# Posted on Friday 30 June 2006 - No Comments
Anti-fascism Middle-Eastern style
The Arab press is reacting with its customary restraint to Israel’s latest incursion into Gaza (aimed at rescuing a captured soldier).
Al-Hayat - the Arab diaspora’s “newspaper of record” – speaks of “genocide” and “ethnic cleansing”.
In Egypt, Al-Goumhuriya proclaims that there is “no difference between Zionism and Nazism in committing crimes against humanity”.
According to the Palestinian daily Al-Alyyam, “not only are the Israelis committing a war crime against us but they are also waging a crazed racist extermination war signed off by hands thirsty for blood and killing.”
What strikes me in these fulminations is not so much their tone, but their anti-fascist rhetoric.
Of course, there is nothing new there: Zionism is routinely equated with fascism in mosques and government circles around the Arab world.
But I wonder why fascism should be a term of insult in the mouths of the Arab world’s media, officials and Islamists.
If there is one place where the fascist forms of government is being kept alive, it is the Arab world. Early Arab nationalists had close links with fascism, and their successors in government do the tradition proud though a healthy rejection of democracy.
If there is one modern ideological trend where fascism lives on, it is Islamic radicalism. The Muslim Brothers of yore were overt admirers of European fascists and their modern Jihadist brethren – as Martin Peretz once argued in The New Republic - live and die by the battle cry of Franco’s insurgents: “Viva la Muerte!”
If there is one place where fascist conspiracy theories continue to enjoy wide media support, it is the Middle East. Where else do newspapers routinely print crude anti-Semitic cartoons in the best tradition of 1930s Germany or France? Where else did a state-run TV channel turn the Protocols of the Elders of Zion into a pupular TV show?
Don’t get me wrong: although I am opposed to fascism - as a libertarian I don’t like socialism, whether in its proletarian or national variety - my point here is not to knock it.
I am perfectly willing to accept fascism as a venerable European tradition, and the systematic clobbering of dissent as a useful political technique.
I am just surprised that fascism should be used as an insult by its most zealous modern practitioners.
What we have here is anti-fascist fascism, a curious case of an ideology rejecting its own design label and stealing the clothes of its opponents.
I fully understand why a Palestinian should be opposed to Israeli policies.
But that Hamas – a movement harbored by Syria – as well as its admirers across an Arab world that is full of tyrannies, should express their opposition to the region’s lone democracy in terms of the anti-fascist struggle is quite an Orwellian trick of mental agility.
Le fascisme honteux
À la suite de l’opération Israélienne à Gaza visant à sauver un soldat capturé, la presse arabe émet des réserves avec sa subtilité habituelle.
Al-Hayat, “journal de référence” de la diaspora arabe, parle de “nettoyage ethnique” et de “génocide”. En Égypte, Al-Goumhuriya accuse Israël de “crime contre l’humanité” et proclame qu’il n’y a “aucune différence entre le sionisme et le nazisme”.
Quant au quotidien palestinien Al-Ayyam, il estime que l’incursion est un “crime de guerre” et qu’Israël “mène une guerre d’extermination raciste signée par des mains avides de sang et de meurtre.”
Ce qui me frappe dans ces fulminations, ce n’est pas tant leur véhémence que l’omniprésence des thèmes antifascistes.
Bien sûr, il n’y a là rien de nouveau: l’assimilation du sionisme au nazisme est pratiquée tous les jours par les islamistes, les officiels, et des journalistes du Moyen-Orient.
Mais je me demande bien pourquoi, dans leur bouche, le mot de fascisme a un caractère injurieux.
S’il y a un endroit au monde où le fascisme survit, c’est dans le monde arabe. Ses premiers nationalistes ne cachaient pas leurs liens avec les fascistes européens et leurs successeurs ont conservé une saine méfiance de la démocratie et une foi de bon aloi dans la police secrète.
S’il y a une idéologie qui perpétue le culte fasciste de la violence, c’est le radicalisme islamique. Les premiers Frères Musulmans étaient fascinés par les Nazis et leurs émules djihadistes pourraient se reconnaître dans le slogan des soldats franquistes: “Viva la muerte!”
Et s’il y a des organes qui reproduisent la démonologie fasciste, ce sont bien les médias arabes. On y trouve des caricatures antijuives dignes de Je Suis Partout et en 2003 la télévision égyptienne a diffusé une adaptation des Protocoles des Sages de Sion.
Entendons-nous bien: mon propos n’est pas ici de condamner le fascisme (bien qu’étant libéral, et donc contre tous les socialismes, national ou autres, je n’y adhère point).
Je suis tout à fait prêt à reconnaître dans le fascisme une tradition politique vénérable, et dans le matraquage systématique des opposants une méthode politique qui a fait ses preuves.
Ce qui m’étonne, c’est que les continuateurs modernes les plus zélés de cette tradition soient aussi ses dénonciateurs les plus véhéments.
Phénomène curieux que ce fascisme anti-fasciste, cette idéologie qui se pare des habits de ses adversaires – ou, comme disait l’inénarrable Roland Barthes, ce personnage masqué “qui montre son masque du doigt”.
Je conçois parfaitement qu’un Palestinien condamne la politique israélienne.
Mais que Hamas - qui est abrité par la Syrie - et ses admirateurs au sein d’un monde arabe rempli de tyrannies marquent leur opposition à la seule démocratie régionale en termes de lutte contre le fascisme, voilà qui relève de la pirouette orwelienne la plus remarquable.