Sardanapale

Posted on Sunday 24 December 2006

Church v state

Christians are getting murdered on a regular basis in Iraq and attacked in the rest of the Middle-East. Whose fault is it?

The Archbishop of Canterbury, Rowan Williams, blames American and British leaders who, he points out, stoked sectarian hatred by invading Iraq.

“What we have seen in the last year or so in Iraq has been attacks on Christian priests, the murder of some Christian priests, and the massive departure of large numbers of Christians from Iraq,” he said.

“The situation has got worse since Saddam fell.”

Although Williams does not exonerate the Islamists totally, he states that the main culprits are Western leaders who put Christians in the region in harm’s way by ignoring warnings that they “would be seen as supporters of the crusading West.”

This attempt to play down the role of religious fanaticism is interesting.

Next time a terrorist attack in the West triggers reprisals against local Muslims, I wonder if the archbishop’s message will be:

“Bombing mosques is wrong. But those responsible for such attacks are the ones waging holy war against Christians.”

Somehow I doubt it: devout progressives are calling for moderation – on one side only.

Incidentally, Williams’ statement that “for several centuries there’s been a tradition of pluralism and co-existence in a lot of Middle Eastern countries” ignores decades of persecution of Middle Eastern Christians.

In Iraq, there have been massacres of Assyrian villagers and bombing of churches – especially after independence in 1932, and under Saddam Hussein.

The main reason for the end of interfaith co-existence in the region is the not the Iraq war, but a decades-old trend towards religious and nationalist zealotry.

The archbishop’s fulminations – like the outcry over the Pope’s statement about Islam followed by his penitent trip to Turkey – confirm that Christianity is not longer able to criticise any religious group except itself.

The reason for this inability is not openness, but emptiness.

Christianity (at least in its European version) cannot find in itself the moral power to issue judgments about the world – apart from the usual bleatings against safe targets (capitalism, materialism, intolerance…)

L’archevêque se rebiffe

Les Chrétiens se font régulièrement attaquer en Irak dans le reste du Moyen-Orient. La faute à ceux qui leur tirent dessus?

Que non. D’après le chef de l’église anglicane, les premiers responsables sont les dirigeants américains et britanniques.

L’intervention en Irak, explique l’archevêque de Cantorbéry, a mis les Chrétiens du monde arabe “en danger”, car ils sont “considérés comme des partisans de l’Occident croisé”.

L’archevêque Rowan Williams n’exonère pas totalement les meurtriers qui font cet amalgame – mais enfin, s’il n’y avait pas eu agression occidentale, c’est clair, les attaques n’auraient pas lieu.

Cette relégation du fanatisme religieux à une simple réaction est intéressante.

La prochaine fois qu’un attentat terroriste en Occident provoquera des représailles contre les Musulmans locaux, je me demande si le bon archevêque nous dira:

“Bon d’accord, ce n’est pas bien de mettre des bombes dans des mosquées. Mais les responsables sont ceux qui ont lancé une djihad contre les Chrétiens.”

J’en doute, bien sûr. Pour nos pieux progressistes, le devoir de modération s’impose… d’un seul côté.

Je trouve par ailleurs curieuse l’idée de Williams selon laquelle la guerre d’Irak aurait compromis “une tradition séculaire de pluralisme et de coexistence dans de nombreux pays du Moyen-Orient”.

Cela fait plusieurs décennies que les Chrétiens du monde arabe sont victimes d’expropriations, de déportations, ou pire.

En Irak, les Assyriens et Chaldéens ont été massacrés, leurs villages et monastères détruits, après l’indépendance en 1932 et sous Saddam Hussein.

Ce n’est pas la guerre d’Iraq qui a mis fin à la coexistence pacifique en terre d’islam, mais les fanatismes nationalistes et religieux du XXe siècle.

Les fulminations archiépiscopales, tout comme l’affaire des propos du Pape sur l’Islam, confirment que la chrétienté n’est plus capable de critique, seulement d’autocritique.

La raison de cette incapacité n’est pas l’ouverture, mais la vacuité.

Vidée de ses valeurs, la chrétienté (ou en tout cas dans sa version européenne) ne trouve pas en elle la force morale d’émettre des jugements autres que des blattèrements convenus contre des cibles inoffensives (le matérialisme, le capitalisme, l’intolérance…)

Sardanapale @ 5:47 pm
Filed under: Islam andTerrorism
  1.  
    December 28, 2006 | 8:16 pm
     

    Je rentre du Moyen Orient.
    L’Islam n’est pas en perte de repères… Ils sont même permanents. Spatiaux (la Mecque est indiquée partout), vestimentaires, alimentaires, sonores (muezzin), mentaux, temporels…
    On y est baigné dans la symbolique religieuse alors même qu’on l’évacue chez nous, pire, qu’on l’accable pour ce qu’elle n’est plus…
    http://www.charlesgancel.com

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