:40 pm
     

    si l’ampleur “mouvement” Fair Trade ne peut etre nié, j’ai tendance a croire que les grandes compagnies s’y mettent principalement parce que ce label est tres prisé par les clients, et qu’ils ont donc de justeux profits a en tirer. Faire payer le prix fort a des gauchistes pour soigner leur conscience, voila un joli coup de poker.

    quand aux consequences sur les pays producteurs, le probleme reel est a mon avis que la politique Fair Trade entraine des investissements pour une activité economique qui ne sera peut etre pas durable.

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