Sardanapale

Posted on Friday 10 February 2006

Europe needs refresher course on liberty

As the row over the caricatures of the Prophet Mohammed rages, people tend to lose sight of a crucial distinction: there is not one row, but two.

The first row is over whether it is desirable for a news organisation to publish offensive material. This is a question journalists ask themselves all the time. Reasonable people will differ over the boundary between robust opinion and gratuitous insult – and indeed over whether gratuitous insult is such a bad thing.

Arguments about the cartoons on such editorial grounds will continue without ever being conclusively settled, and that is a good thing.

The second row is over whether newspapers have a right to publish the cartoons. Unlike the first, this issue is clear-cut.

Freedom of speech includes the freedom to offend – period. It is not an absolute freedom, of course: libel and explicit calls to violence are not protected. But the Danish cartoons were neither; the state has no business banning them.

The problem with the cartoon controversy is that many people blur that distinction. Condemnations of editorial decisions by newspapers turn into calls for state repression.

These can be violent (e.g. the death threats and ransacking of embassies) or non-violent (e.g. appeals by 17 Arab countries to “punish the authors” of the cartoons, and legal attempt by French Muslim groups to prevent their publication). But they are all calls for censorship.

It is tempting to view the dispute as a clash of civilisations between a West that has transcended its wars of religion and a Muslim world that remains stuck in the Dark Ages. Tempting but wrong – on two counts.

For one thing, some prominent Muslim leaders – including Tarik Ramadan – have called for forbearance. One French cleric reminded protesters of a Koranic verse that reads: “When believers are insulted by the ignorant, they say: Peace”. Muslim opinion, in other words, is divided.

The second point is that the West itself has been far from unwavering in its support for freedom of expression. European governments have blurred, not reaffirmed, the distinction between responsible speech and free speech (with Denmark a laudable exception).

France went further than most in blaming the controversy on the media. On Wednesday President Jacques Chirac condemned “manifest provocations” by the press.

“Free speech must be exercised in a spirit of responsibility,” he added.

Of course, one should not read too much into official comments designed to appease sectarian passions. But lack of commitment to freedom of expression goes deeper than a few throwaway words.

Free speech has been under attack across Europe for many years – and nowhere more than in France.

France is a country where a newspaper has been fined for applauding 9/11, where Mein Kampf is banned, and people are routinely convicted for denying the Holocaust.

With France’s state apparatus working to restrict speech to responsible speech, it is no wonder that aggrieved groups seek to enrol to its help to silence those who offend them.

The storm over the cartoons stems not just from grass-roots intolerance, but also from long-standing erosion of free speech at official level. As long as Europe’s commitment to liberty continues to weaken, more rows like this are to be expected.

L’État bigot

L’affaire des caricatures de Mahomet continue de déchaîner les passions: manifestations de masse, protestations diplomatiques, appels au meurtre, appels au calme, appels aux grands principes (respect des autres, liberté de la presse).

Au milieu de cette confusion, de nombreux commentateurs mélangent deux questions qu’il est crucial de distinguer.

La première question consiste à savoir s’il est responsable pour un organe de presse de publier ce genre de dessins. C’est le genre de question que les journalistes se posent tous les jours, et les gens de bonne foi pourront émettre des avis différents. Il est facile pour certains aujourd’hui de dire que les caricatures sont irresponsables. L’auraient-il dit avant le tollé?

Si je dirigeais un journal, j’avoue que je ne sais pas comment j’aurais réagi en l’occurrence. J’aurais sans doute dit comme Coluche: “Je suis ni pour, ni contre, bien au contraire,” et me serai remis à l’avis général (c’est-à-dire à celui des plus éloquents).

La seconde question consiste à savoir si un journal a le droit de publier les dessins. Là, la réponse est claire et nette: oui. C’est précisément parce qu’il n’y a pas dilemme sur ce point, et que la presse doit être libre, que la première question, celle de la responsabilité éditoriale, se pose aux journalistes.

Certes, la liberté d’expression n’est pas absolue: l’appel la violence et la diffamation sont à juste titre réprimés. Mais les dessins en question ne constituent ni l’un, ni l’autre: l’État n’a pas à les interdire.

Or ces deux questions – celle de la responsabilité éditoriale et du droit de publier – sont confondues dans de nombreux esprits.

Ceux qui trouvent les caricatures irresponsables veulent les faire interdire. Ils peuvent employer des moyens violents (saccages d’ambassades) ou pacifiques (action en justice d’associations musulmanes françaises contre Charlie Hebdo, appel de 17 pays arabes à “punir” les journaux) – il reste que ce sont là des appels à la censure.

Mais le plus navrant dans cette affaire, c’est que la confusion entre les deux questions n’est pas seulement le fait de bigots militants.

Les gouvernements européens dans leur ensemble ont contribué à perpétuer l’amalgame entre la parole responsable et la parole libre (le gouvernement danois est une louable exception).

C’est Jacques Chirac qui est allé le plus loin dans cette voie, en condamnant mercredi “les provocations manifestes” à l’égard des musulmans. “La liberté d’expression doit s’exercer dans un esprit de responsabilité”, a-t-il ajouté.

On dira qu’il ne faut pas accorder à ces paroles, destinées à calmer les esprits, plus d’importance qu’elles n’en ont.

Sans doute – mais les entorses à la liberté d’expression en Europe, et notamment en France, ne se limitent pas à quelques phrases de politiciens embarrassés.

Cela fait des décennies que cette liberté est contestée, à tel point que le principe que j’ai rappelé plus haut (aucune restriction, à l’exception des appels à la violence et la diffamation) est régulièrement bafoué.

La France est un pays où un journal a été puni d’amende pour avoir applaudi les attentats du 11 septembre, où Bagatelles pour un massacre est interdit, et où la négation de l’Holocauste tombe sous le coup de la loi.

L’État français limite trop souvent la parole légale à la parole responsable. Il ne faut pas s’étonner que des groupes qui s’estiment insultés lui demandent de réprimer ses contempteurs.

Sardanapale @ 2:50 pm
Filed under: Europe andFrance andIslam
  1.  
    jean dupond
    February 13, 2006 | 2:13 pm
     

    Pour rebondir, il y eu deux réactions intéressantes venant de musulmans.
    1. Le journal Iranien qui va publier des dessins négationnistes pour voir comment l’occident réagirait. Excellent test. Y a-t-il eu une ambassade de brûlée en Paris, New-York et Tel-Aviv ?
    2. Une dame (musulmane je présume) qui manifestait dans les rues de Paris hier en disant qu’il y avait deux poids / Deux mesures. On condamnait Dieudonné et les négationnistes (ce en quoi elle était tout à fait d’accord), on condamnait une affiche détournant la cène (?). A-t-elle tort ? il est qd même navrant que nous ne puissions acheter « Meine Kampf » , alors qu’on le trouve dans n’importe qu’elle « Barnes & Nobles » de Milwaukee.

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