Sardanapale

Posted on Sunday 5 March 2006

On economic xenophobia

When it comes to economic nationalism, France is the undisputed European champion.

She has just confirmed this title by blocking the takeover of the energy firm Suez by an Italian rival – adding to a long list of French companies the state has sought to “protect” from the clutches of foreign “predators” (Arcelor, Danone, Saint-Gobain, and all those belong to 11 “strategic sectors”.)

To be sure other, some European counties are doing the same.

But that is no justification for a move that is both unjust and stupid.

First of all, opposing the takeover of domestic firms by foreign ones is an injustice because it restricts property rights.

A publicly quoted company does not belong to the state, its managers, or its workers. It belongs to its shareholders.

Barring them to sell their shares to someone because the buyer is foreign is the equivalent of telling a homeowner that he cannot sell his apartment to someone who does not already live in the city.

“We will not allow predators to grab our housing stock on the cheap!”

“But the purchaser has made me a fantastic offer!”

“The city must defend itself against takeovers from outside.”

“When I bought the apartment no one said I could resell to locals only.”

“The public interest must prevail over private greed. That goes without saying.”

Such a high-handed attitude is not just iniquitous – it is self-defeating.

Why limit the underlying rationale to cross-border capital flows? Does the takeover of a Somerset firm by a Yorkshire firm hurt Somerset?

Those who practice such restrictions, of course, are their first victims.

In the case in hand, the French will be the first to suffer from the misallocation of resources resulting from Suez merging with the weaker partner imposed by the state, Gaz de France.

National preference does not make any more sense when it comes to capital flows than it does with respect to foreign goods or labor.

De la préférence nationale

En matière de chauvisnisme économique, la France est championne d’Europe.

Elle a confirmé de titre en bloquant la reprise de Suez par un groupe italien, ajoutant à la liste déjà fournie des entrerprises à “protéger” des “prédateurs” étrangers (Arcelor, Danone, Saint-Gobain…)

Certes, d’autres pays européens en font autant. Mais est-ce une raison?

Quand la France comprendra-t-elle que de ce type de chauvinisme économique est à la fois une injustice et une bêtise?

L’opposition à la reprise de sociétés, “stratégiques” ou non, par des étrangers est une injustice parce qu’elle constitute une atteinte au droit de propriété.

Une entreprise côtée en bourse n’appartient pas à l’État, ni même à ceux qui la dirigent: elle appartient à ses actionnaires.

Leur interdire de vendre leurs actions à quelqu’un qui n’est pas du crû équivaut à interdire à un propriétaire de vendre son appartement à acheteur qui n’habite pas la ville.

– Pas question qu’un prédateur s’empare du patrimoine citadin à vil prix.

– Mais l’acheteur m’a fait une offre inespérée!

– La ville doit se protéger contre la mainmise extérieure.

– Quand j’ai acheté mon trois pièces personne ne m’a parlé de cette contrainte!

– Tout le monde sait que l’intérêt public prime sur les égoïsmes particuliers.

Il faut signaler non seulement l’iniquité d’une telle attitude, mais surtout son inanité.

Considérer ceux qui investissent dans un pays comme des dangers n’a aucun sens.

Pourquoi d’ailleurs un tel raisonnement se limiterait-il au pays? Le rachat par un Lorrain d’une entreprise poitevine est-il lui aussi préjudiciable au Poitou?

Ces restrictions heurtent d’abord ceux qui les pratiquent car elles empêchent l’usage optimal des capitaux.

On marie en l’occurrence Suez avec un partenaire plus faible, GDF.

La préférence nationale est tout irrationnelle en matière d’investissement qu’en matière de marchandises ou de travail venus de l’étranger.

Sardanapale @ 9:40 pm
Filed under: Europe andFrance

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