Posted on Thursday 23 March 2006
France’s labor pains
The new French law making it easy for employers to fire young workers has triggered mass demonstrations. A few typical comments from protesting students:
“This is going to be a big problem for French youths who are joining the job market.”
“[The plan] gives employers the power to abuse the labour market… It is simply protecting capitalist interests and selling out the youth of this country.”
But isn’t it already “a big problem” for the young in France to join the job market?
Unemployment among the 15-24 is 22%, and millions more are caught on a treadmill of subsidised short-term schemes that lead to nothing or another dead-end job.
I do not know of another country where youths find it so difficult to get on the career ladder (admittedly I have not been to Zimbabwe or Syria).
And these difficulties cannot be blamed on a system that “protects capitalist interests”. France is not a neo-liberal country buffeted by the rough winds of global markets: it is by far the most heavily administered country in the developed world.
The French state spends 55% of Gross Domestic Product every year – against less than 40% for the OECD as a whole. France’s unrestructured public sector accounts for a quarter of the workforce.
Despite half-hearted privatisations in the past twenty years, it still has a controlling stake in more than 1,000 companies, resisting a worldwide trend towards private enterprise.
The French state is particularly active in the area of employment. The Labor code – which runs 3,000 pages, with more regulations added every year – gives private sector workers virtually the same protection as civil servants.
To try to oil the wheels of such a rigid system, French governments over the years have set up the bewildering array of short-term schemes I have mentioned.
France’s outsiders are not victims of capitalism – unfortunately. They are the victims of a social system that punishes the very people it is designed to protect.
To pay for phoney job schemes the government taxes companies heavily, discouraging them from creating proper jobs and swelling the ranks of the jobless. Most crucially, the ironclad guarantees contained in the labor code are a strong disincentive for employers to take on more staff.
“We have too many constraints,” the boss of a computer service firm told me recently. “I think 10 times about creating a new position.”
It is ridiculous to argue that employers will use flexibility to fire people en masse. Firms do not hire people because they want to get rid of them. It cost money to take people on and train them.
Employers want to make money, which means they hope every venture will be a success. But if things turn sour, they want to be able to shed staff: failing that flexibility, they will not take a chance.
The government scheme (CPE) gives them that flexibility: for the first two years of employment, companies can dismiss young workers without having to give any reason.
Critics of the CPE warn against the dreaded “Anglo-Saxon” model. But such criticism is wrongheaded on two counts. Firstly, the lot of the average worker in the US or the UK is not nearly as dire as it is made out to be – which is why 700,000 French people work there.
And “Anglo-Saxon” employees enjoy the best social protection of all: the knowledge that in a healthy economy, someone who loses his job is likely to find another one soon.
Secondly, job flexibility is not an Anglo-Saxon preserve. Countries with impeccable social-democratic credentials – notably Denmark, the Netherlands, and Sweden – have greatly reduced unemployment by making labour more fluid.
Of course the CPE is not ideal. Many rightly question the rationale behind making labour more flexible for under-26 only.
But root-and-branch reform is just not going to happen, and is certainly not what the protesters are calling for.
We have to welcome a first step from a government that heretofore had not shown any commitment to either economic reason or political courage.
CPE: mode d’emploi
Propos de manifestants lambda, recueillis dans la presse:
“Le CPE va rendre créer de grosses difficultés pour les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi.”
“Les patrons auront la possibilité d’abuser du marché. Le gouvernement ne fait que protéger les intérêts capitalistes au détriment des jeunes du pays.”
Mais les jeunes ne connaissent-ils pas déjà “de grosses difficultés”.
Le chômage pour un quart des 16-24 ans, les millions de garçons et de filles trimballés de CDD en contrat aidé à la petite semaine, tout cela n’est pas rose.
Je ne connais pas d’autre pays où les jeunes galèrent autant pour trouver un travail correct (Il est vrai que je ne suis jamais allé au Zimbabwe ou en Iran).
Or ces difficultés, on ne peut pas les mettre au compte d’un système qui “protège les intérêts capitalistes”.
La France est un pays où les dépenses publiques atteignent 55% du PIB (contre une moyenne de moins de 40% pour l’OCDE), où 25% de la main d’œuvre travaille (si j’ose dire) dans un secteur public toujours engraissé et jamais dégraissé, où l’État détient encore des pans entiers de l’économie (transports, énergie, aéronautique, agence de presse…) et subventionne les autres.
Il est difficile d’attribuer les maux du pays à l’ultra-libéralisme. D’autant moins dans le domaine de l’emploi, où l’État français atteint des sommets himalayens d’interventionnisme.
Depuis 20 ans, les gouvernements successifs on accumulé les formules d’emplois assistés qui ne débouchent sur rien. Et surtout, la France a un code du travail qui fait 3,000 pages, auxquelles s’ajoutent chaque année de nouvelles réglementations. Personne n’y comprend rien, sauf une chose: l’employeur qui licencie est toujours en faute.
Les jeunes ne sont pas les victimes du capitalisme – hélas! Ils sont victimes d’un système social qui les exclut au lieu de les aider.
Ce système, en effet, est une véritable machine à détruire l’emploi. Pour subventionner les petits boulots temporaires, l’État est obligé de taxer les entreprises qui peuvent fournir du vrai travail. Et en interdisant de fait le licenciement, l’État décourage l’embauche.
Un patron de PME dans l’informatique me disait l’autre jour: “Nous avons tellement de contraintes que j’y regarde à dix fois avant d’engager quelqu’un”.
Et il est ridicule de prétendre, comme font mine de le penser les manifestants qu’un patron n’embauche que dans l’idée de virer le personnel à la première occasion. Quel intérêt aurait-il à se débarrasser de quelqu’un qu’il a dû former à ses frais?
Ce que le patron veut, c’est que l’emploi créé lui rapporte de l’argent, donc que le projet porte ses fruits. Simplement, s’il se trouve qu’il n’est pas viable, l’employeur veut avoir la possibilité de se séparer de l’employé. Faute de cette souplesse, il ne prendra pas le risque.
Le CPE donne aux patrons cette souplesse pour les jeunes. Pour la première fois, l’État français traite le chômage non par le social, mais par le marché.
Les adversaires du projet agitent l’épouvantail d’un marché inique de type “anglo-saxon”.
Cette objection ne tient pas la route pour deux raisons. D’abord, si les conditions de travail aux États-unis et en Grande-Bretagne étaient si draconiennes, pourquoi 700,000 français (dont votre serviteur) se seraient-ils installés là-bas au lieu de rester bien au chaud chez eux?
Les employés des pays “anglo-saxons” ont bel et bien des droits, et ils disposent de la meilleure sécurité qui soit: celle de savoir que s’ils perdent leur travail, il en retrouveront un autre rapidement.
Et surtout, la flexibilité de l’emploi n’est pas l’apanage des Anglo-saxons. Des pays bien socio-démocrates tels que le Danemark, les Pays-Bas, ou la Suède ont adopté cette solution, et ont vu le chômage baisser en conséquence.
Certes le CPE n’est pas parfait. Il aurait été préférable d’étendre ses dispositions à tous les salariés. Mais la France étant ce qu’elle est, c’était trop demander.
Il faut donc saluer un premier pas de la part d’un gouvernement qui ne nous avait habitué ni à la raison économique, ni au courage politique.
C’est tout le problème. Oui, les principes qui sous-tendent le CPE sont bons. Et si la multiplication des contrats ne me semble pas la panacée, ça reste un pas dans la bonne direction.
Mais la politique, ça n’est pas qu’une question d’idées, c’est aussi de la communication, c’est-à-dire l’art de vendre ses idées. Et là, Villepin a réussi à dépasser le Juppé de 1995. A se demander s’il ne l’a pas fait exprès.
Et tu n’as pas entendu Chirac qui a dit que le France est une démocratie et que la loi a été voté démocratiquement. Non ce n’était pas au guignol c’était aux vrai info !
http://cb68.free.fr/cb/emploi.php
Plusieurs choses :
1) Il n’y aucune utilité à multiplier les contrats d’embauches.
2) Non seulement ce contrat est précaire, mais il l’est bien plus que dans des pays ultra-libéraux comme, au hasard, les Etats-Unis, où on n’a pas besoin de demander à ses parents de se porter caution; où la caution, justement, ne représente généralement qu’un mois; où le propriétaire ne demande pas la photocopie des 80 dernière fiches de payes, votre statut familial, si vous avez eu ou non la grippe, etc…
3) La droite n’a nullement l’intention de créer des emplois, ça se saurait.
4) Je sais que c’est dur à entendre mais la chômage a diminué quand la gauche était au gouvernement. Depuis le changement de majorité, on se retrouve avec un chômage qui diminue mais un plus grand nombre de rmistes, chercher l’erreur.
5) La droite a fait plus de dépenses que la gauche depuis qu’elle est au gouvernement.
Vérifiez la dette publique (à ne pas faire si vous êtes sensible, perso, j’en dors plus la nuit). Les dépenses n’ont pas été faites pour des acquis sociaux mais pour les petits cadeaux aux entreprises, font bien payer les frais de campagnes.
6) J’ai l’impression qu’on part de plus en plus du principe que seule les entreprises crée des emplois alors que ce n’est pas le rôle d’une entreprise, justement, son rôle c’est de créer des richesses et faire des bénéfices. Ça ne me gêne pas mais qu’ils le disent au moins, au lieu de prétendre le contraire. De plus, il est nécessaire d’avoir un contrepoids en face, c’est à dire un secteur qui n’est pas là pour créer des richesses, ni même faire des bénéfices, mais rendre des services. C’est grâce à ce service public qu’on a peu de frais médicaux et des bus pour pas cher. Et je signale au passage que le trou de la sécu avait baissé lorsque la gauche était au pouvoir. Je sais, on va me ressortir que c’est la croissance. Le beau hasard.
7) (je suis pas trop long ?) La France si embourbée dans son terriblement lourd service public engorgé d’une pléthore de fonctionnaires incompétents a déjà vendu : Télécom, Edf, les autoroutes, bientôt sncf, pas la police ni la gendarmerie par contre, étonnant. Personnellement j’ai pu, en tant qu’étudiant à l’époque, goûter au charme de la privatisation de France Telecom avec une facture gonflant comme une outre pleine.
Mais tout ça ne suffira pas à rembourser la dette publique qui est de… non, rien que de l’écrire, j’en ai des cauchemars.
A plus.
… Que la droite soit finalement aussi ou plus collectiviste que la gauche dans ce pays est une évidence. On peut se demander s’il n’est pas temps, au regard de cette triste constatation, de passer à un autre mode de gestion, pas collectiviste, celui là…
Bonjour,
Je ne trouve pas l’email de l’administrateur et j’aimerais prendre contact avec lui. Pouvez-vous m’indiquer cet email où me l’envoyer par mail à levetot@gmail.com
D’avance, merci