Sardanapale

Posted on Sunday 19 June 2005

Le tsunami permanent

La réaction des ONG à l’affaire des droits de douanes prélevés par le Sri Lanka sur l’aide aux victimes du tsunami peut se résumer ainsi: “Je suis choqué, choqué de trouver du protectionnisme ici!”

Le prélèvement d’un million de dollars sur l’importation de 4×4 pour Oxfam est sans doute scandaleux. Mais en taxant ces véhicules, les autorités de Colombo ne font que ce qu’elles ont toujours fait sans susciter la moindre réprobation des professionnels de la charité.

Le protectionnisme des pays sous-développés — pardon: “en développement” — entrave le développement. Il ne faut pas négliger le protectionnisme des pays riche, qui mérite bien l’opprobre dont il fait l’objet. Mais on oublie souvent que les tarifs douaniers pratiqués par le tiers-monde (13% pour les produits finis en moyenne) sont bien supérieurs à ceux des riches (3%).

Le coût que les pays pauvres s’imposent est astronomique. La Banque mondiale, dans une étude de 2002 , l’évalue à $121 milliards par an – deux fois plus que ce que leur coûte le protectionnisme des pays riches. Les dégâts matériels du tsunami, eux, s’élèvent à quelque $10 milliards pour 12 pays (aide d’urgence plus reconstruction – je ne compte pas le coût en vies humaines qui, pour le protectionnisme, est impossible à estimer).

Ramené par pays, le coût du protectionnisme du tiers-monde équivaut donc à un tsunami par an. Le véritable scandale est là. Pourquoi ne s’indigner de ce tsunami permanent que lorsqu’il frappe Oxfam? Une telle condamnation sélective est immorale, car elle tend à accréditer l’idée que le protectionnisme des pays du tiers-monde est acceptable quand leur seules populations en souffrent, mais inacceptable quand les gentils blancs qui les aident sont rançonnés.

Protectionism: the permanent tsunami

When the Sri Lankan government announced on Friday that it was taxing the import of vehicles used for tsunami relief work, the charity industry in essence said: “We are shocked, shocked to find that protectionism going on here!”

The duty slapped on Oxfam’s four-wheel drives was indeed outrageous – but no more so than the levies on industrial goods exacted by the Colombo government year in and year out without a squeak from NGOs.

Similar duties across the under-developed – sorry: “developing” – world is a major obstacle to development. To be sure, rich-country protectionism fully deserves the opprobrium that is heaped on it. But poor-country protectionism is actually much greater (13% average tariff for industrial goods, against 3% in the rich world), and amounts to wealth destruction on a heroic scale.

The World Bank, in a 2002 study, estimated this damage at $121bn annually – twice as much as the price paid by poor countries for rich-country protection. Now the damage wrought by the tsunami amounted to about $12bn in both emergency aid and projected reconstruction costs in 12 countries (leaving aside the cost in human lives, which is impossible to assess for protectionism – although it cannot be anything like that of a natural disaster).

This means that the average per-country cost of third-world protectionism is the equivalent of one tsunami every year.

The real scandal is this permanent, self-inflicted disaster. Crying foul only when Oxfam is hit is not just silly. It is immoral, because it suggests that poor-country protection is a fact of life when mere natives are despoiled, but scandalous when their Western saviours are.

Sardanapale @ 8:54 pm
Filed under: Economy and trade

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