Posted on Monday 11 December 2006
Spitting on Pinochet’s grave
International reactions to Pinochet’s death can be summed up in two sentences: “Good riddance”, and “The bastard managed to escape justice.”
I approve both comments – albeit with strong reservations.
I was always uneasy about the hatred Pinochet inspired.
For almost 20 years, blasting repression in Chile was a way of shouting down criticism of left-wing dictatorships – while the two condemnations should have gone hand in hand.
“Progressive” types were all the more vocal against the Santiago junta, as they sought to cover up the (much worse) crimes committed in Nicaragua, Cuba, and the rest of the communist world.
Another way in instumentalizing Pinochet was to turn him into exhibit A in the case against market reforms.
The privatizations, tax cuts, removal of trade barriers launched in Chile from the late 1970s were presented as proof that “neoliberalism” and dictatorship were two sides of the coin.
In fact the reverse is true: economic liberalism is freedom writ large.
The middle classes that rose in Chile on the back of growth in the 1980s eventually got rid of the old fascist.
(Curiously – but rightly – the same market reforms started in China at the same time never led anyone to equate neoliberalism with communism.)
Fascism, we must never forget, is every bit as collectivistic as communism.
Pinochet – who famously said: “Not a leaf moves in this country unless I move it” – was a control freak, an enemy of liberty and thus of capitalism.
So yes: good riddance. But for my joy to be complete, I would like to see the socialist utopia buried along with Pinochet.
On ira cracher sur votre tombe
Les réactions internationales à la mort d’Augusto Pinochet se résument à deux phrases: “Bon débarras”, et “Dommage que ce salaud aura réussi à échapper à la justice”.
J’approuve ces deux commentaires, avec de grosses réserves. Les haines que Pinochet a cristallisées ont toujours eu à mes yeux quelque chose de malsain.
Fustiger la répression au Chili eut longtemps la fonction de dispenser de l’examen critique des dictatures de gauche – alors que les deux démarches auraient dû être complémentaires.
On criait d’autant plus fort contre la junte de Santiago qu’on voulait faire oublier celles, bien plus répressives, qui sévissaient au Nicaragua, à Cuba et dans l’ensemble du monde communiste.
Autre forme d’instrumentalisation de Pinochet par la gauche: on s’est servi de des réformes libérales qu’il a engagées dès la fin des années 1970 pour faire l’amalgame entre fascisme et libéralisme.
Or les privatisations, l’ouverture des frontières et autres mesures inspirées par les “Chicago Boys” au Chili n’ont pas renforcé mais détruit la dictature: c’est la classe moyenne montante des années 1980 qui a à terme chassé le vieux facho du pouvoir.
(Curieusement – mais à juste titre – les mêmes réformes engagées en Chine au même moment n’ont jamais accrédité l’équation: libéralisme = communisme).
Il ne faut pas oublier que le fascisme, comme son frère ennemi le socialisme, est une forme de constructivisme.
Le Pinochet original est un control freak, un ennemi de la liberté et donc du capitalisme, comme le comme le montre sa fameuse phrase: “Pas une feuille ne bouge dans ce pays sans que ce soit moi qui la déplace.”
Bon débarras donc. Mais pour que ma joie soit complète, il faudrait qu’avec Pinochet, ont enterre aussi l’utopie socialiste.