Sardanapale

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# Posted on Saturday 31 December 2005 - 1 Comment

America, yeah!

Je devais être l’un des derniers à n’avoir pas vu Team America: World Police, mais les Noëls sont faits pour les retardataires comme moi.

Aussi décellophanai-je avec anticipation la DVD offerte par mes hôtes néozélandais, et ne fus point déçu.

Pour ceux qui retarderaient encore plus que moi, je signale le film commence par une critique de la politique anti-terroriste de George Bush – une critique talentueuse et libertarienne, mais une critique tout de même.

En effet, un commando américain fond sur Paris pour déjouer un complot d’Al-Qaïda, et réussit à réduire en cendres la Tour Eiffel et Le Louvre.

Après une intervention tout aussi désastreuse en Égypte, la marionette interprétant le présentateur d’ABC Evening News déclare: “Team America has once again pissed off the entire world by blowing up half of Cairo”.

Mais par la suite, il appert que ces héros maladroits ne sont pas les méchants de l’histoire.

Le salaud-en-chef est Kim Jong-il, qui a entrepris de faire péter la planète. Il est soutenu par le gratin pacifiste d’Hollywood, qui defend le maître de Pyongyang les armes à la main.

Je ne révèlerai pas ici l’issue du combat, mais le discours prononcé par héros lors d’une “conference pour la paix” réunie par Kim Jong-il mérite d’être cité dans son intégralité (voir texte original en regard).

Il s’agit d’une défense à fois subtile et puissante de la Guerre contre la terreur – subtile car elle n’en occulte pas les côtés déplaisants, et puissante car Bush lui-même n’a su exprimer le bushisme en termes aussi simples et frappants.

In defense of Bush

The fourth full year of the War on Terror has been marked by a sharp drop in public support for George Bush’s foreign policy.

As 2005 draws to a close, it is therefore appropriate to recall the most powerful statement of this policy made over the past 12 months.

The president delivered a series of fine addresses, but by far the most subtle and eloquent speech on security came from a film character.

In Team America: World Police, the main figure addresses a “peace conference” convened by North Korean dictator Kim Jong-il – who is planning to blow up the planet with support from Bush-hating Hollywood stars.

After dividing humanity into “dicks”, “pussies” and assholes”, the hero says:

“We’re dicks! We’re reckless, arrogant, stupid dicks. And the Film Actors Guild are pussies. And Kim Jong-il is an asshole.

Pussies don’t like dicks, because pussies get fucked by dicks. But dicks also fuck assholes: assholes that just want to shit on everything.

Pussies may think they can deal with assholes their way. But the only thing that can fuck an asshole is a dick, with some balls.

The problem with dicks is: they fuck too much or fuck when it isn’t appropriate… and it takes a pussy to show them that.

But sometimes, pussies can be so full of shit that they become assholes themselves… because pussies are an inch and half away from assholes.

I don’t know much about this crazy, crazy world, but I do know this: If you don’t let us fuck this asshole, we’re going to have our dicks and pussies all covered in shit!”

Sardanapale @ 9:32 pm
Filed under: Terrorism andUSA

# Posted on Tuesday 20 December 2005 - Comments Off on Les faux amis du Tiers Monde – Africa and the Hong Kong WTO talks

Les faux amis de l’Afrique

Après chaque round de négociations commerciales, ceux qui prétendent défendre les intérêts du Tiers Monde nous expliquent que la réunion a avant tout servi les intérêts égoïstes des pays riches.

J’ai donc été peu surpris d’entendre un type d’Oxfam déclarer après les discussions de Hong Kong que ce round avait été tout bénéfice pour le monde développé. “Les pays en développement n’y ont presque rien gagné.”

Je suis tout aussi scandalisé par le protectionnisme américain ou européen que l’activiste lambda. Mais je trouve le réflexe automatique des ONG aussi décourageant que l’issue de la réunion de Hong Kong.

L’EU rejette le libre échange en agriculture. Présenter ce rejet comme une position égoïste, c’est accepter le mercantilisme calamiteux qui imprègne le débat.

La PAC ne sert pas les intérêts de l’Europe, mais ceux de ses agriculteurs. Son élimination, avant d’être un service rendu au monde, serait d’abord un service rendu à l’union.

Bien sûr, les autres aussi payent le prix de nos folies agricoles. Mais pour obtenir leur suppression, ce n’est pas aux intérêts des agriculteurs du Burkina Faso ou du Taranaki qu’il faut en appeler. Il faut en appeler aux intérêts des Européens, qui seuls sont habilités à changer de cap.

Les considérations d’Oxfam sur les “vainqueurs du round” de Hong Kong sont nulles et non avenues pour une raison plus fondamentale encore.

Elles sous-entendent que le protectionnisme des pays riches constitue le principal obstacle au développement du sud.

Heureusement, cela n’est pas le cas. De même que les pays développés payent le prix des obstacles au commerce qu’ils érigent, le Tiers Monde est d’abord victime de son propre protectionnisme.

Les pays pauvres ont des tarifs douaniers bien plus élevés que les autres: c’est précisément pour cela qu’ils sont pauvres.

Le coût du protectionnisme des pays en développement a été signalé par des économistes tels que Arvind Panagariya and Jagdish Bhagwati.

Il a été de nouveau relevé ce mois-ci par Marian Tupy du Cato Institute de Washington qui note dans une etude que les pays d’Afrique sub-saharienne n’ont réduit leur tarifs douaniers que de 20% de 1983 à 2003, contre 84% pour les pays riches. Les autres formes de protection sont quatre fois plus importante en Afrique que dans le monde développé.

Contrairement à ce que disent les altermondialiste, ce n’est pas d’une mondialisation injuste que Tiers Monde souffre, mais de l’absence de globalisation.

Ce sont les pays pauvres eux-même, et non les riches, (et c’est la raison de mon “heureusement” ci-dessus) ne détiennent la clé de leur développement.

Comme l’écrivent Jasson Urbach et Richard Tren l’ont récemment écrit dans le journal sud-africain Business Day:

“Nous ne devons ni tolérer la pauvreté de l’Afrique, ni chercher ailleurs que chez nous les solutions pour y metre fin.”

Kicking them while they’re down

Every trade meeting draws a familiar response from self-proclaimed friends of developing countries: this agreement, or lack thereof, only suits the selfish interest of rich nations.

The latest WTO talks in Hong Kong were no exception. “The developed world has won a round for free,” a guy from Oxfam said. “There is very little in here for developing countries.”

Now, I am as outraged by American or European protectionism as the average activist. But I find the standard NGO response as dispiriting as the final communiqué from the Hong Kong meeting.

To view the refusal of the EU to agree to anything like approaching free trade in agriculture as a sign of selfishness is to accept the false, mercantilist terms in which the European farm lobby has framed the debate.

The EU’s Common Agricultural policy does not benefit Europeans. Its removal should not be advocated as a favor to others, but as a favor to the Union itself.

The cost of the CAP is about 100bn euros a year – half in direct subsidies, half in inflated prices. That cost is borne by European consumers and taxpayers.

Of course, outsiders also pay a heavy price. But to get the CAP scrapped, pointing to interest of pastoralists from Burkina Faso or farmers from Taranaki will not get you anywhere.

Pointing to the interests of Europeans is a safer bet. Which is why blathering on about the developing world “winning a round” in Hong Kong is not just wrong – it is stupid.

The NGO response is wide of the mark is a more fundamental sense. What it implies is that rich-country protectionism is the main obstacle to the development of the South.

Fortunately, that is not the case. Just as developed countries are paying the price for the trade barriers they erect, the Third World is first and foremost the victim of its own protectionism.

Poor nations have much higher tariffs than others – which is why they are poor.

Such leading economist as Arvind Panagariya and Jagdish Bhagwati have documented the huge cost the Third World imposes on itself through protection.

This cost was again pointed out by the Cato Institute’s Marian Tupy, who noted in a recent paper:

“While the rich countries reduced their average applied tariffs by 84 percent between 1983 and 2003, SSA (sub-Saharan African) countries reduced theirs by only 20 percent. According to the most recent data, nontariff protection in the poorest countries of SSA is four times greater than nontariff protection in rich countries.”

Forget the calls of “fair trade”, which imply that the rich world, and it alone, holds the key to the development of others.

As Jasson Urbach and Richard Tren wrote in a column for the South African newspaper Business Day:

“We should not, and must not, accept Africa’s poverty and nor should we be looking anywhere other than at home for solutions.”

Sardanapale @ 7:46 pm
Filed under: Economy and trade

# Posted on Saturday 17 December 2005 - 5 Comments

Mauvais trip

Les péripéties personnelles n’ont normalement pas leur place dans ce blog politique.

Ceci dit, je consigne ici un incident qui illustre la façon dont les différends franco-américains peuvent affecter la vie ordinaire d’un particulier paisible.

Si les choses s’étaient passées comme prévu, j’aurais dû écrire ces lignes après un vol de 12.000km, récupérant du décalage horaire au soleil californien.

Or je me trouve face à mon jardin engivré, après un trajet de 55km qui a mené ma famille de notre banlieue londonienne à l’aéroport de Heathrow – et retour.

Les choses ne se sont pas passées comme prévu. Je croyais pourtant avoir bien prévu mon coup: une voiture et une chambre d’hôtel, toutes deux prépayées, nous attendaient à Los Angeles.

Nos places d’avion avaient été enregistrées par internet. Arrivés à l’aérogare, nous eûmes un moment de jubilation en nous dirigeant vers la zone “Do It Yourself Check-in”, qui était libre alors qu’une foule compacte et imprévoyante assaillait les comptoirs d’enregistrement.

Deux minutes plus tard un agent de Virgin Atlantic inspecte mon passeport.

“Monsieur: vous n’avez pas de visa pour les États-Unis.”
“Bien sûr que non!” rétorqué-je à l’impudent. “Il ne faut pas vous fier à mon physique: je suis en fait français.”
“Je vois bien. Mais les Américains ne vous laisseront pas entrer. Il vous faut un passeport avec photo numérique, soit à défaut un visa.”
“J’y crois pas.”
“Je vous assure que c’est exact, Monsieur.”
“Mais ni ma femme, ni ma fille n’ont de photo numérisée sur leur passeport!”
“Oui, mais elles sont britanniques.”
“J’y crois pas… Cela ne fait aucun sens. Soit il faut des photos numériques, soit il n’en faut pas. C’est le même régime pour tout le monde!”
“Vous faîtes erreur, monsieur. Les autorités américaines font la distinction entre la citoyenneté britannique et la française. Votre agent aurait dû vous préciser que vous aviez besoin d’un visa.”
“J’y crois pas.”

Le type m’emmène, titubant sous le poids combiné de mes bagages et de la nouvelle, vers le bureau de vente Virgin. Mon épouse essayait de réconforter notre fille de quatre ans qui pleurait.

La nana au comptoir de vente fut compréhensive:

“Je vois que vous avez un billet ni remboursable, ni échangeable. On va quand même vous mettre sur le vol de demain: vous avez l’après-midi pour aller voir à l’ambassade de France ou des US ce que vous pouvez faire.”

Une heure plus tard, ayant laissé ma famille grelottante à la bouche de la station South Kensington, je tambourine à la porte de mon ambassade. L’huis, close au public depuis une heure, finit par s’ouvrir.

L’agent de service, à qui j’explique ma situation, était manifestement en Grande Bretagne depuis trop longtemps: il était compréhensif.

Il m’explique que la France ne délivre pas encore de passeports avec photos digitales, que le visa US est la seule solution, et me donne un numéro spécial de l’ambassade américaine ou on peut parler à une humain.

Je le compose illico, sans regarder à la dépense (2 euros la minute):

“J’ai besoin d’un visa dès que possible. Il y a urgence!”
“Cher monsieur: il faut un rendez-vous. Le premier que j’ai est à 16h15…”
“Très bien: j’y serai.”
“… à 16h15 le 22 décembre. Pour restitution du passeport avec visa, il y a un normalement un délai d’une semaine en plus.”
“J’y crois pas.”
“Avec les fêtes, ça risque d’être un peu plus long. Mais enfin, pour début janvier ça devrait être bon.”

À ce point il faut que je précise que la Californie n’était pas notre destination finale, mais une escale de trois jours, en route pour la Nouvelle Zélande. Il était clair que cette partie de voyage était à l’eau.

J’explique a l’Amerloque que cela va être dur de dire à notre petite fille qu’au lieu de Disneyworld, nous allons nous contenter de la zone de transit à LAX.

“Vous avez été mal informé, Monsieur.”
“Ah bon! On peut aller à Disneyworld quand même! Vous avez trouvé une astuce!”
“Non, je veux dire que vous vous, en tant que citoyen français, ne pouvez pas atterrir sur le sol américain, même en transit, sans visa.”
“J’y crois pas.”

Rentré à la maison, je contacte l’agence de voyage. J’ignore si un changement de billet est possible, et à quel prix.

Qui blâmer pour cette déblacle?

a) l’agence, qui m’avait écrit: “French citizen: No visa required”.
b) Moi-même, qui n’ai pas vérifié l’information
c) Le gouvernement français, pour les relations exécrables qu’il entretient avec Washington

Je penche nettement pour le c.

How French policy ruined my vacation

This is a blog, not a diary. I don’t normally bore readers with personal stuff. I only to bore them with political stuff.

Having said that, I thought the following incident may shed light on the way the sorry state of French-US relations can affect an ordinary citizen.

If everything had gone according to plan, I would be writing this in sunny California recovering from an 8,000-mile journey.

Instead I am staring at my frost-covered yard in London after a 40-mile trip to Heathrow airport and back.

Things did not go according to plan.

I thought I had been pretty well organized, though. The rental car at LAX and hotel had been booked and pre-paid.

I had also availed myself of Virgin Atlantic’s advance internet check-in.

When I and my small family got to Heathrow, we felt so smug as we raced towards the empty “Do-it-Yourself check-in” zone, while all those mugs were lining up at the regular counter.

Two minutes later an airline security guy looked at my passport.

“Sir: you have no visa for the US.”
“Of course not,” I replied tartly. “You shouldn’t judge people from their appearance. I am in fact French.”
“I can see that. But the Americans won’t let you in. You need either a passport with a digital picture or a visa.”
“I don’t believe it.”
“I assure you that this is the case, sir.”
“But my wife and my daughter have no digital pictures on their passports!”
“Yes, but they are British.”
“I don’t believe it… This makes no sense. Either you need digital photos or you don’t. Surely it’s the same for everybody!”
“You have been misinformed, sir. The US authorities do make a distinction between the French and the British citizenship. Your travel agent should have told you. You wife and daughter can travel today, but you can’t unless you get a visa or a new passport.”
“I don’t believe it.”

Reeling under the combined weight of my suitcases and the news, I was taken to the Virgin sales counter.

My wife, equally burdened, was trying to comfort our four-year-old daughter who was crying her heart out.

The woman at the sales counter was understanding.

“Your ticket is non-changeable and non-refundable. But we have seats on the same flight tomorrow: I’ll rebook you on it while you try to sort out your passport problem this afternoon.”

We took the underground back to central London, left my wife and daughter in the freezing cold outside South Kensington station and raced to the my embassy.

It had closed to visitors an hour before. I banged at the door, until someone opened it. The guy – who obviously had been posted in Britain for too long – was nice, but could not help me.

“I regret, Monsieur, but France does not issue passports with digital photos. To go to the US you need a visa. Desolated. Here is a number for the US visa hotline.”

I whipped out my phone and called the number ($2.5 a minute) and after endless menu options heard a human voice.

“I am French and need a visa to travel to the US, ASAP.”
“You need an appointment with the visa section. The earliest I got is 4:15…”
“Great: I’ll be there!”
“… 4:15 on December 22. To get the passport back with the visa you’re talking about at least another five working days.”
“I don’t believe it.”
“In the middle of the holiday season, it could be longer. But you should get your visa by early January.”

At this point I must specify that California was not out final destination, but a three-day stopover en route to New Zealand. This part of our vacation plans clearly lay in ruins.

I felt sorry for myself. I told the guy it would be hard to explain to our little girl that she would miss out on Disneyworld, and that all that we would see of California was the transit zone at LAX.

“You have been misinformed, Sir.”
“What! We can still go to Disneyworld! You found a way to let us in!”
“No Sir. I just mean that you, as a French citizen, cannot land on US soil without a visa – even if you’re in transit.”
“I don’t believe it.”

I returned to South Ken. My wife and daughter were still shivering on the sidewalk. They saw the expression on my face and immediately knew the news was not good.

Back home I called the travel agent. I still don’t know if we can be rerouted and at what cost.

Who is to blame for the debacle?

a) The agency, who had written to me saying: “French citizen, visa not required”
b) Myself, for not checking that this was correct
c) The French government, for being on such bad terms with the Americans

I can’t help but I feel c is correct.

Sardanapale @ 1:55 am
Filed under: General

# Posted on Friday 9 December 2005 - Comments Off on Artiste anticapitaliste – Turner Prize

Portrait de l’artiste en jeune crétin

Le Turner Prize, le prix artistique le plus prestigieux de Grande Bretagne, est censé récompenser l’œuvre la plus originale de l’année.

Je ne suis pas qualifié pour émettre un jugement sur le cabanon démontable et transformable en bateau couronné cette semaine.

Mais ce que je sais, c’est que la façon dont l’artiste a été loué n’a rien d’original.

D’après le Tate Britain, le musée où est exposé le cabanon, cette œuvre incarne “la résistance aux pressions de la modernité, la production de masse et le capitalisme global.”

Quoi de plus éculé! Baudelaire, au milieu du 19e siècle, était déjà excédé par le mépris affiché contre les bourgeois, dont il disait qu’il “sent l’argot d’atelier d’une lieue.”

L’artiste, un Écossais du nom de Simon Starling, n’a pas poussé la résistance au capitalisme jusqu’à refuser le chèque de £10.000 que le jury lui a accordé.

Smells Like Teen Spirit

The Turner Prize, the most prestigious arts award in Britain, is supposed to crown the most original work of the year.

I am not qualified to judge whether the piece crowned a few days ago – a wooden shed that can be turned into boat – breaks new ground.

But what I do know is that way the artist was hailed was anything but original.

The curators of the Tate Britain, which exhibits the “Shedboatshed”, described it as “poetic” and “a buttress against the pressures of modernity, mass production and global capitalism.”

How trite can you be? As far back as 1845, Charles Baudelaire was irritated by diatribes against the bourgeois, which he said had “a strong smell of the artist’s workshop about them.”

On the bright side, the shed may not have been a particularly strong buttress against global capitalism. The artist, Simon Starling, had the good sense to accept the £10,000 that went with the prize.

Sardanapale @ 9:40 pm
Filed under: Arts and lit

# Posted on Monday 5 December 2005 - 3 Comments

Un nouveau Nixon?

Il fut un temps où Bush, disait-on, n’avait pas de “stratégie de sortie” en Iraq. Aujourd’hui le mot “sortie” semble assez bien résumer sa stratégie.

“Le retrait a déjà commencé,” d’après Jonathan Rauch.

Bush, affirme Rauch dans le National Journal, est dans le même pétrin que Nixon vers 1969: opposé à un retrait dont il comprend les terribles conséquences, il se voit inexorablement poussé vers la sortie par l’opinion publique.

De plus en plus d’Américains estiment que leur pays est en train de perdre la guerre, et que l’intervention en Irak était une erreur.

Mais là n’est pas le principal problème de Bush: sur ces deux points les sceptiques n’ont pas (encore?) de majorité claire.

Le grand problème pour Bush, c’est que de nombreux citoyens qui admettent que les États-Unis pourraient à la rigueur rétablir l’Irak estiment que le jeu n’en vaut pas la chandelle.

“Les US sont entrés en guerre pour éliminer Saddam Hussein et son arsenal. Saddam n’est plus là; l’Irak n’a pas d’armes de destruction massive. À quoi bon continuer le combat?”

Le public n’accepte certainement pas l’argument néoconvateur selon lequel il faut créer régime modèle pour une région en mal de liberté. Seul un tiers des Américains jugent que la démocratisation du Moyen-Orient est une bonne idée.

“Nous n’avons pas affaire à un désenchantement passager, mais à désaveu net et cohérent de la stratégie de Bush,” écrit Rauch.

“Le problème fondamental de l’administration n’est pas que les nouvelle d’Irak soient mauvaises, ou que le président doive mieux ‘communiquer’. Le problème, c’est que l’opinion ne perçoit pas en Iraq des enjeux qui justifient l’effort militaire et le coût diplomatique.”

À l’approche des élection de 2006, Rauch prédit que Bush cèdera à la pression populaire et entamera le retrait d’ici six mois.

Si Rauch a raison et que Bush imite Nixon, la gauche américaine et toute l’Europe occidentale jubileront.

Mais la défaite ne sera pas seulement celle de Bush: elle sera aussi la leur.

Les Européens ont été incapables de s’entendre sur une politique viable vis-à-vis de Hussein – la France, et l’Allemagne préférant le statu quo et les sanctions.

Un retrait annoncerait le retour à une politique américaine frileuse façon années 1970: ni l’Irak ni le monde n’y gagnerait.

Cutting and running in Iraq?

There was a time when Bush was said to have no exit strategy in Iraq. Now “exit” seems to sum up his strategy pretty well.

“The pullout from Iraq has begun,” Jonathan Rauch argues in his latest column.

Bush, Rauch says, is in the same predicament Nixon was circa 1969: he sees that withdrawal would have terrible consequences, but he is inexorably pushed towards the exit by public opinion.

Increasing numbers feel that the US losing the war and that the invasion was a mistake in the first place.

But that it not Bush’s main problem – the skeptics have no clear majority (yet?) on either point.

The main problem is that even if most people believe the US could at a pinch fix Iraq, Americans feel the job is no longer worth the effort.

Rauch writes: “The United States went to war to get rid of Saddam Hussein and remove weapons of mass destruction from Iraq. Well, Saddam is gone and Iraq is WMD-free. So why are US forces still fighting?”

The public is certainly not buying the neo-conservative argument that a model is needed for a region dominated by tyrants. Only a third of Americans tell pollsters that democratizing the Middle East is a good idea.

“What emerges here is not fleeting disenchantment, but a coherent and hard-nosed critique of Bush’s strategy,” according to Rauch.

“The administration’s fundamental problem is not that the public is discouraged by US casualties, or that news from Iraq has been bad, or that the president needs to give better speeches. The problem is that the public sees no stakes in Iraq sufficient to justify the military effort and diplomatic cost.”

With Republicans nervous about the 2006 mid-terms, Bush will be unable to resist pressure to start bringing the boys back, Rauch predicts.

If Rauch is right and Bush is forced to do a Nixon on Iraq, the American Left and the whole of Western Europe will gloat.

But the defeat would be theirs as well as Bush’s.

Europe failed to agree a workable strategy to deal with Saddam Hussein’s challenges to the UN, with France and Germany doggedly defending the status quo and the sanctions.

An American retreat would signal a return to a 1970s-style, timid foreign policy. That would not be good for Iraq or the world.

Sardanapale @ 11:20 pm
Filed under: International andUSA

# Posted on Thursday 1 December 2005 - 2 Comments

Bin Laden Gaullien

Félicitations à Arno, qui a trouvé la réponse à mon petit jeu daté de mercredi.

Un cookie placé sur son PC m’assure qu’il n’a pas trouvé la solution sur Google. Il a donc mérité la tringle à rideau promise (280 cm).

Je remercie aussi chaleureusement Jean Dupond pour une réponse ingénieuse qui aurait mérité d’être exacte.

Je rappelle qu’il s’agissait de trouver qui avait dit : “Ni moi personnellement ni mes frères n’ont vu les signes d’une aide américaine.”

La bonne réponse était ben Laden, qui affirme que les Moudjahidines, et eux seuls, sont les artisans de la défaite de l’Armée rouge en Afghanistan.

Cette phrase est rapportée par le journaliste britannique Robert Fisk dans son livre la Grande Guerre pour la civilisation.

Elle est extraite d’une interview que ben Laden a accordée à Fisk en 1993 au Soudan, et où on trouve une intéressante description par le “Sheikh Oussama” de ses activités dans ce pays à l’époque.

Ces activités, nous révèle le philanthrope, se résument à la construction de routes et d’écoles, et n’ont rien à voir avec l’entraînement de djihadistes:

“Ce sont les ragots habituels propagés par les médias et les ambassades. Je suis un ingénieur. Ma spécialité, c’est l’agriculture et la construction. Si je gérais des camps d’entraînement au Soudan, je n’aurais pas le temps de m’occuper de mon travail.”

No good deed goes unpunished (Part II)

Congratulations to Arno, who found the answer to Wednesday’s puzzle. A cookie sent to his PC reassures me that he did not use Google to find out.

Arno has therefore fully deserved to get the curtain rod promised as a prize (whether he actually receives it in time for Xmas is another matter).

Warm thanks as well to Jean Dupond for a most entertaining – but wrong – answer.

The question was: who said “Personally neither I nor my brothers saw evidence of American help”?

The correct answer was Osama bin Laden, who maintains that the mujahideen alone are responsible for kicking the Soviets from Afghanistan.

Bin Laden said those words in a 1993 interview with the British journalist Robert Fisk, who describes the meeting in his recent book The Great War for Civilisation: the Conquest of the Middle East.

The interview took place in Sudan and bin Laden also provides an interesting description of his activities in that country at the time.

Those activities, the philanthropist said, were confined to buildings schools and roads, and had nothing to do with training Jihadis.

“(This is) the rubbish of the media and the embassies. I am a construction engineer and an agriculturalist. If I had training camps here in Sudan, I couldn’t possibly do this job.”

Sardanapale @ 10:42 pm
Filed under: General