Sardanapale

Posted on Friday 10 March 2006

Ali got a raw deal

In my last scribbling I called France the European champion of economic xenophobia.

But the sport is practised worldwide, and America seems to be… well, the American champion.

The uproar over the takeover of P&O, a British firm that operates six US ports, by Dubai Port Worldwide (DPW) has been marked with prejudice, ignorance, and politicking on a French scale.

Politicians of all stripes expressed alarm that Arabs – read: terrorists – were planning to take over strategic facilities.

“President Bush wants to sell (the ports) to the United Arab Emirates – a country that had diplomatic ties with the Taleban,” a leading Democratic opponent of the move said.

This is disingenuous. The Dubai government, which owns DPW, is a staunch ally of Washington.

It is also a member of America’s Container Security Initiative, which allows customs officials to inspect US-bound cargo in foreign ports.

Furthermore, the transfer of US port operations to DPW was approved by the government committee that vets foreign investments in the US.

The firm’s port employees will be unionized Americans. They will not be responsible for security – which remains the responsibility of the American authorities.

“We want to make sure that the security of our ports is in America’s hands,” said Jerry Lewis, a California Republican. Relax Jerry: nobody EVER said it would not stay in American hands!

The politicians who objected to DPW – ultimately forcing it to transfer its operations to a “US entity” – pandered to racial prejudice and economic nationalism.

So on the face of it, there appears to be as little rationality in this debate as in European discussions of cross-border takeovers.

But there is a difference worth noting between the waves of economic xenophobia currently unleashed on both sides of the Atlantic.

In Europe, opposition to foreign control is above all led by interest groups – labor unions, meddling bureaucrats, well-connected bosses who take advantage of public apathy to push through measures that preserve advantages threatened by market forces.

This is a top-down, interest-driven form of economic nationalism. It is suffered, rather than initiated, by the citizenry.

Few voters in France have a clue what the “Bolkestein directive” is about or care who controls Suez or Arcilor – the politicians who make a big deal out of these take their cue not from their constituents, but from the people they lunch with.

In the United States – a deeply democratic country – what we have is an ideological form of nationalism, and one that politicians catch from the people who elect them. It is fostered by activism, not apathy.

Strange as it may seen to Europeans, ordinary Americans are terribly exercized about who operates their ports – fully two-thirds of them were against the DPW move.

But those are differences of style. On both sides of the Atlantic xenophobia is gaining ground – and, as R.E.M. put it, “nonsense has a welcome ring.”

De la xénophobie en Amérique

Dans mon dernier billet je qualifiai la France de championne d’Europe du chauvinisme économique.

J’ajoute qu’il s’agit d’une discipline qui se pratique ailleurs partout, et je constate avec regret que l’Amérique est actuellement … championne d’Amérique.

Le débat sur le rachat de P&O, un groupe britannique gérant six ports américains, par DPW, une société détenue par le gouvernement de Dubaï, a donné lieu à un étalage de xénophobie et d’ignorance digne de la France.

Les politiques de tous bords se sont alarmés du fait que des Arabes – sous-entendu: des terroristes – allaient s’emparer d’installations stratégiques.

“Le Président Bush veut vendre ces ports aux Émirats Arabes Unis – un pays qui a entretenu des relations diplomatiques avec les Taliban,” s’est ému un parlementaire du parti démocrate.

Dubaï est en fait un allié de l’Occident. Il est aussi signataire d’une initiative américaine autorisant les agents des douanes à inspecter dans les ports étrangers les containers en partance vers les États-unis.

De plus, l’arrivée de DPW a été approuvée par une commission américaine dont le rôle est de passer au crible les investisseurs étrangers.

Ses dockers seront des Américains syndiqués. DPW ne s’occupera pas de la sécurité portuaire, laquelle reste la responsabilité des agents fédéraux américains.

“Nous voulons nous assurer que la sécurité de nos ports reste entre des mains américaines,” a déclaré le parlementaire républicain californien Jerry Lewis.

Du calme, Jerry: il n’a jamais été question d’abandonner cette sécurité à des métèques.

Le débat aux États-Unis sur les investissements transnationaux est consternant – mais il faut bien voir qu’il ne l’est pas de la même façon qu’en Europe.

Ici, l’opposition à la “mainmise de l’étranger” est avant tout le fait de lobbies.

Des syndicats, des bureaucrates, certains patrons bien introduits, profitent de l’apathie des citoyens pour imposer des mesures qui préservent ou renforcent des rentes de situation.

Il s’agit avant tout un nationalisme d’intérêts, alimenté par des groupes organisés.

Les Français, fondamentalement, se fichent autant de la directive Bolkestein que du sort d’Arcelor ou de Suez .

Ce ne sont pas les citoyens qui poussent les politiques à s’émouvoir de ces affaires, mais les gens avec lesquels ils dînent en ville.

Aux États-unis, en revanche, on a affaire à un nationalisme idéologique, qui sourd des profondeurs du peuple.

La question du contrôle des ports a passionné l’opinion américaine: les deux tiers des citoyens étaient hostiles à l’arrivée de DPW.

La démocratie n’étant pas un vain mot aux États-unis, les politiques sont montés au créneau que désignait le peuple.

À ces différences près – dues aux traditions politiques locales – on a affaire à un chauvinisme tout aussi inepte ici et là. Des deux côtés de l’Atlantique “nonsense has a welcome ring,” comme le dit R.E.M.

Sardanapale @ 8:33 pm
Filed under: Economy and trade andEurope andUSA

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