Sardanapale

Posted on Tuesday 23 May 2006

Nothing sinister about Italy’s left

Romano Prodi has put together the most left-wing cabinet Italy has ever known.

Out of 26 ministers, nine – including Foreign Minister Massimo d’Alema – belong to the Democratic Party of the Left (PDS), heir to the former Communist Party. Two others are “refounded” (i.e. semi-reformed) Communists.

So why is a pro-American libertarian like me shedding no tear for Berlusconi? I could mention the sleaze, the conflicts of interest, the immunity laws, and the stalled reforms.

And Bercusloni’s main achievement in my view – support for the US over Iraq – was not a decisive factor: Prodi made clear he was not going to cut and run.

Furthermore, the Italian left has drawn the lessons from the 20th century, while French left remains stuck in the 19th.

Prodi and his Economy Minister Tommaso Padoa-Schioppa understand that markets work better than state planning.

In this regard the Italian left understands things the French right doesn’t.

Even Italy’s communists, who repudiated Marxism long ago, are positively libertarian by French standards.

In 1981, at a time when the newly elected French socialists were busy “breaking with capitalism” PCI leader Enrico Berlinguer said: “The progressive force of the October Revolution has been exhausted.”

The key dimension of this aggiornamento is not economic, but ideological. Berlinguer had broken with Moscow in the 1970s.

His vision for Eurocommunism, of course, was a mirage. But Berlinguer must be commended for condemning the Soviet invasion of Afghanistan much more forcefully than any French politician (or indeed, as far as I remember, any European one).

Berlinguer’s successors completed the party’s break with totalitarianism by admitting they had been wrong.

Giorgio Napolitano, a former PCI stalwart who is now President, has repeatedly apologized for condoning Soviet repression in Europe.

In 1998 reaction within the PDS to the publication in the Black Book of Communism offered a striking contrast with responses in France.

D’Alema told a party congress: “Communism is a form of totalitarianism and was guilty of gigantic crimes.” He did not try to shelter behind the word “stalinism”, and recognised the criminal nature of communism itself.

Two years later, his PDS rival, Rome mayor Walter Veltroni, said communism and freedom were “incompatible”.

At that time Lionel Jospin, François Hollande and other French socialist leaders were busy tearing the Black Book to shreds.

Italy’s mainstream left buried Marxism long ago; France’s still refuses to acknowledge its death.

I do not idolize Prodi et al – being smarter than the French left is not exactly a great feat.

Still, these guys may be on the left, but there is nothing sinister about them. I say good luck to them.

Pour l’Italie

C’est bien la première fois que je salue l’arrivée au pouvoir d’une coalition socialo-communiste.

Car on ne peut qualifier autrement le gouvernement italien formé par Romano Prodi.

Sur ses 26 ministres, neuf – dont celui des affaires étrangères, Massimo d’Alema – appartiennent au Parti démocratique de la gauche (PDS), dernier avatar du PCI; deux autres sont des communistes pur jus.

Pourquoi, dans ces conditions, le libéral pro-américain que je suis ne regrette-t-il pas Berlusconi? Je pourrais citer pas mal de raisons: l’affairisme, les conflits d’intérêt, l’immunité, l’immobilisme…

Le principal élément que je mettais à l’actif de Berlusconi, le soutien à la campagne d’Iraq, n’était pas un facteur décisif: Prodi ne se démarquait pas de cette position.

Et puis la gauche italienne n’est pas la gauche française. Il y a belle lurette qu’elle a abandonné le marxisme.

Prodi et son ministre de l’économie Tommaso Padoa-Schioppa seraient qualifiés de “néo-libéraux” en France. En fait la gauche italienne est moins étatiste que la droite française.

Même le PDS est un modèle de libéralisme par rapport à nos socialistes. Les communistes italiens et assimilés se sont convertis à la social-démocratie depuis longtemps.

En 1981, alors que Mitterrand parlait de “rupture avec le capitalisme”, le chef du PCI Enrico Berlinguer disait: “la force progressive de la Révolution d’octobre est épuisée.”

Et surtout, cet aggiornamento économique a à sa source une mise à jour idéologique.

L'”eurocommunisme” des années 1970 prôné par le PCI était bien sûr une voie de garage – mais il faut reconnaître le courage de Berlinguer, qui en 1980 a condamné l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS avec beaucoup plus de clarté que l’ensemble de la classe politique française.

Ses successeurs, contrairement à la gauche française, ont tiré les leçons du XXe siècles et reconnu leurs erreurs.

Giorgio Napolitano, ancien cacique du PCI et nouveau président de la république italienne, a fait son mea culpa pour n’avoir pas condamné la répression soviétique en Europe.

La réaction des camarades italiens à l’affaire du Livre noir du communisme est à ce titre riche en enseignements.

En 1998, d’Alema déclarait à un congrès du parti: “Le communisme est un totalitarisme coupable de crimes gigantesques.”

UN peu plus tard son rival au sein du PDS, le maire de Rome Walter Veltroni, affirmait que le communisme et la liberté étaient “incompatibles”.

Cette lucidité, la gauche française ne l’a jamais eue: Lionel Jospin et François Hollande ont tiré sur le Livre noir à boulets rouges – des boulets rouges qu’ils continuent de traîner.

Attention : je ne suis pas un inconditionnel de Prodi et consort. Être plus intelligent que la gauche française est un exploit assez mince.

Mais enfin, ces gens-là ont beau être à gauche, ils n’ont rien de sinistre. Somme toute je leur souhaite bonne chance.

Sardanapale @ 7:53 pm
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